CHAPITRE XVIII
Preodre la mouche, la chèvre. — Breloque, battre la breloque. — Bar, her , bre , bes , radical péjoratif. — Coussi, coussi. — A la queue leu leu. — Moutonnier n'a pas été créé par La Fontaine. — Source d'une fable de La Fontaine, le Rieur et les Poissons,
A madame***, à Paris. — Je commence, madame, par celle de vos deux questions par laquelle vous êtes, me dites-vous, le plus vivement intriguée. Ce n'est pas la plus difficile.
^ Prendre la mouche. — Quelle est l'origine de cette métaphore? Ce n'est pas sans doute la mouche dont la présence vous y parait difficile à expliquer? Vous n'avez pas besoin qu'on vous commente ce passage de Boileau :
Gardez-vou8, dira l'un, de cet esprit critique ! On ne sait bien souvent quelle mouche le pique.
C'est donc le verbe prendre qui jette de l'incertitude et de l'obscurité ; on ne voit pas quel rapport existe entre une personne qui attrape des mouches et celle qui s'offense de peu de chose ; mais reportez-vous , s'il vous plaît, à ces locutions : Il a pris tin rhume ; — il a pris froid ; — il a pris la fièvre, ph prendre signifie être pris de, contracter. Les Latins disaient contrahere morbum , prendre une maladie. Cet emploi du verbe prendre remonte aux tems les plus anciens de la langue