‹ Recueil d'expériences et d'observations faites sur différens travaux exécutés pour la construction du pont de Nemours, pour celle de l'arsenal et du port militaire d'Anvers, et pour la reconstruction du port de Flessingue; dans lequel on a traité la théorie de l'équilibre des voutes;Chapitre 5 sur 37 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Notice sur la Construction du nouveau pont de Nemours.

L'ancien pont de pierre exécuté sur la rivière de Leing b Nemours avait été emporté par la crue de 1770, qui fut presque générale eu France. La communication de Paris à Lyon ne pouvait être interrompue long-temps sans porter un grand préjudice aux relations naturellement établies entre ces deux grandes villes ; on se bâta donc de construire un pont provisoire en charpente dont les bois furent tirés de la forêt de Fontainebleau. Le Gouvernement avait alors l’imention de faire construire le plus tôt possible un nouveau pont en pierre , et c’est dans celte vue que le pont de bois fut exécuté avec la solidité suffisante pour maintenir la communication , en attendant qu'il pût cire remplacé par une construction durable. Néanmoins le Gouvernement fut obligé d’ajourner ses projets, et le pont provisoire fut conservé en l'entretenant le mieux possible : la simplicité du système de charpente employé , plus encore l’inconvénient d’avoir mis en oeuvre- les arbres aussitôt après avoir été abattus dans la forêt, ne pouvaient faire espérer qu’il durât bien long-temps : cependant il existait encore en l’an 1794 > mais en si mauvais état, qu’il était impossible de ne pas le remplacer

promptement. Ce fut le 3o juin même année que je fus chargé de faire les projets des nouveaux ponts à construire à Nemours, à Melun et à Meaux, avecordre de commencer par celui de Nemours.

M. Perronet avait fait, pour Nemours , un projet dans le système du pont de Sainte-Maixence ; les arches, au' nombre de trois, étaient une portion d'arc de cercle et avaient i5“,ç)i e ( 49 ^**) d’ouverture; les piles étaient évidées dans le milieu de leur longueur, et avaient i“, 6 a e (5P 4 *) d’épaisseur entre les retraites et leur couronnement ; les culées étaient accompagnées de murs de rampes; il ykavait un escalier projeté dans le massif des culées pour descendre à la rivière. Ce projet n’avait point été adopté par le Conseil-général des Ponls-et-Chaussées : on pourrait penser que M. Perronet lui-même n’en avait pas été satisfait ; car il ne figure point dans la collection des ouvrages de ce célèbre ingénieur.

Le projet qui a été approuvé comprend également trois arches; mais elles ont Chacune o",'52 c (iP*) de plus que celles de M. Perronet, afin d’augmenter le débouché des eaux sous le pont , qui , par sa position , peut avoir beaucoup d'influence sur les grandes crues de la rivière , toujours redoutables pour la ville de Nemours, située sur une île entre le Loing et le canal du même nom.

Les trois arches sont décrites en portion d’arc de cercle; l’ouverture ‘de chacune est de i 6 “, a3* (5of J ‘) , et la flèche ou montée est de i “, i o* (3 P 4 * 5****) ; l'épaisseur à la clef est de 0 “,g 7 * (3*"**).

Les piles-, suivant mon prpjet, devaient avoir i“, 94* (&’*')■ Le Conseil général des Ponts-et-Chaussées a étéd’avis de leur donner a“, 27 * (çp 4 ') : elles ont été exécutées suivant cette dimension.

Les culées, sur la face desquelles est profilée une demi-pile, ont 5“,5o' (t5r a ' 6 *’ c “) d’épaisseur; elles sont contre-buttées par des contre* forts de 5 m ,i 8 ' (ifi» 4 *) de longueur, et de i*"^' ( ôp 4 *; de largeur; elles sont accompagnées de murs d’épaulement de 3“,8y' (1 af 4 *) de longueur sur autant d’épaisseur.

A l’extrcmité de chaque mur d’épaulement, il y a, pour descendre à la rivière, un escalier en pierre, dont les marches ont i", 6 a‘ (Sp 4 *) de largeur.

La largeur du pont, d’une tête à l’autre , est de 1 2 ", 66 ' (SgP 4 *) ; cette largeur est occupée par les parapets, qui ont o", 48 ' ( 18 !*") d’épaisseur

el 0",8i' (aP J *6f c “) de bailleur , parles trottoirs qui ont chacun >-, 45 - (4 !>a *) de largeur, et par la chaussée qui a 8", 76 e (*•]**') de largeur.

Le nouveau pont est construit vis-à-vis la rue dite de la Poterne , pat laquelle les eaux pluviales et ménagères du nord de la ville avaient leur écoulement à la rivière , dont le lit est très-peu encaissé.

A chaque extrémité, le pont est précédé d’une place déformé carrée, de 33*", 5 g' (ta 1 8****) de longueur sur 38 " (ta 1 ) de largeur.

Le projet comprenait une troisième place circulaire de 55 “,o 8 (1 8‘) de diamètre à l’intersection des routes de Lyon et de celle projetée de Nemours à Montercau : cette place n’a point été exécutée.

Les remblais, à chaque extrémité du pont , ont été de 6"*,a8* (19*"*’ 4 pc “ il 1 ) du côté de la ville , et de 6 ”, 36 e ( 1 gP 1 * gp"») du côté du faubourg des Tanneurs. Cette hauteur de terrasses a obligé de projeter et de construire des murs de soutènement autour des places qui précèdent le pont , el d’encaisser par le même moyen la rampe du côté de la ville , qui a 1 i6**,94 c (60 1 ) de longueur et 1 i“,6g' (SSt - ’) de largeur.

La chaussée de cette rampe a 6 “, 8 i' (31^) de largeur , et les revers 3 ", 4 a‘ &““*) chacun ; sa pente est de o”, 0475 ( 1 ■** 9 1 ) par mètre

courant. 11 eût élé bien désirable de lui donner un plus grand développement ; mais on eût été forcé d’exhausser le pavé de la rue du Cimetière, qui, comme toutes les rues du nord de la ville , portait ses eaux dans celle de la Poterne, d’où elles coulaient à la rivière; et la crainte d’exciter de justes réclamations de la part des propriétaires riverains de cette rue, a déterminé à faire commencer les remblais dans la rue de la Poterne , à partir de l’extrémité de la rue du Cimetière.

Les eaux pluviales et ménagères du nord de la ville avaient comme on l’a déjà dit, leur écoulement, avant la construction du nouveau pont , par la rue de la Poterne , dans laquelle on a établi la ramj>e mentionnée ci-dessus. .•

Les eaux de la partie du midi avaient leur écoulement par la rue du Vieux-Pont, au moyen de deux gargouilles pratiquées en amont et en aval du pont de bois , qui les jetaient à la rivière.

On aurait voulu éviter de construire un égout sous la rampe du nouveau pom pour faire écouler les eaux du nord de la ville par la rue de la Poterne, comme avant la construction de cette rampe : trois

projets ont été laits à ce sujet ; mais les inconvéniens qui seraient résultés ■ tes cbangemens de pente des rues, et le préjudice qi t'auraient éprouve les propriétaires riverains, ont déterminé l'Administration à autoriser la tons truc lion d'un égout.

Cet égout a 45 m ,/jG' (a5‘ i pd ‘) de longueur ; sa largeur est de o”,8o' ( 2 pd. ) j J es pieds droits ont o™,8o c ( ) d’épaisseur ; la

voûte est un plein cintre décrit avec un rayon de o",4o' {i5 pe '‘) ; l’épaisseur de la clef est de o",48 c (i8 I>crl ) ; la hauteur sous clef est de i",g4 c -(6 pd, J; le radier est pavé sur forme de mortier de chaux et ciment.

