‹ Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs au 16è siècleChapitre 8 sur 452 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

tf Pierre Blesnard, ymagier, demeurant. . . au Chasteau, rue de la Juyfrie,

promect à. . . Thomas de l'Aistre,

prestre, curé de Conflans, ou diocèse de Sens,. . . de faire trois ymages de terre cuytte, de la haulteur de quatre piedz l'ung, qui sera ung Ecce Homo, et les deux autres, chascun de trois piedz et demy de hault, qui seront de Sainct Pierre et de Sainct Paoul, et ce bien et deuement faictz , tout d'une pièce et proportionnez comme il apartiendra, sans parceuse ou rompure, blanchiz de blanc croye de Troyes, et les rendre. . . assis en la chappelle Sainct Pierre et Sainct Paoul de l'esglise . . . Sainct Estienne du Mont. . . quinze jours devant Noël prochainement venant. . . n; prix : qilatorze écus d'or soleil, payables à raison de quatre écus à la Saint-Remy, cinq à la Saint-Martin et le reliquat à la livraison.

Au point de vue diplomatique, les vingt-six articles inventoriés ici forment deux groupes distincts : d'un côté, quinze liasses de rr notes ou

'"' En marge, reçu par ledit Pierre Nicolle audit Raoul Chauvreux de 95 écus d'or soleil, en date du 9 août i5â5.

INTRODUCTION

minutes 11 (art. I à XV); d'autre part, onze registres de transcriptions (art. XVI à XXVI).

Les rt notes ou minutes v représentent directement le travail de rédaction du notaire et de ses clercs; c'est ce qu'on appelle en langage administratif les cr projets ii; elles sont écrites sur des feuillets isolés, rattachés les uns aux autres par une simple cordelette qui traverse la liasse de part en part; aucune couverture ne préserve les feuillets de tête et de queue, qu'on retrouve généralement en piteux état; la ficelle doit être étroitement serrée pour assurer la fixité des feuillets; mais cette disposition rend difficile la lecture des actes dans le voisinage du cordon; la rupture de celui-ci, fortuite ou volontaire, peut amener le déclassement et la dispersion des documents; bref, la conservation matérielle de liasses de cr notes ou minutes ii présente des difficultés qui la rendent très aléatoire.

On l'a de bonne heure compris; un édit de i^33 prescrivit aux tabellions établis dans chaque châtellenie royale et aux notaires placés sous leur dépendance «de faire registres et prothocoles et de escrire et enregistrer en leursdiz registres et prothocoles toutes les notes des contractzii qu'ils dressaient^^'; quatre ans plus tard, cette mesure fut étendue aux notaires du Châtelet de Paris; on leur imposa la tenue d'un registre oii devait être inséré un résumé de chaque acte, une analyse en fournissant tous les éléments essentiels, à l'exclusion des simples formules de protocole, un trbriefn, pour employer le terme de l'époque, d'après lequel on établirait ultérieurement les rc lettres n, c'est-à-dire les expéditions(2). Cette prescription fut-elle observée, ou, du moins, si elle le fut

''' IsAMBERT , Recueil général des anciennes lois françaises , Vllf, 798.

''' On lit dans cet édit {ibid., VIII, 855): ff. . . Les notaires de nostredit Chastelet de Paris. . . ne font aucuns registres, mais seulement de ce qui est passe' pardevant eulx ont accoustumé de faire et bailler briefs ou cedules , signées de leurs seings manuels , selon lesquels ils font et mettent en forme les lettres, quand ils en sont requis, dont est advenu et advient que plusieurs parties, pour

cause des guerres et autrement, par cas de fortune, ont perdu et perdent leursdits briefs el n'ont aucun recours pour avoir leurs lettres; . . . soient tenus faire, garder et retenir secrètement pardevers eux registres et prothocoles où les briefs desdits contrats et autres choses qui seront passées et par eux reçues, soient écrits et enregistrés ... ; que à la grosse des lettres qui selon les notes desdits registres seront faites et expédiées, lesdits notaires usent d'aucun signe et enseigne

INTRODUCTION

au début, contiuua-t-elle de l'être d'une manière régulière et suivie? Il est permis d'en douter en présence des termes de l'ordonnance de i535 : ff D'oresenavant tous notaires et tabellions feront bons et suffisans registres et pi'othocolles des contracts et autres actes par eux receuz et passez. . A^^fi. Gela revient à dire qu'antérieurement les notaires ne tenaient pas de registres ou les tenaient mal et dans des conditions insuffisantes; la vérité est que les notaires n'avaient pas exécuté l'édit de 1^87; leur requête d'octobre 1 5/io en contient naïvement l'aveu formel t'-^'; aussi, dans le minutier, la série des registres commence-t-elle seulement en iSSg, en exécution de l'ordonnance du mois d'août de cette année, qui confirma l'obligation pour les notaires de tenir des registres, mais avec cette différence capitale qu'on y insérerait désormais le texte complet des contrats; cette stipulation rendait inutile la conservation des «notes ou minutes 11 dès qu'elles étaient transcrites, et elles ont effectivement disparu (^).

en leurs registres par qnoy appe're et que on pût connoître que les lettres auront este' une fois ou plusieurs faites ou doublées. . . «

(') Ibidem, \U, 483.

