‹ Recueil choisi de traits historiques et de contes morauxChapitre 114 sur 148 · PAMÉLA, OU L'HEUREUSE ADOPTION · texte numérisé non relu

PAMÉLA, OU L'HEUREUSE ADOPTION

Fblicib, uniquement occupée de Téducation de ses deux filles, vivait dans le sein d'une famille aimable qu'elle chérissait, ne voyant que ses parents et ses amis. Félicie chaque jour s'applaudissait de son bonheur. Elle avait le goût de l'occupation et de l'étude, une âme douce et sensible. Elle ne connut jamais la haine, elle abhorrait la vengeance, elle savait aimer ; il n'est point de sacrifices que l'amitié n'eût le droit d'attendre d'elle. Enfin personne ne dédaigna jamais plus sincèrement le faste et la fortune.

Cependant les filles de Félicie commençaient à sortir de l'enfance. Camille» l'aînée, atteignait à peine sa quatorzième année, lorsque Félicie, par la situation des sifiaires, se trouva forcée de la marier. Elle n'avait point de fortune à lui laisser, elle ne pouvait l'établir qu'en obtenant pour elle des grâces et des places. Le parti le plus avantageux à tous égards s'ofiHt pour Ca«> mille ; Félicie ne devait pas balancer, mais elle n'en sentit pas moins vivement combien il est fâcbeux d'être obligée de marier sa fille dans un âge si tendre. En effet, c'est un malheur d'autant plus grand pour une jeune personne de quatorze ans, qu'il doit influer sur tout le reste de sa vie. Son éducation n'est qu'ébaucbée, et reste à jamais imparfaite. Camille, peu de temps après

Uniquement gntirefy, à tous é^uài in ail respects^ ébauchée

flou mariage, tomba dangereusement malade. Félicie éprouva des inquiétudes, qui, réunies aux veilles et aux. insonmies, causèrent une altération dans sa santé, dont elle se ressentit long-temps après le rétablissemeint de. sa fille. Comme sa poitrine parut s'attaquer, les médecins lui ordonnèrent les eaux de Bristol. Elle fat obligée de laisser sa chère Camille à Paris, entre les mains d'une belle-mère, et elle partit pour l'Angleterre avec Nathalie, sa seconde fille, qui était alors dans sa treizième année.

Félicie n'avait pas eu la précaution de s'assurer d'une maison. Aussi, en arrivant à Bristol, elle ne put trouver qu'un logement d'autant plus désagréable qu'il n'était séparé que par une cloison d'un autre appartemait, occupée par une Anglaise malade, et dans son litdepuisdeux mois* Félicie, qui savait parfaitement l'Anglais, questionna son hôtesse sur sa voisine, et elle apprit que cette malheureuse Anglaise se mourait d'une maladie de poitrine. Elle était veuve ; son mari, jeune homme d'une naissance distinguée, avait été déshérité par ses parents, pour avoir fait un mariage peu convenable. En mourant, il n'avait pu laisser à sa femme qu'une petite pension viagère ; circonstance d'autant plus affligeante pour cette femme infortunée, qu'elle avait une fille âgée decinq ans, qui perdait avec sa mère tout moyen de subsister. L'hôtesse termina ce récit par l'éloge de Paméla (c'était le nom de l'enflant), et elle assura Félicie qu'il n'existait pas une plus charmante petite créature. Cette histoire intéressa vivement Félicie, et toute la soirée elle ne s'entretint avec Nathalie que de leur malheureuse voisine et de son enfant.

Félicie et sa fille habitaient la même chambre. H y avait environ deux heures qu'elles étaient couchées. Nathalie dormait profondément ; sa mère commençait à s'assoupir, lorsqu'un mouvement extraordinaire, qu'elle

skeiehedf veilles niffhts she had passedy insomnies want qfaleep, rétablissement recovery, poitrine lungs, 8*attaquer to be attachée^ bellemère mother-in-lauf, cloison partition of boards, hôtesse landîady^ maladie de poitrine consumplion, pension viagère annuity, vivement very muoh, soirée eveninff, couchées in bed^ profondément toundiy^

entendit dans la chambre de l'Anglaise malade, la réveilla en sursaut. Elle prête une oreille attentive, et distingue des gémissements. Alors se rappellant que la malade n'avait, pour la servir, qu'une femme de chambre et une garde, Félicie imagine que peut-être son secours ne sera pas inutile. Elle se lève précipitamment,, prend sa lampe de nuit, et sort doucement, afin de ne pas réveiller Nathalie. Elle traverse une garde-robe où couchait sa femme de chambre ; en passant, elle lui recommande de ne point quitter Nathalie ; ensuite elle entre dans le corridor. La porte de la malade était ouverte. Félicie entend des accents entrecoupés de sanglots ; elle avance en tremblant. Tout à coup une femme de chambre, en pleurs, s'élance hors de la chambre, en s'écriant : " C'en " est fait ! elle n'est plus ! "— « ciel ! " dit Félicie ; " et "j'accourais pour vous offrir des secours." — " Elle vient "d'expirer !" reprit la femme de chambre; "O mon " Dieu ! que deviendra sa malheureuse fille ? J'ai moi- " même quatre enfants, comment pourrais-je me charger " de cette infortunée ? " — " Où est-elle, cette enfant ? " interrompit vivement Félicie. — " Hélas ! madame, l'in- " nocente n'est pas en âge de connaître son malheur." — " Sait-elle seulement ce que c'est que la mort ? " — " Elle " chérissait sa pauvre mère ; car jamais enfant ne fut plus " sensible. Mais elle dort paisiblement dans la même " chambre où sa mère vient de rendre le dernier soupir." — ^A ces mots, Félicie frémit : " Juste Dieu ! " s'écriat-elle : "ah ! venez, arrachons cette enfant d'un lieu si " funeste." En disant ces mots, Félicie se précipite vers la chambre ; elle entre. Pour approcher du berceau de l'enfant, il fallait passer à côté du lit de la malheureuse Anglaise. Félicie tressaille, et s'arrête. Elle -fixe un instant ses yeux, remplis de pleurs, sur ce triste et touchant objet. Ensuite, se mettant à genoux, " mère " infortunée," dit-elle, " quelle a dû être l'horreur de vos

s'assoupir tofaîl asîeep, en sursaut on a sudden^ prête Toreille lis^ tens fgsiràe nurses entrecoupés interrupied, s éiance hors de rushes rom^ c*en est tait ii is over, vient de has but just^ arrachons let us take aufap, se précipite runs, berceau cradley il fallait she was obligedf quelle i^ 4Û être tçM mtfsf hav^ b^en, appui proteçtton.

