‹ Recueil d'archéologie orientaleChapitre 83 sur 213 · Vulgate : sana contritiones ejus, quia commota est · texte numérisé non relu

Vulgate : sana contritiones ejus, quia commota est

sonne de l'aoriste moyen, détonant complètement avec le contexte. v Ea?e pour faaa». peut s'expliquer, à la rigueur, par les errements orthographiques du grec vulgaire usité en Syrie ; peutêtre la pierre porte-t-elle, en réalité, €IAC€, avec un iota qui a pu être sauté dans la copie; à cet état, efoss serait relativement correct, étant donnée la fréquence, en Syrie, des graphies et ==t et s — ai.

Quant à ffuvOpipiJixcs, pour simpinpiaTa, le barbarisme n'est guère niable. Il n'est pas impossible, toutefois, que le changement du ?enô tienne ici à quelque particularité phonétique du dialecte gréco-syrien qui, plus chatouilleux encore, à cet égard, que le grec classique, exagérait peut-être l'aspiration inhérente au $> l et se croyait tenu de modifier en conséquence la dentale qui le précédait, en traitant, en quelque sorte, le mot comme s'il se décomposait en aovT-jbfjJUJiaTa zz: TJv8-jb{[i.(jLaTa.

En dehors de ces textes purement liturgiques, ce remarquable mausolée contient d'autres inscriptions d'une nature plus subjective, ayant trait à la famille dont il était la propriété collective. La répartition, souvent fort minutieuse, de certains grands sépulcres entre les membres d'une môme famille est chose fréquente dans l'épigraphie grecque de Syrie, aussi bien que dans l'épigraphie nabatéenne et palmyrénienne. Malheureusement, les présentes inscriptions sont fort mutilées, et Waddington n'a pu en tirer que des lectures problématiques. Je crois qu'il y aurait moyen, sur certains points au moins, d'améliorer quelque peu ces lectures. Mais il est nécessaire, au préalable, pour plus de clarté, de se rendre compte des aménagements intérieurs du mausolée.

Il se compose essentiellement de deux salles carrées, super-

l.On sait que, souvent, les dialectes araméens dans leurs transcriptions du grec mettent en relief cette aspiration du rho initial, au point de l'exprimer par un he 9 qui peut entraîner, à son tour, la prosthèse d'un n, témoin, pour ne pas parler du syriaque, la transcription nabatéenne (C. i. S., n° 1G1) : iODimN = 'Pwfiatot ; j'ai démontré pour la première fois la réalité de cette forme, sur laquelle M. Sachau s'était mépris et que tout le monde admet aujourd'hui, dan3 le t. I du présent Recueil (p. 67 s.).

posées. La salle du rez-de-chaussée, à laquelle on accède par une porte aux vantaux de basalte richement sculptés, avec les monogrammes constantiniens accostés des lettres symboliques Auj, semble avoir ses quatre côtés normalement orientés, à en juger par certains détails descriptifs donnés incidemment par MM. de Vogué et Waddington. Elle renferme cinq niches ou arcosolia, contenant chacune un sarcophage. Ces cmq niches sont ainsi réparties : une dans la paroi du fond faisant face à l'entrée ; deux dans chacune des deux parois latérales.

La salle de l'étage supérieur, ou cella, ne contient que trois sarcophages, appliqués chacun, latéralement, contre une des trois parois disponibles, la quatrième étant réservée à l'entrée. Chacun de ces trois derniers sarcophages d,e, f porte, ou portait une inscription. Occupons-nous, d'abord, de la première, la plus longue et, relativement, la mieux conservée.

T**NG)€ICTONNAON

CON^NTCONINOYAIOT

COC*YTCOCT*K*TG>€K

CON€T7l*PKTONT*AY*ONT

C0NIN0YAI0r€N0YC$

M. Waddington lit et restitue ainsi :

Ti avoi etç tov vaov [tsStjwv 'Avtuwvou Aioy[- vou * '] <*>GOLÛ~b>; vx xûctw ex [tcut](i)v lia apxTOV t* 3jo 'AvtwvivS'j Aisyévs'j?.

Il est évident, et MM. de Vogué et Waddington l'ont bien reconnu, que le vaoç désigne, ici, soit la cella ou salle de l'étage supérieur, soit plutôt l'ensemble même du mausolée qui avait la forme d'un petit temple, et que l'inscription spécifie les parties personnellement réservées, dans ce tombeau de famille, à Antonin fils de Diogène, tant à l'étage supérieur (ti av<*>), qu'au rezde-chaussée (Tixira>).

La grande difficulté consiste à deviner quels sont les deux mots mutilés, qui terminaient respectivement les lignes 1 et 3, et dont nous n'avons plus que la terminaison wv au commencement des lignes 2 et 4. Waddington a restitué [tojtJuv ; ce simple pro-

nom démonstratif paraît bien faible et bien vague, eu égard à l'intérêt que l'auteur de l'inscription avait à préciser la part qui lui revenait; il suppose, de plus, un antécédent, un substantif qu'on cherche vainement dans le contexte : « de ces. . » quoi? Enfin, si la construction xi... èx toutwv est, à la rigueur, admissible à la ligne 3, la construction Ta... tsjtwv ne l'est guère, à la ligne 1 ; on attendrait devant tcjtwv, ici comme plus bas, la préposition èx ou quelque équivalent. Tout cela me porte à croire qu'il doit se cacher dans cette double lacune quelque chose d'autre.

