‹ Recueil d'expériences et d'observations faites sur différens travaux exécutés pour la construction du pont de Nemours, pour celle de l'arsenal et du port militaire d'Anvers, et pour la reconstruction du port de Flessingue; dans lequel on a traité la théorie de l'équilibre des voutes;Chapitre 8 sur 37 · I.e Cube est de · texte numérisé non relu

I.e Cube est de

OESIGXATrOX

Pannée. |

Maçons. I «les

Façon Transport Bardrurt. des des

mortier s. I mortier».

Troisième Retraite de même hauteur.

,9 I 3 6 5 ai 3 8 6

Matériaux entrés dans celle assise.

Pierre d’appareil » I 1 5 .fj.î 7

>«••••••■ 2 ,OfjO

Moellon.

Ciment 3,i3a

Chaux éteinte : 1 ,5^6

Cette assise est composée de vingt- neuf pierres, dont les joints réunis son'.l de 1 métré i5 millim. !

Le Ce se est de.

Élévation du corps de la pile au-dessus ries Retraites.

mSiGNATior*

• I Poseurs, de du I

Pau née. ; mois.

Contre-

poseurs.

Maçons.

Manoeuvres

maçons-

Transport

du

moellon.

Bar Jeurs.

Façon

des

mortiers.

Première assise de 46 centimètres de hauteur.

Matériaux entres dans cette assise.

Pierre d'appareil.

Libage

Moellon * I a »947

Chaux éteinte : , , «>890

Cette assise est composée de vingt-trois pierres et trois parpaings ; joints réunis, 91g millimètres. —

Le Cvie EST DE.

Surface de l'assise 3a, dit I

DÉSIGNATION

Manoeuvres Transport Façon

Poseurs. Maçons. des du Bardeurs. des

de d^ poseurs.

maçons. moellon. mortier».

l'année, mois.

Deuxième assise de même hauteur.

4 ai

» • •<*. — JFB W

Matériaux entrés dans cette assise.

Pierre d’appareil .

Liliagc . . . .

Moellon.

Ciment.

Cliaux éteinte.

Cette assise est composée de seize pierres et deux parpaings; les joints réunisont de 818 millimètres.

Le Cens est de .

DESIGNATION

de

Panure.

du

mois.

Poseur*.

iMunueurrc»

gjg

Façon

l r m sport

CUBE

des'

Berdcur.v

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des

de la

maçons.

mortiers.

luncticfs.

maçonnerie

Troisième assise de 408 millimètres de hauteur.

Octobre

Matériaux entrés dans cette assise.

Pierre d'appareil.

Libage q- •

Moellon.

Ciment

Chaux éteinte. . . .

Cette assise art composée de vingt -deux pierres et uu parpaing; joint réunis, 8gx millimètres.

Lu Cl' BP. EST UE.

DÉSIGNATION

Manoeuvra rrftnapori Façon Pt- an sport

- i — Contre*

Poseurs. Maron*. «Ira du Bardeau. de* de*

de du poseur*.

maçons. moellon. * mortiers, mortier*.

l'année. mois.

Quatrième assise de 56a millimètres de hauteur.

Matériatuc entrés dans cette assise.

Pierre d'appareil I 8,f)i i

Moellon I 0,833

Ciment.

Chaux éteinte.

a Cette assise est composée de vingt pierres; joints réunis, 892 millimètres.

Le Cube est de

On voit qne , dans In fondation d’une pile dont le cube est de 9a mètres i'jq millim. de pierre de taille et litige, garnis en moellon et mortier de chaux et ciment, le lihagc entre pour un sixième , le moellon pour un treizième , le mortier pour un sixième environ, et la pierre de taille pour le reste du cube (t).

Il résulte de celte expérience qu’un poseur et deux contre-poseurs posent, dans une journée de dix heures, 3 mètres 55 cent, de cette maçonnerie , en prenant la pierre et le libage à G et 8 mètres de distance.

Que deux maçons servis par un manœuvre fichent et garnissent de celle maçonnerie 2 mètres 60 cent. ; le libage étant mis en place par le poseur.

Qu’un manœuvre transporte, à pied d’œuvre, dans sa journée, 1 mètre cube de moellon à trois relais de distance.

Qu’un manœuvre transporte également, à pied d’œuvre, 1 mètre cube de mortier à 1 00 mètres de distance.