" derniers moments ! Vous laissez voia*e enfant sans " appui, sans secours. Ah ! du sein de Tétemité, (j'aime ** à le croire,) vous pouvez encore et me voir et m'en- " tendre ! Je me charge de votre enfant ; je ne lui laisse- " rai point oublier celle qui lui donna la vie ; chaque jour " elle implorera, pour sa mère, la clémence de l'Etre Su- " prême." En achevant ces paroles, Félicie se leva ; et, avec une émotion égale à son attendrissement, elle s*ap* proeha du berceau. Un rideau cachait Tenfant. Félicie d'une main tremblante Técarte doucement, et découvre l'innocente petite orpheline. Félicie contemple, avec ravissement, sa beauté, sa figure angélique et touchante. L*enfant dormait profondément à côté du lit funèbre de sa malheureuse mère ; elle goûtait paisiblement les charmes du repos. La sérénité de son front, la candeur de sa physionomie, qu'un doux sourire embellissait encore, la fraîcheur et l'éclat de son teint, formaient, avec sa situation, un contraste aussi frappant que pathétique. " Hélas !" dit Félicie, " comme elle dort ! dans quel mo- ** meut, et dans quel lieu ! Aimable et malheureuse en- " fant, en vain, en t' éveillant, tu demanderas ta mère. *' Mais du moins l'humanité t'en donne une autre ; oui, je " t'adopte ; oui, tu retrouveras dans mon cœur la sensibi- " lité, l'affection d'une mère. Allons," continua Félicie, en s'adressant à la femme de chambre, " aidez-moi à "transporter chez moi ce berceau.' ' La femme obéit avec joie ; et l'enfant, sans se réveiller, fut portée doucement, sur son petit lit, dans l'appartement de Félicie. La jeune Nathalie s'était levée. Inquiète et troublée, elle accourt au-devant de sa mère, qui lui dit, en entrant dans la chambre, " Approche, Nathalie: je t'apporte une " seconde sœur ; viens la voir, et me promettre de " l'aimer." Nathalie vole auprès du berceau ; elle se met à genoux pour mieux considérer l'enfant. Félicie lui conte, en peu de mots, tout ce qui lui est arrivé. Nathalie pleure en écoutant ce triste récit. Elle regarde tristement la petite Paméla, en l'appelant sa sœur ; elle

être beinç, attendrissement commisération^ rideau ourtain, écarte draws, ravissement ecstasy^ goûtait enjoyed, sourire smile, en t*éveillant when thou wakest^ chez moi in my room, accourt au-devant

voudrait être au lendemain pour l'entendre parler et pour Tembrasser mille fois. Enfin, il fallut se remettre au lit. Félicie ne put fermer l*œil durant le reste de la nuit ; peut-on désirer le sommeil quand c'est le souvenir d'une bonne action qui nous en prive ?

A sept heures du matin on entra dans la chambre de Félicie. Aussitôt que les fenêtres furent ouvertes, Paméla se réveilla. Félicie courut à son berceau. L'enfant, en l'apercevant, parut surprise ; et puis la regardant fixement, elle sourit et lui tendit les bras. Félicie la serra dans les siens avec transport. Elle croyait à la sympathie (c'est la superstition de tous les cœurs sensibles) ; elle se persuada qu'elle en voyait les effets dans les douces caresses d<la petite Paméïa, qui lui inspirait déjà une affection si tendre, et elle l'en aima davantage encore. Cependant bientôt Paméla demande sa mère. Ce nom de mère, dans sa bouche, attendrit vivement Félicie 5 "Votre maman," dit-elle, " n'est plus ici ! " A ces mots, Paméla fondit en larmes. Nathalie voulut entreprendre de la consoler. " Ah ! " dit Félicie, " lais- " sez-lui cette affliction touchante ; j'avais besoin de voir « couler ses pleurs. Songez à sa situation, Nathalie, et " vous éprouverez le même sentiment ! "

Quand Paméla fut habillée, elle se mit à genoux, et fit tout haut ses prières. Félicie tressaillit en lui entendant dire, " Mon Dieu, rendez la atmtéà maman ! " — " Ne fait^ plus cette prière," dit Félicie ; " car votre " maman ne souffre plus." — ^^ Elle ne souffre plus ! ** s'écria Paméla ; " O mon Dieu, je vous en remercie ! " — Ces paroles déchirent l'ftme de Félicie. "O mon '^enfant," interrompit-elle, '^ne dites que les prières " que je vous dicterai : dites, Mon Dieu, daignez faire " le bonheur de maman I " Paméla répéta cette prière avec autant de ferveur que d'attendrissement. Ensuite, se retournant du côté de Félicie, et la regardant d'un air timide et ingénu, " Permettez-moi," dit-elle, " dede-

de run» io, voudrais witJi08, il fidlut se remettre au lit ihey went to bed again, désirer wish /«r, regardant fixement staring ai, tendit êtretched oui, attendrit affeetêd, fondit burstt avais besoin wanted^ éprouverez fM expirUnee^ fiit werU^ avertir to ki know, voiture ic 5

*' mander encore à Dieu qu'il me fasse rejoindre bientôt " maman." En achevant ces mots, elle s'aperçut que les yeux de Pélicie se remplissaient de larmes ; elle se leva, et fut se jeter à son cou en pleurant. Dans ce moment on vint avertir Félicie que sa voiture était prête. Elle prit sa petite Paméla dans ses bras, et suivie de Nathalie, elle sortit, monta en voiture, et partit pour Bath. Elle ne revint à Bristol qu'au bout de quinze jours ; et, ne voulant plus retourner dans son premier logement, elle y loua une autre maison.

Chaque jour Félicie s'attachait davantage à Paméla. La douceur angélique, la sensibilité, la reconnaissanoe de cette enfant, lui faisaient goûter délicieusement lefruit de ses bienfaits. Après avoir passé trois mois à Bristol, Félicie quitta l'Angleterre, et retourna en France. Toute sa famille, ainsi qu'elle, adopta l'aimable petite Paméla. Il était impossible de la voir sans s'intéresser à elle, et de la conn^tre sans l'aimer. Lorsqu'elle eut atteint sa septième année, Félicie l'instruisit de son sort, et lui conta l'histoire de la malheureuse Anglaise qui lui donna le jour. Ce triste détail fit verser à Paméla des torrents de larmes. Quand Félicie eut cessé de parler, elle se jeta à ses pieds, et lui dit tout ce que la reconnaissance et la plus vive tendresse pourraient inspirer de touchant et de sublime à la personne de vingt ans la plus sensible. Telle était Paméla. Son âme s'élevait sans cesse au-dessus de son âge. Lorsqu'elle parlait de ses sentiments, elle n'avait plus le langage ni les expressions de l'enfance. On pouvait citer d'elle mille traits charmants, des réponses fines et délicates, et une foule de mots heureux et touchants que le cœur seul peut inspirer. Cette sensibilité vive et profonde répandait une grâce inexprimable sur toutes les actions de Paméla. Elle donnait à sa douceur un charme qui pénétrait l'âme, elle embellissait sa figure. On voyait nôille fois Paméla avant de savoir si ses traits étaient réguliers, si elle était belle ou jolie. On n'était frappé que de sa physionomie intéressante, ingénue ; on ne remarquait que l'expression céleste de son visage. On earriage, loua took, cessé dmey citer quote^ foule quanUty^ traita featureSf paupières ei^eHds^ finesse wit, venaient prooeedÎMi, qyd