Les moyens employés pour la fondation des travaux hydrauliques sont en général cC qu'il y a de plus important à connaître et à étudier pour les jeunes ingénieurs qui débutent dans la carrière : la théorie qu’ils ont acquise dans le cours de leurs éludes a besoin d’être appuyée par l’expérience , qui n’est pas toujours d’accord avec elle; la première nous trace les règles de l’art , développe notre goût , étend nos idées et guide nos conceptions; la seconde éclaire nos doutes, redresse nos erreurs et fortifie notre jugement. Je ne crains point de le -dire ici ; Ja théorie sans la pratique est plus dangereuse que la pratique sans la théorie , puisque celle-ci ne marche d’ordinaire qu’à l'aide de l’expérience, tandis que l'autre, imbue de son savoir, ne connaît point de danger, et ne reconnaît qu’elle s’est égarée que lorsque l'expérience l’arrête et lui prouve la fausseté de ses hypothèses. II. faut donc convenir que la réunion de la pratique à la théorie est une condition indispensable chez l’ingénieur auquel la direction de grands travaux est confiée je reviens à mon sujet. •

Avant que je ne fusse chargé du projet du nouveau pontdeNemours , on avait fait des sondes dans le terrain avec une grande exactitude, en les espaçant. de t",94* (6^') : celte précaution était indispensable pour déterminer le mode de fondation.

Le terrain est composé asscr. généralement d'une première couche de sable, d’une seconde de marne, qui varie de couleur et sous laquelle se trouve le tuf.

Les couches sont d'inégale épaisseur , tourmentées et, pour ainsi dire, ondulées; on peut juger aisément quelles forment le pied de la rampe

d'une montagne située à peu de distance de la rive droite de la rivière, qu’on appelle la Montagne du ChdleUtl.

Un journal des travaux exécutés dans chaque campagne a été tenu exactement ; et , comme on l’a dit plus haut , la* fondation des travaux hydrauliques étant ce qu’il y a de plus important à connaître, on va donner l’extrait du journal quia été rédigé pendant la construction du pont de Nemours.

Première campagne , année 1 796.

On a construit dans cette campagne les hangards et magasins nécessaires pour serrer les équipages et outils ; on a établi les forges et bassins pour éteindre la chaux ; on a fait les approvisionnemens pour la fondation d’une pile et d’une culée, et partie de ceux qui devaient être employés dans ta' campagne suivante ; enfin on a fondé une pile et une culée qui ont été élevées jusqu’à la septième assise , y compris les retraites; c’est-à-dire à la hauteur de 1”, 7454 ( 5 P d ‘ 4 p, “ &) au-dessus de la ligne des basses eaux.

On avait commencé le xi mars à battre les pieux du bâtardeau du côté de la ville , sur go m ,ga 5 i (46' 4 (kI V de pourtour, pour la fondation d’une pile et d'une culée. Ces pieux avaient 6 “, 8 tg'J(atr*‘) de longueur sur o m ,a435àor,a7o6(g à 1 of"‘) de diamètre. Lebattageaété fait avec deux sonnettes à tiraudes, dont les moutons pesaient 400 1 ' 1 , 1 346 (81 8'). Chacun des pieux était armé d’un sabot du poids de 6 lil , 1144

a*j) ; ils étaient espacés de i m , 2989 ( 4 1>J ') de milieu en milieu. Il en a été battu t 3 o, qui ont pris a“,gaa6 et 3“,a473 (9 et 10 de fiche. On a fini de les battre le 14 niai ; ensuite on a posé les bernes et les entremises.

Les châssis de palplanches ont été battus depuis le 14 mai jusqu'au ti juin; ils avaient de hauteur a" 1 , 9236, 5“,845a et 6”, 1699 ("g, 1 8 er , 9 pi *)> et o”, 3788 sur 0", 108a ( 1 4^“ sur 4) d’éqnarrissagc. Chaque sommier était fixé par d’eux moises armées de brides , et traversé par deux boulons à clavette, de manière que les palplanches intermédiaires étaient battues dans deux coulisses qui les empêchaient de déverser à droite et à gauche. On a battu par jour à-peu-pres deux châssis qui prenaient a", 5978 et a“gaa6 (’8et gP i ‘) de Golie.

Pétulant le temps qu'on battait les châssis , ona commence, leg mai, à draguer l'intérieur du batardeau. Le gravier mêlé de fortes pierres et de sable a été enlevé sur a^.goaô, 3 m ,a473 et 5 ", 8968 (ij , 10 et 1 2^') de profondeur au-dessous des basses eaux. On a employé deux dragues dont le service était fait par douze manœuvres et un charpentier. Ce travail a été achevé le 26 juin. On a rempli ensuite l'intérieur du batardeau avec de la terre forte, qu’on a eu soin de jeter , autant que possible, par couches égales, en la boulant avec la plus grande attention pour éviter les filtrations qui auraient pu s’établir à travers le corroi de celte terre. Le travail du batardeau a été achevé le g juillét.

Après la construction du batardeau , on a placé les machines à épuiser, au nombre de doute, savoir : sept chapelets, trois vis d’Archimède et deux pompes. Toutes les dispositions étant faites , on a commencé les épuisemens à cinq heures du matin , l'eau étant dans l’enceinte du batardeau à i m ,623g et 1 “,9484 (5 et 6 P<1 ‘1 de profondeur. A midi, il n’y avait plus que o“-,487 ( 1 8^”) d’eau dans les endroits les plus profonds; à deux heures, il n’y en avait plus que o“,5247 ( ,ri )i alors quelques efforts qu'aient faits les ouvriers, l'eau est constamment restée à cette hauteur jusqii’à. minuit, qu’on a fait cesser le jeu de toMlcs les machines, voyant qu’elles étaient insuffisantes.

Il est à remarquer que la rivière était augmentée de o", 54 1 5 . (ao 1 *”!, au point que les caves des maisons . à deux et trois cents pas delà rivière étaient remplies d’eau à une hauteur de o”,a i 65 et o m ,2435 (8 etgf“^ ; que pendant tout le jeu des machines , elles ont etc étanchées, et qu’aussitôt qu’on a eu cessé les épuisemens , l’eau y est remontée à la même hauteur qu’elle occupait avant cette manoeuvre.

On a augmenté le nombre des machines de deux chapelets et de deux pompes , et le 22 juillet , le Gouvernement ayant accordé des prisonniers de guerre qu’on lui demandait depuis long-temps, on a commencé les épuisemens à cinq heures du malin , avec un nelai de ces prisonnierset un autre d’ouvriers français. L’eau était à i m ,623g ( 5 **) dans l'enceinte du batardeau; à midi , elle était à o”,i 553 et o“i 624 (5 et 6 pc ”),dans le moins profond ; à cinq heures , les ouvriers ayant donné un coup de main , l’enceinte fut mise à sec. Il fut facile de voir dans ce moment •

toutes les sources dont le terrain était criblé. Les ouvriers ne pouvant

soutenir un travail ’ foret? , l’eau reprit son niveau à o“,tCa4 (&**■,) et resta à cette hauteur.

