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122 RECUEIL D y ARCHÉOLOGIE ORIENTALE

du b, dont on avait déjà, du reste, plus d'un exemple \ Le patronymique est, à ce qu'il semble, à restituer v A8[8]q[u] (voir plus haut) et non Ei5[3ou], le sigma appartenant en réalité à f Pa6- 6r,Xoç.

— N° 59. Doumeîr. — L'ethnique 0eX<jeYjvoç a une physionomie assez sémitique, mais il n'est pas sûr que le personnage auquel il s'applique, Statilius Annianos, sirator du préfet de Yala Vocontiorum, fût réellement d'origine syrienne.

Les inscriptions du tombeau de Oiogène à El-Hfts.

Nous sommes redevables à M. de Vogué* de la description et des relevés détaillés d'un magnifique mausolée chrétien du iv e siècle dont il a découvert les restes importants à Hâss ou el- Hâs, localité située dans la région comprise entre Alep et Lattakié. Il y a copié un ensemble d'inscriptions grecques, plus ou moins bien conservées, dont il ne s'est occupé qu'accessoirement, ayant laissé à M. Waddington3 le soin de les étudier plus en détail.

C'est, d'abord, un groupe (a, b, c) formant une seule ligne gravée en grandes lettres dans le cavet du bandeau qui fait le tour de la partie inférieure de l'édifice.

La partie a (face nord) n'offre pas de difficulté. Comme l'ont reconnu MM. de Vogiié et Waddington, elle consiste en une ci-

i. Wadd., passim. Quant au Ta^i'grjXoç du n° 2210, faudrait-il admettre qu'à côté de ^Nll il y avait un nom !n(*)yi? Ce dernier nom, s'il a jamais réellement existé, pourrait faire songer au nom nabatéen, assez bizarre, qu'on a lu N2m (C. I. S., n* 287). Mais, après avoir examiné attentivement la copie du malheureux Huber, j'inclinerais à lire ce dernier nom Nr(2)l, et j'y verrais une transcription du nom 'Povçtvo;, Rufinus, extrêmement populaire dans l'onomastique grécosyrienne (Wadd., passim); le ou atone n'a pas été rendu dans cette transcription, pas plus que ne Ta été le odans celle du nom du fils du personnage : iDDT = AopiTioc, AoatTioç, Domitius ; quant à la terminaison N = oc, ws, elle est suffisamment justifiée par l'usage.

2. De Vogué, Syrie centrale, Architecture, p. 103, 104, pi. 70 et 71.

3. Waddington, Inscr. gr. et lat. de la Syrie, n° 2661, a, 6, c, d, e, f.

tation du Psaume CXVIII, v. 26, 27, empruntée textuellement à la version des Septante.

Il doit en être de même des parties b (face ouest) et c (face est). La partie c est trop mutilée pour qu'on puisse en tirer un sens suivi. La partie ô, au contraire, est bien conservée et se lit aisément :

'Exwx^ou tt;v y^v x*t è|A£6'J7a; xjttqv • £aae ta <Juv8 pi^aTa auTijç OTt

ce que M. de Vogué traduit ainsi :

Envahis la terre et, après l'avoir enivrée, rejette ses débris, car elle est ébranlée.

Cette traduction impliquerait [xeôujaç. Quantà<juv6p(jji.{xaTa, M. de Vogué le considère évidemment comme un dérivé de Ôpi^a, « fragment » ; ce mot inconnu serait à <xuvÔpuxTG>, « briser », comme 6pJ|i.|jLa est à Ôpti7rra>, même sens. On va voir qu'en réalité, <xuvôp(|jinrra est une simple faute d'orthographe pour <juvTp(jji.jji.aTa, « meurtrissures, fractures ».

Waddinglon se borne à transcrire le passage, en ajoutant qu'il n'a pas pu le retrouver dans les Écritures saintes.

Il n'est pas douteux, copendant, qu'il en soit tiré comme le précédent. En effet, ainsi que l'avait déjà bien vu M. Chabots le premier membre de phrase reproduit le début du verset 10 du Psaume LXIV (Septante) 1 . Pour ce qui est du second membre de phrase, qui était encore resté jusqu'ici sans identification, je constate que ce n'est autre chose que la seconde partie du verset 4 du Psaume LIX*.

Ces citations épigraphiques du Psalmiste présentent d'assez fortes incorrections; mais il n'y a pas lieu d'en être surpris pour peu qu'on se rappelle la façon dont le grec est souvent écorché dans les inscriptions de Syrie. 'Emmêlas au lieu èxe^x^o), est, sinon, un véritable barbarisme, du moins un non-sens, cet emploi intempestif de l'impératif actif, au lieu de la deuxième per-

i. Index de l'ouvrage de Waddington, p. 21, xiv-2.

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