vu

ne pouvait ni Pezaminer ni la louer comme une autre. Elle avait de grands yeux bruns, de longues paupières noires. On ne disait rien de ses yeux ; on ne parlait que «de son regard. Elle avait toute l'envie de plaire et d'obliger, que donne un bon naturel ; elle était attentive, géméreuse, complaisante, sincère, autant que naïve. Enfin on trouvait en elle des qualités et des agréments dont la réunion est bien rare. Elle avait de la finesse, de la fran« «bise, et de l'ingénuité. Elle était aussi gaie que sensible, aussi vive que douce. Les seuls défauts qu eut Paméla venaient même de cette extrême vivacité, qui jamais^ne lui causa le plus léger mouvement d'impatience contre qui que ce fut, mais qui lui donnait une étourderie que peu d'enfants ont poussée plus loin. En voici un trait qui montrera en même temps sa douceur, son respect, et sa tendresse pour Félicie. — Paméla, beaucoup moins par négligence que par l'efiet de sa vivacité et de son étourderie, perdait sans cesse tout ce qu'on lui donnait. Allait-elle se promener, elle ôtait son cbapeau pour mieux courir, et, rentrant dans la maison toujours en courant, elle oubliait le cbapeau, qui restait sur le gazon. Apiès avoir travaillé, l'empressement d'aller jouer ne lui permettait ni de ramasser son dé, ses aiguilles, son étui, ni de les serrer ; elle se levait précipitamment ; le sac à ouvrage, tout ouvert, tombait à terre. Paméla sautait par-dessus, et disparaissait en un clin d'oeil. On était charmé de la voir courir dans les champs et dans un jardin ; mais on lui défendait de courir dans la maison. Paméla, avec le plus grand désir d'obéir, oubliait continuellement cette défense. Elle tombait régulièrement trois ou quatre fois par jour,«t laissait à toutes les portes des lambeaux de robes et de tabliers. Enfin, à force de prières, d'exhortations, et de pénitences, insensiblement elle perdit un peu de cet excès de turbulence. Félicie avait l'attention tous les matins de lui demander compte de tout ce qu'elle devait avoir dans ses poches et dans son sac à ouvrage, et cet examen journalier contribuait que ce fût any one, étourderie giddiness, ôtait ptiUed off, gaion turf, empressement eagemess, ramasser to pick up, serrer loek up, sac à ouvrage work-baff, sautait siipped, clin d*œà tmnklingqftm 9lf$^ lambeaux pieoet^ tabUert apront^ à force ^ cKfi/y jounûlU^

à rendre Paméla moins étourdie. Un matin que Félicie, suivant cette coutume, visitait les poches de Paméla, elle n*y trouva point ses ciseaux. Paméla, grondée et questionnée, répondit que du moins ses ciseaux n'étaient pas perdus, puisqu'elle savait où ils étaient. " Et où " sont-ils ? '* demanda Félicie. " Maman," répondit Paméla, " ils sont à terre dans le cabinet de ma sœur." — " Comment, à terre ? Et pourquoi les y avez-vous " laissés ? " — " Maman, j'étais dans ce cabinet ; j'avais " l^esoin de mon mouchoir, et, en le tirant, mes ciseaux ^' sont tombés de ma poche ; dans ce moment j'ai en- " tendu votre sonnette, aussitôt je me suis mise a courir " pour venir dans votre chambre." — " Quoi, sans prendre "le temps de ramasser vos ciseaux ? " — " Oui, maman, " pour vous voir plus tôt." — " Mais vous saviez bien " que je vous demanderais compte de vos ciseaux, et " que je vous gronderais en ne les trouvant pas." — '^ Maman, je n'ai pas pensé à cela : je n'ai pensé qu'à " vous, qu'au plaisir de vous voir." Paméla, en prononçant ces mots, avait des larmes aux yeux, et elle rougit. Félicie la regarda fixement et d'un air sévère, et elle rougit davantage encore. Cette vive rougeur, et le peu de vraisemblance du récit de Paméla, persuadèrent à Félicie que l'innocente petite Paméla venait de mentir, " Otez-vous de mes yeux," lui dit-elle; "je suis sûre " qu'il n'y a pas un mot de vrai dans tout ce que vous " venez de me dire ; sortez sans répliquer !" A ce terrible discours, Paméla, baignée de larmes, joignit les mains, et tomba aux genoux de Félicie, sans proférer une seule parole. Félicie ne vit dans cette action suppliante que l'aveu de sa faute. Elle la repoussa avec indignation, et l'accabla de reproches. Paméla, suivant l'ordre qu'elle avait reçu, gardait toujours le silence, et n'exprimait sa douleur que par ses sanglots et ses gémissements. Félicie était à la campagne, elle sortit pour aller à l'église, et, au lieu d'y mener Paméla comme à l'ordinaire, elle chargea sa femme de chambre

dailt/, mouchoir handkerchief, sonnette bell, me suis mise hegan^

rougit blushedf fixement sieadfasily, vraisemblance probiUdliiy,

venait de mentir had told an untruih, ôtez-vous pei out^ aveu ao-

Jtnowledgmenl^ accablé loaded^ à Tordinaire tisually^ mal£;ré elle

de Vj conduire, et la quitta précipitamment. Félicie, y étant arrivée, eut, malgré elle, bien des distractions ; elle tourna plusieurs fois la tête du côté de la porte, et vit enfin arriver Paméla, qui, les yeux rouges et remplis de pleurs, se mit humblement à genoux sur les marcnes de l'escalier. La femme de chambre lui dit de ne pas rester là avec les domestiques, et d'avancer. La triste Paméla répondit d'une voix basse : '^ Cette place est " encore trop hormepowr moi ! " Cette humilité toucha Félicie; elle fit signe à Paméla d'approcher, Paméla pleura de joie en reprenant sa place à côté de Félicie. Après l'office, la femme de chambre de Félicie s'approcha d'elle. "Paméla," dit-elle, "n'avait point menti."— " Comment !" interrompit Félicie. "Non, madame," reprit la femme de chambre ; " elle m'a priée de " descendre avec elle dans le cabinet, et nous y avons " trouvé les ciseaux à terre, comme elle l'avait dit." — " O ma charmante Paméla ! " s'écria Félicie, en la prenant dans ses bras, " et tu te laissais accuser, mal- " traiter, sans rien dire pour ta justification ? " — " Ma " chère maman, vous m'aviez défendu de parler." — "Et tu tombais à mes genoux, tu paraissais me de- " mander pardon ! " — " Je dois toujours demander par- " don quand maman est fâchée contre moi. Quand elle "me gronde, j'ai sûrement tort." — "Mais j'étais in- " juste." — "Non, ma bienfaitrice, ma tendre mère ne " peut jamais l'être avec moi ! " Qui pourrait ne pas adorer un enfant capable d'un semblable attachement, et qui prouve une soumission si touchante, une douceur si enchanteresse ? — Paméla souffrit beaucoup de ses dents de sept ans. Elle eut à cette époque une maladie de langueur qui dura plus d'un an. Félicie, pour pouvoir la mieux soigner, la fit coucher tout ce temps dans sa chambre. Paméla, voyant l'inquiétude de Félicie, cherchait à lui cacher ses souffrances. Elle avait des insomnies cruelles. Félicie se relevait souvent, la prenait dans ses bras, lui donnait à boire. Paméla nerece-

againsl her willf marches tteps, escalier stairs, reprenant resuming^ laissais did suffer, ai tort am in the vorong^ enchanteresse charming^

vait jamais de semblables soins sans verser des larmes d'attendrissement et de reconnaissance. Elle conjurait Félicie de se coucher promptement. *^ Dormez, maman/' disait-elle, 'Wotre sommeil me fait du bien. Quand ''j'entends à votre respiration que vous êtes endormie, "je souf&e mille fois moins."

