‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 187 sur 259 · LN ÉPISODE DU MALMANTILE · texte numérisé non relu

LN ÉPISODE DU MALMANTILE

Brunelto délie la corde en toute hâte, et délivre le pauvre ermite, qui lui saute au cou. A sa place, ils jettent dans le sac tout ce qui leur tombe sous la main : de la vaisselle de terre , deux flacons de vin rouge, et jusqu'au chien qui gardait le logis ; puis ils rattachent la corde et décampent. Ils vont se cacher en crevant de rire, pour être témoins du résultat de celle farce.

Magorlo, de retour avec un énorme gourdin , commence par s'enfermer chez lui pour n'être pas dérangé. (Les autres écoutaient à la porte et regardaient par le Irou de la serrure.) Il retrousse ses manches et se met à décharger sa furie sur le sac , accompagnant chaque coup de bâton d'une malédiction ou d'une injure : «Vieux ribaud, vieux voleur, vieil impie, tu me le paieras ! assassin que tu es ! scélérat ! hypocrite ! Mais tant va la cruche à Teau qu'à la fin... Tiens! voilà pour t'accommoder les os ! (C'étaient les plais de terre qui se brisaient.) Tiens encore!... Oh! que le vieux gueux avait de sang!... (C'était le vin qui se répandait par la chambre.) Tiens ! tiens !... (Le pauvre chien, atteint sur la tète, pousse un aiïreux hurlement.) Comment, dit l'ogre stupéfait, comment, après tout le sang qu'il a perdu, il a encore la force de crier de la sorte?... Allons : il est tcms de le faire cuire. » Il ouvre le sac, et parmi les tessons, que voit-il? son chien sanglant et meurtri! Il ne sait s'il dort ou s'il veille : par quelle mélamorphose un ermite s'est-il changé en chien? « Je n'ai, dit-il, rien lu de pareil dans Ovide!... »

Celle scène présente un rapport manifeste avec celle I. 2C

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