BELGRADE A SALONIQUE
PAB
KRAQOUJEVATZ, KROUSCHEVATZ, NOVIPAZAR, IPEK, PRISCHTINA et OUSKOUB.
Le chemin de Belgrade au mont Avala monte par les plateformes dénudées du Vratschar et plus on s'élève, plus la vue s'étend au loin sur la plaine hongroise et la crête du Phrouska-Gora en Syrmie. Ce n'est qu'à t'/, 1. de Belgrade que les pâturages secs sont remplacés par de petits bocages de chênes et on voit à rO. la partie supérieure déboisée du vallon de Toplidéré, qui se dirige au N. Entré enfin dans ces petits bois, on perd la vue de Belgrade et on atteint le hameau de Rakovitza (23 m. et 102 h.) situé dans un vallon de même nom dirigé vers la Save. Un misérable Han s'y trouve, au-devant duquel il y a un petit abri ou TscharcUJCf entouré d'une petite galerie en bois d'un pied de hauteur et avec une natte, à côté de laquelle était un grand tonneau pour faire la vendange.
Depuis Rakovitza au pied septentrional du mont Avala (nom peut-être dérivé du mot alb. Aveli^ la vapeur) on peut aller à Rîpanj (PHnaob) par le côté occidental ou oriental de cette montagne. En choissant la dernière route, on va gagner le haut du
vallon de Bela-Rîeka (ruisseau blanc), oà est «itué un humcau de ce nom et qui a été appelé aînsî à canee de la couleur blanche de la serpentine décomposée de ces lieux. Ensuite on parcourt des forêts de cbênes jusqueB vers HtpaDJ, en se tenant sur le bas dea pentes E, et S, E. du mont Avala. L'autre route est celle qu on suitj quand on veut monter au haut de cette butte^ k laquelle conduit à travers la forêt un chemin bien tracé et décrivant quatre contours. Dans ce caa on laisse à droite sans rapperçevoir le village de Resnik (56 m, et 431 h.}, qui est situé sous le petit mont de Babin-Drog dans une gorge supérieure du Toplidéré. Le bois de chênes couvrant la montagne d'Avala» est embelli par des tilleuls, des frênes, des poiriers, des noisetiers et des cerisiers. Le sommet de cette montagne atteignant 1195 p. ou s' élevant à environ 400 p, sur le plateau qui la supporte ^ est occupé par une petite plate -forme ovale; au N, sont quelques tombeaux et le jardin de rancien château et au S, les ruines de ce dernier. (Voyez ma Turquie. Vol. 2, pag, 369.) La vue qo^on a depuis cette cime, est très étendue au N., mais dans la direction opposée elle n'est pas trop engageante pour les personnes voulant visiter la Servie, car ou ne voit de tous côtés au S* que des forêts touffues* C'est le véritable paya de la Schouroadia ou des bois, qui comprend les cercles de Belgrade, de Semendria, de Kragoujevalz, de Roudnîk et de Jagodjna.
Depuis le pied de cette butte jusques vers le vallon de Ripanj, (prou. Ripagne), on ne fait que traverser un bois de chênes, où on remarque un petit ruisseau d'eau croupissante, Eipanj (168 m. et 1069 h,) est situé à 4% 1- ^e Belgrade au milieu de bosquets de pruniers que les habitans cultivent pour en extraire de Feau- devie. Les maisons en sont éparsee et noue n'avons pas vu d*église* L'auberge est fort mauvaise, ne consistant qu'en une cuisine sans cheminée et un chenil tout ouvert, fait plutôt pour loger des poulets que des hommes. L'écurie n'y est aussi qu'une maisonnette en clayonnage et sans porter de manière que Texpérience nous prouva que les chevaux n'y sont guère en sûreté, lors même qu'un de nos domestiques fût couché en travers de Tentrée, A l l environ à TE, de Ripanj se voient dans la forêt des indices d'exploitation de mines ou du moins l'entrée d'une galerie et d'un puît. Il paraît probable qu'on n'a fait dans ces lieux que des essais infructueux, La route de Ripanj à Itabotachevo traverse des prairies et
des bois de chênes et passe par un terrain ondulé et formé par les contreforts du mont Kosmai. On y rencontre le Treschna- Meana (auberge des cerises), ainsi que deux fontaines avant le vallon étroit de Ralia, où est placé une auberge avec un pavillon carré, isolé, tout ouvert et servant de salle à manger et chambre à coucher. Rabotschevo est un hameau au milieu de pruniers dans une enceinte de basses palissades avec des portes sur la route. On y trouve un misérable Han. Un peu plus loin reste à distance de la route à 1*E. le hameau de Sopot, dont le nom a frappé Mr. Vouk Earatschitch , parce qu'il n'existe pas chez les Russes et indique très souvent chez les Slaves du midi le lieu d'une belle source* En Bulgarie nous avons déjà parlé d'un village et d'un torrent de ce nom près d'Isvor. fl y a plusieurs lieux de ce nom en Servie et même en Epire près de Delvino» tandis qu'un Sopotschani est à la source du Raschka non loin de Novipazar. H est curieux à cet égard que le mot albanais Sop indique le morceau de bois troué, à travers lequel l'eau tombe sur la roue du moulin»