Il n'est point de sentiment honnête qui f&t étranger au cœur de Paméla, même ceux qui semblent ne devoir être que le fruit de la réflexion et de l'éducation. A peine se souvenait-elle de l'Angleterre, elle chérissait trop Félicie pour ne pas aimer la France ; mais elle savait qu'elle était Anglaise, et elle conservait pour sa patrie un attachement d'autant plus vertueux, qu'elle n'aurait pu sans désespoir envisager la nécessité d'y retourner pour s'y fixer. Un jour (elle avait huit ans) Félicie écrivait, Paméla jouait tranquillement à côté de sa table. On était alors en guerre avec l'Angleterre. Tout à coup Félicie entend le bruit du canon ; elle écoute, et s'écrie, " Voilà peut-être l'annonce d'un avantage sur les An- " glais ! " En disant ces mots, ses regards tombent sur Paméla, et sa surprise est extrême en la voyant pâlir, rougir, et baisser les yeux. Dans ce moment plusieurs personnes entrèrent dans la chambre ; on vint avertir que le dîner était servi. Paméla paraissait toujours tremblante et troublée. Félicie voulant absolument lire au fond de son âme : " Il faut," dit-elle, " savoir pour- " quoi on a tiré le canon. Je me flatte encore que nous " avons battu les Anglais." — A peine Félicie achevaitelle ces paroles, que Paméla, fondant en larmes, se précipite à ses pieds : "0 maman," s'écria-t-elle, **par- " donnez-moi de pleurer; je n'en aime pas moins les " Français ; mais je suis née en Angleterre ! " — Ce mouvement si singulier pour son âge toucha profondément Félicie. "Ame pure et sensible," dit-elle, "un " instinct touchant et sublime t'inspire mieux que ne " pourrait faire la raison ! En croyant commettre une " faute, tu remplis un devoir sacré : conserve toujours

soigner io take care qf, aurait pu couîd hâve, envisager hoJted upon, annonce news, il faut we must, tiré Jired, de se coucher she

*^ à ton pays, à celui de tes pères, cet intérêt si tendre ! " Aime les Français, tu le dois, mais n'oublie jamais '^ que l'Angleterre est ta patrie l " Ces paroles ranimèrent Paméla, et la pénétrèrent de joie ; et le soir même, avant de se coucher, elle ajouta à ses prières celle-ci : " Mon IHeUy faites que les Anglais et les *^ Français ne se haïssent plus, et qu*ils ne se fassent ^^ jamais de mal / " Avec autant de sensibilité, il était impossible que Paméla n'eût pas une piété sincère et tendre. Certame que Dieu la voyait et l'entendait dans tous les instants de la vie, elle ne faisait jamais de faute sans lui en demander pardon avec les larmes touchantes du repentir le plus vrai. Mais, avant que d'implorer ce pardon, elle s'accusait à Félicie : " Dieu," disait-elle, *^ pourrait-il me pardonner si je manquais de confiance " en mama^ p D'ailleurs, une faute me pèse tant que '^ maman l'ignore ! et puis il est si doux d'ouvrir son " cœur à ce qu'on aime ! Maman me donnera peut- " être une petite pénitence ; mais elle causera, elle rai- " sonnera avec moi ; elle louera la sincérité de sa Pa- ** mêla ; elle l'embrassera mille fois ; et, ce soir, en me '' couchant, quand je lui demanderai sa bénédiction, '^ elle me la donnera encore avec plus de tendresse qu'à '4'ordinaire, s'il est possible." Açrès ces réflexions Paméla volait dans les bras de sa mère, et elle y trouvait le prix de sa candeur et de son affection. Ne pouvant se séparer de Félicie, préférant à tout autre plaisir celui d'être avec elle, même sans lui parler ; étaolie dans sa chambre, tandis que Félicie lisait, écrivait* ou faisait de la musique, Paméla s'amusait en silence sans faire le moindre bruit, dans la crainte de troubler Félicie. De temps en temps, cependant, elle se levait doucement et sur la pointe des pieds, elle s'approchait de Félicie, elle l'embrassait, et puis elle retournait à sa place. Plus d'une fois, quittant brusquement ses jou-

weni io hed, se each other, manquais wanted, d'ailleura besides^ pèse weigha^ causera toill talk, louera will praise, volait JleWf fidsait eompotêdf de temps en temps now and then, la pointe des pieds tip-4oef biusquement hastU^, joujoux piaif'thinçSf fut went.

joux, elle fut se précipiter, en pleurant, dans les bras de Félicie : " Au Ueu de jouer," disait-elle, "je pensais à " vous, maman, à vos bienfaits ! " — ^En parlant ainsi, Paméla tombait aux pieds de sa bienfaitrice, elle embras*

lui devait.

Une enfant si extraordinaire et si aimante ne pouvait être par la suite une personne médiocre: aussi. Paméla, à dix-sept ans, justifia-t-elle toutes les espérances que son enfance avait fait concevoir. Elle avait de Tinstruotion, des talents agréables, et toute l'adresse qui sied û bien aune femme. Il n*y avait point d'ouvrage qu'elle n'eût appris, et qu'elle ne sût faire. Elle pouvait également se passer de brodeuse, de lingère, et d^marchande de modes. D'ailleurs, elle dessinait bien, elle peignait parfaitement des fleurs, elle jouait supérieurement de la harpe ; talent charmant et précieux pour elle, parce qu'elle le devait uniquement a sa mère, qui avait été sa seule maîtresse de harpe. Paméla aimait la lecture, l'histoire naturelle, la botanique. Elle avait une écriture charmante ; et, pour son style, on n'avait pas eu de peine à le former. Avec une âme si délicate et si sensible, pouvait-elle écrire sans goût, ou manquer de force ou d'imagination ? Elle avait conservé l'ingénuité et toutes les grâces de son enfance, des manières caressantes, une gaieté franche et communicative, et cette douceur attrayante qui lui gagnait tous les cœurs. Comme l'amusement favori de son enfance avait été de s'exercer à courir et à sauter, elle jouissait d'une excellente santé ; elle avait, avec des traits déUcats et une taille mince et légère, une force étonnante. Il était impossible de la surpasser à la course: personne ne marchait mieux qu'elle, et ne dansait de meilleure grâce.

au lieu instead, arrosait bedewed, se rappelait rejlecied an, attachante engaginÇf par la suite afier that, médiocre Indiffèrent^ concevoir entertain, sût knew, brodeuse embroiderer, lingère êeam^ stress, marchande de modes millinerf dessinait drew, manquer want, attrayante attracting^ taille shape^ mince smaU^ démentir

Elle joignait à tous ces agréments une bonté qui ne se démentit jamais. Elle travaillait souvent en secret pour les pauvres, et elle méritait l'éloge charmant qu'un auteur célèbre a fait d'une reine infortunée, et surtout des femmes en général. On pouvait dire de Paméla, qttelle montrait des vertus douces et bienfaisantes^ que la phi' losophie enseigne aux hommes^ et que la nature donne aux femmes,

Nathalie, plus âgée que Paméla de sept ans, était dans le monde depuis quelques années ainsi que sa sœur Camille. Elle faisait le bonheur de sa mère par sa tendresse pour elle, sa conduite, et sa réputation. Enfin, ces trois objets, si chers et si dignes de l'être, Camille, Nathalie, Paméla, rendaient Pélicie la plus heureuse personne de la terre. Cette félicité si pure fut troublée par un événement qui plongea Félicie dans la plus juste affliction. Elle avait une jeune belle-sœur, nommée Alexandrine, et qui, par ses vertus, ses talents, et ses charmes, faisait les délices de sa famille. Attaquée, depuis six mois, d'une maladie de langueur, que d'abord on ne jugea pas dangereuse, Alexandnne prit la résolution d'aller passer un an dans les provinces méridionales. Félicie éprouva le double chagrin de voir partir sa mère avec Alexandrine. Cette mère, aussi vertueuse que tendre, consentit à se séparer de sa fille, à supporter les fatigues d'un triste voyage et les peines d'une longue absence, pour suivre une belle-fille à laquelle ses soins devenaient nécessaires. Hélas ! elle emportait du moins des espérances consolantes : mais elle les perdit bientôt sans retour. Le voyage ne fit qu'augmenter les maux d' Alexandrine. Enfin, les symptômes les plus funestes achevèrent de ravir un reste d'espoir. Félicie, instruite par sa mère de ces douloureux détails, cherchait encore a s'abuser, lorsqu'elle reçut d'elle une lettre conçue en ces termes :

« De N , ce Septembre^ 1 782.

