I.rj Iricoleti rt lu Cassnndn
\,r li'i'iiiiMitsrniFnt rt le siiut ,
C« sont lp> lii-uux pat qu'il vous futit :
Du liiiiuuii vuiK In iii*u( aiiprciidre.
(La btUe danse, dan* 1m OEayr*$ dltunut.)
l'air vive HENRY QUATRE ! 395
nous avertit dans sa préface qu'il s'est attaché à mettre pour timbre de chaque air les paroles sur lesquelles il a été composé. Voilà déjà un renseignement. L'air Vive Henry quatre ! s'appelait jadisl'air Je suis Cassandre. Il est noté sous ce nom dans le Théâtre de Favart et dans le recueil manuscrit de Waurepas. C'était encore l'air Je suis Cassandre, lorsque Collé l'employa dans la Partie de chasse d'Henry JV, jouée le 16 novembre 1774. La chanson de 31ichau devint populaire, et c'est à partir de ce moment que l'air s'appela l'air Vive Henry quatre ! A la restauration, les Bourbons imaginèrent de le faire servir conmie air national : dès lors il ne fut plus question de l'ancien timbre; on sema le bruit, et beaucoup de gens eurent la naïveté de croire que l'air et les paroles étaient d'Henri IV lui-même.
Qui est le véritable auteur de cette musique, c'est ce qui reste à découvrir.
Loret, dans sa Muse historique^ rendant compte d'un grand bal donné à la cour :
Il est vray qu'on ne dansa pas La pavanne iiy les cinq ^las , Qui, dès le temps de mon enfance, Avoient beaucoup de vogue eu France ; Ny les branles de Melz non plus :
Ce sont de vicui airs superflus.
Mais ouy bien les marionnettes , Les CASSANDRE», les Loivinelles Et mcsme aussy les (ricotlels Uui ratissent omnes génies.
La b.ttre est datée de janvier 1655. Ainsi , d'après les termes de Loret lui-même, on serait fondé à croire
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qu'à cette date l'air de Cassandre et celui des tricotets étaient des airs nouveaux, ou peu anciens.
Ces paroles : Je suis Cassandre , se trouvent dans le ballet de Cassandre, de Benserade, dansé en janvier 1651, au palais cardinal, par Louis XIV, alors âgé de treize ans, et qui entrait dans l'année de sa majorité.
A la septième entrée, Cassandre paraissait « sur un j> charriot grotesque avec ses escuyers » , et elle chantait en s'adrcssant à l'assemblée :
Je suis Cassandre Descendue des cieux ;
Je suis Cassandre, (Non pas pour vos beaux yeux !) Je suis Cassandre, Descendue des cieux.
{Œuvres diverses de Benserade, 1,2, 1697.)
Ali ! si les feuilles libérales de la restauration avaient su que ce chant 7iationai, cet air chéri des Français, qui signalait toutes les entrées de Louis XVIII, n'était autre chose en réalité (jue l'air Je suis Cassandre , quelle joie ! quelles risées ! Que (ré[)igrammes perdues |)()ur le Miroir, la Pandore, le Diable hoileax ! etc.
Le musicien du Lalkt de Cassandre est probablement Lambert, l'illustre Lambert, Michel Lambert, le beau-père de Lully. Mais attendez ! ne vous hàlez pas de conclure : le couplet de benserade était un couplet de vaudeville, sur un air comui, et cet air est noté page 7 h do VOrchésoyraphic de Jean Tabou rot , de Langres, sous le pseudonyme de Toinot Arbeau. L'eu-