TÉMOIGNAGE DE PASQUIER
tous ces gens-là répandaient dans le monde entier la gloire de la langue et de la littérature française sans savoir le français, comme vous dites, car ils ne mettaient pas de t aux pluriels en ant. Or faites-en autant, vous qui le savez!
Pasquier dit que sous Henri II il s'émut de grands débats sur l'orthographe :
« Ce nonobstant, après plusieurs tracassemens, enlin » est-on retourné à nostre vieille coutume, fors que de » quelques paroles on en a osté les consonnantes trop » csloighées de la prononciation, comme la lettre p » dans les mots de tems, cors et escrlts. » {liec/ierches, YIII, 1.)
Il semblerait, d'après ce passage, que cette suppression du p fût une infraction à la vieille coutume : peutêtre Pasquier le croyait-il lui-même. En ce cas il se trompait : les manuscrits sont là, en assez grand nombre. Dieu merci! pour le prouver. On n'y trouvera non j)lus de p à ces trois mots, ni aux analogues, que de / aux pluriels en rm/.Ce sont les pédans de la renaissance qui ont inventé corps, temps, escripre, avec un p; et ils allaient clabaudant que c'avait été la coutume de toulc raiili(|Milé française, absolument comme on fait aujourd'hui pour le / des charmants cnfatits. I^Iaisle bon sens public lit justice de cep parasite; seulement on crut violer rancierme règle par le fait mêiiie par où Ton s'y conformait. L'histoire d'hier est celle d'aujourd'hui.
Non , vous n'avez poiir vous, 6 partisans du / et du p, ni l'ancienneté de l'usage, ni ruulorilé de la logique ;