CHEZ LES ZOULOUS
Chez les Zoulous, on exprime le nombre cinq, par la moitié des mains; pour exprimer six, ils dis&nt prendre le pouce, et un sur la main d'un autre homme veut dire vingt et un. Partout l'Arithmétique a débuté par le calcul sur les doigts et les orteils, et c'est de là qu'est venue l'habitude de prendre cinq, dix, vingt, pour bases de la numération. C'est ce que nous faisons nousmêmes, puisque nous employons la base cinq avec les chiffres
(*) D'après le Dictionnaire compilé avec grand soin par G. F. Moore, avocat général de l'Australie de TOuest, et publié à Londres en 1842.
Première récréation.
romains V, VI, VII; la base dix, avec le système décimal, et la base vingt dans quatre-vingts, quinze-vingts, cent-vingt. Ces bases sont employe'es dans le monde entier et cependant ne sont pas aussi commodes que le seraient six, douze et vingt-quatre. C'est à cause des ancêtres que les mathématiciens sont enchaînés au système décimal ; les hommes de l'âge de pierre comptaient sur leurs doigts et la chaîne de la tradition est restée intacte depuis cette époque.
PAS d'arithmétique, peu d'intelligence.
Dans une conférence faite à Bath, au congrès de l'Association britannique, l'éminent professeur John Lubbock disait que Tune des indications les plus claires de l'infériorité intellectuelle des sauvages est fournie par l'Arithmétique, et qu'ainsi, dans aucun dialecte de T Australie, il n'existe de mot pour désigner le nombre cinq. Ils disent un, deux, un-deux, deux-deux, beaucoup; ils comptent sur leurs doigts pour des calculs simples. Si nous avions eu six doigts, ajoute-t-il, nous aurions une numération duodécimale bien préférable à beaucoup d'égards à notre système actuel.
A ce propos, dans le journal le Times du 29 septembre 1888, M. Pomingolarna raconte qu'il avait souvent employé des indigènes à écorcer des arbres pour construire des huttes. Ils étaient payés à tant par centaines d'écorces d'une certaine dimension. Pour se rendre compte du travail qu'ils avaient produit, ils prenaient des bâtons entaillés et toujours les nombres des coches étaient d'accord avec ceux des arbres écorcés. Dans le Times du 26 septembre, John Lubbock, lui-même, réfute les conclusions
Le calcul sur les doigts.
de M. Pomingolarna. a L'absence de mots pour exprimer les nombres au delà de cinq me- semble indiquer, dit-il, que dans leurs pérégrinations ordinaires, dans leurs transactions mutuelles; les Australiens ne connaissent pas les grands nombres, et c'est une indication très claire de leur état mental. ^