‹ Récréations mathématiques, Volume 3Chapitre 13 sur 79 · AU BENGALE · texte numérisé non relu

AU BENGALE

Il est encore intéressant d'indiquer la méthode de calcul employée par les Bengalais, qui passent pour les meilleurs calculateurs du monde entier. Les doigts d'une seule main leur fournissent le moyen de compter jusqu'à seize; chaque doigt, en exceptant le pouce, contient trois jointures et une extrémité, le bout du doigt. Ils comptent en touchant successivement chaque jointure avec le bout du pouce de la même main, en partant de la jointure inférieure du petit doigt, Tauriculaire/et en passant successivement aux suivants. Ils le font si rapidement qu'un commis hindou préfère souvent additionner machinalement huit et cinq en partant de la jointure qu'il sait représenter huit, le bout de l'annulaire et compter sur les cinq jointures suivantes, c'està-dire jusqu'à la base de l'indicateur, qu'il sait se nommer treize.

Si, à l'origine de ce mode de calcul, les Bengalais avaient eu ridée de ne toucher que les trois phalanges, au lieu des quatre jointures, chaque main valait douze unités et le monde était peut-être doté de la numération duodécimale (*). Mais il semble

(') Voir le paragraphe intitulé Quatre hommes et un caporal, dans la Récréation suivante.

que celte manière de compter ou Bengalais dérive du système de numération binaire, déjà connu en Chine, plus de trente siècles avant notre ère.

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