De seize machines , sept chapelets n’avaient que 3 ”, 8968 (t af 44 ) et 3 ", 572i(ui" l, )de longueur ( i), et trois ne pouvaient plus servir. Lorsqu’on eut fouillé les puisards à o",8 1 1 8 (ïï* 6*"*)de profondeur, on clahlit une auge dans l’intérieur du bâlardcau dans laquelle dégorgeaient les chapelets les plus longs ; elle conduisait l’eau à la rivière par une seconde auge en retour à l’extrémité du bàtardeau , côté d'amont. Enfin , on a obtenu de faire venir de Paris trois nouvelles pompes , deux chapelets anglais et six grands cliapelets : les dis|K>sitions définitives furent faites ainsi qu’il suit :

En amont, un chapelet anglais d’environ o m , 1624 (6f"*)de diamètre, quatre petits chapelets deo", 1 353 ( 5 »***), deux grands de o”, 1624 (6 pc **) et une vis d’Archimède.

En aval, sept pompes, dont une deo", 2706 (tôt"") de diamètre, et les autres de o",2435 (9*"*) » deux grands chapelets ordinaire&et un chapelet anglais de même dimension que les précédens. Total, dix-huit machines. Ce travail étant lait , on a fouillé les puisards au pied de chaque machine, qu’on a descendue successivement ; alors il a été possible d'enlever les terres à l’emplacement de la culée, et le gravier cl le sable à celui de la pile.

On a commencé le battage des pieux de la pile le t" août. Il a été fait avec trois sonnettes à tiraudes, dont les moulons pesaient 41 b k,i ,777, 48g 1 ' 1 , 1 5 , et6n à,1 ,437 ( 85 o, tooo et 1 a 5 o'). Les pieux avaient depuis 4”, 871 ( 1 5 ^’) jusqu’à 6", 81 94 (2 1 r*’) de longueur, et o", 3247(1^) de diamètre. Ils étaient armés d’un sabot du poids de i2 kll ,2a87 (* 5 *)- H en a été battu cent vingt-neuf au refus de o",oo 345 ào",oo 45 o ( t 1 j à 2 1 ) pendant h*tit à neuf volées.

Ils ont communément pris depuis 3“,572i jusqu’à 6", 8194

(21^*) de fiche dans le terrain. Tous les pieux bat tus avec le mouton de 4 * 4 f U ,777 ( 85 o *9 ont été repassés avec celui de 61 1 kil , 4^7 (t 25 o*),

(1) Ces chapelets venaient du magasin du canal de Loing; on n’avail pu en avoir d’autres , quelques instances qu’on eût faites pour en .faire venir de Chiions, où il y en avait qui ne servaient point.

cl ont enfoncé depuis o*, 1 894. jusqu’» o m ,gj/(2 (if*’) . Ce travail a clé achevé le 26 septembre.

Pendant le temps qu’on battait à la pile , on enlevait les tertes pour la fondation de la culée , qui a été très-difficile par la démolition des restes d’une ancienne tour et d’un mur de ville qu’on a été obligé de faire sauter par la mine. On a commencé à battre les pieux à la culée le 17 août ; ils avaient depuis 3",89G8 (12^*) jusqu’à (j* 1 ^ tg'j (21^*) de longueur, et o”',3247 (t^de diamètre; ils étaient armés d’un sabot du même poids que ceux de la pile , et battus également à 0",g742 (5****) de milieu en milieu. Ils ont pris depuis 1 "g -j 84 (6**“) jusqu'à 6*8194 (21^9 fiel 1 * 5 dans le terrain dont la dureté était très-inégale. On a remarqué que sur le derrière de la culée, on battait communément soixante et cent volées de trente coups chacune , avec un mouton de 61 t k,l ,437 ( i 25 o # ), et que le pieu n’enfonçait que de o",oo45 et o", 00(38 (2 et 3 1 ) par volée , pour prendre 1", 2989 et t m ,623’j (4 et 5*" 1 *) de fiche; ensuite il enfonçait de o“,or35'(6 l ) jusqu’à o m ,02jt (i p ") f et s’arrêtait au refus total après une décroisiance de 0*0271 (1 1 **) à o.

On a mis la plus grande attention à battre ces pieux , qui ont pris i m ,9484 et 2 m ,9225é6et 9 1 " 1 *) de fiche dans le terrain. Ceux du devant de la culée ont pris la même fiche qu’à la pile , c’est-à-dire, depuis 3”, 5721 (1 i***) jusqu’à 6“, 8194. (2 1^). La saison étant très-avan- %

cée, on a pris le parti de faire battre la nuit. Les ouvriers quittaient à sept heures , -revenaient à huit, et battaient jusqu’à minuit. Il y a eu des pieux qui ont tenu jusqu'à deux jours. Une sonnette battait ordinairement un pieu et demi par jour, quelquefois deux avec le travail de nuit, très-rarement trois ; il en est entré dans la culée deux cent quatrevingt-neuf. On a employé jusqu'à six sonnettes à tiraudes à ce battage , qui a été achevé le 19 octobre. •

Les épuisemens n’étant pas assez bas pour le recepage des pieux et la pose des chapeaux et des racinaux , on a établi trois chapelets et une pompe de plus dans un puisard fouillé à i“,2g89 (^r* 1 *) de profondeur entre la pile et la culée. On a fouillé également les autres puisards, afin de descendre les machines de o m , iÛ 24‘ (6?"*) de plus. On a fait au travers de l’enceinte une. tranchée de 2”',5978 (8 P<1 ‘) par le moyen de. laquelle l’eau passait d’un puisard à l'autre. On avait pu fouiller à

i ”,3 ,Sg (■+ p '*‘; Je profondeur l'extrémité du puisard à droite; On a cou pé ce même puisard à-peu-près au tiers Je sa longueur, de manière que sept machines n’avaient à puiser que les eaux de la fouille de la pile, c’est-à-dire celles du puisard du milieu , et celles de l’extrémité du puisard à droite. Par celte manœuvre et en hoquetant dans l'enceinte de la pile, on a commencé , le 5 octobre , la pose des cita peaux et des racittaux ; on a ensuite rempli les cases des racittaux en maçonnerie de pierre avec mortier de chaux et sable ; on a posé la plate-forme à t“, 6 a 37 (5t >lU ) audessous de la ligne des lusses eaux , et la première pierre a été posée le to de ce même mois. Pour accélérer ce travail , on avait pris le parti de faire travailler les charpentiers la nuit depuis huit heures jusqu'à minuit

On posait à la pile, et on battait jour et nuit à la culée. Le 19 octobre , jour auquel le battage a été terminé à la culée , la rivière a augmenté considérablement ; elle est entrée jusqu'à une hauteur o", 1.355 (5*"*) dans l’auge de décharge à l’extrémité du batardeau à droite, laquelle n’avait que o 0 , ,i634 ( 6 pc “) de pente, y compris celle île la grande auge de l'intérieur du batardeau, qui recevait l’eau de quatre chapelets du puisard à droite cl des quatre machines du puisard du milieu. On a été sur le point d etre obligé de cesser les travaux , parce que l'auge ne pouvait suffire au dégorgement , l'eau passant par-dessus Ica. bords et refluant dans les goulettes des chapelets; cependant on s'est borné à arrêter deux petits chapelets. On a également arrêté la vis d’Archimède du même côté , en fermant l’ouverture faite au bâtard eau pour l’écoulement des eaux quelle épuisait.

