‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 156 sur 213 · SDR QUELQUES CACHETS ISRAÉLITES ARCHAÏQUES · texte numérisé non relu

SDR QUELQUES CACHETS ISRAÉLITES ARCHAÏQUES

inédit, bien que je Taie eu entre les mains il y a une dizaine d'années. C'est une gemme ellipsoïde , d'une matière indéterminée, de dureté moyenne, recueillie en Egypte par M. Golénischeff, qui avait bien voulu la soumettre alors à mon examen. Sur Tune des deux faces, plates l'une et l'autre, sont gravés des espèces de petits cartouches, disposés dans le goût égyptien : deux horizontaux, en haut et en bas; deux verticaux à droite et à gauche. Dans les deux cartouches verticaux, trois symboles ou hiéroglyphes de fantaisie, répétés symétriquement; entre eux, au centre du champ et non encadrés, un groupe de deux ou trois hiéroglyphes, également sans signification apparente. Dans les deux cartouches horizontaux, une légende de deux lignes en caractères de forme phénicienne très archaïque ; le dernier caractère (le i) est rejeté en dehors du cartouche par suite du manque de place :

ûS^S àChalloum WVSV (fils de) Yiremyahou

La paléographie rappelle tout à fait celle de l'alphabet de la stèle de Mésa. Elle la rappelle même tellement que c'en était inquiétant et que la question d'authenticité se posait très sérieusement pour ceux qui, comme moi, ont été à même de voir l'original. C'est peut-être à cela qu'il a dû de rester jusqu'ici inédit. D'autres particularités semblaient être de nature à accentuer plus ou moins cette impression peu favorable : la netteté excessive du trait ayant une profondeur et une sécheresse qui n'est guère dans les habitudes des lapidaires antiques; le fait que les signes hiéroglyphiques sont sans signification; enfin, la singularité apparente de la formule de la légende contenant le nom de Jérémie, un nom fameux fait pour tenter un faussaire habile et bien informé, se rappelant que le prophète avait séjourné en Egypte. Ce mot dSw, précédant le nom wm\ avait l'air de jouer le même rôle que "Et sur les deux cachets que je viens de citer, et l'on pouvait, par analogie, incliner vers une traduction : « pour le salut de Jérémie ». Aujourd'hui, je crois qu'il n'y

Recueil d'Arcbéolooib orientale. IV. Juin 1901. Livr. 17 I

a pas à hésiter; ici non plus, ubw n'est pas un substantif, mais bien un nom propre, celui du possesseur du cachet : Challoum ou Chillem. Il faut traduire : « à Challoum (fils de) Yiremyahou » ; le mot p « fils » est sous-entendu, conformément à l'usage israélite dont j'ai parlé. Le caractère étrange que pouvait présenter la formule, entendue selon les anciens errements, disparaît et, avec lui, les doutes qui planaient sur l'authenticité du petit monument. Un faussaire n'aurait pas pu imaginer d'employer une tournure qui répond aussi parfaitement à. un idiotisme israélite dont nul ne soupçonnait alors l'existence.

Voici encore un nouveau numéro à ajouter à la série, qui s'accroît chaque jour, des cachets israélites archaïques. Il vient d'être publié par M. Isid. Lévy 1 . Il aurait été acquis à Hébron. Ellipsoïde de calcédoine, percé longitudinalement; une des faces bombée. Lettres présentant toutes les caractéristiques de l'alphabet proprement israélite; après chaque mot, un point. En deux lignes :

A 'Ouzziahou fils de Harîpb.

Les deux noms sont bibliques, et le premier accuse nettement la nationalité du possesseur, adorateur de Jehovab. La vocalisation du second demeure douteuse : ^(I Chron., h, 51), ou *pn (Neh.y vu, 24; x, 20), ou même ^Vin, à en juger par le patronymique ïSïttt (1 Chron.i xn, S avec le keri^snn).

Entre les deux lignes est interposé un symbole identique à celui qui apparaît sur un cachet congénère, publié autrefois par moi*, et dans lequel j'inclinais et j'incline encore à voir soit un disque ailé, traité d'une façon un peu conventionnelle, soit une sorte de foudre.

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