LE COMTE DE 8HAFTESBURY
Ce seigneur, si célèbre dans Thistoire d'Angleterre par la grande part qu'il eut aux mouvemens qui agitèrent le règne du roi Charles II., était devenu, de miiiistre de ce prince, son plus dangereux ennemi, et s'était jeté dans le parti du parlement. Quelque temps après, on y attaqua M. Hollis sur des négociations secrètes qu'il avait eues avec le roi. Rien ne manquait pour le perdre que des témoins. On comptait en trouver un, tel qu'on le désii*ait, dans la personne du comte, qui avait été dans le cas de tout savoir. 11 y avait d'autant moins lieu de douter qu'il ne parlât, que c'était poiu* lui une belle occasion qui se présentait d'elle-même, de ruiner un ancien ennemi. Dans cette pensée, on cite le comte, et on l'interroge. Il répond, qu'il ne peut satisfaire sur ce qu'on lui demande, parce que quand même il saurait quelque chose au désavantage de M. Hollis, il ne devrait point avoir recours à cettç voie infâme de se venger d'un ennemi. Ceux qui l'avaient fait comparaître, l'exhortent, le pressent, le menacent. Tout l'ut inutile. On lui ordonna de se retirer, et plusieurs membres du parlement proposèrent avec tant de chaleur de l'envoyer à la Tour, que ses amis effrayés vinrent le solliciter de céder aux instances de la chambre : mais il demeura ferme dans sa réi?olution, et il eut le bonheur que méritait son action généreuse, celui de trouver assez d'amis pour le