A 2 h. de Rabotschevo on est aux sources de Tlvanitza près du pied N. E. du mont Eosmaï et on apperçoit à '^ L de la route au S.O. dans les bois l'église du couvent de Nemenikouska-Namastir près de Nemeni-Eoutchie (99 m. et 744 h.). En tournant dans les bois autour de la montagne sur son prolongement entre Rouschalovatz et Eoratschitza, on atteint ce dernier lieu sur un affluent de l'Ivanitza. C'est un village composé de 933 habitans ou de 124 maisons éparses dans des bois de pruniers et dans une clôture de barrières en bois, pour empêcher la sortie du gros et menu bétail. La maison du capitaine est la seule, qui ait un étage, elle est placée dans ime cour environnée d'un mur assez haut. L'auberge de Eoratchitza consiste en deux maisons et 1* écurie; l'une de ces habitations contient la cuisine, le four et le comptoir de l'auberge et l'autre est composée de deux pièces avec des fenêtres sans vitres et à l'entrée est une petite galerie avec un balcon carré couvert. Sur ce dernier étaient établies des dames serbes, qui se rendaient à Belgrade sous la conduite d'un Turc. Un des nôtres ayant un peu dérangé les effets de ces dames placées sur le rebord de la galerie, il s'ensuivit une querelle, qui amena sur ces lieux le capitaine du village. L'Ottoman avait cru qu'on avait voulu offenser celles, qui lui étaient confiées, et se montrait en consé-
quence fort irrité» mais l'afi'aire expliquée, les dames .allèrent se coucher dans une des chambres au lieu de rester sur le balcon*
Depuis Koratschitza s'embranche la route» qui traverse le centre de la Servie jusqu'à Tschatschak (une distance de 13 à 14 h.) ou même jusqu'aux sources de la Morava serbe (une distance de 27 à 28 h.)- Elle passe par Boukovik, le mont Ventschatz et Voukosavtzi et descend dans la vallée du Jasénitza vers Schatomia, en profitant d'un de ces affluens près de Trescbnievitza. Elle remonte ensuite la vallée de Jasénitza et franchissant un contrefort du Schtouratz, elle gagne la vallée du Despotovitza. De Tschatschak elle coupe les montagnes entre TOvtschar et le Jelitza et passe àPogatscha» àTouritza, hameau dépendant avec Erivatscha de Goutscha (205 m. et 13S1 h.) et à Eotrije (KoTpHS» pron. Kotridge) (177 m. et 1257 h.) dans la vallée du Gorouschitza» affinent de la Morava. On traverse cette rivière vers le bourg d'Ivanitza (122 m. et SOI h. avec une église et une école).
Depuis Eoratchitza on s'éloigne insensiblement des montagnes, qui restent à droite et voyageant sans cesse dans des bois de chênes, on y franchit les deux ruisseaux de Milatovitza et Mitzatscha, qui sont des affiuens de l'Ivanitza ou de Tlvantscha- Rieka coulant au N. E. de Eoratchitza. Non loin de la route à l'O. restent deux villages, dont Tun se nomme Radmilovitch (le Balinovich des cartes). Au sortir des bois on entre dans un pays de gras pâturages, où on a la première fois l'occasion de remarquer que les montagnes sont déjà à plus d'une lieue à l'E. de la route. Une source acidulé excellente se trouve au pied oriental de celle nommée Boukoulja à Boukovik (67 m. et 420 h.) près de Verbitza. Le village de Eobljare est aussi dans ce voisinage. C'est dans ces lieux que se trouvent des propriétés ayant appartenu à Tzemi-George et en particulier une source placée dans un fossé en dépendait. Topola (139 m. et 1040 h«), son lieu de naissance, n*est pas éloigné. Il a été tué dans la forêt de Banitschina, qui se trouve plus à l'E. dans le cercle de Sémendria sur la route de Earagoujevatz à cette ville.
Belosavtzi est un hameau de 66 maisons et 432 âmes avec un mauvais Han situé sur la route assez près du torrent du Eouperschitza (Eupemica des cartes), qui coule à l'E. et affiue dans le Jasénitza. Dans la vallée de ce dernier se trouvent à 2 h. à l'E. de Belosavtzi le village de Schoume (Bois) (62 m. et 451 h.).
Il»
à 4 h. au N.E. celui de Saranovo (135 m. et 930 h.), à 3 h. à rO. celui de Verbitza-Mala (36 m. et 228 h.) et 3 h. au S* est Jnbari. Tout le pays environnant est plat et déboisé, le sol en est noirâtre et argileux, comme s'il y avait eu des marécages. La vue des montagnes boisées à l'O. est étendue, car on apperçoit non pas seulement le petit dos arrondi du Eosmaï (1250 p.) mais aussi celui assez semblable au-dessus de Boukovik (1400 p.)» puis après de bien plus basses hauteurs la masse triangulaire du Venschatz de 1913 p. d'élévation absolue et avec le bain thermal de Bania à ses pieds. Enfin viennent les petites plate-formes de plus de mille pieds de Treschnievatz et aux sources multiples du Jasénitza les monts bombés de Roudnik de plus de 3000 p.