Que deux fichcurs fichent , dans leur journée, 20 mètres carrés de parement , et coulent dix-huit à vingt joints montans de 53 centimètres de hauteur.

Que huit hommes emploient une journée à éteindre 11 mètres 2 décim. cubes de chaux ; six sont occupés à fournir l’eau avec un chapelet,' et deux à jeter la chaux dans le bassin.

Que cinq hommes font, dans leur journée, 3 mètres 427 millimet. cubes de mortier de chaux et ciment.

Qu’un charriot attelé de deux chevaux, quatre kardeurs et quatre manœuvres pour le bardage et débardage , chargent et déchargent

(1) Il est entré dans cette maçonnerie iâ mètres ag 5 millim. cubes de ciment, dont un quart à-peu-près tamisé, et 8 mètres i 56 millim. de chaux éteinte ca ai mètres 45 1 millim., qui ont produit 17 mètres 137 millim. cubes, ce qui fait un cinquième de déchet, qui a lieu par l'insertion de la chaux dana les porea du ciment.

On observe que celui qui a été employé à l’expérience était de tuileau de Mootercau , bien cuit et bien pur.

On observe encore que ce déchet doit varier suivant la cuisson du tuileau et la pureté du aiment.

5 i 3 millimètres à chaque voyage, et en font dix dans une journée, à 600 mètres de distance.

On voit également que les cinq assises en élévation de la pile audessus des retraites, euhent 7a mètres 470 millim. , en ayant égard à la réduction des matières qui composent le mortier , comme on l'a fait pour les retraites. -

Que le Jibage entre dans la maçonnerie pour un quatorzième , le moellon pour un dixième , le mortier pour un septième, et la pierre de taille pour le reste du cube.

Qu’un poseur et deux contre-poieura posent par jour 3 mètres 4» cent.

Que deux maçons garnissent et fichent a mètres 5 o cent, cubes de cette maçonnerie, ce qui diffère trop peu de l'expérience précédente pour ne pas prendre l'une ou l'autre pour proportion du travail que peuvent faire ces ouvriers.

xra.

Coussinet des voûtes en pierre d appareil Jaisant parpaings.

Le cube d’un coussinet élevé sur une pile est de 48 mètres 148 millim.

Un poseur et deux contre-poseurs - ont mis douze jours à poser cette maçonnerie, ce qui fait 4 mètres cubes par jour de douze heures de travail.

La différence qu’on remarque entre cette pose et celle du parement des piles et culées , vient de ce que chaque morceau de pierre fait parpaing datls cette dernière maçonnerie , que les deux paremens se trouvent posés à la fois, et que la journée est de douze heures de travail.

Deux maçons, servis par un manœuvre, ont employé seize jours à garnir et ficher cette maçonnerie , ce qui fait 3 mètres cubes par jour.

Même cause que ci-dessus de la différence entre cette expérience et la précédente , par le travail des maçon*.

Coussinet élevé sur la demi-pile et la culée.

I/e cübe de cette maçonnerie en pierre d'appareil au-devant de la culée , et en libage plein daDs le reste de son épaisseur , est de a aa mètres.

Un poseur et (leur contre-poseurs ont employé quarante-un jours à poser celte maçonnerie, ce qui fait 5 mètres 40 cent, cubes par jour.

On remarquera que la journée était de douze heures de travail , et que le libage était de 34 à 40 centimètres cubes ; au lieu que la journée n’était que de dix heures de travail , et que le libage était plus petit , dans l’expérience des fondations de la pile.

Deux maçons servis par un manoeuvre ont employé soixante-dix-sept jours à garnir et ficher cette maçonnerie, ce qui fait 3 mètres 88 cent, cubes par jour. La différence peu considérable qu'on remarque entre le travail des maçons dans cet ouvrage , et celui de la pile dans l’expérience précédente , vient de ce qu’il y avait moins de joints montans à couler.

La ûèche de l'arc des voûtes du pont de Nemours n’étant que le 17* de leur ouverture ù-peu-près , on a cru devoir prendre louteslcspré— cautions nécessaires pour assurer la solidité de ce pont.

Pour parvenir à ce but , on a pratiqué , dans la iiauteur des culées , de longues harpes verticales qui prennent la hauteur de deux assises , de manière que la première est liée avec la seconde , la seconde avec la troisième, etc. jusqu'à la hauteur de l'extrados des voûtes.