" Elle existe encore ! mais peut-être, hélas ! quand

eontradictedf belle-sœur sister-in'îaw, méridionale souihem, bellefille d!ati^^^^-tn-/a(o, maux patra^, achevèrent y?»t«Ae(/, ravir taking

**TCiaÈ recevrez ceHe lettre ! O ma fille ! que de-

'* viendra votre malheuretix frère ? que deviendrai-je *^ moi-même avec sa doolenr ei la mienne P et dire que "je sois à deox cents lieues de vous ! Cette créatore " angéliqae, que nous allons perdre, nous ne la connais- " sions qu'imparfaitement ; ime vie tranquille et fortu- " née, telle qu'était la sienne, ne pouvait faire briller, " aux yeux des autres, les vertus sublimes qu'elle pos- " sède. Vous n'avez point d'idée de son courage, de sa " patience, de sa parfaite résignation. Je vous ai mandé "qu'elle s'abusait sur son état; j'étais dans l'erreur. " Elle était éclairée même en partant de Paris ; elle le " dit alors en secret à sa femme de chambre ; je tiens *• ce détail de Julie elle-même. Pour adoucir l'horreur " de notre situation, l'infortunée voulait du moins nous "persuader qu'elle conserve l'illusion que nous avons " perdue : mais hier elle s'est trahie avec moi. Nous " étions tête-à-tête : elle m'a dit qu'elle sentait que sa " fin était proche, et qu'elle me conjurait de l'annoncer " à son mari, avec les précautions et les ménagements " nécessaires, pour qu'il n'en fût point alarmé. Ensuite " elle est tombée dans une profonde rêverie. Afin de " l'arracher à ses réflexions, j'ai repris la parole : j'ai dit " que je vous écrirais ce matin. A ces mots elle a paru " vouloir me dire quelque chose, et je me suis aperça " qu'elle balançait. J'ai serré sa main dans les miennes, " en lui demandant si elle désirait me donner une com- " mission pour vous. Oui, m'a-t-elle répondu : j'ai une " inquiétude qui me tourmente, et la voici. Vous savez^ " a-t-elle continué, qu'à treize ans f ai eu le malheur de ^^ perdre ma ^nère : on me mit ahrs au couvent. Peu " de jours après , une pauvre femme me fit demander au ^^ "parloir. Elle était paralytique^ et m'apprit que ma " mère, pendant les deux dernières années de sa vie. Va* "vait fait subsister. J'embrassai cette malheureuse "femme, en pleurant; depuis ce temps-là je prends soin

away, abuser to deeeive, deviendra will become of, ai mandé wrote^ éclairée acquainted, tiens hâve, adoucir to soflen, est ha8, trahie betra^d, tête-à-tête alone^ repris resumed^ vouloir a$ \f sh^

** cPelîe. Daignez, maman, poursaivit-elle avec émotion^ " daignez recommander cette femme à ma êosur, lui dire " de ma part que mon amitié Ven charge. Julie vous " donnera son adresse ; et, de grâce, envoyez-la demmn " à ma Sfieur, Je n'ai pu répondre à ce discours que " par des larmes. Elle m'a baisé la main avec une ex- "pression déchirante. Dans ce moment cette petite '^ chienne, que vous lui connaissez et qu'elle aime tant, " Zémire, a voulu monter sur son lit. Je l'ai prise sur " mes genoux. Votre soeur s'est penchée pour la baiser. " Pauvre Zémire ! a-t-elle dit : maman, vous aimez les " chiens ; je vous la donne; promettez-moi de la garder ^^ toujours. Vous saurez, ma fille, apprécier de tels " traits. Au moment de tout quitter, penser à tout I " n'oublier rien ! A vingt-quatre ans, belle, heureuse, ^'jouissant d'une réputation sans tâche> prête à se sé- " parer pour toujours du mari le plus aimé, d'un enfant " charmant, d'une tante chérie, qui fut à la fois, pour ''elle, une bienfaitrice généreuse et l'amie la plus ai- '' mable ! Enfin, en consommant le plus douloureux '' sacrifice, conservant une humanité si touchante ! en " s'occupant du soin vertueux d'assurer un sort à l'infor- '' tunée dont elle était le seul appui ; en vous léguant sa '' pauvre femme, s'occuper encore des petits détails dont '' une légère maladie suffirait pour distraire tout autre, '' ne pas même oublier son chien ! Ah ! comment ne '' pas admirer une bonté si prévoyante, un courage si '' héroïque ! — Adieu, ma fille. Je vous envoie la seule " consolation que je puisse vous offrir dans ce moment ; '' c'est l'adresse de la pauvre femme, qu'il vous sera bien " doux de voûr et de soigner."

Aussitôt que Félicie eut lu cette lettre, elle sortit sur-le-champ, et, suivie de Paméla, elle monta en voiture et fut dans la rue de * * *. C'était où demeurait la pauvre femme, nommée Madame Busca, et qu'on n'appelait dans son quartier que la hon/ne femm^. L'étonnement de Félicie et de Paméla en la voyant et en l'écou-

wanied^ balançait heaitated, déchirante powerful, s'est penchée hca #^oo|>ed^ appui support, léguant begueathing, distraire to diveri.

tant fut égal à la pitié, mêlée d'admiration, qu'elle leur inspira. Cette malheureuse femme paralytique avait les jambes et les mains entièrement desséchées. Ses doigts, horriblement allongés, panûssaient disloqués, et avaient perdu toute forme humaine. Son visage n'offrait rien de hideux, mais il était d'une maigreur et d'une pâleur extrêmes. Elle ne pouvait ni soulever ni tourner la tête ; elle la portait indmée sur sa poitrine ; et dans cet affireux état, depuis dix-sept ans, elle avait cependant conservé toute sa connaissance et toute sa raison. Elle couchait dans une grande chambre, proprement arrangée ; un ecclésiastique, d'une figure vénérable, était assis à côté de son lit. Félicie, en entrant, dit qu'elle était la belle-sœur d'Alexandrine. A ces mots la pauvre femme leva les yeux au ciel, et dans le même moment son visage se couvrit de larmes. " Ah, madame ! " s'é* cria-t-elle, " quel ange vous avez pour sœur ! Elle est " bien jeune, et il y a cependant onze ans qu'elle me tient " lieu de tout ! Si vous saviez, madame, quels soins j'ai " reçus d'elle ! " — " Elle venait souvent vous voir ? " — " Avant son mariage, comme elle ne pouvait sortir du " couvent, je me faisais porter trois fois la semaine à '' son parloir ; alors elle demandait la permission de pas- " ser la grille, afin d'être avec moi dans la même chambre; " elle m'apportait mon déjeûner qu'elle avait préparé " elle-même. Je ne peux pas me servir de mes mains, " c'était elle qui me faisait manger, et avec une bonté, " une amitié — ! Enfin, madame, savez- vous la plus " grande pénitence que pouvait lui donner sa bonne ? " C'était de lui dire : Demain vous ne ferez pas mander ^^ Madame Busca, ce sera moi qui la servirai toute seule, *^ Alors elle devenait obéissante comme un agneau. Elle " me faisait toujours l'honneur de m'appeler sa mère, et " elle voulait que je l'appelasse ma fille. Eh bien, quand " je voyais que la bonne n'était pas contente d'elle, je " l'appelais mademoiselle. Cette chère enfant ne tenait

prévoyante provident, desséchées withered, disloqués oti/ ofjoini^ maigreui leannesa, soulever lift up, inclinée bent, arrangée Jitted up, me tient lieu de tout is every thing for me, bonne govemess^