'^' Langloix , Traité des droits ... des. . . notaires. . . de Paris, 21.

<'' ffTous notaires et tabellions, tant de nostre Chastelet de Paris qu'autres quelconques, seront tenus faire fidèlement registres et protocoles de tous les testaments et contrats qu'ils passeront et recevront, et iceux garder diligemment . . . Esquels registres et protocoles seront mises et insérées au long les minutes desdits contrats et à la fin de ladite insertion sera mis le seing des notaire ou tabellion qui aura receu ledit contract . . . n [Ibidem, XII, 636.) — Il s'écoulait quelques semaines entre la signature des anotes» et leur transcription ; celles-ci parfois se déclassaient et le copiste peu attentif transcrivait, par exemple, un acte du 6 février entre deux autres, respectivement du 7 et du 8 février; il confirmait l'exaclitude du quantième par la mention : a Bonne la dacten (n" 9910); par-

fois on réservait les actes déclassés pour les transcrire en supplément soit à la fin du mois auquel ils appartenaient, soit même à la fin du registre (voir l'article XIX, fol. vni" xvii et XVIII, et la note de la page 291); d'autre part, l'intervalle écoulé entre la rédaction et la transcription permettait de rapprocher deux actes de dates difi"érentes, mais relatifs à la même affaire (voir, par exemple, les n"' 1693 , 3483 et 3484); le registre XXIII renferme deux (f notes 1 , dont l'une n'a pas été entièrement recopiée et dont l'autre, incomplète du commencement, ne l'a pas été du tout; la place nécessaire est restée en blanc (p. 5i3 et 5i4, notes); dans le même registre, une autre page a été réservée trpour enregistrer ung contract qu'il faut chercher» ; l'a-t-on cherché inutilement, ou, l'ayant relrouvé, a-t-on négligé de le copier? la place est restée vide (n° 2718); enfin, on transcrivait quelquefois des actes qui, bien que préparés, n'avaient pas été passés par les parties et devaient être considérés comme nuls (n"' i5 1 9 et i542).

xxxiv INTRODUCTION.

Des deux fac-similés d'actes insérés dans ce livre, le premier reproduit une ce note ou minute 11; le second présente au lecteur deux pages d'un registre de transcriptions.

cfUn recueil de textes sans tables perd 5o p. 100 de sa valeuni, disait récemment M. Pierre Caron, des Archives nationales, qui se consacre avec beaucoup de zèle et de talent à l'organisation du travail historique, trop souvent entrepris par des hommes dont la bonne volonté ne compense pas le manque de préparation technique ('). Une table est effectivement le complément indispensable d'un inventaire comme celui-ci. Celle qui termine ce volume comprend la totalité des noms propres cités, noms de personne et noms de lieu, et un certain nombre de noms de matière.

Quand le nom d'un individu déterminé revêt plusieurs formes, chacune de celles-ci figure à la table, avec renvoi à celle d'entre elles qui a semblé la plus ancienne, la plus correcte ou la plus vraisemblable, suivant les cas; cette dernière seule comporte les indications, non des pages, mais des numéros où le nom est cité; on y rappelle les diveises formes du même nom :

Ex. : Boullard (Jean), examinateur au Ghâtelet, 1288, 1989, '2o/»3, dtih'j. — Bouillart, Boulard, Boulart.

A chacun de ces trois derniers noms on trouve un renvoi à Boullard.

En outre, quand un nom de personne se présente sous plusieurs formes, chacune d'elles est suivie d'un renvoi général à toutes les autres :

Ex. : Geoffroy. V. Geuffroy, Godefroy.

Geuffroy. V. Geoffroy, Godefroy.

Godefroy. V. Geoffroy, Geuffroy.

Je n'ai pas hésité à multiplier les renvois de ce genre, qui n'impliquent pas toujours, dans ma pensée, une parenté philologique,

''^ Société d'histoire moderne, n° 29, février igoS, p. iSi.

INTRODUCTION. xxxv

mais parfois une simple ressemblance qu'il était utile de signaler au lecteur :

Ex. : Le Dan, Le Dean. V. Le Doyen, Le Dyen. Le Doyen. V. Le Dan, Le Dean, Le Dyen. Le Dyen. V. Le Dan, Le Dean, Le Doyen.

Les noms de lieu figurent, à la table, sous la forme moderne que leur donne le Dictionnaire des postes et des télégraphes, 3*" édition, 189-7, ^^^^ l'indication des formes anciennes, s'il y a lieu; celles-ci font l'objet d'un article, avec renvoi à la forme moderne :

Ex. : Fortoiseau, S/iSg. — Froidoiseau. [Seine-et-Marne, arrond. et cant. de Melun, comm. de Villiers-en-Bière.] Froidoiseau. V. Fortoiseau.

Les noms ont été identifiés toutes les fois qu'il a été possible de déterminer avec certitude l'emplacement des localités; pour quelques-uns, l'identification est précédée du mot rr probablement ii ou cr peut-être n, celui-ci indiquant un doute plus accentué.

