GARDER AUX VIEUX AUTEURS
leurs successeurs jusqu'au xix*. Le Recueil de poésie offre tans et tens ; mais pas au delà du xiv* siècle. Un rondeau de Froissart présente déjà l'orthographe de la renaissance :
On doit le temps ainsi prendre qu'il vient;
Tout dit que pas ne dure la fortune.
Un temps se part, et puis l'autre revient :
On doit le temps ainsi prendre qu'il vient (1}....
orthographe qui lui était bien sûr inconnue ainsi qu'à ses devanciers et à bon nombre de ses successeurs.
» Les regrets que vous faisiez entendre , monsieur, pour « les bons et beaux gallicismes immolés à la di- » gnité de notre rhétorique moderne », je les fais entendre à mon tour pour cette vieille orthographe de nos manuscrits, si fréquemment, pour ne pas dire presque toujours sacrifiée par les imprimeurs de tous les tems , et cependant si nécessaire à reproduire fidèlement, pour qu'on puisse se rendre un compte exact des variations orthographiques de notre langue. N'est-il pas déplorable qu'aujourd'hui encore nous n'ayons pas « une » édition des œuvres de Rabelais entièrement complète » et conforme aux véritables textes oriyinaux » (2), parce qu'il a plu à chaque éditeur ou imprimeur d'en altérer l'orthographe à sa guise. Dans l'intérêt de notre littérature nationale, et dans l'intértM surtout des rc-
(1) Leçons et modèles de UUérature française ancienne et moderne, parTissol, Poésie, p. 83.
(2) Jarq.-Ch. Bruncl, Recherches sur les éditions de Rabelais, p. 1 38. Paris, I«ri2.