LE CALCUL SUR LES DOIGTS
A LA FOIRE AUX PAINS d'ÉPICES (*).
IL y a quelques années, pendant les vacances de Pâques, nous avons rencontré sur la place du Trône, où se tient habituellement la Foire aux pains d'épices, à deux pas de la colonne que surmonte la statue de Philippe- Auguste — en bronze et non en pierre, quoi qu'en dise Ja chanson, — un industriel fort original, puisqu'il débitait en plein vent, avec l'autorisation de la Préfecture et sous l'œil vigilant de la police, une petite brochure contenant, disait-il, une nouvelle méthode pour la simplification des calculs. El pourtant, comme le disait dernièrement M. Frédéric Passy à la séance publique annuelle des cinq Académies de l'Institut, à propos des fêtes foraines : « Ce n'est pas le marchand et l'acheteur que Ton y appelle, c'est le curieux et le désœuvré.
( * ) La première partie de cette Récréation est la reproduction d*un fragment d'une Conférence sur la pratique du Calcul, faite au Conservatoire des Arts et Métiers, le i8 janvier i885.
Première récréation
Le bateleur, la somnambule, le teneur de jeux de hasard et de loteries, le montreur de phénomènes vivants ou morts, et tout le reste des industries inutiles que traîne plus ou moins après elle toute agglomération d'hommes, envahissent la voie publique et y régnent en maîtres. C'est pour elles que l'on vient, pour elles seules et pour le personnel féminin qui les accompagne et qui les suit. »