Pour les rues de Paris qui ont depuis changé de nom ou qui ont disparu, la table indique leur dénomination actuelle ou leur emplacement :

Ex. : Orléans (Rue des Bouliers, dite d'), à Saint-Marcel,

i3oi, . . . — Rue Daubenton.

Calandre (Rue de la), 6i5, 1862, 1862. — Supprimée;

allait de la rue de la Cité au boulevard du Palais, à

travers l'emplacement de la caserne.

Saint-Jacques[-la-Boucherie] (Rue), 69/1. — Supprimée;

approximativement représentée par la portion de l'avenue

Victoria comprise entre la place du Châtelet et la rue

Saint-Martin.

Un certain nombre de noms de lieu ne sont pas identifiés, soit qu'estimant mes conjectures insuffisamment fondées j'aie jugé préférable de

XXXVI INTRODUCTION

m'abstenir, soit que l'inexpérience du pays, l'insuffisance des cartes générales et surtout le petit nombre des dictionnaires topographiques ne m'aient pas permis de découvrir la situation géographique des lieux; il appartiendra aux érudits locaux de combler ces lacunes.

Pour les noms de matière, la table, quoique complète, devait être aussi réduite que possible. Tous les noms de métier ou de fonction y ont pris place; l'insertion des premiers a permis de négliger celle des noms désignant l'objet même des diverses professions; par exemple, les articles Bonnetiers, Mégissiers, Verriers, rendaient inutiles des articles Bonneterie, Mégisserie, Vitraux, les artisans figurant le plus souvent à l'occasion de l'exercice de leur métier. La présence d'un article Carrières ou Tombes se justifie parce que, dans les actes auxquels ces articles renvoient, il est question de tombes et de carrières, sans mention de noms de carriers ou de tombiers.

En raison du caractère spécialement parisien de l'inventaire, on a distingué les artisans domiciliés à Paris, le Paris ancien, limité par f enceinte de l^hilippe Auguste sur la rive gauche et par celle de Charles V sur la rive droite, des artisans établis dans les faubourgs ou dans des localités plus ou moins éloignées; la rubrique tenon parisiens ii accompagne la qualité de ces derniers.

Les matières dont il est question presque à chaque page de l'inventaire n'avaient pas à être représentées à la table; les articles qu'on leur aurait consacrés auraient consisté dans une liste interminable et parfaitement inutile de plusieurs centaines de numéros, que personne n'aurait consultée.

H était, au contraire, indispensable d'y faire figurer ce que j'ai déjà appelé ailleurs les rr matières éparsesi^, celles dont il est accidentellement question et que l'ordonnancement général de la table ne pourrait autrement signaler.

Ex. : Mystère de la vie de saint Jean-Baptiste (Matériel d'un), de saint Christophe, i5i3, i5i/i.

Enfin, on trouve aussi dans la table quelques mots particuliers, en petit

INTRODUCTION. xxxvii

nombre d'ailleurs, qu'il était utile de relever, sans qu'il ait toujours été possible d'en indiquer le sens exact.

Ex. : cf Ameilleure. n

rr Anthenoysii, 2786. — Mouton d'un à deux ans.

K Azur (Journée d').!!

et Goureaulxii, 1209. — Cochons.

La reproduction de deux contrats, celle de quatre pierres tombales et d'un plan forment l'illustration de ce livre.

Ce serait, à, mon avis, commettre un grave oubli que de ne pas placer ici, sous les yeux du lecteur, un spécimen des actes inventoriés, de ne pas lui montrer sous quelle forme matérielle ces actes se présentent en original. La curiosité n'est pas seule à y trouver son compte; la production de facsimilés vaut de longs discours et constitue le meilleur plaidoyer en faveur de la réforme des archives notariales; elle permet aux gens les moins informés d'apprécier d'un coup d'œd la valeur des dispositions légales qui prétendent laisser indéfiniment ces documents séculaires dans les études des notaires; on ne conserve bien que les objets qui vous intéressent, et on ne s'intéresse pas à de vieux papiers qu'on ne peut même pas lire.

La première phototypie figure le contrat analysé sous le n° ^92; c'est le marché de fourniture des trois pierres tombales dont j'ai déjà parlé plus haut et qui existent encore aujourd'hui dans l'église de La Cliapelle-Iger; il m'a paru curieux de juxtaposer ici l'acte de commande et, à défaut des trois tombes, celle-là du moins que son état de conservation permettait de reproduire.

La seconde phototypie représente le marché analysé sous le n° iGyS, aux termes duquel la confrérie de Sainte-Geneviève -du-Mont commande au célèbre artiste Jean Cousin trois patrons de tapisserie représentant, en six tableaux, la vie de sainte Geneviève. Je souhaite que quelque archéologue, guidé par le texte de ce contrat, retrouve un jour l'œuvre de Jean Cousin et la tapisserie exécutée d'après elle.

Les études Crozon, Bourgeois et Fardeau étaient étabUes sur la rive gauche, ou, comme on disait à l'époque, dans l'Université; celles de Jean

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