Leurs coussinets élevés sur les piles , n’ayant à leur base que 3 mètres 378 milUrn. d'épaisseur, et 1 urètre 107 mil] un. à leur sommet, ils ont été construits avec des pierres formant parpaings , de manière qu'ou a évité des joints verticaux dans le sens de la poussée , qui est presque horizontale dans les voûtes du pont de Nemours.

, Les coussinets élevés sur les demi-piles sont maintenus dans leur position par des goujons de fer posés verticalement sur le derrière de chaque assise de parement , dans l'assise inférieure , à partir de celle audessous des naissances.

Ces goujons ont 316 millimètres de longueur et 54 millim. de gros-

seur; ils ont 10S millim. descellement , et autant de saillie, contre laquelle Imitent les assises.

Tout le massif de la maçonnerie élesé sur les culées, leurs contre-forts et les murs d’épaulcment au derrière et a la hauteur des coussinets des voûtes, est construit en liliale choisi, essemiiié et posé en déchargé, afin que la poussée des voûtes soit répartie sur les murs d épaulemcnt des culces, en proportion de l'épaisseur de ces murs. Cette maçonnerie , qui est la seule résistance opposée à la poussée des voûtes , a été laite avec le plus grand soin ; on a surtout évité les vides entre les lihages , dont les irrégularités ont été garnies avec des éclats de pierrt posés à bain de mortier.

Les pendantifs construits aux quatre angles formés par la ligne des têtes du pont, et le nu des murs d epaulcment dans le prolongement des culées, sont également appareillés en coupe , et partagent la poussée des voûtes entre les ctdées cl leurs mursd'épaulemcnt.

Outre toutes cçs précautions, on a rempli le vide entre les contre-forts et le derrière des culées , sur une épaisseur de 5 mètres 5 o centirn. , avec la terre grasse tirée de la caisse des batardeaux. Ces terres ont été bien battues par couches de 16 centimètres d’épaisseur, afin d’éviter que l’eau n’entoure la masse des culées , et ne diminue leur pesanteur spécifique.

Tous ces moyens, qui n’ont exigé qu’une attention Suivie de la part de l’ingénieur chargé de la direction des travaux , ont eu le plus heureux succès.

Si l’on considère que les voûtes dn pont de Nemours ont ifi mètres a4 ■ millim. d’ouverture, et une flèche du 17* de cette ouverture seulement ; que les culées n’ont que 5 mètres 34 millim. d’épaisseur , contrebutées par trois contre-forts de 4 mètres 872 millim. de longueur et 1 mètre y4g millim. d’épaisseur , on jugera qu’il était essentiel de lier les assises supérieures des culées opposées à la poussée horizontale des voûtes avec la maçonnerie inférieure. «

Pour rendre cette maçonnerie inébranlable , il fallait qu’elle fût de libage, et qu’on pratiquât, comme on l’a fait, de longues harpes verticales d’une assise à l’autre , afin de ne former, pour ainsi dire , qu’une seule masse de la totalité de chaque culée.

Ces précautions , dont le devis ne fait point mention , et qui ont donné lieu à une augmentation de dépense assez forte, étaient d’autant plus nécessaires, que, d’après des expet iences qu’on a faites à ce sujet, et les calculs qui en sont résultés, on a reconnu que les assises supérieures qui reçoivent immédiatement la poussée des voûtes , ne pouvaient la contreliuter par leur propre poids, et qu’elles étaient trois fois trop faibles pour remplir celte fonction. 11 a donc fallu ne pas compter" entièrement sur l’adhérence des mortiers pour suppléer à ce défaut de résistance.

Oiva également soumis au calcul la force des culées, et l’on a vu que la résistance était le double de la puissance : on n’a pas balancé à ne point augmenter leur épaisseur , en employant les moyens de lier leur masse avec celle des assises supérieures aux naissances des voûtes , les seules qui soient véritablement opposées à la poussée horizontale.

Construction des cintres en bois.

1 ! est entre dans les vingt-une fermes des cintres du pont de Nemours, a 83 mètres S99 millim. cubes, dont 83 mètres 88o millimètres cubes étaient façonnés avant qti'on eût commencé à prendre des altachcmcns sur la construction des cintres; restent 199 mètres 519 millim. cubes soumis à l’expérience.

On a commencé cet ouvrage le 14 mars, et il a été fini le n mai suivant.

La totalité des journées de charpentier qu’on y a employées est de cent trente-quatre, ce qui fait i mètre 5 n millim. par'journcc de charpentier.