" pas à cela, les larmes lui roulaient dans les yenz, et ** elle allait aussitôt demander pardon à sa bonne. — Vous " pleurez, mesdames," poursuivit la bonne femme ; " que " 8erait«ce donc si je vous disais tout ce qu'elle a fait " pour moi depuis son mariage ! Une jeune et cbar- " mante dame, comme elle, -venir tous les deux ou trois "jours s'enfermer des heures entières avec une pauvre " paralytique comme moi ! Elle m'apportait du linge, " des fruits, des confitures, et souvent elle me lisait un " chapitre des saints évangiles. Vous savez, madame, " comme elle chante divinement. Un jour je la priai de " chanter. Je ne sais, dit-eUe, que des chansons mon- " daines qui ne plairaient pas à ma mère ; mais j'appren- " drai pour elle quelque beau cantique. En effet, quatre " ou cinq jours après, elle vint m'en chanter plusieurs

"d'une beauté En vérité, madame, je croyais voir,

"je croyais entendre chanter, un ange I Une autre fois " elle apporta sa harpe, et elle en joua pour moi plus de " deux heures. Mais ce n'est pas tout, madame ; vous " voyez l'état oii je suis, il faut que vous sachiez encore " que tous mes membres sont aussi douloureux qu'ils " sont déformés, et que je ne passe pas de semaines "sans avoir des convulsions terribles. Si ce n'était, " madame, pour vous faire connaître votre digne sœur, "je n'oserais vous faire un semblable détail." — " Ah ! "parlez ! " interrompit vivement Félicie, en versant un ruisseau de larmes, "parlez !" — "Eh bien," reprit la femme, "l'humanité Chrétienne de ce cher ange est " teDe, qu'il n'y a point de service que je n'aie été forcée " d'accepter d'elle. Par exemple, puisque vous l'ordon- " nez, je vous' dirai qu'on ne peut me couper les ongles " sans me faire éprouver une très-grande souffrance, à " moins d'une extrême adresse ; et voilà le soin dont " elle se chargeait régulièrement. Sûrement, madame, " vous aurez remarqué ses petites mains, si blanches et " si délicates, mais vous ignorez que toutes les semaines

ne tenait pas à could not withsiand, disais were to tell, entières tohole, confitures sweetmeats, évangiles gospel, mondaines worldly^ il fiiut que vous you tnust^ si ce n*était were ii not, ongles naih^

^ ces jolies mains lavaient les pieds d'une pauvre infirme/* Après avoir prononcé ces mots, la femme s'arrêta, et ses larmes recommencèrent à couler. Félicie et Paméla n'étaient pas en état de parler. Il y eut un moment de slence. Au bout de quelques minutes, une jeune fille entra dans la chambre, et demanda à la pauvre femme si elle n'avait besoin de rien. La femme la remercia, et la jeune fille sortit. Alors l'ecclésiastique, qui é^it toujours resté au chevet du lit de la femme, prit la parole, et s'adressant à Félicie : " Madame," dit-il, " ap- '^prendra sûrement avec intérêt que cette jeune personne, ** qui offrait ses services à Madame Busca, est la fiUe *' d'une de ses voisines ; et toutes les autres voisines dé *' Madame Busca sont aussi obligeantes. L'une vient ** travailler auprès d'elle, l'autre arrange sa chambre, une *' troisième se charge de lui apporter de la lumière et '^ d'entretenir son feu . Enfin, madame, l'esprit de charité ''de votre respectable sœur semble animer toutes les " personnes qui habitent cette maison. Il est vrai que '' l'exemple de cette jeune et vertueuse dame n'a pas pea " contribué à redoubler l'activité d'un zèle si louable." — " Ah ! " dit Félicie, " quelle profonde, quelle utile " admiration je remporte d'ici ! " — " En effet, madame," reprit l'ecclésiastique, " ce que vous venez d'entendre, " et l'objet qui est sous vos yeux, méritent bien d'inspi- " rer de semblables sentiments. Cette femme malheu- " reuse ! Si vous connaissiez, madame, sa piété, et la " sublimité de sa résignation ! Elle ne vous a pas dé- " peint tous ses maux ; ce corps, desséché et sans mouve- " ment, est couvert de plaies et d'ulcères. J'épargne à " votre sensibilité des détails que vous n'entendriez pas "sans frémir."— "Ah, l'infortunée ! " s'écria Félicie; " eh, quoi, ne peut-on soulager ses soufirances ? n'est-il " point de remèdes ? " — " Non, madame, il n'est point " d'art humain qui puisse les adoucir ; mais admirez-la "d'autant plus qu'elle ne se trouve point à plain- « dre." " Ah ! se peut-il ? " " Oui, ma-

éprouver expérience, adresse dexterity, en état àble, au bout de after^ chevet head^ prit resumed, apprendra wUl hear, arrange

" dame," reprit la femme, " non-seulement j'accepte avec " résignation ces maux passagers, mais je les endure " avec joie. Eh, comment peut-on s'en étonner ? Pour ** des souffrances d'un moment, supportées avec patience, " obtenir un bonheur éternel ! nos récompenses seront " bien proportionnées à nos mérites. Quelle reconnais- " sance je dois à mon Dieu de m'avoir mise dans une " situation où je puis avoir un mérite continuel à ses " yeux, celui de souffrir sans me plaindre ; dans une " situation où rien ne peut me distraire de lui, où tout " m'invite à ne m'occuper que de l'éternité ! Oh ! que '' mes maux me sont chers ! ils ont expié les fautes de " ma jeunesse, ils ont purifié mon cœur, ils m'ont déta- " chée de tous les faux biens ! Le monde n'existe plus " pour moi ; il ne peut plus me séduire, ni me cor- " rompre, ni me perdre ; mon âme n'habite plus cette *' terre étrangère ; elle est déjà unie à son Créateur. " Mon Dieu, je vous vois, j'entends votre voix paternelle ! " elle m'élève, elle me fortifie, elle m'ordonne de me " soumettre sans murmure, elle me promet à ce prix " une couronne immortelle ! O mon Dieu, je vous obéis " avec transport ; j'adore vos décrets, je bénis ma des- " tinéo, et je ne la changerais pas pour le sort le plus " brillant de l'univers." En parlant ainsi, cette femme s^exprimait avec autant de force que de sentiment. Le son de sa voix n'annonçait plus l'état de faiblesse et d'épuisement où la réduisaient ses souffrances ; ses yeux, naturellement éteints et languissants, brillaient alors d'un feu extraordinaire. Félicie et Çaméla l'écoutaient et la contemplaient avec ravissement. " Eh bien, ma- " dame," dit l'ecclésiastique, "auriez-vous pu croire que " dans un semblable état il fût possible 4e se trouver " heureux ? Cette femme, qui bénit sa destinée, que de- " viendrait-elle sans la religion ? Quelle serait l'horreur " de sa situation si elle pouvait douter des vérités éter- " nelles dont elle est pénétrée ? Ah ! l'athée barbare

sets in order, entretenir keep up, louable praiseworihy^ se peut-il can that be 9 passagers transient, d*un moment momentaryy expié aUmed for^ épuisement faintnessy brillaient gliUered^ auriez-votts

2eé

" autant qu'insensé, qui cherche à faire des prosélytes, ** que pourrait-il répondre à cette femme, lorsqu'elle lui " dirait : Vous voulez rrC arracher Vunique consolation " qui me reste et que je puisse goûter ! Vous voulez " me plonger dans le plus affreux désespoir ! Oruel, " voyez mes maux, voyez mon courage, ma patience, ma " résignation ; voyez le calme de mon âme, et frémissez " de votre horrible dessein ! "

