TRANSFORMATIONS DES COULEURS SIMPLES
120. Invariabilité des couleurs simples- — Fermer les volets de la salle et s'éclairer avec des becs Bunsen à flamme de sodium (VI, 105).
Examiner à cette lumière des objets de couleur, des afftcbes coloriées par exemple qui, au jour, présentaient les teintes les plus diverses et reconnaître qu'ils ne présentent plus qu'une même couleur jaune plus ou moins claire. — On s'assurera avec le speclroscope de poche que la lumière diffusée par ces objets a bien la même constitution simple que la lumière qui les éclaire.
— On fera aussi l'expérience en sens inverse : on dessinera une figure au pastel, en s'éclairant en lumière monochromatique. Si l'on a pris des crayons rouge, vert, jaune ou bleu pour les différentes parties du visage, on obtient un dessin qui, à la lumière jaune, donne bien les effets ton sur ton que l'on a choisis, mais qui produit, comme bien on pense, un tout autre effet quand on l'examine à la lumière rouge ou, surtout, à la lumière du jour.
— On obtient des résultats aussi nets et plus brillants en éclairant les objets examinés au moyen du faisceau lumineux de la lanterne (ie projection, tamisé par un verre rouge, ou bien encore en projetant sur eux un spectre réel.
121. Phosphorescence. ~ Délayer du sulfure dctalcittm phosphorescent dans de l'eau légèrement gommée et enduire avec cette mixture des feuilles de papier ou de tôle.
Si l'on transporte les objets phosphorescents dans robscurité et si on les chauffe vers ioo°, on constatera que leur luminosité augmente beaucoup, puis diminue pour s'épuiser assez vite. On profilera toujours de cette circonstance pour faire disparaître rapidement les résidus de phosphorescence provenant d'une expérience, avant de passera l'expérience suivante.
— Si l'on peut avoir la lumière directe du soleil ou même celle de
lit CHAPimE ¥1, — OPTlgUE.
l'arc éleclrique, on projettera un spectre réel sur un carton bianr enduit de sulfure phosphorescent, et l'on verra quelles sont U-^ régions du spectre qui provoquent la phosphorescence. Les résul~ tais seront particulièrement nets si l'on emploie un prisme et uue lentille de quartz qui pennettront d'observer une grande étendu<' d'ultra-violet,
— On répétera ensuite l'expérience en projciani le spectre sui' un écran rendu tout entier phosphorescent par une exposition préalable à la lumière du jour, et Ton constatera que les rayons à grande longueur d'onde accélèrent d'abord rémission de )a Inmièn' pour éteindre bientôt toute phosphorescence,
— Déterminer le temps minimum qu'il faut à la lumière du joui- (H)ur rendre lumineux le sulfure de calcium, puis chercher à obtenir cette luminosité avec des sources artificielles. On essajei-a notamment la lumière d'un manchon à incandescence puis cclhd'une lampe à pétrole, que l'on aura réglée de manicre à pnxiuirt; sur l'écran des éclairements que /'(£i7 jugerait sensiblement égaux, et l'on se rendra compte de la difTérence des elTels produits sur la matière phosphorescente.
122. Fluorescence. — Rendre de l'eau Ihiorescente en y ajoutant une trace de Jluorescéine, et constater que le liqiiidr exposé ù la lumière est lumineux dans toute sa masse. IHacer h' liquide Ouorescent dans une cuve grossièrement parallélépipédique. telle qu'un vase pour accumulateur; envoyer à travers le liquide un faisceau lumineux limité par un écran et constater que ht luminosité est localisée sur tout le trajet de la himière,
^ Pour déterminer la nature des rayons qui provoquent la lluorescence, on projettera un spectre réel sur un écran et l'on y pn)mènera un tube à essais contenant l'eau fluorescente. On verra 1m fluorescence s'éteindre brusquement après le vert el ne plus reparaître pour les lumières à grandes longueurs d'onde. Par contre, si l'on peut avoir la lumière solaire directe et si l'on dispose d'un prisme et d'une lentille en quariz pour projeter le spectre du soleil (VI, 107), on pourra observer la lluoresccnce dans une longue région d'ultra-violet.
Fluorescence superficielle. — Rendre de l'eau lluorescenle en y versant quelques gouttes d'une solution sulfurique de sulfate rf^^ quinine et constater que la fluorescence bleue obtenue est seulemenl superficielle.
D,g,t7cdb/GOOgIC
POLAIIISATIOM. l33
— Pour muritrer le pouvoir absorbant considérable de ce liquide pour les rayons qui provoquent sa fluorescence, il suffît d'y plonger (in lubeà essais contenant une petite quantité du même liquide. I.e tube, qui était lumineux, s'éteint brusquement quand on le plonge dans la cuve fluorescente.
— On montrera enfin que les rayons absorbés par le sulfate de <piinine .sont précisément ceux qui sont susceptibles de provoquer «ne vive phosphorescence.
Pour cela, on exposera à la lumière du jour, pendant quelques secondes, une feuille de carton enduite de sulfure de calcium, une partie du carton étant éclairée direclemenl et l'autre partie éclairée par la lumière <pii a traversé la cuve fluorescente. Portant ensuite le carton dans l'obscurité, on verra l'endroit où se trouvait l'ombre du sulfate de quinine se détacher en noir sur le fond lumineux du sulfure phosphorescent. — On aura soin de s'assurer que cet effet ne se produit pas avec de l'eau pure.