‹ Rectification du vocabulaire [microforme]Chapitre 12 sur 39 · FRANÇAIS · texte numérisé non relu

FRANÇAIS

ré à Paris un jeune Can sinateutr li

adien qui exerçait.

Dans le bfit de se

ps qu'il i + Vite il Jui expédie Justine.

—Âllez de suite de lithographe, el

Autant que poss S rapporterez la répons, Justine revint avec le billet.

—Monsieur, dite

lle, il n’y a Pas de boutique de lit numéro 108, ni dan

hographe au.

s le voisinage,

ographe au numéro 108!

amp il y a seulement quelques.

étage. Son nom, en énormes lettres dt £"s, court sur toute la façade de la maison.

—Alors, Monsieur, ce n’est pa une boutique. r’est un atelier.

M. Laurent se mordit la lèvre ::<c dépit. {1 : y avait donc pas moyen de se faire comprendre, à Fais. l: Darlait pourtant français. I1 ne se servait pas d’anglicismes ni des canadianismes, mais bien de mots français. Seulement, ces mots ne signifiaient pas la même chose qu’au Canada, ne désignaient pas les mêmes objets ; d’où une irritante confusion babélique.

Depuis que Justine était à son service, M. Laurent avait remarqué que cette jeune personne avait reçu une éducation et une instruction au-dessus de sa condition. Il la questionna et apprit qu’elle avait son brevet d’institucrice, mais que, comme beaucoup d’autres, elle avait dû se mettre en service pour gagner honorablement sa vie. Après un instant de réflexion, il lui dit:

—Vous savez, Justine, que nous sommes étrangers. Dans notre pays on parle indifféremmnt l’anglais et le français ; mais le français que nous parlons a sans doute bien vieilli, car je m'aperçois tous les jours que j’emploie des expressions erronées. Je préférerais qu’elles fussent inconnues, car on me demanderait des explications immédiates et l’équivoque ne se prolongerait pas. Vous me semblez bien connaître le langage usité à Paris; voulez-vous me reprendre à l’occasion et me bien faire spécifier ce que je désire lorsque je demande quelque chose? Vous’me rendrez service.

—Monsieur et Madame sont si bons pour moi que je ferai cela avec empressement et plaisir. Je me suis bien aperçue de la gêne de Monsieur, mais je n’osais pas reprendre Monsieur.

—L'oserez-vous maintenant ?

—Je n’y manquerai pas.

—Et je vous en remercie d'avance.

M. Laurent résolut d’aller lui-même porter son invitation à Dé

siré Lonchamp, mais avant il enrichit ses notes de ses nouvelles découvertes.

BOUTIQUE.—Lieu où l’on étale, où l’on expose à la vue des passants les marchandises offertes en vente et où l’on pratique

la vente au détail. Tout local qui ouvre directement sur la rue et dont la devanture n'est Pas maçonnée, mais constituée par une ou plusieurs baies vitrées, prend le nom de boutique. (fig. 6). Ce nom, cependant, peut changer selon l’usage qu’en fait l'occupant. Un rekieur, par exemple, qui est un ouvrier à façon, c’est-à-dire qui transforme, qui habille les livres quo lui confie, et qui ne vend rien autre chose que son travail, change le nom de sa boutique en atelier. Boutique est pour l'extérieur, atelier Pour l’intérieur. Ainsi l'on dira — Allez à tel endroit vérrez une boutique verte; c’est l'atelier Pour un coiffeur. Même lorsqu'il est en boutique, le lieu où il |! opère prend le nom de salon. Exemple :—La boutique de cette kil maison est occupée Par un salon de coiffure. Observons à ce

sujet que le barbier n'existe pas à Paris. Où dit coiffeur ou perruquier.

