‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 191 sur 259 · SCÈNE DU SAC, DANS TABARIN · texte numérisé non relu

SCÈNE DU SAC, DANS TABARIN

escrime. Apporlez-moy la lieliefiite pour retenir le Sfing, afin que nous fassions force boudins... (Tahnrin descouvre le sac, et peiisatit voir lot pourceau, trouve que c'est Lucas.)

» Lucas. Au meurtre ! on me veut esgorger ! Je suis Lucas et non pas un pourceau.

» Tabarin. Vade^ sac à rote! Teste non pas de ma vie ! voilà un pourceau qui parle ?

» FiRTELiN. Soignez à moy, mes amis ; je suis mort !

» Tabarin. En voicy encore un qui est dans ce sac !... Prodige ! messieurs, prodige ! voilà les pourceaux qui sautent! Je n'en demeureray pourtant point là : il faut que je vous eslrille. Vous estes cause que je perds un bon souper. {Tous se battent.) »

Voilà ce qu'on veut qui ait servi de point de départ à Molière. Molière n'aurait pu trouver cela tout seul : il a fallu cet éclair du génie de Tabarin pour éveiller et féconder le génie qui spontanément avait produit Tartufe, \e Misanthrope et le Bourgeois gentilhomme.

Mais parlons un peu chronologie, s'il vous plall. Cv[[c farce tabarinique, ainsi qu'on le peut voir dans M. Brunet, fut imprimée pour la première fois en 1(522. C'est justement l'année de la naissance de Molière. Tabarin était alors déjà célèbre, puisque dès l'année 1619 il faisait gémir la presse et le bon sons. Les Fourberies de Scapin sont de 1671. Molière aurait donc attendti quarante -neuf ans à s'apercevoir du germe coujifjue renfermé dans la scène de Tabarin ? Jeune, lors(|u'il courait la province, improvisant sur des

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