JARRES ISRAÉLITES MARQUÉES A L* ESTAMPILLE DES ROIS DE JUDA
elle aussi, était destinée à certifier légalement l'intégrité de ces poids, à l'aide desquels on pesait les tributs.
Les villes devant être taxées chacune à tant de jarres, une seconde inscription indiquait respectivement le nom de la ville à laquelle ces jarres étaient afférentes. Les timbres étant apposés avant la cuisson, il est à présumer que, pour plus de commodité et de sûreté, les jarres étaient fabriquées à l'avance par les manufactures royales, manufactures dont l'existence semble être indiquée par le passage si curieux, mais fort obscur probablement par suite d'altérations matérielles du texte, de I Chron., iv, 23 :
C'étaient les potiers et mi-fl O^yoJ "Qttf\ avec(?)le roi pour son ouvrage ils habitaient là.
Quant à ce qui est de la présence à Tell Zakariya d'une anse timbrée au nom de Hébron, on peut l'expliquer aisément de différentes façons. Par exemple, des jarres en provenance de Hébron et à destination de la capitale (ou réciproquement) avaient pu être provisoirement transportées dans la ville représentée par Tell Zakariya pour être, de là,acheminées vers Jérusalem, avec d'autres jarres provenant de diverses villes de la région et centralisées sur ce point. Ou bien, ordre avait été donné à Hébron de livrer à la ville voisine une certaine partie de sa redevance en nature, à un moment où Ton mettait les villes de la région sur le pied de guerre, en les approvisionnant de vivres et de munitions en prévision d'une invasion venant du sud;
A cet égard, le passage de II Chron., xi, 6-10 estbien instructif, lorsqu'il nous montre Roboam, à la veille de l'invasion dont le menaçait le pharaon Chechank 1 , fortifiant tout un groupe de villes de Juda, du côté du sud, y instituant des commandants militaires, y accumulant boucliers et javelines et, surtout, y formant des dépôts de vivres (otsrot maakâl), parmi lesquels figurent en première ligne l'huile et le vin.
On est frappé de voir que, parmi ces villes, sont justement mentionnées trois de celles dont nous lisons les noms sur nos