Considérons, d'abord, le cas de la ligne 3-4. Nous avons matériellement ceci : €K-.-CON €TTI APKTON, etc., avec une lacune qu'on peut évaluer à quatre lettres, en prenant pour base la justification de la ligne 4, qui est complète. Je suis frappé *de voir cette indication si nette d'orientation : « ...vers le nord, en allant au nord ». Elle implique, à mon avis, la mention préalable d'un autre point d'orientation, un point de départ : « en allant du... au nord », ou : « du côté du... jusqu'au nord ». Ce mouvement initial me semble être marqué par la préposition ex, symétrique de à:?'; la préposition cnco serait, assurément, d'une meilleure grécité, mais il ne faut pas oublier que nous avons affaire à du grec syrien. S'il en est ainsi, il nous faut rétablir après ex un mot réunissant les conditions suivantes : il doit exprimer un point cardinal, être au génitif pluriel (u>v), et n'exiger que la restitution de 4 lettres. Au5;j.a( « ouest » répondrait exactement à ces trois conditions; ivaToXat, « est », auquel on pourrait aussi songer dans cet ordre d'idées, ne répond qu'aux deux premières conditions ; il serait trop long pour l'étendue de la lacune. Je proposerais, en conséquence, de lire : âx [Suqijôv ex! «px-coy, « de l'ouest au nord », ou : « du côté ouest (en allant) vers le nord ». Le passage, ainsi compris, présente aussitôt une grande netteté et un sens tout à fait plausible : « et, pareillement, à l'étage inférieur, les niches de l'ouest au nord appartiennent toutes deux à Autonin ». Si l'on se rappelle la disposition, décrite plus haut, de la salle funéraire du rez-de-chaussée, on voit sans peine ce

que cela doit vouloir dire. Cette salle contenait cinq arcosolia : un au fond, deux à droite, et deux à gauche. Sur ces cinq arcosolia, deux appartenaient à Antonin, les trois autres à d'autres membres de la famille dont il sera question tout à l'heure. Si l'édifice est, comme il semble et ainsi que je l'ai déjà dit, normalement orienté, et si le plan du rez-de-chaussée figurant sur la planche 71 est présenté, selon l'usage, avec le nord en haut, nous aurions la disposition indiquée par le schéma suivant :

Nord

Porte.

Les deux arcosolia réservés à Antonin, au rez-de-chaussée, auraient été, à ce compte, soit E et D, soit peut-être même D et C, ce qui répondrait mieux à l'expression définissant une orientation un peu compliquée, bien qu'il puisse sembler plus naturel, a priori, que la part d' Antonin, comprenant deux arcosolia, fût située sur une même paroi, au lieu de chevaucher sur deux.

On serait conduit, par analogie, à chercher dans le même ordre d'idées la restitution du mot disparu à la fin de la ligne 1. Ici, il s'agit de la part d'Antonin au premier étage (ti &hù)> lequel, ainsi qu'on Ta vu, ne contenait que trois sarcophages, un sur chaque paroi utilisable, la quatrième étant prise par la porte. Celte fois encore, [3uaji]ûv répondrait assez bien à retendue de la lacune et à la terminaison conservée ; seulement le génitif pluriel devrait, semble-t-il, être gouverné par quelque préposition; en admettant âx, il faudrait suppléer six lettres au lieu de quatre, ce qui est peut-être beaucoup ; il est à observer, toutefois, que la restitution Aioy(£vouç), qui s'impose * à la ligne 2, suppose la disparition de cinq lettres au lieu de quatre ; cela nous mettrait un

1. A moins d'admettre un barbarisme Aioy(lvov), tel que je le trouve gravé en toutes lettres dans une inscription de Batanée, Waddington, op. cit., n- 2083.

peu plus au large pour la justification des lignes qui n'avaient peut-être pas exactement la même longueur 1 .

Il y a une autre difficulté. Il est évident que l'inscription est gravée sur celui des trois sarcophages du premier étage qui appartenait en propre à Antonin ; par conséquent l'orientation indiquée par l'inscription doit concorder avec l'orientation réelle de la paroi conlre laquelle il est posé. Or, si Ton peut s'en fier à la disposition du plan figuré sur la planche 71, cette salle supérieure a sa porte à l'ouest, et les trois autres parois occupées par les trois sarcophages sont respectivement orientées nord, est et sud; par suite, la restitution Bua^wv] se trouverait matériellement exclue. La question ne pourrait être tranchée que parla connaissance de l'orientation exacte du sarcophage portant l'inscription qui nous occupe ; malheureusement M. do Vogué a négligé de l'indiquer ou, tout au moins, de noter sur son plan la position relative des trois sarcophages avec leurs inscriptions afférentes.

