LA DUCHESSE BE WITTEMBER
CoNBAD III., qui avait été élu empereur en 11 38, assiégeait Weinsperg, petite ville des états du duc de Wittemberg,en Allemagne. Ce duc, qui s'était vivement opposé à l'élection de Conrad, et qui avait même refusé de le reconnaître, se tenait avec sa femme renfermé dans
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cette ville. H en soutint le siège avec une bravoure hérdic[iie, et ne céda qu'à la force. L'empereur, irrité, voulait mettre tout à feu et à sang : cependant il fit grâce aux femmes, et leur permit de sortir et d'emporter avec elles tout ce qu'elles avaient de plus précieux. L'épouse du duc profita aussitôt de cette permission pour sauver les jours de son mari. Elle le pri t sur ses épaules. Toptes les femmes de la ville eu firent autant ; et Conrad les vit sortir ainsi chargées, la duchesse à leur tête. Il ne put tenir contre un spectacle si intéressant, et cédant à l'admiration qu'il lui causait, il fit grâce aux hommes en faveur des femmes. — ^La ville fut sauvée.
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LADY NITHISDALE.
Apbeb l'entreprise malheureuse du roi Jacques pour remonter sur le trône d'Angleterre, les seigneurs Anglais qui avaient embrassé son parti furent condamnés à périr par la main du bourreau. Ils furent exécutes le 16 de Mars, 1716. Le Lord Nithisdale devait subir le même sort ; mais il se sauva par la tendresse ingénieuse de son épouse. • On avait permis aux femmes de voir leurs ' maris la veille de leur mort, pour leur faire les derniers
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adieux. Milady Nitbisdale entre dans la Tour, appuyée sur deux femmes de chambre, un mouchoir devant les yeux, et dans l'attitude d'une femme désolée. Lorsqu'elle fut dans la prison, elle engagea le lord, qui était de même taille qu'elle, de changer d'habits, et de sortir dans la même attitude qu'elle avait en entrant. Elle ajouta que son carrosse le conduirait au bord de la Tamise, où il trouverait un bateau qui le mènerait sur un navire prêt à faire voile pour la France. Le stratagème R^exécuta heureusement. Milord Nitbisdale disparut, et arriva, à trois heures du matin, à Calais. En mettant pied à terre il fit un saut, en s'écriant : " Dieu soit loué ! *' me voilà sauvé !'* Ce transport le décela, mais il n'était plus au pouvoir de ses ennemis. Le lendemain ' matin on envoya un ministre pour préparer le prisonnier à la mort. Ce ministre fut étrangement surpris de trouver une femme au lieu d'un homme. La nouvelle s'en répandit dans le moment. Le lieutenant de la Tour consulta la cour pour savoir ce qu'il devait faire de Milady Nithbdale. Il reçut ordre de la mettre, .ea liberté, et elle alla rejoindre son mari en France. .
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GUILLAUME TELU
Li ridicule despotisme de Gessler, chez les Helvétiens, fit perdre à la Maison d'Autriche, vers le commencement du trdzième siècle, la souveraineté qu'elle avait conser- Yée jusqu'alors sur ces peuples. Ce Gessler, homme bizarre et cruel, s'avisa un jour de mettre un chapeau au bout d'une perche, qu'il fit planter sur la place d' Altorf^ avec ordre aux passants de saluer ce chapeau, comme n c'était lui-même. Un laboureur, nommé Guillaume Tell, ayant manqué à cette formalité, Gessler le fit venir pour lui demander la raison de sa désobéissance. Le paysan s'excusa en disant qu*il n'avait aucune connaissance de cette loi, sans quoi il n'aurait pas manqué de s'y conformer. Peu content de cette réponse, le ministre Autrichien ordonna ati laboureur, ou de lui dire la vérité, pu d'abattre d'un coup de flèche une pomme sur la tête de celui de ses enfants qu'il aimait le plus ; ajoutant que» •'il manquait son coup, il le ferait pendi*e sur-le-champ. Ce père malheureux, n'ayant pu adoucir son juge, ni par ses pleurs ni par ses prières, prit la flèche, et la décocha avec tant de bonheur qu'il abattit la pomme, à cent yingt pas de distance, sans faire aucun mal à son fils. La joie du père fut égale au dépit du gouverneur, qui, dans le dessein de perdre Guillaume, lui suscita une antre querelle, sur ce qu'il avait une deuxième flèche