‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 19 sur 213 · C. id : 9 = id · texte numérisé non relu

C. id : 9 = id

Voici, d'après les dessins de M. Bliss, la reproduction do deux * d'entre eux, avec le fac-similé des trois légendes qui y sont gravées :

Poids A.

Poids B et poids C.

L'identité de ces légendes ressort de leur simple comparaison. Elles consistent, toutes trois, en un même mot de trois lettres. Comment ce mot doit-il se lire?

M. Bliss a proposé : «yu, mot inconnu, d'ailleurs, et inexplicable. Le P. Lagrange penchait pour *pa, « argent ». L'une et

1. Au taux de 1 gramme = grains 15.43235. Les calculs «le conversion m'ont été fournis par M. G. Armstrong, secrétaire du Palestine Exploration Fund, ainsi que ceux relatifs aux deux autres poids dont il sera question plus loin. Les pesées ont été faites en grammes par M. Bliss et ne sont peut-être pas d'une rigueur aussi absolue que sembleraient l'indiquer les fractions de grains poussées très loin dans la conversion des grammes en grains.

2. M. Bliss ne donne qu'un seul dessin pour B et G ; il est à supposer que c'est parce que ces deux poids ont sensiblement la môme forme.

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l'autre lecture prêtent à de sérieuses objections paléographiques ; la véritable Lecture me semble être «pra , et elle paraît être confirmée par un rapprochement que je ferai tout à l'heure en même temps que je reviendrai sur le sens de ce mot, jusqu'à présent énigmalique.

Mais, auparavant, il convient de comparera ces trois poids un autre spécimen qui avait été trouvé plusieurs années auparavant et que cette nouvelle découverte éclaire d'une vive lumière. Jo l'appellerai le poids D.

C'est une petite pierre dure, d'un rouge jaunâtre, présentant sensiblement la même forme, peut-être un peu plus surbaissée, et portant exactement la même légende, ainsi que cela résulte de la reproduction ci-dessous, exécutée d'après un moulage qui m'fen a été envoyé dans le temps :

Vu d'en haut. Poids D. Vu de profil.

Elle ne diffère des trois poids de Tell Zakai iya que par l'existence d'un trou qui la traverse de part en part et qui est dirigé, un peu obliquement, de haut en bas, avec l'intention visible d'éviter de toucher à l'inscription à laquelle on attribuait peut-être une valeur talismanique. Ce trou indique, à n'en pas douter, que la pierre avait été destinée, à un certain moment, à être enfilée peut-être comme grain de collier ou de bracelet; mais tout me porte à croire qu'il a été pratiqué après coup.

D'après des renseignements qu'a bien voulu me fournir M. Clark, entre les mains de qui elle a passé tout d'abord, cette pierre a été recueillie dans un ancien sépulcre près de 'Anâta, la Anatoth biblique, non loin et au nord de Jérusalem. Elle était, paraît-il, accompagnée d'autres grains, tout à fait sphériques ceux-là, également percés, et dans cette position : Q-OO-O- L e

fil qui les reliait avait disparu, naturellement, mais les grains avaient gardé leur place respective.

M. Sayce ' a, dans le temps, proposé de lire les irois lettres gravées sur le « bead » de M. Clark, dont il avait bien reconnu le caractère pondéral : hu, mot non connu par ailleurs, auquel il prêtait hypothétiquement le sens de « standard weight ». Le dernier caractère me semblant être plutôt un phé qu'un guimel, j'inclinais alors * pour *]D3, « argent », peut-être au sens, indiqué par divers passages bibliques, de « sicle d'argent » et, par extension, « sicle ». Il est possible que ce soit le souvenir de cette conjecture qui a conduit le P. Lagrange à lire ainsi le mot identique, quel qu'il soit, gravé sur les trois exemplaires de Tell Zakariya À, B, C. Mais, aujourd'hui que j'ai sous les yeux ces quatre exemplaires se contrôlant l'un l'autre, j'estime qu'il faut écarter toutes ces lectures axa, «pa, ou *]ta, pour s'arrêter à celle que j'ai mise en avant plus haut : «pu. Le noun et le phé peuvent être considérés comme hors de discussion; quant au çadé, il oiïre cette absence de hampe qui caractérise justement cette lettre dans l'alphabet proprement hébreu (cf. l'inscription de l'aqueduc de Siloé et les légendes des monnaies juives).

C'est ce même mot qui se retrouve sur un cinquième objet, apparenté aux quatre précédents, bien qu'il en diffère par la forme matérielle et par l'âge de l'écriture. Je veux parler de ce petit poids qui, recueilli il y a une dizaine d'années, par le D r Chaplin, à Sébaste, l'antique Samarie, a été l'objet des opinions les plus divergentes et a même donné lieu, entre savants anglais et allemands, aune polémique assez vive 3 . Je l'appellerai le poids E.

i. P. E. F., Stat., 1893, p. 32.

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