; vous d’un relieur. De même

J::- MAIS Ris x . —)

FIG. 6,—Boutique,

(a) BARBIER.—C'est celui qui fait la barbe, qui rase. Or, cette unique spécialité n'existe plus ni à Paris ni dans les villes. On ne trouve plus de barbiers, dans le sens exclusif du mot, que dans les petits villages. Ce sont des gens occupés à toutes sortes de travaux et qui, une fois ou deux Par semaine, font plus ou moins bien la barbe à leurs voisins. Mais plutôt mal que ‘-

bien. Disons toutefois qu’on peut fort bien, à Paris, s'adresser

à un paggant et lui demander de vous indiquer un barbier sans provogüer la moindre confusion. Seulement, celui qui pose la question passe pour un provincial. Ce qui d’ailleurs n'est pas déshonorant.

(b) BARBIER.—En France, au moyen-âge, la profession de barbier comprenait l'exercice de la chirurgie et tout particulièrement l'opération des saignées.

COIFFEUR.—C'est celui dont la profession est de soigner, de couper les cheveux, la barbe. L'ouvri®r coiffeur qui exerce cet état s'appelle garçon coiffeur.

Les coiffeurs ou per-

ruquiers n'aiment pas

s'entendre appeler bar-

biers. Ils ont réagi

contre cette désignation

simplette en prenant le

titre prétentieux, mais

quelquefois justifié, d’ar-

tistes capillaires.

PERRUQUIER. — mot est synonyme de coiffeur.Cesmots s'emploient indifféremment l'un pour l’autre. Les perruquiers ou coiffeurs ne prennent pas seulement soin des cheveux et de la barbe des clients qui fréquentent leur salon; ils se rendent à domicile et exécutent de savantes coiffures de dames, dans lesquelles ils placent des fleurs, des plumes, des aigrettes, des des bijoux, etc. Ce sont alors d'importants personnages et de réels artistes. Les perruquiers ou coiffeurs font également des travaux en cheveux : nattes, perruques, toupets, chaînes, bagues, tableaux, etc. Ce ne sont pas en réalité de simples barbiers ne connaissant que le maniement du rasoir.

MAGASIN.—C'est le lieu où l’on serre, où l’on accumule des marchandises, où on les tient en réserve. Par extension, toute boutique abondamment pourvue de marchandises ou ayant de grandes proportions prend le nom de magasin. (fig. 7). Un magasin de nouveautés. D'un petit commercant vendant de la por-

FIG 7,—Magasin.

celaine, par exemple, on dira : un marchand de porcelaine. Si on commerce est étendu, actif, son local spacieux, on dira: Un magasin de porcelaine. Il y a également des magasins qui ne sont

pas des lieux de vente, mais des réserves de marchandises, de denrées.

ATELIER—Lieu où travaillent les ouvriers ou les ouvrières : atelier de couture, atelier de brochure, atelier de sellerie, de carosserie, de menuiserie, de clichage, etc., etc. (fig. 8).

Dire boutique pour atelier, c'est provoquer une confusion qu'une explication quelquefois laborieuse peut seule dissiper.

OX

| En revenant de faire ; Son invitation à Désiré

FIG, 8,—Ateiier, Longchamp, M. Laurent entra chez un horloger.

l —Monsieur, lui dit-il, j'ai cassé mon cadran ce matin, pouvezvous le réparer rapidement ?

—AÀ moins qu’il ne soit bien pas. Il

précieux, un cadran ne se répare se remplace, c’est plus économique et plus vite fait.

—Cornment !

est cassé?

il faut remplacer le cadran Parce que son ressort

—Le ressort du cadran?.

-+ Je ne vous comprends pas, Monsieur.

—Bon, se dit M. Laurent, encore une faute,

Il s'expliqua si bien que l’horloger comprit.

—Ah! fit-il, c’est votre réveille-m:

non le cadran, C’est bien, Apportez-moi l’objet quand rapidement.

atin (fig 9) qui est cassé, et l'accident est facilement réparable, vous voudrez et je vous l’arrangerai

REOTIFICATION DU VOCABULAIRE 21

M. Laurent comprit qu’il avait pris la partie pour le tout. C'est une faute très commune au Canada, où l’on dit couramment: le cadran est arrêté, pour la pendule, l'horloge est arrêtée.

