LE CA.LCUL MENTAL
Il est souvent facile de développer chez les enfants la pratique et le goût du calcul mental. J'ai connu autrefois un instituteur dont la plupart des élèves, de huit à douze ans, savaient par cœur la Table de Pythagore étendue jusqu'à cent fois cent, et qui calculaient rapidement de tête les produits de deux nombres de
3o Deuxième récréation.
quatre chiffres. Parfois cette faculté se développe chez quelques individus d'une façon vraiment extraordinaire ; c'est le cas de Mangiamelli, le berger sicilien, et d'Henri Mondeux, le pâtre de la Touraine; ils opéraient les multiplications et les divisions par paquets de trois chiffres.
Il ne faudrait pas laisser se développer outre mesure, chez les enfants, cette faculté du calcul mental; mais il est bon, pourtant, de la leur faire acquérir dans le jeune âge. Elle se conserve plus tard et facilite beaucoup l'étude de toutes les sciences. Les plus grands mathématiciens ne l'ont point dédaignée; ainsi Euler et Wallis étaient, en même temps que savants illustres, des calculateurs émérites. Ils résolvaient, sans le secours de la plume ou du crayon, les problèmes numériques et algébriques les plus compliqués. Wallis était doué d'une mémoire prodigieuse; il lui arriva, une nuit, d'extraire de tête la racine carrée d'un nombre de cinquante chiffres, et de la dicter le lendemain. Au tableau ou sur le papier, cette opération me demanderait plus d'une heure, et encore ne serais-Je pas bien assuré de l'exactitude du résultat.