Dans le même temps qu’on travaillait t se garantir des eaux de la crue, un renard a paru à l’extrémité de la fouille du mur d'épaulcmcnl de la culée à droite. Le fond étant de sable fin et très-pur , les terres en talus se sont d'abord lézardées ; enfin , le renard augmentant de plus en plus, il s’est fait' une excavation sur' 1 “,9484 ( 6 **) de longueur , et ce renard donnait de l'eau avec une abondance effrayante. On a mis la plus grande diligence à battre des palplanches de t m ,3989 ( 4 1 ” 1 ’) de longueur, qui ont comprimé et maintenu le sable au travers duquel l’eau filtrait; ensuite on l'a enlevé , autant qu'il a été possible , de l’excavation même, qui a ‘été remplie en terre glaise bien battue. Cette opération faite, on a fouillé une tranchée de 0" , ,64g5 (a^*) de profondeur, devant et au

pied des pal planches qu'on avait eu le soin d’étrésillonner à leur tête. On a rempli également cette tranchée avec de la lerrc glaise bien battue. Par ce moyen on a arrête les progrès du renard , qui aurait infailliblement rempli l'enceinte du batardeau en très-peu de temps et établi une communication avec la rivière.

La crue n'a été forte que deux jours, pendant lesquels il a fallu doubler le nombre des ouvriers pour faire jouer les machines qui pouvaient épuiser : aucun ouvrage n’a été interrompu.

Pour faciliter le recepage des pieux à la culée et la pose des chapeauxet des racinaux , on a fait une communication de la tranchée du milieu de l'enceinte du bâtard eau avec le puisard du milieu; on a étalli de petits batardeaux dans l'enceinlc de la fouille de cette culée, et, à l’aide d'un baquetage , on est parvenu à faire ce travail. Le octobre o%a commencé à poser les chapeaux au derrière de la culée ; on a posé en mémetenipsles racinaux, fait la maçonnerie dans leurs cases, et posé les platc-formes. Le 27 du même mois on a posé les libages des retraites au derrière de la culée, et l’on a continué la poseà mesure que les charpentiers ont avancé, de manièreqne ces deux ouvrages ont marché ensemble.

Avant de poser à la. p 3 e et à la culée , on a tracé avec la plus grande attention l'emplacement de la première retraite,- et bien déterminé l’axe du pont sur les platc-formes. La première assise a été posée sur cales, ensuite fichée avec soin , avec mortier de chaux'et ciment , tiercé de chaux ; amour de cette assise , on a posé une lambourde triangulaire en bois de chêne , garnie de mousse sur la plate-forme et le long de l’assise, afin d'empêcher qne l’eau ne lavît et ‘n’enlevât le mortier de ce premier lit : celle lambourde a été fixée sur la plate-forme avec chevillcttes de o m ,ai 65 à o “,2435 (8 à ÿ”**). Le remplissage, entre les retraites de la pile , a été fait en lihage essemillé, avec mortier de cbaux et aiment.

Les têtes des avant et arrière-becs ne sont composées que de deux pierres; l’une, engagée de 0“,i6a4 (6*"’) dans le corps carré de la pile, comprend à-peu-près les deux tier»dc la partie circulaire ; l’autre comprend le restant de cette partie, circulaire , et est engagée de r, 46 i 5 (4** O") dans le corps carré de la pile. Au milieu de la pile et à la suite des pierres des avant et arricre-becs, on a posé des parpaings qui prennent l’épaisseur entière de la pile, c’est-à-dire 2”, 2731 à

chaque assise ; il a été posé alternativement troiset doux do ers parpaings.

On a posé à la pile sept assises j savoir : les trois retraites chacune de o",54ft (aôV"*) du hauteur, dont la première est à la hauteur des basses eaux; deux ataises chacune de o*’,4Ô7 Jiâ 1 " 1 ) ,un« de o*‘,4é>5g (i5»"‘), portant harpesde o”, i 6a4 (6r"') pour recevoir les jambes de force des cintre», et une quatrième de o“,5fc>53 (iV"' G 1 ). Les cinq assises qui restaient à poser jusqu'au-dessous du couronnement de la pile et de la culée ont la même hauteur.

Le remplissage entre les retraites de la culée a été fait en titrage sur la hauteur de la première et de la deuxième retraites, à partir de la plateforme. La demi-pile , les murs d’épaulcmenl ont été élevés sur quatre assises de hauteur de mêmes dimensions que celles de la pile, sur une hauteur totale de 3“, 3691 (io 1 **' 4 r ”‘ G 1 ).

Le derrière du parement de la demi-pile a été garni en libage , particulièrement dans la partie opposée à la poussée des voûtes , su* a"’, 5978 et a m ,gaa6 (8 et g'" 1 ') fl épaisseur ; les murs d'épaulement ont été garnis d’un seul rung au derrière de leur parement.

Après la pose de la deuxième assise de o",487 (18'“'’) au-dessus des retraites à la culée , on a fait cesser les épuisemens le 30 novembre.

Une expérience a prouvé la solidité et le soin avec lesquels le Làlardeau avait été fait. Quarante-huit heures après La cessation totale des épuiseuiecs , on à nivelé la hauteur cfe l'eau contenue dans l’enceime du batardeau et celle de la rivière ; l’eau de l’enceinte s’est, trouvée plus haute de o", 1634 (6r"“). Elle est restée à cette différence jusqu'à l'enlèvement des terres de l’intérieur du batardeau. On a conclu que les sources dont l’enceinte était criblée , particulièrement préset dans l'emplacement do la culée , venaient des terres et non de la rivière. Ce qui est arrivé pour les caves dp» maisons situées à deux et trois cents pas des travaux lors du premier essai pour les épuisemens , confirme cette opinion.

Les épuisemens ayant été très-difficiles et très-dispendieux, on a fait des expériences sur le produit des differentes machines employées à cette opération (1)., afin de connaître la quantité d’eau épuisée en vingt-

(0 Le mode suivi pour les expériences et leur résultat ont été joints au journal adressé h I’ Administration générale.

( rf)

quaire heures. Lorsque les vingt-une machines étaient en mouvement, elles donnaient en vingt-quatre heures 14074“ ‘,073 ( 5 1375 muids) ; mais comme seize machines étaient le plus habituellement employées, et que les ouvriers travaillent plus lort pendant l’heure où l’on compte le nombre de tours de la chaîne et de levées du piston qui servent à l’expérience ; enfin comme les calculs employés pour établir ces expériences ne supposent aucune interruption , on estime qu’on doit porter à i2875"',5oi (47000 muids) la quantité moyenne d’eau épuisée dans vingt-quatre heures.

La mauvaise saison ayant empêché de continuer les travaux , on a enlevé deux côtés du batardeau , les machines et équipages ; on a renvoyé les prisonniers de guerre et les différens ouvriers, à l’exception de deux forgerons et de leurs batteurs en avant, d'un compagnon d’établi, de neuf charpentiers et de neuf tailleurs de pierre , tous connus pour bons sujets et les meilleurs ouvriers. Pendant i’biver on s’est occupé à réparer les équipages , les machines , et à faire toutes les dispositions nécessaire» pour commencer la deuxième campagne, dont le projet suit.

Projet de campagne pour Vannée 1797.

On vient de voir combien les épuisemens pour la fondation d’une pile et d’une culée ont été difficiles et ont dû être dispendieux. L’esprit d’économie qui doit diriger essentiellement un ingénieur dans la conduite des travaux , a porté à chercher un moyen qui diminuât sensiblement la dépense pour la campagne suivante : on l’a trouvé en calculant la force du cours de la rivière , pour voir s’il pourrait être employé au mouvement d’une machine hydraulique.