Quoi qu'il en soit, il semble résulter de là qu'Antonin possédait, au rez-de-chaussée, deux sarcophages sur cinq, et au pre-

mier élage un sarcophage, au moins, sur trois, soit - + - = les ~

de la totalité du sépulcre. Les 5 restant paraissent avoir été

répartis, ainsi que nous Talions voir, entre deux autres personnages frères, probablement, de celui-ci ; s'ils l'ont été en proportions égales entre ces deux derniers, c'est Antonin, somme toute, qui aurait été avantagé dans cette copossession et le monument dit « tombeau de Diogène » pourrait, alors, être appelé, plus justement, « tombeau d'Antonin ».

Un des trois autres sarcophages de la salle haute porte l'inscription suivante :

1. Dans ce cas, on serait peut-être autorisé à restituer, à la ligne 4 : [àva- To>|â»v au lieu de [8va|i]â>v. Cela ne changerait, d'ailleurs, rien au raisonnement général et n'entraînerait qu'une modification dans la position des arcosolia attribués à Antonin au rez-de-chaussée ; sa part se serait, alors, composée soit de AB, soit de BG.

AlOr€NHCO KOC€YC€BIOYK TCONINOY^A€A<|)

€T7IKOIN*«l

ce que Waddington transcrit ainsi :

AiOY£vtjç O....xoç Etae6(ou x[al 'Avjtwvtoou i8eXf[ou] «cl xotvi.

Il considère évidemment O...xoç comme un nom propre; ce ne pourrait être qu'un second nom de Diogène au nominatif, ou bien un patronymique au génilif. On ne voit pas bien, dans le cas, comment agencer ce nom de Diogène au nominatif avec ceux d'Eusèbe et d'Antonin au génitif. On serait tenté de se demander si o..xoç ne serait pas plutôt un mot, substantif ou adjectif, au nominatif, se rapportant à Diogène et gouvernant au génitif les noms d'Eusèbe et d'Antonin ' ; ce mot pourrait définir, par exemple, les liens de parenté ou autres, qui rattachaient Diogène à Eusèbe et Antonin, et indiquer à quel titre il était admis par ceux-ci à la cojouissance (srcl xotva) d'une partie du sépulcre. J'avoue, toutefois, que, dans celte hypothèse, je ne vois pas le mot à restituer 1 . On pourrait aussi penser à restituer b [xal ...xo$] f en rétablissant, à la fin de la ligne 3, i8eX?[6<;] au lieu de <x8eX<p[o$] ; Diogène, dit x, aurait été, alors tout simplement le frère d'Eusèbe et d'Antonin. Mais, il semble bien, d'après la restitution certaine de la ligne 2, que la lacune terminale de la ligne 1 ne comporte pas plus de quatre lettres, ce qui est insuffisant pour la conjecture à [xat .xoç].

Le plus simple serait peut-être, alors, de supposer, un mot indiquant, d'une façon absolue, la condition sociale ou un titre de

Diogène, £ ....xoç, « le », en rétablissant, bien entendu, à

la fin de la ligne 3, a8eX<p[6;]. On pourrait songer, dans cette voie,

1. Dans ce cas, on serait amené à restituer à8eX?[ûv] à la fin de la ligne 3.

2. Il me paraît impossible de songer à o[ûnpt]x6ç, transcription de vitricus> « beau-père ». Le grec possédait des mots pour exprimer ce genre de parenté et n'avait pas besoin de recourir au latin

Recueil d'Archéologie oriuttalb. IV. Juillet 1900. Livraison 9. |

à suppléer b [aiv5ï]xs; «, ou 6 [fxotjxoç; ce dernier mot conviendrait mieux matériellement parce qu'il fournit juste les quatre lettres requises 1 ; sur les fonctions de l'gxitxoç, très importantes à l'époque byzantine, voir les notes de Waddington au n© 028*. Le tout serait alors à lire :

AtOY- VT K> $ [IxStJxoç, Eicrîôku x[al 'AvjTom'vou a8eX©[cç], èiul xotvi. Enfin, le troisième sarcophage de la salle haute portait une inscription dont il reste seulement un débris, à la dernière ligne :

IéYC€BIOYM€C...

Waddington restitue : Eiae6(ou p.éa[ov.]; ce qui semble vouloir dire que le troisième frère, Eusèbe, aurait possédé le sarcophage situé entre les deux autres, au premier étage. Si Ton se maintient au point de vue exposé plus haut, on pourrait aussi songera restituer : ^[rj^Sp...], et à voir là une indication d'orientation (« méridional '>) faisant pendant aux précédentes.

Les inscriptions n" 2197 et 2491 Waddington.

Waddington * a copié à El-Mâlikiyé, en Batanée, une petite inscription « fruste », datée de l'an 292 de l'ère de Boslra — 397 J.-C, dont il donne la transcription et la lecture suivantes :

ÉVTVXOC6T

OYCCTB KKCOéPOCOwà

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