UN NÉGOCIANT DE PISE AU XII® SIECLE
Cette méthode abréviative est connue; mais, bien que très pratique, son emploi est fort peu répandu. Cependant elle n'est pas tout à fait nouvelle, et nous montrerons ultérieurement qu'elle était déjà enseignée vers Tan looo, et probablement longtemps avant, par le professeur de calcul, le Magister Abbacci, et couramment appliquée dans les calculs commerciaux et industriels, en Italie, en Sicile, en Egypte, en Syrie et dans l'Extrême-Orient. Nous disons plus : c'est la seule méthode de multiplication développée dans l'Ouvrage qui a pour titre : le Livre de V Abaque (*),
{^) Il Liber Abbaczi di Leonardo Pisano, pubblicato secondo la lezione del Codice Magliabechiano, etc., da Baldassare Boncompagni (Roma, i857),
Première récréation.
composé par Léonard de Pise en Tannée 1202. Cet Ouvrage a été publié, pour la première fois, par le très illustre et très vénéré prince Balthazar Boncompagni, qui a consacré toute sa vie et une partie de sa fortune à l'étude et à la publication de documents concernant l'histoire des sciences mathématiques et des sciences physiques.
Dès la seconde page de ce volume grand in-4°, qui en contient 460, le premier Chapitre commence ainsi :
Novetn figurœ Indorum hœ sunt
Cum hîs itaquefiguris, etcumhoc signo o, quod arabice :{ephyrum appellatur, scribitur quilibet numerus, ut inferius démonstratur. Puis Tauteur démontre qu'avec les neuf chiffres et le zéro, que l'on appelait !(éphyr, en Arabie, on peut écrire un nombre quelconque. Il donne la correspondance entre les caractères romains et les chiffres arabes, en prenant comme exemples :