CADRAN.—C'est la surface en métal, en émail, en porcelaine, en verre ou en papier portant les chiffres des heures et les divisions des minutes, sur lagrelle courent les aiguilles d’une montre, d’une pendule. (fig. 10).

Rentré chez lui, M. Laurent enveloppa le

.10.—Cadran, « e ; PETER réveil et dit à Justine :

—Portez cela chez l'orfèvre et priez-le de faire le réparage aujourd'hui, si c'est possible.

—Monsieur, répondit Justine, avec votre permission je prends la liberté de vous dire d'abord que

REPARAGE—n'est pas français.

On doit dire:

REPARATION.—C'est l’action de réparet, de ‘restaurer, de remettre en état tout objet abîmé, brisé, défraîchi. Or, pour faire la réparation d’un réveille-matin — et non le réparage — on s'adresse à un horloger et non à un orfèvre.

—N'est-ce pas la même chose ?

—Oh ! non, Monsieur.

—Quelle différence y a-t-il ? FIG, 9,--R Gveille-matin, ou simplement réveil.

ORFEVRE.—C'est celui qui fait ou qui vend toutes sortes d'ouvrages d’or ou d'argent, tels que vases, vaisselle, trophées, plaques, écussons, plateaux, reliquaires, calices, ciboires, ostensoirs, etc., etc.

HORLOGER.--C'est celui qui vend, fabrique ou répare les montres, horloges, pendules, etc.

—Merci, Justine, je vais prendre note de cela. Mais vous dites horloges, pendules, y a-t-il une différence entre ces deux objets ?

—Oui, Monsieur.

HORLOGE.—L'horloge est une machine destinée à marquer et à sonner les heures, ainsi que la pendule; mais l’horloge possède un mécanisme différent qui lui permet de marcher dans toutes les positions, comme les montres. :

PENDULE.—L a pendule remplit le même office que l’horloge, mais elle est munie d'un balancier, d'un pendule, c’est-à-dire d'nn poids osciilant régulièrement, qui ne lui permet de marcher qu’à la condition d’être nosée bien d’aplomb et de ne subir aucun déplacement.

Cependant les appareils destinés à indiquer l'heure dont sont crnés les momuments ct qui, ayant un balancier sont des pendules, prennent le nom d'horloge, ainsi que toutes les pendules de grandes dimensions.

—Encore un fois, merci, Justine. Une dernière question. Vous alle: porter mon réveille-matin chez lhorloger, c’est bien. Mais n'est-ce pas chez l’orfèvre que je devrais aller si je voulais offrir des boucles d’orcilles à ma femme ?

—Non, Monsieur.

—Chez qui, alors?

—Chez le bijoutier ou chez le joaillier, selon la nature du bijou de votre choix.

—Veuillez donc m'indiquer Ja différence qu'il y a entre ces deux industries, Ê

BLJOUTIER.—I.e bijoutier fait et vend des bijoux de toutes sortes en métaux précieux ornés de perles, de pierres, ’émaux, etc., mais c'est le métal, comme poids et comme travail qui domine dans ses articles. Vous trouverez chez lui en boucles d'oreilles, bagues, chaînes, bracelets, épingles, etc., tout ce que vous voudrez. Mais si vous voulez offrir des diamants, par exemple, il faudra vous adresser au joaillier.

JOAILLIER.—Le joaillier est celui qui monte et vend les pierres précieuses, diamants, rubis, perles. Les parures, les colliers, les diadèmes sont sa spécialité.

—Aiors, dit M, Laurent, il ne faut pas confondre entre orfèvre, horloger, bijoutier et joaillier?

té AU. 0e 5

ES ee

—Non, Monsieur, Tous les quatres travaillent les métaux pré-

cieux et les pierres, mais ils ont chacun une spécialité qui ne se

confond pas.

—C'est bien. Merci encore 1me fois, Justine. Allez chez l'hor-

loger et priez-le de mettre mon réveil en bon ordre. -- —Si vous le permettez, Monsieur, je le prierai de le mettre en

bon état.

—Ÿ a-t-il encore une différence entre ces deux expressions ? —Oui Monsieur, et une différence sensible.

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