‹ Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et de ses environs au 16è siècleChapitre 9 sur 452 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

Grozon et de Pierre Grozon avaient leurs bureaux rue Saint-Jacques, en face de la chapelle Saint-Yves, dans deux maisons contiguës, dont une à renseigne de la Limace; l'emplacement en est aujourd'hui figuré par le sol de la voie publique, à l'angle nord-ouest du boulevard Saint-Germain et de la rue Saint-Jacques; F'rançois Grozon et Yves Bourgeois succédèrent respectivement dans ces deux maisons à Jean Grozon et à son fils, Pierre; au contraire, Gatherin Fardeau semble avoir habité un peu plus à l'est. La clientèle de ces quatre notaires, quoique très variée, se recrutait naturellement surtout parmi les habitants de l'Université et ceux des faubourgs limitrophes; le faubourg Saint-Marcel notamment fournit à l'étude Fardeau beaucoup de clients, intéressés dans les spéculations immobilières auxquelles donna lieu, sous le règne de François F'", le lotissement de vastes clos, situés dans ce faubourg, et leur vente en détail, avec obligation pour les acquéreurs d'élever des constructions dans un délai déterminé.

A chaque page de l'inventaire le lecteur rencontre des noms de rues appartenant à cette région; il a semblé à propos de mettre à sa disposition, dans le volume même, un plan qui lui permette de s'orienter, dans un très grand nombre de cas tout au moins; ce plan devait, par suite, comprendre, outre la partie centrale et orientale de l'Université, les faubourgs Saint-Jacques et Saint-Marcel. Découvrir un plan inédit du XV 1*^ siècle, répondant aux nécessités de ce programme, il n'y fallait pas songer; reproduire un des plans gravés déjà réédités dans V Allas de la collection de ÏHisloire générale de Paris eût manqué de nouveauté; on a préféré augmenter d'une unité la liste des fac-similés des anciens plans inédits de Paris; le document choisi porte une date de beaucoup postérieure aux documents inventoriés, mais le lait est d'importance secondaire, étant donné la fixité de la topographie parisienne jusqu'à la fin du xvui*^ siècle et la ressemblance, dans ses parties anciennes, du Paris de Louis XY avec celui de François F'".

Le ffPlan général de la directe seigneurie de l'abbaie royalle de Sainte- Geneviève. . . 1% dressé, en 1789, par l'ingénieur Pierre Jubert de Basseville, est conservé aux Archives nationales, sous la cote N l^ Seine; il mesure 1 m. 3o de hauteur sur 2 m. 10 de largeur; il porte des ccliseragesw ou cernures de couleurs que la phototypie a rendus en noir, mais qu'on a

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reportés sur une ieuille spéciale, superposée au plan lui-même. Les chiffres qui numérotent chaque parcelle révèlent l'existence d'un texte explicatif, que mes recherches persornielles et celles qu'à ma demande a hien voulu faire le personnel des Archives nationales n'ont pu faire retrouver.

Je n'ai plus qu'un mot à ajouter, ou plutôt il me reste un devoir à remplir.

