‹ Récréations mathématiques, Volume 3Chapitre 44 sur 79 · UN HORLOGER DU ROI · texte numérisé non relu

UN HORLOGER DU ROI

Cest en 1 6 1 7 que Néper publia à Edimbourg sa célèbre Rhabdologia sive numerationis per virgulas libri. Cet Ouvrage contient encore un MultipUcationis et divisionis promptuarium et un Methodus calculiper scacchiam; on y trouve la description de ses bâtons et un procédé de calcul au moyen de Téchiquier. Gaspard Schott fut le premier qui eut Tidée de coller les bâtons de Néper sur plusieurs cylindres mobiles autour de leur axe, et les enferma dans une boîte. On trouve la description de ce procédé dans rOuvrage qui a pour titre : Organum mathematicum a P. Gasparo Schotto, e societate Jesu (Herbipoli, 1668). — Peu après, en 1673, Grillet soumet au jugement du public parisien un nouvel appareil semblable au précédent; on en trouve la description dans TOuvrage : Curiosités mathématiques du sieur Grillet, orlogeur du roi. Chez l'auteur, au Cloître Saint-Jean-de-Latran. — 11 en existe deux modèles au Conservatoire.

En 1678, Petit exécuta un cylindre arithmétique connu sous le nom de Tambour de Petit, autour duquel il plaça des lames de carton portant la Table de Pythagore; les lames glissaient sur le cylindre, parallèlement à l'axe, au moyen d'un bouton que chacune d'elles portait. C'est toujours le procédé rhabdologique qui est devenu le procédé géométrique. Puis, Jacques Leupold donne au tambour de Petit la forme d'un prisme décagonal au lieu de la forme cylindrique; on trouve la description de cet appareil dans l'Ouvrage de l'inventeur : Theatrum arithmeticogeometricum (Leipsig, 1827I.

8o Deuxième récréation.

En 1728, Michael Poetius transforme le procédé de Néper, au moyen d'un instrument composé de cercles concentriques mobiles et qu'il appelle Mensula Pythagorica; en 173 1, de Méan propose un autre système que l'on trouve décrit dans le tome V des Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris. En 1738, Roussain présente à la même Académie une manière de faire les multiplications et les divisions arithmétiques par des petits bâtons analogues à ceux de Néper. On a trouvé que M. Roussain rendait cette méthode plus commode et plus simple, en affermissant ces bâtons dans un cadre, et distinguant certaines bandes de chiffres par des couleurs, ce qui prévient le dérangement des bâtons, et a paru fort bien imaginé [Histoire de l'Académie des Sciences, pour 1738). L'addition diagonale, dans les bâtons de Néper, est remplacée par une addition verticale. Cet appareil est au Conservatoire.

En 1789, Prahl soumet au jugement du public un instrument qu'il appelle Arithmetica portatilis et qui n'est autre chose que la Mensula Pythagorica de Poetius; mais les cercles mobiles sont beaucoup plus grands et portent les nombres de i à îoo. J.-P. Gruson, dans une brochure publiée à Magdebourgen 1792 et rééditée en 1793, sous le titre : Machines à calculer, décrit encore une transformation de la Mensula de Poetius. En 1798, Jordans publie à Stuttgard une Description de plusieurs machines à calcul. C'est encore une modification des bâtons de Néper.

En 1828, M. Lagrous présente à la Société d'Encouragement (Bulletin, 27® année) une machine à additionner composée de plusieurs cercles concentriques, et M. Briet prend, le 8 décembre 1829, un brevet pour un additionneur qui a quelque

Le calcul et les machines à calculer. 8i

analogie avec la machine précédente. En iSSp, M. Bardach, de Vienne (Autriche), met en vente deux tables à calculer dont l'une n'est qu'une modification de YAbacus de Perrault pour l'addition et la soustraction, moins la transmission mécanique des dizaines, et dont l'autre, qui sert à la multiplication et à la division, n'est encore qu'une modification du Promptuarium de Néper. Le 27 mai 1841, M. J.-S. Henri prend un brevet pour un Prompt calculateur ; la même année, M. le D"" Roth imagine Le prompt multiplicateur et dit^iseur. Cest une tablette munie de neuf fentes horizontales et, au bas, d'un abaque ; au moyen de boutons, on écrit sur l'abaque le nombre que Ton veut, et les produits de ce nombre par les neuf premiers chiffres apparaissent immédiatement le long des fentes horizontales. M. le D' Roth nous a donné un exemplaire de cet appareil que nous remettrons au Conservatoire après l'avoir étudié plus en détail. Mais, malgré ces perfectionnements, l'invention de Néper n'était pas tombée dans le domaine de la pratique. De plus, même dans l'appareil du D'' Roth, il restait toujours une petite addition à faire pour trouver chacun des produits partiels.

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