‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 12 sur 213 · Cf. II Chron., xi · texte numérisé non relu

Cf. II Chron., xi

anses de jarre : Hébron, Ziph, Socho. Qui sait si, parmi les autres qui sont énumérées dans ce passage, ne se cache pas le nom de celle, encore inconnue, qui s'élevait sur le Tell Zakariya? Je ne veux pas dire par là qu'il faille faire remonter nécessairement la date de l'anse qui y a été trouvée à l'époque de Roboam ; la forme des lettres semble dénoter une époque sensiblement plus basse. Mais les mêmes alertes et les mêmes préparatifs ont dû se répéter à plusieurs reprises dans l'histoire du royaume de Juda, c'està-dire chaque fois qu'on redoutait une invasion du côté du sud. Cette situation a eu l'occasion de se représenter jusque vers la fin du royaume de Juda.

De cette façon on s'expliquerait très naturellement le fait que des anses timbrées aux noms des villes de Ziph, Socho et autres, aient été découvertes à Jérusalem, et, circonstance significative, aux abords même du palais royal.

Cette interprétation, si elle a quelque fondement, nous apporte l'espoir de voir s'ouvrir dans l'avenir, sous la forme d'anses de jarres timbrées par le pouvoir royal au nom des principales villes de Juda, une série de petits documents dont l'importance pour la géographie historique de la Bible serait capitale, Il n'est pas trop téméraire de supposer que cet usage du royaume de Juda existait aussi dans le royaume d'Israël. C'est une branche nouvelle de l'épigraphie sémitique qui se révèle à nous et dont on peut attendre plus d'un fruit précieux.

Cette première trouvaille, faite par M. Bliss à Tell Zakariya, a été suivie, à bref délai, d'une série d'autres qui me semblent de nature à fortifier singulièrement les conclusions exposées cidessus, conclusions que j'avais formulées avant l'apparition de ces nouveaux et décisifs témoignages.

Au cours de ses excavations ultérieures à Tell Zakariya, M, Bliss a, en effet, recueilli douze autres anses de jarres, portant des estampilles royales tout à fait congénères des précé-

JARRES 7 lSRAÉLlfES MARQUÉES À L*ESTAMI»1LLE~DES ROIS DE JUDA 17

Estampilles royales israélites sur des anses découvertes à Tell Zakariya par M. Bliss.

I Recueil d'Archéologie orientale. IV. Janvier 1900. Livraison 2.

dénies 1 . A son rapport sont jointes les gravures de neuf d'entre elles, gravures dont je donne la reproduction à la page précédente.

Les légendes sont plus ou moins bien conservées; mais quatre d entre elles (n°» 1, 2 f , 3, 4), se complétant Tune l'autre, se lisent avec une entière certitude : naw "jb°b, mots qui sont à interpréter conformément à mon système : Au roi. — Socho. On remarquera la disjonction invariable, sur laquelle j'ai déjà insisté, des deux termes de la formule, séparés à dessein par l'interposition du symbole, symbole qui est, encore ici, le scarabée aux quatre ailes éployées.

L'orthographe du nom de la ville de Socho, avec le waw écrit, est fort intéressante pour l'histoire de la langue hébraïque. Nous savions déjà, par l'inscription de l'aqueduc de Siloé 1 , que l'hébreu, contrairement à l'usage du phénicien, figurait volontiers cette voyelle faisant fonction de quiescente, ou plutôt de diphtongue; ici, celle orthographe tendrait à faire croire que le nom de la ville se prononçait en réalité Sau/co. Elle nous prouve, en outre, que sur l'anse E de Jérusalem, il faut restituer : H3[w] et non n3[c].

Au n° 5, l'expression -jbob « au roi », est parfaitement conservée, à la partie supérieure ; mais il est impossible de dégager e nom de ville des traits indécis tracés à la partie inférieure.

Au n° 6, les débris de la formule : pa[n "jbob], Au roi. — [He\bron, dont il ne subsiste que les trois dernières lettres.

Les n 08 7 et 8, très mutilés, ne montrent plus que la première partie de la formule : ^bab, « au roi ». Les noms de villes ont disparu; mais ils devaient exister.

Enfin, au n° 9, on lit presque en entier :* *p "pab. Au roi. — Zip h, comme sur l'anse A de Jérusalem.

Mais ce n'est pas tout. Après avoir terminé ses excavations à

Page 1