La plus petite section de la rivière , entre le batardeau et le/aubotlrg, est de iG“ , ,a 3 g 48 i ( 1 54 *^* ’ ) ; la moindre vitesse de cette section est de * 1 45 * ,d * par seconde, ce qui donne une dépense de 6"*, 026801 (176^*}. Si, par le moyen d’une machine hydraulique qu’on se propose de construire, on oblige la rivière à passer entre la pile élevée et la partie du batardeau qui doit rester, la vitesse de l’eau sera de 5,867 : *dle ac ~ quiert donc un surcroît de vitesse de 4,724 1 ce qui suppose un remont de o”,3689; mais à cause de la contraction de l’eau forcées s’écouler « *

dans un coursier de tf'fi’ii (iS** 1 ’) de largeur, distance de ta première retraite de la pile à la lierne du bitardeau, on portera ce retuont à o'*,53/)7 (if J ) , qui est la plus grande hauteur qu’on puisse lui donner.

Si l’on construit une machine à godets susceptible du plus grand effet, la vitesse de la roue à aubes devant être les deux, cinquièmes de celle du courant, sera de a, 3 / t . Le double de la hauteur due à cette vitesse est de o**, i8t4i et les aubes ayant 4”»87i ( i 5 p a ‘) de largeur, o m ,gj 4 a (îf 4 *) de hauteur, le prisme d’eau , mesure du choc , sera de 5 , 44 a » et abstraction faite du frottement et des résistances à l’effet de la machine, elle pourra enlever en vingt-quatre heures 'îSgGg 01 ', 079491 (58775 muids

Il faut retrancher de ce produit les quantités absorbées par le choc des godets contre l’eau des puisards, et par le frottement de l’essieu de la machine contre son pallier. Or, pour bien ménager l’écoulement, le fond du coursier de la machine devra être établi au niveau du lit primitif de la rivière en amont, et même un peu plus haut, c’est-à-dire à o“,974a (Sf 4 *) au-dessous des basses eaux : c’est à cetté hauteur qu’on placera le seuil des vannes. Le centre de la roue étant placé à Sr 4 ’ au-dessus des basses eaux , et les aubes parcourant un saut plus bas de o ‘",6495 (3P 4 *) que le seuil du radier, la roue à aubes aura a”, 5978 (St* 4 *) de rayon. La roue à godets devant puiser l’eau à Sr 4 * au-dessous de la plate-forme, son rayon sera de 5 ", 5731 (i î* 4 '). Le produit, ramené à l’extrémité de ce rayon , se réduità 10733“', 775081 (39 183 muids en vingt-quatre heures.

La vitesse de la roue à godets étant de 5 , 5 t , sil’on suppose son choc contre l’eau du puisard équivalent à celui d’une aube de o"t, 5 i 6354 (Sr 4 **) mue avec la même vitesse, il absorbera en vingl^quatre heures 998"" c ,842737 (6609 muids

Si l’on suppose le poids de la machine de 489i kil ,5 (10000*) et l’essieu de o", 1 353 ( 5 **“) de diamètre , son frottement absorbera en vingtquatre heures" 1 358 ‘**, 8593 a 5 (4960 muids ; le produit précédent sera donc, en ayaut égard aux résistances étrangères, de 7564™', 38 g 1 (3761s muids i) en vingt-quatre heures. Les Jépuisemens avec seixe machines mues à bras d’hommes produisent en vingt-quatre heures 13884“ ',06187 (47 2 5 o muids). On voit qu’en construisant une ma-

chine hydraulique d’après le» principe» précédens, on économiserait plus de moitié sur la dépense de» épuisemens, c’esl-à-dire plu* de 5 o,ooo IV. , en supposant qu’ils soient les mêmes pour la fondation de la pile et de la culée qui restent à fonder.

On prujtose de fonder, dans le cours de la camp; ne procltainc , la deuxième pile et la deuxième culée du côté du fau’ mrg de» Tanneurs, de les élever jusqu’à la naissance des voûtes, ainsi que la pile et la culée fondées dans la campagne dernière, auxquelles restent à poser cinq cours d’assises pour arriver à cette hauteur.

Deuxième campagne, année 1797.

On a fait réparer les machines cl les équipages dans les mois de janvier et février, et continuer La pique de la pierre autant que la saison l’a permis , par les meilleurs ouvriers conservés au nombre de douze.

Fondation des deuxièmes Pile et Culée .

Le 32 février on a fait commencer le battage de* pilotis pour la construction du bâtardeau, la pose des liernes, le battage des châssis, la pose des entretoises, le dragage pour l’enlèvement du sable et du gravier dans l’intérieur des caisses du bâtardeau, leur remplissage en terre franche pour empêcher les filtrations dans l’enceinte des travaux ; tout a été terminé le a8 mars suivant.

Comme ou avait conservé la tête du batardeau de la dernière campagne, parallèle au cours de la rivière, on 11'a eu qua construire les célés d’amont et d’aval.

On s’est $ervi, autant qu'il a été possible, des anciens bois et fers pour cette construction , dont les détails sont les mêmes que ceux portés dans le journal de l’année précédente. On a seulement changé la forme du bâtardeau, qu’on a élargi de 9”, 092?» (28'^*) vers les berges de la rivière, afin d’avoir plus de facilité qu’on n’en avait eu l’année précédente pour la fondation des murs d'épaolement de la culée.

Les épuisemens de l’année précédente ayant élé très-difficiles et trèsdispendieux , on a établi la machine hydraulique dont on vient de parler, et qui a suffi seule aux épuisemens de cette année avec le secours

de qnelqnes petits comre-bâtardeaux et de qnelqnes bacqueteurs pour la pose des chapeaux et des racinaux.

' Pour établir celle machine, on a forcé la rivière , par le moyen d'un barrage, à passer par an coursier de S™, 775 (1 1 ***• 71““ 6*) , afin de lui donner le cours nécessaire an mouvement (le cette machine, cpii estcomjtosée de deux roues , une à aubes et l’nutre à godets , montées sur un seul arbre. La roue à aubes a i6 |xU de diamètre; elle est garnie de 16 aubes de 5 “, 7309 (nt 4 ‘* 5 r c ® 6 1 ) de longueur et de i“,786r (Sr 11 * 6t““) de hauteur.

La roue à godets a ■7™, * 4 ' ( 4 1 ( 35pd ‘) de diamètre ; elle est garnie de 16 godets , dont le centre est éloigné de l’axe de 5 "', 83()3 (t i» d, 8»a).

La face supérieure d’un godet est de O”, 7340 (serait)). La distance du centre de ccttc surface à l’axe est de 3 ”, 7380 Çrif d * 485 ); leur capacité totale, compris le vide de l’ouvertwre, est de i*‘,i494 (tf* 1 7»),

t ;Le poids total de la machine est de 1 5573 k, 1 , 8 i 65 (37359*).

* L’arbre est com[>osé de deux morceaux dont l'assemblage est fortifié par deux frettes moufllées placées sur les joints des extrémités do l'assemblage , et couvert par un manchon de o“, 1 083 (4*™) d’épaisseur , fixé et maintenu sur l'arbre par six autres frettes moufllées.

11 porte sur des tourillons de o“,o88o ( 3 t*“ 3 1 ) de diamètre, tournant dans des palliers de cuivre et snr une chapiignole de for placée vers son miliau. L’arbre, arrondi dans cette partie, est garni de lames de far maintenues par deux frettes moufllées de o m ,676ô (a 5 *'”) de diamètre.

Le résultat moyen des observations faites sur le produit de cette machine donne o^ogga (a^’goy) pour le cube de l’eau contenue dans chaque godet , et 3,65 pour le nombre de tours que la roue fait dans une minute. 11 s'ensuit que la quantité élevée dans une minute est de 5 "', 8 i 3 a (169^“* 7688), et eu vingt-quatre heures de 837 t" ,c , 4 o 6 (a44467 pJ *',072) ou 3 o 558 muids.

