GOBELIN, GOGUELIN
parmi les teinturiers. Ce nom propre est originairement un sobriquet, comme il y a des gens du nom de Follet.
Les matelots , qui passent leur vie au milieu de la poésie et des légendes, croient fermement aux gobelins, qu'ils appellent goguelins, et cette variante prouve l'identité de gobe et gogue. « Le gogiielin a couru l'entrepont cette nuit.' — As-tu entendu le goguelin? ^ Tous les dictionnaires vous le diront: Napoléon-Landais, le Complément de MM. Didot.
Quant aux formes, gode (plaisant), godan (plaisanterie, mystification), goder (jouir), godailler, godelureau, ce n'est pas la peine de s'y arrêter; elles sont trop voisines du latin. J'observe seulement que la seconde partie de godelureau paraît une altération de luron; godelureau serait la réunion de deux racines dont le sens s'allie à merveilles.
La science étymologique , la linguistique ferait un grand pas si l'on pouvait dresser un tableau sûr et complet , avec preuves à l'appui, dos lois de transmutation pour les consonnes et les voyelles. La chose ne serait peut-être pas aussi difficile qu'elle le parait au premier coup d'œil.