De Belosavtzi à Jabari (ffiaôapH) la route rentre de nouveau dans les forêts de chênes et y reste jusqu'à la descente sur des roches tertiaires dans la vallée du Jasénitza, où on a le plaisir de revoir un pays cultivé. Jabari (le Schabari des cartes) est à 15 à 16 h. de Belgrade et 6 h. de Eragoujevatz, mais la posté ne compte que 18 h. de Belgrade à Eragoujevatz. C'est un grand village de 85 maisons et 589 ftmes; les habitations entourées de pruniers sont placées surtout sur le côté septentrional de la vallée et sur le bord du torrent du Jasénitza» Dans le milieu de la cavité se trouve une assez bonne auberge bfttie en 1836 et ofilrant outre une galerie couverte une chambre des voyageurs avec un poêle. Le reste de ce bâtiment est occupé par la cuisine sans cheminée et le comptoir, tandis qu'en 1836 au moins le fond de cette grande pièce servait encore d'écurie. La partie la plus remarquable était le toit en tuile de cette auberge, car dans tout le village il n'y en avait pas d'autre semblable, si on exceptait toutefois la maison d'un sénateur, qui a un étage et est blanchie en dehors.
Nous fûmes pour rendre visite à ce personnage, qui demeure à l'extrémité orientale du village dans une maison isolée au milieu d'un bois de pruniers. N'étant pas à la maison, nous fûmes reçus par ses gens dans un carré occupé par des dépendances. Les dames de la maison tout-à-fait en costume serbe vinrent nous embrasser la main et nous offrirent de mauvais escabauds en bois pour nous asseoir. Comme raffraichissement on servit l'eau-de-vie de prunes, du lait et du fromage. A V4 h- ^^ village de Jabari se trouve au S. dans une petite gorge et au pied des hauteurs une auberge isolée avec une galerie délabrée à un premier étage. Un
#é» petit ruîâBeau coule dans ce vallon et ee rend dans le Jasenitzâ. La montée commence toute de suite derrière cette auberge, ee tient à TE, du Ja^énitza aane qu'on le voye et ramène promp* tement le voyageur dans lea bois, où ou ne rencontre que dee cochons et quelquefois dei bergers. On arrive à Trnava (11£> m, et 83 1 h,) et en deçà de cette plate-forme boisée et d'un vallon arrosé par un affluent du Lipovatscha on atteint l'auberge isolée de Schoumitscfa, qni est placée sur un pâturage déboisé, tandii que les maisonâ du village du même nom paraissent disséminées dans la forêt un peu an S. Dès qu'on a dépassé Tauberge, on rentre dans les forêts de chênes, dont la monotonie n'est même que rarement interrompue par des échappées de vue sur les montagnes à rO-, en particulier sur celles de Roudnik. Stragari reste à KO., il en est de même de Lonjnitza (JlyMHHi^a) (^8 m. et 662 h.) Bur un affluent du Lépenitza, et plus loin de Grbit^e (Gr» Gomia 31 m, et 223 h, et G. Dolnia 55 m. et 458 h.).
A SYi h. une hutte dans les bois forme Tauberge de Souschitza^ où au moins on trouve nn peu de vin et d'eau^de-vie« Ce n'est que vers ce lieu qu on a quelque vue sur les cavités séparant à rO- ce plateau boisé des montagnes. Le Jasénitza occupe ces profondeurs en prenant sa source à quelques lieues au S, O. à Tépheritich dans le cercle de Roudnikj tandis que le Lépenitza coule asse^ loin à l'Ë. entre la montagne de Goloubifza (de Goloubat Colombe) au N* et celle de Sobovitza {de 5oè, Hibou) au S- A 1 K de Kragoujevatz les bois ceëëent et on domino la vaste cavité évasée, oii est située cette ville avec ses toitures en tuile rouge. De tous les côtés entouré de forêts et de hauteurs, la verdure des prairies et les champs de ce bassin d'environ 2 1. de diamètre offrent une de ces vues champêtres, dont abonde la Servie. Kragoujevatz est placé plus près des forêts, qui sont à !'0. que de celles à TE, De plus de ce côté ne sont que des éminences dépendantes du Trzni-Vr (cime noire), tandis que de Tautre régnent des montognes formant les derniers contreforts des monts de Roudnik. Une crête à i% h. au S, S. O. de la ville fait surtout de l'effet par ses escarpemens, elle porte le nom de Balko* vatza-Kosa* On descend à Kragoujevatz par une pente insensible et sur un terrain noirâtre. Avant d'atteindre la ville, on passe un ruisseau, affluent du Lépenitza, à Desimirovatz (42 m. et 282 h.); cest là que les habitans reçurent le prince Milosch après la révolte