Pour empêcher les aflbuillemeds sous la roue k aubes , on a échoué un radier maintenu à ses deux extrémités par deux châssis de palplanche, et fixé sur des pieux battus k cet effet. ,

On a aussi garni d’un rang de palplanches le bâtard eau dans la longueur du coursier, et en retour en amont. Les intervalles entre les

châssis (lu Lâtardeau el le* pal planches on» été rempli* avec du foin et de la (erre franche bien boules. .

La rivière étant barrée et n’ayant de cour* que par le coursier de la machine, on a établi trois vannes de décharge, chacune de t“,g484 (6* Hl *) de largeur, afin de pouvoir haisser celles de la roue à aubes et faire les réparations nécessaires sans interrompre le cours de la rivière.

Le déblai des terres pour la fondation de la pile a été commencé le 4 juillet, et a été terminé le 17 du même mois.

Celui de la culée a été commencé le 19 juillet, et a été terminé le i ,r detobre suivant. Ces terrasses ont été données à la tâche ; savoir : celles de la pile, à afr. 4471 le mètre (tÉffr. la toise cube) ; et celles de la culée, à 1 fr. 63 1 4 le mètre (tafr. la toise cube).

Le battage a été commencé à la pile avec trois sonnettes, ensuite à la culée avec six , et a été terminé le 18 octobre. Cliacune de ces sonnettes était manœuvrée par quarante-deux hommes, el était montée d’un mouton pesant 587 1 ' 1 (t 200 *). •

Les pieux ont été donnés à la lâche au prix de 45 fr. chaque , non compris le charpentier ou cnrimeur.

Chaque sonnette battait environ deux pieux et un quart par jour.

En général , le terrain s’est montré plus facile en amont qu’en aval ; à la pile et à la culée, il y a des pieux qui ont avec leur ente jusqu’à i4”,6i' ( 45 r f*) de longueur de fiche. Tous les pieux non entés oçt été battus au refus d’une ligne et demie, deux lignes, après 8 et 9 volées; et ceux qu’on a été obligé d’enter l’ont été au refus absolu après le même nombre de volées.

Aussitôt après le battage fini , on a posé les chapeaux , les racinaux , rempli leurs cases en moellons avec mortier de chaux et sable , et posé les plates-formes.

On a commencé la pose des retraites de la pile le 5 octobre, et la maçonnerie a été élevée de suite jusqu'à la huitième assise.

Le a 5 du même mois on a commencé à poser à la culée, et on a élevé de suite jusqu’à la septième assise.

Pendant le temps qu’on faisait les terrasses, qu’on battaitles pieux, etc., pour la fondation des deuxièmes pile et culée, on a posé cinq assises à

celles fondées l’année précédente. Cette pile et cette culée ont été élevées jusqu’à l’assise du couronnement.

On a ‘également fondé et élevé jpsqu’k 5“,95 iO le mur

de soutennement des terres sur Ja moitié de la place à l'abord du pont. Sa fondation a été établie au niveau des plus basses eaux sur un grillage composé de longrines et de traversines , dont les cases ont été remplies avec moellon et mortier de cbaux et sable.

La mauvaise saison ayant empêche de continuer les travaux , on a renvoyé les prisonniers de guerre à leur dépôt, et les ditférens ouvriers, excepté ceux nécessaires pour l'enlèvement du batardeau de la grande machine à épuiser et du barrage de la rivière.

On a seulement conservé deux forgerons et six charpentiers pour la réparation des équipages , et six tailleurs de pierre , afin d’avoir assez de pierre piquée à l’ouverture de la campagne suivante, pour ne pas interrompre la pose.

Les ouvrages de fondation ayant été terminés dans cette deuxième campagne, on se contentera de parler maintenant des opérations les plus importantes parmi celles exécutées pour l’achèvement du pont, et de faire connaître les moyens qui ont assuré le succès de cette construction hardie.

Calcul des ordonnées nécessaires pour tracer les arches du pont de Nemours , de quatre-vingt-treize pieds de rayon.

(Planche I", ligure i’*.)

Pour tracer les intrados des voûtes, on portera sur la demi-corde D. B. a5 parties égales d’un pied chacune ; on mènera , par les points de division, les ordonnées perpendiculaires PM, dont on déterminera les longueurs parla méthode suivante : soit menée, par un quelconque des points M, la ligne MQ parallèle à DB , laquelle rencontre le rayon Cf en Ç; on aura, parla propriété du triangle rectangle et parla construction de la figure, l’équation MP=sV (CM)’ — (DP)' — CD, au moyen de laquelle on a formé la table qui renferme- les valeurs des ligues nécessaires au tracé des arches. Ce tracé, exécuté avec soin.

«tonner* un polygone dont le contour « confond avo.c la circonférence, puisque, dan» un cercle do rp pieds de rayon, le sinus-verse d'un arc d’un pied est à peine de ç> points. Layable se compose de deux colonnes ; la première comprend les quantièmes des ordonnées; la seconde comprend ta valeur des ordonnée» en pied» et subdivisions du pied.

Calcul des Ligne» nécessaires au tracé de C Epure -

(Fig. a'.)

Pour tracer les joint» sans recourir an centre et à 1* division immédiate de l’arc , on mènera , par le milieu de chaque point , un rayon CLM qui rencontre en L et en M les deux parallèles DR cl F G , dont la seconde passe à trois piods au-dessus de» [«oints E; et l’on calculera les longueurs DL , FM par les deux analogies suivantes :

Rayon : tang. DCL:: DC:DL, .

Rayon : lang. DCL :: CF : FM.

Or , la voleur angulaire de» arcs E B étant connue , si le rayon CM passe par un point dont le quantième, à partir de la clef, est désigné par q , on trouvera l’angle DCL, en multipliant par q i l’angle constant MCM' formé au centre par deux rayons consécutifs, et en ajoutant à ce produit l’angle F Ctf formé au centre par la demi-clef.

Sur quoi il faut observer que dans le calcul de l’arc E B , on a poussé

•xEB

l'approximation au-delà des tierces, afin que l’angle N CM— ,

étant multiplié par la quantité variable qi, donne , sans erreur sur les secondes, chacun des angles DCL. On a formé , d’après ces principes , une table qui renferme les valeurs des lignes DL et FM pour les arches du pont de Nemours. Si de part et d’autre de la ligne OM tracée par les points correspondans L et M, on porte la demi-largeur 01 de chaque joint, en menant au rayon OM les parallèles I K , on déterminera non-seulement chaque joint , mais encore chaque vues soir. La table se compose de deux colonnes; la ptemière comprend les valeur* des ligne» DL en pieds et en subdivisions du pied ; la seconde comprend le» valeur» de» lignes FM en pieds et subdivision» du pied.

Digitizcd by

• Angles des Poussoirs avec la verticale Z (Fig. 3*.)

On sait par expérience qne, pendant le tassement d’une grande voûte , le resserrement des joints diminue à l’intrados depuis les naissances jusqu’au sommet , et qu’à l'extrados , au contraire , il diminue depuis le sommer jusqu’aux naissances. 11 est donc essentiel de se prémunir contre ces effets en donnant aux joints une largeur convenable tant à l’intrados qu’à l’extrados, afin qu’après le tassement ils soient par-tout d’une égale largeur.