Félicle applaudit à la justesse de cette réflexion; ensuite elle se leva et quitta la vieille femme, en se promettant bien de revenir la voir aussi souvent que ses occupations et ses devoirs pourraient le lui permettre. Félicie et Paméla ne s'entretinrent tout le reste du jour que d'Alexandrine et de la bonne femms, " Comment se ** peut-il," disait Paméla, " que jamais ma tante ne nous " ait parlé de cette femme ? "— " Voilà," reprit Félicie, " ce qui doit mettre le comble à notre admiration. Tel " est le caractère de la véritable vertu. Quand c'est la " raison seule qui fait faire une bonne action, alors on " est tenté de s'enorgueillir des eflPorts qu'il en coûte ; " mais, quand c'est le sentiment qui nous porte au bien, " au lieu de s'admirer soi-même, on se dit : Je ne mérite " pas d'éloges, je n'ai fait que suivre mon inclination, et " les mouvements de mon cœur. Avez- vous jamais vu " un avare se décider à faire un présent ? C'est tou- " jours avec une pompe et une emphase qui prouvent ** combien cette action lui est peu familière, et combien " il en tire de vanité. En effet, elle lui coûte tant, qu'il *' faut bien lui pardonner le sot orgueil qu'il en montre. " Remarquez, au contraire, avec quelle noble simplicité " une personne généreuse sait donner. C'est ainsi que " les âmes communes tirent vanité de leurs bonnes ac- " tions, parce que, les trouvant pénibles, elles y attachent " un mérite extrême ; tandis que les grandes âmes sont " préservées de cet orgueil par leur élévation même, et

pu couldyou /.ave, athée atheist, frémissez tremble, s'entretinrent conversedf mettre le comble à to complète, s'enorgueillir to grow proud, porte inclines, n'a fait que suivre hâve only followed, penchant propensity, devrait should, déceler discwer^ petitesse

" par le penchant sublime qui les entraîne à tout ce qui "est honnête et vertueux." "Cette réllexion," dit Paméla, " devrait bien faire ûmer la modestie, ou du "moins engager ceux qui en manquent à cacher avec " soin leur orgueil, et à ne jamais se vanter de ce qu'ils " ont fait de louable, puisque cette conduite différente " ne sert qu*à déceler la petitesse de leur âme et leur peu " de goût pour la vertu."

Peu de jours après cet entretien, Félicie reçut l'accablante nouvelle de la mort d'une belle-sœur qu'elle avait tomours tendrement aimée, et que les détails contés par la bonne femme lui avaient encore rendue plus chère. Quoiqu'elle fût préparée depuis trois mois à cet événement, elle en ressentit une profonde douleur. Elle alla iroiiveT\sihonnefemm£; elle goûta la triste consolation do pleurer avec elle, et d'entendre un éloge funèbre digne de celle qui en était l'objet.

Paméla voulut remplacer auprès de la pauvre femme l'intéressante et vertueuse Alexandrine. Elle lui rendait les mêmes soins, et allait régulièrement chez elle deux fois par semaine. Il y avait près d'un an qu'elle remplissait les devoirs touchants qu'elle s'était imposés à cet égard, lorsqu'un matin qu'elle était chez la bonne femme, et qu'à genoux devant son fauteuil elle lui lavait les pieds, la porte de la chambre s'ouvrit tout à coup, et un homme de cinquante ans, d'une figure imposante et noble, parut, et, après avoir fait quelques pas, s'arrêta en regardant fixement le spectacle qui s'offrait à ses regards. Paméla était à genoux, elle tenait les pieds desséchés de la pauvre femme, et les essuyait. î)ans cette attitude elle avait la tête penchée, et ses longs cheveux, retombant siu* son visage, en cachaient une partie. Au bruit que fit l'inconnu elle leva la tête. En l'apercevant, elle fit un mouvement de surprise : une vertueuse rougeur se répandit sur son visage, et rendit plus intéressante encore sa figure et son action. Elle se retourna vers une femme de chambre Anglaise,

meannessj entretien discourse, accablante grievous, alla trouver wcnt 40f fkuteuil arm^ohair, imposante maje&tio, pas steps, essuyait

qui l'avait accompagnée, et la gronda un peu en Anglais d'avoir oublié de fermer le verrou de la porte. Aussitôt que Paméla eut cessé de parler, Tinconnu, transporte, s*écria en Anglais : '* Grâces au ciel, cet ange est '*une compatriote!" L'étonnement de Paméla fut extrême, et son embarras s'accrut aussi lorsqu'elle vit rinconnu s'approcher, prendre une chaise, et s'asseoir gravement vis-à-vis d'elle. Tandis qu'elle se pressait d'envelopper les pieds de la bonne femme, afin de s'en aller, l'inconnu reprit la parole : " Céleste créature ! "ditil, ** Oh ! qui n'a pas contemplé ce tableau n'a qu'une " imparfaite idée de l'impression que peuvent produire ** la jeunesse et la beauté ! " Apres cette exdamaliony l'inconnu cessa de parler, regardant fixement Paméla. Il était tellement absorbé dans sa rêverie qu'il n'avait pas l'air de s'apercevoir de l'embarras et de l'étonnement que causait sa présence. Enfin Paméla se leva ; elle dit adieu à la bonne femme ; ensuite, passant devant l'inconnu, elle lui fit une profonde révérence, et sortît précipitamment, laissant Tiiiconnu tête-à-tête avec la femme. Quelques jours après cette aventure Paméla retourna chez la femme ; et cette dernière conta que l'inconnu était resté près d'une heure avec elle, et qu'il lui avait fait mille questions sur Paméla ; qu'il avait voulu savoir son nom et celui de la personne qui l'avait élevée. Le soir même Félicie reçut une lettre, conçue en ces termes : —

"Madame, près de retourner en Angleterre, je ne " puis me résoudre à partir sans prendre les ordres de " la personne généreuse qui a daigné adopter une orphe^ " lîne Anglaise, L'aimable Paméla fait trop d'honneur " à sa patrie et à l'éducation qu'elle vous doit, madame, " pour ne pas inspirer le plus vif intérêt à un Anglais " qui n'est pas indigne de jouir du bonheur de contem- " pler de près la vertu. J'ai cinquante ans ; ainsi, ma- " dame, j'ai le droit de vous dire, sans détour, que le

dtied, fermer le verrou de to boit, accrut increased, vis-à-vis factnç^ ii*avait pas Tair did not look, de M*apercevoir as if he pereeived, svait voulu umUdf vif warm^ détova êubterfuçef manque-t-il tt

*' spectacle dont j*a fêté témoin il y a quelques jours, a " fait sur mon cœur la plus profonde impression. La " charmante Paméla à genoux, et lavant les pieds de "cette malheureuse femme paralytique, ne s'effacera " jamais de mon souvenir. On m'a dit qu'elle avait des " parents en Angleterre qui refusaient de la reconnaître ; *' daignez me confier le secret de sa naissance ; je vous " offre pour elle les services et le zèle du père le plus " tendre.

" Je suis, avec respect, &c.

"Chaules Abesby."