L'œuvre artistique ou littéraire est indépendante; dans une très large mesure elle se suffit à elle-même; quand un artiste, quand un écrivain a conçu un projet, il ne dépend que de lui de le réaliser; c'est affaire à sa volonté et à son talent. Toute différente est la situation de l'érudit; son œuvre ne relève pas du domaine de l'imagination; elle doit être fondée sur la base réelle d'une documentation précise, dont tous les éléments seront préalablement soumis à un rigoureux contrôle; aussitôt formés, nos projets deviennent tributaires d'autrui; leur exécution n'est pas seulement subordonnée au travail et aux facultés de leur auteur, elle l'est aussi, et dans une forte propoi'tion, à l'intelligence, à l'instruction, à la bonne volonté, à l'éducation même de ceux qui détiennent avec plus ou moins de savoir ou d'inconscience les matériaux nécessaires : conservateurs d'archives publiques, qui trop souvent conservent en même temps des règlements vieillis et gênants; possesseurs d'archives d'une nature spéciale, comme lesgreQiers, les notaires, les receveurs d'enregistrement; ou propiiétaires d'archives personnelles et privées; il peut suffire qu'une porte refuse de s'ouvrir devant lui, ou qu'un instant entre-baîllée elle se referme biHisquement, pour forcer l'érudit à renoncer à l'œuvre entrevue. Moins que toute autre, cette publication pouvait échapper à la loi commune; elle doit de paraître à des concours nombreux, et divers, et à vouloir rappeler les noms de tous ceux qui dans cette entreprise m'ont aidé, je risquerais de commettre des omissions que je serais le premier à ne me point pardonner; il est plus sage de s'abstenir. Conçue au pied de la chaire de l'un des meilleurs professeurs qu'ait eus l'Ecole des chartes, — j'ai nommé Anatole de Montaiglon, — commencée à l'âge des grands enthousiasmes, poursuivie avec une certaine obstination au milieu des

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hasards et des occupations variés de ma carrière professionnelle et administrative, cette œuvre, après quinze ans, voit enfin le jour! A travers ce long espace, plus d'un a disparu qui, dès la première heure, me prêta son appui; à ceux-là, aux morts, j'adresse un souvenir ému; aux autres, aux vivants, c'est une joie pour moi de leur dire ici ma profonde gratitude.

Je tiens aussi à rappeler que ce livre doit de paraître dans la collection de Y Histoire générale de Paris à un vote unanime de la Commission des travaux historiques près la Préfecture de la Seine, vote ratifié par le Conseil municipal de Paris et par le Préfet de la Seine ^^\ et que son exécution matérielle a été suivie avec la plus sympathique attention par le Service municipal des travaux historiques.

''^ Délibération du 99 mars 1901 et arrêté préfectoral du 3o avril suivant.

AU XVP SIÈCLE.

1498 -XYf SIECLE.

3o JUILLET 1/198-3 DÉCEMBRE l5l8. CcMlNUTES DES CONTRATS REÇUS PAR

FEU M^ Jehan Grozon, notaire au Ghastellet de Paris, depuis l'an 1/198

JUSQUES À l'année 1617, 17 AVRIL. ■)•) (xVIII^ SIECLE.)

Liasse; 2 pièces, parchemin; 820 feuillets, papier, non numérotés; deux étiquettes, superposées, étaient collées au dos de la chemise, la plus ancienne portant le n° 9 et l'autre le n" 83.

Deux actes sur parchemin, rognés au pied et sur l'un des côtés, sont annexés à cette liasse, dont ils constituaient naguère la chemise.

a. — Bail, pour trois ans et trois mois, par Nicolas Pnloris, épicier, archer de la ville et bourgeois de Paris, grand rue Saint- Jacques, maison du Heaume, à son beau-l'rère, Pierre de Gurly, hôtelier, archer de la ville et bourgeois de Paris, de partie de la mnison du Heaume, où le preneur réside déjà, moyennant 58 i. t. par an; le bailleur se réserve la faculté, le cas échéant, de loger son cheval dans l'écurie du preneur, s'il y a de la place, et la jouissance de la moitié du grenier donnant sur la grand rue Saint- Jacques, le preneur ayant, en outre, la jouissance exclusive de la place nécessaire pour mettre deux muids d'avoine; Nicolas Paloris avait acheté cette maison :i Jacques Le Bègue, épicier et bourgeois de Paris; Jean Adam, imprimeur, qui l'occupait alors, moyennant 120 L t. par an, renonça à son bail au profit de Nicolas Paloris, à charge par celui-ci de payer le dernier terme échu et de lui verser 90 I. t. La date a disparu : première moitié du xvi° siècle, entre le 96 juin et le 3o septembre. — Expédition, parchemin.

