‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 178 sur 259 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

TarluTe. — Covicllc. — Le Malmantile courait manuscrit en France. — La scène du sac des Fourleries de Scapin. — Épisode du Malmanlile. — Scène de Tabarin. — Sens d'un vers de Boileau.

^ Tartufe. — On a longuement et stérilement discuté l'origine et l'étymologie de ce mot qu'un coup du génie de Molière a fait pénétrer au sein de notre langue. Chacun a là-dessus apporté son anecdote ou son trait d'érudition : celui-ci allègue une histoire de trùiïes {tartiifoli) qui serait arrivée chez le nonce du paj)e, où Molière, je crois, ne fréquentait guères ; celuilà se reporte à l'ancien verbe trufcr, c'est-à-dire se moquor; d'autres se tournent ailleurs. — Ce n'est rien de tout cela. Molière n'a pas inventé le mot Tartufe : il l'a pris tout fait dans la langue italienne vulgaird , où il s'employait déjà comme épilhèle, non pas, il est vrai, dans l'acception d'hypocrite que le chef-d'œuvre de Molière lui a imprimée irrévocablement, mais avec un sens métaphorique voisin de celui-là :

Quasi di viver Batistone stuTo, Egeno (I) affronta con un punlerolo; E perché quel l'ucella corne un gufo, Saita, ch'ei pare un galIrUo inarzuoio; E Iniilo Ta cW Kgeno il mal larlufo Manda cou un bufTeto a rarquerciuolo,

(1) Egeno de' Rrodctli, anagramme de Benedello (lori, avocat. I a plupart des ami« de Lippi flgurenl dans son po«'me sous un nom relouriK*.

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