‹ Récréations mathématiques, Volume 3Chapitre 1 sur 79 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

LE 3 octobre 1891, Edouard Lucas succombait, dans toute la force de son talent, aux atteintes d'une courte et terrible maladie. Cette mort prématurée, — il n'était âgé que de quarante-neuf ans, — laissait un grand vide dans la Science, en même temps qu'elle frappait de stupeur ses nombreux amis.

Préoccupée à juste titre de ne pas laisser perdre son héritage scientifique, la famille d'Edouard Lucas s'adressa à la Société Mathématique de France, à laquelle il appartenait depuis de Iongués années, et dont il avait été vice-président.

Répondant au vœu qui lui était ainsi exprimé, la Société désit gna une commission, composée des soussignés et du Président en exercice, pour procéder au dépouillement et au classement des manuscrits scientifiques laissés par Lucas.

Cette commission s'est mise au travail; et l'un des premiers résultats de ses recherches a été la découverte de deux nouveaux Volumes de Récréations mathématiques, à peu près entièrement préparés. C'est l'un de ces Volumes que nous présentons aujourd'hui au public. Nous n'avons eu, pour en arriveriez qu'à rédiger

Avertissement.

la troisième et la septième récréation, d'après les notes trouvées dans les papiers de Tauteur. Tout le reste était complètement rédigé par lui.

Quelques-unes des questions qui composent ce Volume ont fait Tobjet de travaux antérieurs de Lucas; mais, pour la plupart des lecteurs, elles n'en seront pas moins inédites, en fait, car il serait bien difficile de se procurer les collections des recueils où les travaux dont il s'agit ont été insérés.

C'est assez dire que nous comptons que ce troisième Volume obtiendra du public scientifique la même faveur que les deux premiers.

Le quatrième Volume, que nous nous occuperons prochainement de faire succéder à celui-ci, et dont le manuscrit est entièrement de la main de Lucas, comprendra également sept récréations.

On remarquera peut-être Tabsence des dédicaces originales et souvent profondes, sous leur forme humoristique, que Lucas avait coutume de mettre en tête de ses récréations. Les notes laissées par lui à ce sujet ne nous ont pas permis de les reconstituer d'une manière sûre, et nous n'avons pas voulu nous en fier à des renseignements plus ou moins hypothétiques sur ses intentions plus ou moins probables.

Parmi les figures qui servent à illustrer le texte, quelques-unes proviennent du Journal la Nature et les clichés nous en ont été confiés de la manière la plus gracieuse par la rédaction et l'administration de ce Journal, auxquelles nous croyons devoir adresser ici nos plus sincères remerciements.

Bien que ce soit devenu presque un lieu commun^ nous devons également témoigner toute notre gratitude à MM. Gauthier-

Avertissement.

Villars père et fils. En eux nous avons trouvé des collaborateurs précieux, bien plutôt que des éditeurs dans le sens ordinaire du mot. Pour arriver à faire connaître l'œuvre d'Edouard Lucas, pour rendre hommage à la mémoire de notre ami disparu, leur empressement égalait le nôtre. Et ils n'ont pas hésité, dans ce but, à mettre à notre disposition toutes les ressources d'un établissement typographique dont la perfection incontestée est devenue légendaire. Qu'ils reçoivent ici tous nos remerciements, en notre nom, et au nom de la famille et des amis d'Edouard Lucas.

H. Delannoy, C.-A. Laisant, E. Lemoine,

Membres de la Société Mathématique de France.

Paris, Novembre 1892

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