‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 20 sur 213 · ld.,t'6. v p · texte numérisé non relu

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3. Il y aurait à dresser toute une petite bibliographie avec les articles et notes publiés sur ce poids par MM. Chaplin, Neubauer, Sayce, Euting, Driver, Kônig, Conder, Robertson Smith, etc.. dans VAthenaeum, VAcademy, les Statementsdu P. E. F. Je me bornerai aux indications suivantes : P. E. F., Stat., 1890, p. 267 (avec reproduction d'une exactitude médiocre) ; 1891, p. 69; 1893, p. 32 ; 1894, p. 220, p. 284, 285, 286, 287 (nouvelle reproduction); 1895, p. 187, 191 ; 1899, p. 211.

C'est une pierre d'hématite, taillée en forme de fuseau minuscule, très allongé, comme une sorte de noyau de datte ou d'olive, mesurant m ,022 de longueur et présentant une petite facette aplatie destinée à lui servir de base, ou plutôt à l'empêcher de rouler. Elle porte sur ses deux côtés une légende en caractères phéniciens de type archaïque, assez difficile à déchiffrer par endroit, à cause du peu de profondeur ou de l'usure des traits. En voici la reproduction, d'après une gravure, un peu grossière d'aspect mais, somme toute, assez fidèle, publiée dans le Statement du Palestine Exploration Fund (1894, p. 287) :

Je ne discuterai pas par le menu toutes les lectures et toutes les interprétations qui ont été successivement proposées, ainsi que les considérations métrologiques auxquelles on s'est livré à ce sujet. Je me contenterai de rappeler que l'opinion dominante consistait à lire et à comprendre ainsi :

av: sdi b. Hv m a.

« Quart de quart de ncçeg ».

C'est-à-dire « 4/16 de neçeg ». Une semblable fraction, surtout exprimée à l'aide de ce tour bizarre, paraît bien singulière a priori-, l'emploi de la particule hv pour marquer le génilif est, en outre, d'une grande invraisemblance à une aussi haute époque ; enfin, la forme de la dernière lettre, bien que paléographiquement on puisse y voir un girimel, n'est nullement exclusive de la valeur de phé, à laquelle quelques savanls * avaient songé.

1. Par exemple M. Euting; malheureusement, reculant devant le mot qif n obtenait ainsi et qui avait l'inconvénient de rappeler de trop près un mot or?be,

Sans insister davantage sur ces objections, dont les deux premières sont très graves, je proposerai pour mon compte la lecture suivante, qui, à tous égards, me paraît plus rationnelle : Sx27 5D1 &• «]W m a.

Comme on le voit, je considère les deux légendes comme indépendantes; on pourrait mettre à volonté Tune avant l'autre, le sens n'en serait pas changé. Cela nous débarrasse, tout d'abord, de cette prétendue particule b^zr, qui relierait les deux groupes de mots en subordonnant a à A, et, du même coup, de cette singulière expression : «un quart de quart » pour dire a un seizième ». Je traduirais en conséquence :

a. « un quart de neçeph ». — b. « un quart de ch...l. ? »

Il serait bien tentant de considérer les caractères Sur, comme l'abréviation deb[p]tt, cheqel, « sicle »\ L'usage de ces abréviations, par la première et la dernière lettre du mot, était familière aux Phéniciens ; le fait déjà connu a été bien mis en lumière par M. Berger 1 ; rien d'étonnant, par conséquent, à ce qu'il ait pu exister chez les Israélites, qui avaient dû emprunter à ceux-ci, avec leur alphabet, la manière de s'en servir. Ici, l'abréviation était peut-être imposée au graveur par le manque de place, le champ dont il disposait étant trop exigu ; en effet, le lamed c:t tout près de la pointe terminale du fuseau.

S'il en est ainsi, nous aurions simplement affaire à une double notation, dans deux systèmes métrologiqucs identiques pour le fond et ne différant que par la terminologie : 1/4 de sicle et 1/4 de neçeph. Ce qui impliquerait l'équivalence pondérale du neçeph et du sicle.

Le sicle ou cheqel nous est suffisamment connu. Mais qu'est-ce que peut être le neçeph! Et, d'abord, la lecture de ce dernier mot est-elle bien celle que je lui attribue?

il en avait conclu, bien à tort, avec Robertson Smith, à l'inauthenlicité de la légende ou, du moins, de la seconde partie de la légende.

1. Sur ce point M. Gonder (P. E. F., Stat., 1891, p. 69) semble avoir été heureusement inspiré. Mais, pour le reste, les idées qu'il émet ne paraissent guère être fondées.

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