b. ■ — • Bail, pour neuf ans, par Jean de la Fontaine, [notaire] de la conservation des privilèges apostoliques de l'Université de Paris, à Guillemelte Pépin, veuve d'Etienne Terre, laboureur, à Armentièressur-Marne, de la ferme appelée Polyle, audit lieu, moyennant, par an, cinq muids et trois setiers de grain, blé, seigle et avoine en égale quantité, dont trente-trois setiers à livrer au chapitre de Menus, un pourceau gras, de 100 s. t. au moins,. .. fromages, vingt livres de beurre, et à charge de loger le bailleur, ou son représentant, avec deux chevaux, pendant huit jours au plus, toutes les fois qu'il viendra à Armentières, et de conduire, une fois par an, de Paris à Armentières et de ramener à Paris telles personnes qu'il conviendra au bailleur, dans une charrette, attelée de trois ou quatre chevaux. Avant le 1 1 novembre, fffeste mous' Sainct Martin d'y ver prochain venant, que l'on dira [mil cin]q cens quarante et sept», et probablement avant le 10 avril loh'j. — Expédition, parchemin.

U98. — Août.

1 . — Arrangement entre Pierre Damier, prêtre, cure' de Bray, près Saint-Benoît-sur-Loire, et Jean Piut, libraire et bourgeois de Paris,

agissant en son nom et au nom de ses frères et sœurs : moyennant dix écus d'or à la couronne et un niuid de blé seigle , Pierre Damier reste en possession de la portion '■'^ par lui acquise d'Etienne Fiat, marchand, à Gien-

'■' La rédaction et la copie de cet acte, dont plusieurs passages sont cancellés et surchargés, sont si défectueuses qu'on ne sait exactement s'il s'agit du sixième, du huitième ou du dixième de l'immeuble; il parait plus vraisemblable que Pierre Damier s'était rendu acquéreur du huitième.

lUPniMEItlE KATIOKiLE.

sur-Loire, frère de Jean Piat, de la moitié' duue maison et ses de'pendances, sise en la basse-cour de Châtillon-sur-Loire, temnt d'un côté an chemin conduisant de la halle à Teglise et dautre côté aux fossés de la ville, maison dont ie surplus de la moitié appartenait par indivis à Jean Piat et à ses frères et sœurs , cohéritiers de leur mère, Guillaume. — 9.

1505. — Février.

2. — Don par Germain Le Volant, conseiller en Parlement, à son frère, Jacques Le Volant, chanoine d'Auxerre et curé de Saint- Jean-en-Grève , de la maison qu'il habite, au cloître Saint-Benoît, à charge par celui-ci d'entretenir à l'école ses neveux, Jean du Bois et Hémon Ancelot, auxquels la maison reviendra , par moitié, au décès de Jacques Le Volant, et dont lis ne poiu-ront disposer sans le consentement de leurs père et mère ou de leurs plus proches parents. — 3.

1506. — Août.

3. — A la requête de Thomas du Valmoyen , curé de Chevilly, Robert Piété, Guillot du Pressoir et Colas. . ., laboureurs, grand rue de l'Hay, paroisse de Chevilly, certifient que depuis quatre ou cinq ans, ils ont payé les mêmes dîmes au curé et n'en ont payées qu'à lui. — 17.

1518. — Septembre.

U. — A la requête de. . . des Grez, barbier, Jean Homo, prêtre, rue Saint- Victor, Jeanne L'Empereuse, veuve de Nicolas Vauquelin, et Marion Renonlde, demeurant à Paris, certifient qu'Ambroise Lucas, originaire de Normandie, est retenu au lit, en la maison du Cerceau, rue du Foin, depuis le dimanche 26 juillet, en raison des blessures que lui a faites Nicolas Boulanger, meunier, paroisse Saint-Laurent, près Paris, qu'il a fait de grandes dépenses en médicaments, barbiers et gardes, Marion Renonlde l'ayant soigné six semaines durant, Jeanne L'Empereuse pendant un mois et Jean Homo l'ayant

plusienrs fois rrsollicitén et confessé, s'étant dérangé pour lui et l'ayant visité deux ou trois Ibis par jour, enfin qu'il a dépensé plus de ^0 1. p., sans compter le logement. — 6.