Levage des cintres. — Construction de l’échafaud pour le levage.

Il a été battu soixante-trois pilotis pour la construction de cet échafaud.

Ces pilous avaient 5 mètres 197 millim. de longueur, et 21 à 24

centimètres de diamètre. Ils ont été battus sans être armés de sabot , et seulement aiguisés par le bout. On knr a. donné t mètre 94. cent, à 2 mètres 37 cent, de fiche.

Le battage a été fait avec une sonnette à tiraude , montée d’un moutondu poklsde 320 kilogrammes 27 gram. , tiré par neuf hommes. La sonnette était dirigée par un charpentier ou enrimeur.

Ota employé soixante-trois jours de manoeuvre à cet ouvrage, ce qui fait une journée de manoeuvre pourchaque pilotis, ou sept pilotis battus par journées de neuf manœuvres.

Le recepage a été fait en sept journées de charpentier , ce qui fait nenf recepages par jour.

La pose des chapeaux a été faite en vingt-un jours de charpentiers ; chacun de ces ouvriers a donc fait trois tenons et trois mortaises.

Les chapeaux ont été assemblés à mi-bois ; il y avait trois assemblages dans chaque cours de chapeaux, douze par arche, et trente -six pour les trois. Ces assemblages ont été faits en neuf journées de charpentier , ce qui fait quatre assemblages par journée de ces ouvriers (1).

Levage des cintres.

Le cube des trois cintres est de 285 mètres 399 imllim. On a employé cent quatre-vingt-douze journées de charpentier à lever les trois cintres , ce qui fait 1 mètre 475 millim. par journée de charpentier aidé de deux manœuvres.

Après avoir dressé les jambes de force, on n’a élevé qu’une ferme à la fois , et l’on a commencé par celle de la tête d’aval , après avoir tracé bien exactement , sur le pont de service , la ligne du milieu et de l’aplomb dè chaque ferme, pourdiriger les ouvriers dans le levage.

On a employé deux ateliers à chacune; ils ont commencé par poser les premiers arbalétriers d'en bas; et ils ont continué jusqu’à ce qu’ils fussent arrivés au milieu.

(1) Celte expérience se rapporte absolument à la cinquième et sixième. Voyet l’article Plancher sur les cintres, pour celui de cet échafaud.

Chaque atelier avait deux écoperchesct un moulinet ; il était composé de deux charpentiers et de cinq manœuvres , dont quatre étaient employés à barrer à chaque moulinet , et le cinquième à retenir la retraite.

Dés qu’une ferme était levée , on la mettait sur ligne, c’est-à-dirc, que l’on 'plombait le milieu , pour qu’il répondît parfaitement , dans toute la longueur, à la ligne tracée sur le plancher de l'échafaitd : elle était maintenue dans cette position par des étais ou contrefiches placés de chaque côté, jusqu’à ce que les moises horizontales fussent posées, ainsi que les guettes ou contrefiches.

On ne parle point ici , ni dans les articles suivans, du transport des bois sur le tas. Voyez l’art. IX.

Pose des cales , couchis et étrésillons.

Lescoucbis, cales et étrésillons des trois cintres ont produit no mètres cubes ; il a clé employé à leur pose cent quatre-vingt-six journées de charpentier , ce qui fait Go centimèfres cubes par journée de chacun de ces ouvriers.

Les cales avaient^ centimètres de longueur ; 21 centimètres de hauteur; les couchis, 18 à 21 centimètres d’équarrissage, et la cale du poseur , 5 et 8 centimètres de hauteur , les étrésillons , même hauteur que les cales.

Les cales portaient Lien également sur les veaux ou courbes des fermes; les couchis étaient Lien assis sur les cales , et de manière que le milieu des uns et des autres répondit au milieu de chaque voussoir, dans la direction du rayon de l’arc.

Lee cales cl les couchis étaient maintenus dans leur position par des étrésillons qui avaient la longueur de l’intervalle d’un cours de couchis à l’autre.

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Planchers sur les cintres, pour la pose des voûtes.

Les trpis planchers contenaient 617 mètres carrés. Il a été employé trente-neuf journées de charpentier et vingt-neuf de manoeuvre à les établir sur les cintres, ce qui fait 16 mètres carrés par jour de charpentier , et trois quarts de jour de manœuvre.

Ces ouvriers prenaient leurs planches à 20 mètres de distance, pour les porter sur le tas.

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