" Ah ! maman," s'écria Paméla, après avoir lu ce billet, "ne voyez point cet Anglais. Vous êtes tout " pour moi, ne cnerchez point a me faire reconnidtre "par des parents qui m'ont abandonnée. Je suis à " vous, que manque- t-il à mon bonheur ? " — " Mais, " mon enfant," reprit Félicie, " si vos parents vous re- " connaissaient, vous auriez un nom, un état." — ** Vous " me donnez le doux nom de fille ; vous me permettez " de vous consacrer ma vie ; que pourrais-je encore " désirer ? " — " Laissez-moi recevoir cet Anglais, j'a- " voue que son admiration pour ma Paméla me donne le " désir de le connaître. Il sait apprécier mon enfant : " quel titre auprès de moi ! Mais je te promets de ne "jamais lui confier ton nom sans ton aveu." A cette condition Paméla donna son consentement à la visite de l'Anglais, et dès le lendemain M.. Aresby fut reçu chez Félicie. Après les premiers compliments M. Aresby renouvela ses offres de services, et conjura Félicie de lui confier le nom de la famille de Paméla. Félicie lui avoua naturellement que Paméla elle-même s'opposait à cette confidence. M. Aresby soupira. " Je perds," ditil avec chagrin, " l'espoir de lui être utile ! " — " Bu " moins, monsieur," reprit Paméla, " ne doutez point de " ma reconnaissance. Je ne puis envisager sans effroi " le moindre changement de mon sort, puisque je trouve, " dans la tendresse de ma chère et généreuse bienfai-

waniinÇf aveu eotuâni, déi le lendemain ihe very next day^ voule V 2

'' trice, une félicité qui remplit tous les désirs de mon '* cœur ; mais je n'en suis pas moins touchée de vos " bontés." A ces mots, M. Aresby r^;arda Paméla avec attendrissement ; et, se retournant vers Félicie, " Je pars," dit-il, " sur la fin de cette semaine ; oserais- " je espérer, madame, que vous daignerez me promettre " de me rappeler quelquefois à votre souvenir ? "— — Félicie interrompit M. Aresby poiu» lui promettre de lui écrire, et pour lui demander son adresse. " Je n'habite " plus Londres," dit M. Aresby, " et je voyage souvent ; " mais, si vous voulez bien, madame, adresser vos lettres " à Londres sous Tenveloppe de Madame Selwin^ elles "me parviendront sûrement." A ce nom de Seltoin^ Félicie s'émut, et Paméla se troubla. M. Aresby, qui regardait Félicie, remarqua sa surprise, et lui demanda si Madame Selwin avait l'avantage d'être connue d'elle. " Je connais son nom," répondit Félicie. — " Ce nom/* reprit M. Aresbv, " est le mien." — " Conmient P " — " Oui, madame ; je l'ai quitté en épousant une héritière, " dont ou ne pouvait obtenir la main qu'en prenant le " nom de sa famille ; je suis veuf depuis dix ans, et je " n'ai point d'enfants." — '* Avez-vous un frère P " demanda Félicie avec une extrême émotion. " Hélas,

" madame," répondit M. Aresby, "j'en ai eu deux, et je " les ai perdus ! Madame Selwin est veuve du second,

" et le troisième " " Eh bien, monsieur P "

" Ah ! madame, cet infortuné, égaré par une passion

"funeste, méconnut l'autorité paternelle Il fut

"déshérité. Le repentir, le chagrin, abrégèrent ses "jours. Notre malheureux père le suivit de près dans " la tombe. J'étais absent alors. Un nouvel enchaîne- " ment de malheurs me força de prolonger mes voyages. •'Je ne revins en Angleterre qu'au bout de quatre "ans. J'appris la mort de la veuve de mon second " frère. Elle avait laissé une fille, je formai le projet "de chercher cet enfant et de l'adopter. La femme

bien toUl be so kind^ parviendront wiîl reach, 8*émut was affeeted^ héritière heiress, eh bien tcellf égaré mistedf méconnut forçat^ abrégèrent shortened^ enchaînement séries, venait de mourir had

ai B*en était chargée venait de mourir, mais le mari e cette femme m'apprit qu'il tenait d*elle que la mal- '* heureuse petite orpheline n'avait survécu que de " quelques mob à sa mère. Cet homme ajouta qu'il n'a« " vait revu sa femme que six mois après la mort de ma '* belle-sœur, et que déjà l'enfant n'existait plus." En prononçant ces paroles, M. Aresby s'aperçut que Paméla cherchait en vain à cacher les larmes dont son visage était baigné. Surpris de son agitation, de sa pâleur, il la considère avec émotion. Félicie, aussi troublée que Paméla, tenait une de ses mains dans les siennes, et

serrait tendrement cette main tremblante Tout à

coup Paméla, éperdue, se lève, et s'avançant d'un pas chancelant vers M. Aresby, " Oui," dit-elle, ''je dois me " faire connwtre au frère de mon père ! " — " Juste ciel I " s'écrie M. Aresby, en se précipitant vers elle. Paméla, saisie d'un efiroi qu'elle ne peut vaincre, recule, et se jette dans les bras de Félicie. " ma mère l " dit^Ue, en versant un torrent de pleurs, '' ma bienfaitrice ! c'est '' à vous seule que j'appartiens ! gardez votre enfant ! ** ne l'abandonnez point ! Si vous cédez vos droits sur '' moi, vous me donnerez la mort ! " En achevant ees mots, Paméla laisse tomber sa tête sur le sein de Félicie, ses yeux se ferment, elle s'évanouit. Félicie, hors d'elle-même à cette vue, baigne de pleurs le visage de Paméla, elle appelle du secours. Paméla bientôt reprend la connaissance ; elle ouvre les yeux. M. Aresbv saisit une de ses mains : "Oh ! Paméla," lui dit-il, '* bannissez des craintes insensées et qui m'outragent ! " Je n'ai ni le droit ni le désir inhumain de vous arra- " cher des bras de votre bienfaitrice ; vous devez lui " consacrer tous les moments de vôtre vie 1 Ah ! s'il ^* est vrai que vous soyez cette enfant, cette infortunée *^ Selwin, dont j'ai si long-temps déploré la perte, vous ''ne trouverez en moi qu'un ami, qu'un tendre père, '' incapable d'exiger de vous le plus léger sacrifice ! "

juttdted^ tenait had^ survécu autUved^ tenait held, éperdue amoMed, diancelant toUêring, cédmyield, B*évanouit/atiito,hor8 d'elle-même distraotedp reprend recovirs, connaissance êerue9f outragent unrong^

A ce discours, Paméla embrassa Félicie avec trans* porty et elle exprimait sa joie et sa reconnaissance pour M. Aresby avec cette sensibilité qui la caractérisait. Félicie fat chercher une cassette qui contenait les preuves de la naissance de Paméla. M. Are^bj lut des lettres et différents papiers que la femme de chambre de Madame Selwin avait jadis remis à Félicie. Cette femme ayant reçu alors quelques présents de Félicie, on devina facilement qu'afin de ne pas les partager avec son mari, elle avait supposé la mort de la jeune Selwin, sûre d'ailleurs que cette enfant ne reparaîtrait jamais en Angleterre.

M. Aresby, au comble de ses vœux de retrouver sa nièce dans cette même jeune personne, dont les vertus avaient fait sur son cœur une si profonde impressicm, voulut qu'elle prit son nom dès le jour mfime. Par la suite, son affection pour Paméla devint si tendre qu*il 8*établit en France. Paméla sut mériter ses biaifidts par son attachement et sa reconnaissance. Elle ne quitta jamais Félicie, et le soin de la rendre heureuse fut toujours pour elle le premier et le plus doux de ses devoirs.

ftit chercher weni io fetek^ eaisette box, jadis formerly, devina

Cited, comble height, vcnix tmAM» voulut qu'elle pitt wouldhavê tak0f par la suite afterwardtt s'établit \ ' '

Page 1