Sans date. — Vers novembre 1507.

5. — ffDéclaration des vignes appartenans à Alixandre Oudet, assises ou lerrouer de Montmartre 55 ; lieu-dit les Gauchières, chemins de Paris à rrCliencourtn et des Gauchières aux carrières.

1508. — Décembre.

6. — Crespin Gringam, Mathieu de la Goue, prêtre, Pierre Chaslel et Guillaume Guillo , écoliers étudiant en la Faculté de décret en l'Université de Paris, certifient connaître Pierre Moret, alias Le Gors, prêtre, curé de Rouvres-en-Multien, diocèse de Meaux, logé en l'hôtel des Malhurins, qui suit depuis deux ans les leçons de la Faculté. — 20.

Novembre.

7. — Marché entre Gilet Aubert, fondeur, rue Saint-Martin, et Etienne Bénard, prieur de Corbeil, pour la façon d'une crosse de cuivre, de trois à quatre cent livres, de neuf à dix pieds de haut , à un Dieu le Père , conforme au rrpourtraictT) signé: Godin Lu Hier; à livrer à Corbeil pour la mi-carême ; prix : 1 7 I. 1 0 s. t.

1510. — Août.

8. — Arrangement entre Philippe Sorte, docteur régent en la Faculté de théologie, à Paris, prieur de Joigny, et dom Louis Guillon , prêtre, religieux du prieuré, d'une part, et Thévenin Clérin, laboureur, à Migennes, près Joigny, qui s'était rendu coupable d'injures et voies de fait envers Louis Guillon, fren levant la part etporcion des offerandes en la chapelle de Sainct Ange en la paroisse de Bûche, le jour de la Trinité derrenier passé, qui est le jour Sainct Ange, qui compecte et appartient aud. prieuré de toute an- , ciennetté. . . n : Thévenin Clérin paiera le bar-

[i5i i-ihili.]

hier de Joiguy et offrira un cierge de cinq livres, de cire ouvrée, à Notre-Dame de Joigiiy, dans ia huitaine; il versera, en outre, au prieur, 16 1. 4 s. 7 d. t. pour la Noël. — 3o.

1511. — Décembre.

9. — Bail, pour trois ans, par les maîtres et gouverneurs de la chapelle Saint- Yves, grand rue Saint-Jacques, dont le notaire Jean Crozon, à Jean Bertault, maître es arts, curé du Noyer-Ménard, mai'guillier de l'église de Paris, et Mathieu Vassex, prêtre, cuié de Chalifert, chapelains en l'église Saint-Séverin , de la maison du Petit-Cerf, rue Galande , moyennant 26 1. t. par an; ce bail fut ensuite prolongé jusqu'en 1620. — 26.

1512. — Juillet.

10. — Bail, pour trois ans, de la prévôté de Chevreuse, par Antoine de Ganteleu, seigneur et baron de Chevreuse, à Mathurin Douxdieu, prévôt et receveur de ladite baronie , comme plus offrant et dernier enchérisseur, aux mêmes conditions que le dernier prévôt , Jean Périer, soit 1 2 d. p. par livre de cens perçus au profit d'Antoine de Canteleu et la moitié des amendes. — 28.

15 M. — Septembre.

11. — Vente , consentie dès 1 5 1 1 , par Jean Lusson, laboureur, à Wissous, à Jean Moquin, clerc, maître de la maladrerie de Saint- Gennain-des-Prés, d'un arpent de terre, à Thiais, lieu-dit les Savars, et d'un demi-arpent et deux quartiers de terre , pi-ès de Ghoisy, tenant d'un côté au Chemin Parmi. — 3o.

1513. — Décembre.

12. — Bail, pour neuf ans, par Andri Riboteau, prêtre, bachelier en décret, curé d'Armentières-sur-Marne , à Contesse Maillet, praticien, à Armentières , des terres de la cure , dont rénumération précède l'acte. — h.

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