LE CALCUL ET LES MACHINES A CALCULER
Mesdames, Messieurs, (^]
Le Bureau de notre Association a bien voulu me confier le périlleux honneur d'une conférence sur le calcul et sur les machines à calculer; je viens donc vous demander votre bienveillante attention pour ce double motif : l'aridité du sujet et l'inexpérience de l'orateur.
LA taille de la BOULANGÈRE,
LORSQUE j'étais petit enfant, j'allais souvent chercher le pain, à quelques pas de la maison paternelle; la boulangère prenait ma petite taille... de bois, la plaçait près de la sienne et faisait une coche sur toutes deux. Puis, j'emportais
(») Ce Chapitre est la reproduction de la conférence faite au théâtre de Biois, le 8 septembre 1884, au Congrès de V Association française pour Vavancement des Sciences*
Deuxième récréation.
mon pain, et sur ma taille le compte de la boulangère. Au bout de la quinzaine ou du mois, les coches se transformaient, pour celle-ci, en beaux écus sonnants; c'est que le nombre des coches représentait le nombre des pains pris à crédit et que la somme encaissée était le résultat de la multiplication des pains par le prix de chacun d'eux.
Ne rions pas trop de cette historiette; elle contient son enseignement, car elle nous permet de retenir ce que nous avons tous appris dès l'enfance, que le nombre est indépendant de la forme, de la nature, de la place des objets, que l'on obtient tous les nombres en ajoutant continuellement l'unité à elle-même et que la multiplication est le résultat de l'addition de nombres égaux. Voilà ce que contient le compte de la boulangère.