SCÈNE DU SAC, DANS TABARIN
nous sommes pris ! Il faut se résoudre devant qu'ils arrivent icy. J'ay un sac en nostre chambre de devant : il faut vous mettre dedans, on n'y prendra pas garde. {Francisquine enferme Lucas dans un sac.) »
Firteiin, serviteur du capitaine Rodomont, entre. Il apporte à Francisquine un billet de son maître.
« Francisquine («J9«?'/). Il y a longtems que ce capitaine me poursuit de mon déshonneur : il faut que je luy joue d'un Iraict... {Haut.) Mon amy, vostre maistre se porte-t-il bien ? Vous m'apportez un indicible contentement de m'apporter de ses nouvelles. Mais quel bruit entends-je à la porte? Ha, mon amy, nous sommes perdus si on vous recognoist icy : je seray scandalisée ! Je vous supplie me faire ce bien d'entrer dans le sac.
» FiRTELiN. Qu'y a-t-il, madame, qu'y a-t-il?
» Francisquine. Entendez-vous pas qu'on frappe à ceste porte? Entrez, je vous supplie, entrez : vous n'y serez pas longtems. {Firteiin entre dans le sac.) Voilà mon affaire jouée ; je me veux venger de ces deux personnages icy : de Tun, à cause qu'il est la cause de ma ruyne et qu'il a tout mangé mon bien ; de l'autre, à cause qu'il m'importune de mon déshonneur. »
Là-dessus Tabarin survient, se rendant au marché pour acheter des viandes de quoi faire les noces du seigneur Piphagne. Il demande à Francisquine le chemin de la boucherie; elle offre de lui vendre deux pourceaux qui sont là, dans ces deux sacs. Tabarin les achète, sort un moment et revient habillé en boucher.
« Tabarin. Voicy mes armes, il faut que je m'en