Or , supposons la voûte extradossée ( cette hypothèse simplifie les calculs et n’apporte aucune différence dans les résultats ) , et le rayon Ce de 100 pieds, en retranchant de l’arc be l'arc occupé par les extrados fictifs des voussoirs , il restera pour les joints une quantité qu’on répartira de manière que la plus grande largeur se trouve à la clef et la plus petite aux coussinets. La progression de la diminution des joints étant bien établie à l’extrados, on calculera , comme on a fait pour]’ intrados, tous les arcs ef où se terminent les voussoirs prolongés, ensuite leur sinus h f. Si de ces derniers on retranche les sinus H F déjà trouvés , on connaîtra leur différence fn qui servira à calculer l'angle / F n que le parement Ff de chaque voussoir forme avec la verticale. Si dans la pose on place le point* F conformément aux calculs précédens , et qn’en appliquant le quart de cercle sur la surface Ff on fasse l’angle fFn égal à celui trouvé par le calcul , on sera certain que chaque voussoir est à sa place , et que les joints ont la largeur qu'on leur a donnée tant à l’intrados qu’à l’extrados. C’est d’après ces principes qu'on a calculé la table des angles des voussoirs avec la verticale.

En supposant le rayon de too pieds , on trouve pour le développer ment fictif des extrados fn rd ‘ 704 1 8, et pour celui des joints S 1 ” 1 ’ 263 a : or, en donnant g' = o pd oGa 5 aux joints du coussinet, et en augmentant chaque joint de la quantité o 1 " 1 002008 r , on trouve pour les joints de la clef o p4 , 10066; de sorte que dans la voûte non extradossée les joints des coussinets ont un peu plus que à l'extrados, et ceux de la clef un peu moins que if". La table se compose de deux colonnes ; la première

comprend le rang des voussoirs à partir des naissances; la seconde comprend lesangles des voussoirs avec la verticale.

Surhaussement des Arches.

On estime que le tassement des arches sera à- peu près de 7»*; de sorte qu’en surhaussant le. cintre de cette quantité |>our la pose des voussoirs, leur rayon se réduit à 80 pieds , et leur développement devient égal à 5 o Fd * 85 i 8 ia.

Si dans l’épure on donne 8 , = o p ”,o 5555 de largeur à chaque joint, on aura pour les 40 joints a pd> 2222. Ce nombre éiant retranché de la longueur de l’arc vrai AEB = So 1 ^* 622612, laisse pour la somme des intrados des 3 g voussoirs 48^* 4 oo, 5 go ; ce qui donne pour chaque voussoir 1 r* a 1 ” 10 1 8 p â-peu-près.

Si de l’arc surmonté .//£',/?:= 5 o* , 1 , ’ 85 i 8 t 2 on retranche la somme des intrados des 3 g voussoirs= 48 p,1 ‘ 4 °° 3 go, restera pour lesintrados des joints dans la pose la quantité de 2 p ' il 461422 : or, en donnant aux joints de la* clef 6* 0^*041666, et en augmentant chaque joint, depuis le sommet jusqu’aux naissances, de laquanlité o pd ,OO2065i=3‘;à-peuprès, on aura pour les joints des coussinets o p,! o8ogo44= 1 1 '8 r<i ‘, ce qui suffira pour que l’action, inégale de la pression pendant la pose e» après le décintrement rende aux joints leur parallélisme.

Calcul des distances de l'Arête supérieure de la douelle. de chaque voussoir à une ligne horizontale et à une verticale passant par les naissances.

Pour poser chaque voussoir , il faut connaître la distance d’une de ses aaêtesà deux lignes fixes perpendiculairescnlre elles, et déterminer l’angle que forme un de ses joints de lit avec un pian vertical. Le calcul des premières quantités se réduit à trouver, au moyen des intrados de chaque voussoir, de chaque joint et delà différence des joints, la valeur angulaire des arcs EF, ensuite leur sinus et leur cosinus : or, si on désigne* par I la longueur d’un arc de cercle qui a F pour rayon, par A sa valeur angulaire et par n la longueur du degfé d’un cercle dont le rayon est

î unité 01745529a, etc., log. n== 8 . 241877567, etc.), on

aura log. ^fc=log. /— log. r — log. n. Si l’on suppose r=8o, on aura log. A =log. I. + 9 , 855 o 3 a 6 , équation qui sert à trouver la valeur angulaire de tous le» arcs de 80^' de rayon lorsque leur développement l est connu. Supposons que .F soit le 10* voussoir à partir de la clef; pour avoir l’arc E F, on multipliera par 9 le nombre des degrés de l'intrados d’un voussoir augmenté de 6 lignes, qui sont la largeur du plus petit joint ; on ajoutera ensuite au produit la valeur angulaire qui répond à la demi-clef et à son joint de 6 lignes, et les dis premiers termes d’une progression arithmétique dont le premier terme=o degrés et dont la différence = o° 00147902- La somme étant convertie en fraction sexagésimale, en cherchera sou sinus et son cosinus dans un cercle de 80 pieds de rayon.

Chaque voûte du pont étant composée de trente-neuf voussoirs , il y a eu quarante joints entre les deux coussinets; mais comme les portions d'arc à droite et à gauche deladef sont symétriques, on s’est contenté de déterminer les épaisseurs des vingt joints d’une demi-voûte.

La somme de ces vingt joints étant fixée à to pouces suivant le projet , il eût suffi, en posant les voussoirs, de les écarter de 6 lignes les uns des autres , si l’on avait pu empêcher les effets du tassement , qui sont toujours, d’après l’expérience, de resserrer les joints de l’intrados vers les naissances, et de les écarter au contraire vers la clef. Comme il était impossible d’éviter ces effets dans la construction avec des cintres retroussés, il a fallu de toute nécessité augmenter l’épaisseur des joints aux naissances pour prévenir la fracture des voussoirs , et diminuer au contraire celle des joints vers la clef, afin qu’après le tassement total , ces joint* ne se trouvassent pas avoir plus de largeur que ceux situés vers le quart de la voûte.

Si l'on considèreque la somme de tous les joints ne pouvant p: • changer , la diminution des uns doit compenser ^augmentation desautres, on verra facilement que le moyen le plus simple de parvenir à cette compensation est, après avoir fixé à priori la largeur du premier joint, de calculer la différence d’une progression arithmétique dont la somme des termes est 10 pouces, leur nombre 20, et le premier terme la quantité prise à volonté. En fixant à 1 1 la largeur du joint à la clef, on tron-

vera, en se servant des formules connues, que les joints devrai augmenter de ffen marchant vers les naissances.

Mais quelle que soit la précision de la pose des voussoirs , il est physiquement impossible de suivre exactement cette loi, à cause de la petitesse dessubdivisions ; on doit alors, par tâtonnément, en chercher une qui soit en même temps commode pour la pratique et peu différente de celle que donne le calcul. On a rempli à-peu-prè» ces deux conditions dans la pose des voûtes du pon\ de Nemours, en faisant croître les joints de j ligne , depuis la chef jusqu’au i 5 ' voussoir, et de 1 ligne depuis ce i 5 " voussoir jusqu’aux naissances.

La raison qui a fait augmenter la loi au i 5 ' voussoir, est que c'est toujours vers cette partie jusqu'aux naissances que le tassement est le plus conside'rable j on n’aurait pas pu d’ailleurs trouver les 10 pouces, somme totale des joints, en continuant d’augmenter de i ligne jusqu’au vingtième.

La somme totale résultant de l’augmentation adoptée l'emporte, à la vérité, sur celle fixée par le projet ; mais si l’on observe que le surliaussement des cintres augmente la longueur de l’arc , et que cette longueur ne peut revenir à ce qu’elle était d’abord qu’après le tassement total , qui n’est jamais fini que long-temps après la pose des clefs, on verra que cet excès était indispensable.

