‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 130 sur 259 · SE SUICIDER. SE REPENTIR · texte numérisé non relu

SE SUICIDER. SE REPENTIR

L'usage ! direz-vous. L'usage est le souverain maître et parfois le tyran des langues. J'y consens, et il faut bien que j'y consente. Mais alors laissez Tusage libre de se prononcer pour ou contre se suicider, et ne venez point paralyser ses tendances par les argumens d'une fausse logique.

Ceux qui se préoccupent tant du radical suî dans se suicider, savent trop de lalin et pas assez de grammaire.

J'ai beau me tâter etm'examiner, tourner et retourner la question sous toutes ses faces, du moment que je me place en dehors du dogme académique et de la foi du charbonnier, ma raison ne parvient pas à se trouver choquée du verbe se suicider; elle le serait bien plutôt des raisonnemens par lesquels on prétend l'exclure à jamais.

Voyons donc ce que Montesquieu a gagné de n'avoir pas à sa disposition suicide et se suicider. Pour le substantif il dit : La mort volontaire ; l'homicide de soi-

— « Deus ne se puel pas repentir de chose qu'il face. « ( Trad. du Livre des Rois, p. 54.)

« Pur ço que Deus se repenlid que fait l'aveit rei sur Israël. » {Ibid., 57.)

« 11 (Dieu) n'est pas hucm (homme) kl se repente. » {Ibid., 57.)

Ou rencontre aussi la forme impersonnelle, mais beaucoup plus rare :

« Oretn'en repent dit le Seigneur) que fait ai Saûl rei sur Israël. » [Rois, p. 54.)

Ce qui est encore plus étrange, c'est de trouver se repentir dans le fragment d'homélie sur Jonas qui est probablement du x' siècle, sinon plus ancien. — Voyez le fac-similé du fragment de Valenciennes, ligne aO, à la suite du Roland, et la note page 482.

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