‹ Recueil choisi de traits historiques et de contes morauxChapitre 69 sur 148 · CHABLES XII · texte numérisé non relu

CHABLES XII

Ar siège de Fultava, que Charles XII. entreprît en 1709, ce monarque, TAlexandre du Nord, reçut im coup de carabine, qui perça sa botte au talon, et le blessa dangereusement; mais, son courage lui faisant surmonter la douleur, il continua de visiter les travaux, et resta encore à cheval, pendant près de six heures, sans donner aucune marque qui pût faire soupçonner qu'il était blessé. Un domestique du Généiid Sparre, s'étanfc aperçu qu'il sortait beaucoup de sang de la botte du roi, en avertit son m^tre. On crut d'abord que c'était l'effet de l'éperon, qui avait piqué le cheval ; mais le domestique ayant assuré que c'était de la botte du roi que le sang sortait, on fit venir des chirurgiens pour le visiter. Sa jambe s'était enflée considérablement : il

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fallat le descendre de cheval. Les chirurgiens, après avoir examiné sa plaie, craignirent que la gangrène ne s'y mît, et jugèrent qu'il était nécessaire de lui couper lajamhe ; arrêt oui répandit la consternation dans toute l'aimée. L'un d'eux, nommé Newman, plus éclairé que les autres, dit qu'il y avait un moyen de guérir la jamhe du roi sans la couper, mais qu'il était douloureux, et qu'il n'osait l'employer. " Com ment !" dit le mon arque en colère, "je ne prétends pas que vous ayez plus d'égard ** pour moi que pour le dernier de mes soldats : je veux ^ que vous me traitiez de même, je vous l'ordonne : .'* obéissez !" Newman, rassuré par ce discours, fit de profondes incisions dans la jambe du roi, sans que ce prince donnât le moindre signe de douleur, et le mit, en peu de temps, en état de soutenir le mouvement du brancard.

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