Les effets du tassement à l’extrados étant l’inverse de ce qu’ils sont û l’intrados , la loi que l’on a suivie pour les épaisseur» des joints supérieurs horizontaux a été encore la même , mais prise dans un ordre inverse. Ainsi pour le premier voussoir, le joint horizontal inférieur a été de il lignes, et le joint horizontal supérieur a été de' x ligne. Pour le deuxième voussoir, le joint à l’intrados a été de 10 lignes, et le joint à l’extrados a été de a lignes. On a continué de la même manière, en prenant toujours pour un même plan de joint les nombres qui , dans la table, sont à égale distance des extrêmes.

La table se compose de trois colonnes : la première comprend Te rang des voussoirs à partir des naissances. La seconde comprend la distance de l’arête supérieure de la doueite de chaque voussoir à la verticale, passant par une des naissances. La troisième comprend la distance des mêmes points à l’horizontale passant par les naissances.

Expériences sur la main-d’œuvre de diffèrens ouvrages exécutés pour la construction du Pont de Nemours , et sur le produit des machines à épuiser employées pour sa fondation.

CONSTRUCTION DÇS BATARDEAUX. ' ARTICLE PREMIER.

. Battage des pilotis.

Il a été battu cent trente .pilotis pour former l'enceinte du batardeau qui a servi à fonder une pile et une culée. Ils avaient 6 mètres 48 cent, et 6 mètres 80 cent, de longueur , et 24 et 27 centimètres de diamètre moyen.

Ils étaient espacés de 1 mètre 29 centimètres de milieu en milieu.

Le battage a été fait avec des sonnettes à tiraude, montées d’un mouton du poids de 3 gt kilogrammes, tiré par la force de trente-deux hommes. Ces pilotis ont pris depuis 3 mètres 24 cent, jusqu’à 4 mètres 53 cent, de fiche.

Ils étaient armés chacun d’un sabot du poids de 5 kilogrammes 86gram-, parce que le terrain dans lequel ils ont été battus était couvert des débris de l’ancien pont de pierre , qui a été emporté par la crue de 1770. .

On a employé huit cent dix journées à battre les cent trente pilotis, ce qui fait six journées vingt-trois centièmes pour chacun. §

Le nombre moyen, Üe pilotis battus par jour, par chaque sonnette, est de 5,2 dixièmes (1).

(1) On observe, une fois pour toutes , qu’il faut ajouter la journée du charpentier ou enrimcur conduisant la sonnette, au nombre des journées employées à battre un pilotis, un châssis , etc. ,

Hallage des châssis.

U en a été battu soixante-neuf, composés chacun de neuf palplanches de 32 centimètres de largeur, 108 millim. d'épaisseur, et 5 mètres 84 cent, et 6 mètres 16 cent, de longueur.

Chaque sommier était fixé par deux- moises armées de brides, et traversé par deux boulons à clavettes, demanièreque les palplanches intermédiaires étaient battues dans deux coulisses qui les empêchaient de déverser à droite et à gauche.

Chaque palplanche était armée d’un sabot du poids de 5 kilogrammes 37 gram. On a fait ce battage avec les sonnettes qui avaient servi à celui des pilotis. On y a employé 1180 journées de manœuvre, ce qui fait 17 journées 1 dixième pour chacun.

Le nombrê moyen que chaque sonnette a battu par jour est de deux cliâssis.

Enlèvement des sable, vase el terre jusqu’au tuf, dans la caisse . du bdtardeau.

Une drague armée de trois griffes et de trois hottes , manccuvrée par quatre hommes se relayant de deux en deux heures , a creusé, pendant dix-sept jours de quatorze heures de travail , un puisard de 2 mètres 97 cent, de profondeur, de 8 mètres 76 cent, de longueur, et de 2 mètres 5 g cent, de largeur , ce qui produit un déblai de sable, gravier, un peu entremêlé de pierres assez grosses, se montant à 67 mètres 86 cent, cubes.

On remarquera qu’à la surface du lit des rivières , les hottes se remplissent très-bien, et qu’à mesure qu’on descend*, elles se remplissent moins , quoiqu'on remue les terres à l’entour de la drague avec deux lances; enfin, qu'elles déblaient peu lorsqu’on approche de la glaise, du tuf ou du roc ; de sorte que si on ne creusait dans le sable que la moitié de la hauteur précédente , le mètre cube reviendrait à beaucoup moins ; et il reviendrait à beaucoup plus si on voulait draguer à une profondeur de 4 à 5 mètres.

Battage des pieux de fondation.

Ces pieux avaient, comme ou l’a vu par .l’extrait du journal, depuis 5 mètres 5 i cent, jusqu’à 6 mètres 8i cent, de .longueur', et Sa centimètres de diamètre moyen ; ils étaient armés d’un sabot du poids de 13 kilogrammes 4 > gram.

Cette main-d’œuvre a été donnée à la tâche pour la fondation d’une pile et d’une culée.

On a employé des sonnettes à tiraude, montées d’un mouton de 587 kilogrammes 4 1 gram., tiré par quarante-quatre hommes.

Le battage a été fait au refus de 4 millimètres après neuf volées consécutives de trente coups chacune, pendant lesquelles Ips pieux n’entraient pas davantage.

Ils ont pris depuis 5 mètres 5 i cent, jusqu’à 6 mètres -81 cent, de fiche, en traversant les couches d’un terrain sableux , graveleux et marneux , pour arriver au tuf.

On avait le soin du proportionner la longueur des pieux à la profondeur du terrain jusqu’au tuf, connue par les sondes qui avaient été faites avant de commencer la construction du pont.

Le prix du battage de chaque pieu était payé 43 francs.

Chaque sonnette battait ordinairement un pieu et Xtemi par jour, très-rarement deux.

On a remarqué que , sur le derrière de la culée , on battait communément quatic-vingls et cent volées de trente coups chacune, avec un mouton de 587 kilogrammes 41 gram. , et que les pieux n’entraient que de 4 à 6 millimètres après les premières volées , pour prendre 1 mètre 29 cent, à t mètre 62 cent, de fiche ; ensuite ils entraient de i 5 jusqu’à 27 millimètres par volée ; enfin la fiche, par volée, allait .ensuite en décroissant depuis 27 millimètres jusqu’à zéro. II y a de ces pieux qui ont tenu jusqu’à deux jours pour prendre 3 à 4 mètres de fiche.

On pense que la difficulté qu'on a éprouvée au commencement du battage de ces pieux vient d'un banc de sablon qui avait environ 3 mètres de hauteur , et qu’il fallait traverser avant d’arriver à une couche de marne glaiseuse sous laquelle était le tuf.

Recepage des pieux.

Dix charpentiers ont recepé bien de niveau quatre-vingt-dix pieux de 37 à 40 centimètre* de diamètre dans une journée , ce qui fait neuf pieux, recepés par journée de charpentier. Le recepage a été fait avec la coignée. ,

Pose des chapeaux sur tes pieux. '

Dix charpentiers ont employé une journée à poser quatre chapeaux de 3 o mètres 30 cent, de longueur ensemble , dans lesquels ils ont fait trente mortaises de 3 a centimètres de longueur , 5 centimètres de largeur et 1 o centimètres de profondeur. Ils ont été posés sur trente pieux , . dans lesquels les mêmes charpentiers ont taillé trente tenons pour l’assemblage des quatre chapeaux , ce qui fait une journée de charpentier |>our trois tenons et trois mortaises.

Quatre assemblages obliques ou droits de chapeaux de 3 a centimètres d’équarrissage , entaillés de 16 centimètres l’un dans l’autre, ont employé une journée de cliarpenlier.

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