MO DE L4 PRONONCIATION
profitable. Cette modération , au reste , vous vient de votre conscience : les forts sont doux et ne s'émeuvent pas de léger.
Je passe condamnation surpayer la baie^ sur patois mal à propos dérivé de patelinois , sur tandis que, enfin sur 1^ plupart de vos remarquas. Mais il y a quelques points qui me paraissent controversables, en particulier ceui( qui touchent à la prpnpnciation du vieux français. Vous savez , mon cher Littré , depuis combien d'années j'étudie ce côté de la question si difficile et si important, et dont (je crois pouvoir accepter cette louange que vous me donnez) personne ne s'était préoccupé avant moi. Vous ne serez donc pas surpris que je ne me rende pas tout d'abord, et n'abandonne pas dès la première attaque des opinions résultat de tant de recherches. Vous m'entendrez et vous jugerez. Je m'en rapporte à vous avec pleine confiance, car ni vous ni moi , pieu merci ! n'écrivons pour la misérable gloriole d'avoir toujours raison et de paraître infaillibles. Que ceux-là y prétendent qui se sont bÂclé une réputation par le savoir-faire plutôt que par le savoir, et qui perdraient tout s'ils perdaient leurs prôneurs ; comme ils ne vivent que de prestige, ils ont raison de défendre le prestige : « Toute beste garde sa pel. » C'esi irès-bien ! Mais npus , qui n'avons en écr^^r yant d'autre intérêt, d'autre but que de mettre en lufi^ière la vérité, nous pouvons discuter sans disputer, et nous contredire sans nous quereller.
Deux ouvriers vouUnt amener à la ^ujrface du $q1 pn
ou VIEUX FRANÇAIS. hH
bloc de marbre engagé profondément, sont obligés souvent d'opposer leurs leviers et d'agir en sens contraire. Loin d'être ennemis pour cela, Tunité du but où ils tendent rend leurs efforts amis, et ils accomplissent ainsi à deux ce qu'un seul n'aurait pu mettre à fin , malgré sîj puissance individuelle.
Je transcris vos paroles :
a Le nouvel éditeur du Patelin donne une règle générale qu'il formule de cette manière: « Les voyelles *, w, accompagnées )» d'une autre voyelle ayec laquelle elles ne forment pas diphtl)0n>* » gue, emportent toujours dans la prononciation, avec leur va- » leur comme voyelles, leur valeur comme consonnes : i vaut «j, » f* vaut uv. Parmi le col soie pendu^ prononcez sois-je, » — Je pe puis donner mon assentiment à celte règlç. Non -seulement on ne trouve rien dans les textes qui Tautorise, mais encore elle me paraît contraire à ranalogie... Prenons les imparfaits dont la finale oie est dissyllabe aussi : Je pensoie. Cette finale provient de la finale abam. Suivant la règle française, le 6 est tombé; la finale latine am est devenue un e muet; Va long qui restait devant cet e muet a été changé en une voyelle longue correspondante. Voilà l'analyse complète de la formation. Mais si elle était jepensoije^ elle serait tout à fait rebelle à l'analyse, car, ramenée au latin, il serait absolument impossible de rendre compte de ce /, et si on le réintroduisait dans l'élément latin, on arriverait à une forme pensabiam, qui donnerait régulièrement pensoije, mais qui ne peut être imaginée. »
Permettez-moi de vous dire, mon cher Littré, que vous n'avez pas saisi ma pensée, (^est ma faute, sans aucun dQule, Hiajs si j'ai été obscur ou équivoque pour youp, pour combien d'autres ! Il faut donc que je m'expliqqe, et tàcbQ d'être bien clair dans une matière où celp n'est pas toujours facile.
Par où je vois que vous ne m'avez pas compris, c'est