DÉCINTRE MENT DES VOUTE
Echafaudage pour le décintremcnt.
Les pilotis qui avaient été hattus et recouverts de chapeaux pour le levage des cintres, ayant été conservés, on n’a eu qu’à faire le plancher des trois arches, dom la superficie était de 791 mètres / ( o 5
rnillim. carrés.
11 a été employé à cet ouvrage :
Journées de charpentier iî
de manœuvres à les aider rg
Total des journées 3a
On voit que deux charpentiers, aidés de trois manœuvres, ont fait 1 20 mètres carrés de cet échafaudage par jour.
On observe que 'les planches qui avaient servi à faire l’échafaud pour la pose des voûtes, avaient été mises en dépût sur le pont de service , et qu’on n’a eu qu’à les descendre et les mettre eu place.
Décintrement des trois ■voûtes à la fois..
Le moyen indiqué par M. Perronel (i) , pour décintrer les ponts , n’a pu être employé à Nemours, à cause du grand surbaissement des voûtes, dont le poids est d'environ 5, 000,000 de livres. Ce poids portant presqu’en totalité sur les cintres, on avait prévu qu'il serait trèsditficilc et très-long d’enlever les coucliis, sans opérer un affaissement général et uniforme dans tout leur système. On avait senti en même temps le danger d’opérer cet affaissement d’une manière subite , qui aurait produit une force vive, dont l’action se serait portée entièrement sur la partie «les culées opposée à la poussée des voûtes.
Celte force effrayante , si l'on pense au poids des arches , en oecastonant une rupture dans la liaison de la première assise des coussinets des voûtes, avec l'assise inférieure, aurait produit un glissement des coussinets sur le plan de celte assise, dont serait nécessairement résultée la chute des trois arches (a).
On a fait de la manière suivante le décintrement , qui a parfaitement réussi.
Manière dont on a décintré le pont de Nemours , en ruinant tes
abouts des arbalétriers près de leur assemblage dans les jambes de force . •
Après avoir enlevé les guettes, les moises horizontales, et desserré seulement les écrous des boulons , on a fait un premier irait de scie bc , fig. S', dans la partie supérieure des abouts des arbalétriers , à 16 ccn-
(1) Voyez, dan» ses Œuvres, l'article Décintrement , dans le devi» du pout de Neu.lly.
(2) On n’a pu enlever que deux rangs de coucliis vers les naissances des voûtes * pour enlever 1rs autres , il aurait fallu hacher les cales à coups d’ébauchoir, ce qui aurait été' très-long et dangereux.
si
limètres de leur assemblage avec les jambes de force. Ce irait de scie a été fait en même temps à tous les premiers rangs d’arbalétriers des trois cintres, jusqu’à ce que la compression du bois ait empéclié la scie d'avancer. On a fait un même trait de scie aux deuxièmes rangs d’arbalétriers ; on n’a point touché aux troisièmes rangs.
Après cette opération , on a fait avec des ébauchoirs une premièrè entaille abcd, à tous les abouts des premiers rangs , et à tous ceux des seconds rangs.
Enfin, on a donné un second trait de scie ef, aux premiers rangs d’arbalétriers , successivement aux seconds , et l’on a termiqé l’entaille abcd, de manière qu’ils n’ont plus été soutenus que par 5 centimètres d’épaisseur de bois. Voyez la 3' fig.
Au bout de quatre heures, le poids des voûtes a fait fléchir les arbalétriers» leur entaille, comme on le voit fig. 4'-
Au- bout de huit heures, l’inflexion a augmenté, comme on le voit par la fig. 5*.
Enfin, au bout de douze heures, tout le système des cintres s’est trouvé affaissé sous le poids des voûtes, dont le tassement s’est fait avec une égalité parfaite aux trois arches; alors les abouts des arbalétriers avaient fléchi, comme on le voit fig. G", et l’on a enlevé avec la plus grande facilité les cales et les coucbis.
ENLÈVEMENT tfïS CALES ET COUCHIS, ET DES FERMES DES CINTRES.
Ouvriers employés à cette main-d ' oeuvre.
DÉSIGNATION
de*
ootucu.
CHAfiPfSTttiS.
MAÎt OtL' VUES
pour
le* servir.
UAVCSCVftS*
employés au transport de* bai* au chantier.