MONASTIR À SALONIQUE
PAB
FLORINA, KASTORIA, KAILARI et VODENA.
JM0U8 longeâmes le pied des montagnes , qui s'étendent de Monastir à Florina en traversant un pays tout cultivé en mais, en blé et vignes. Si on ne passe pas de villages, on en voit de loin surtout à FE. et on remarque que les habitans dirigent soigneusement les moindres eaux des montagnes dans leurs champs et les arrosent ainsi méthodiquement sillon par sillon. Ce soin particulier est nécessaire à cause de la rareté des pluies pendant les 3 ou 4 mois d'été, où les vapeurs attirés par les hautes montagnes n'arrivent guère à produire des orages tels quils puissent atteindre les plaines, mais les Bulgares ont bien tort de détériorer les routes en les faisant servir de canaux pour la conduite des eaux.
A y^ h. de Bitoglia on voit à V^ h. à droite dans une petite vallée le village de Boukova et à '/j h. plus loin les trois villages de Slokoutiani, Bistritza et Eravari sur le ruisseau du Bisfritza. A ^4 d'h. de ces lieux Olévéné reste à droite, on passe i Ya h. de là entre Bareschan à droite et Jabani à gauche. A V4 h. plus loin on laisse à droite Eau et à gauche le village de Porodin, dont le Han est sur la route. A y^ d'h. en deçà de cette auberge Vélouschina est à droite et Lajetz à gauche. A y, h.de ce lieu Gradeschnitza est à l'E. et à y^ d'h. plus loin on arrive à Dragosch dans une vallée, qui est dominée à TE. par lesescarpemens de la cime neigeuse de TOprina. Dans une autre vallée à W d'h.
dû ]& eet situé Lénatz au pied du Techetechëvoj autre sommité couirerte de neîge, faisant suite au mont Oprîna. Après avoir marché encore un quart d'heure on voit à %L à gauche KJeschtina-Dolna et à droite Bttouseh sur un ruisseau. Eleechtina^Gorna eat à droîïc sur le gros ruisseau d' lavor (source) à % d'h. de la route On a encore ly^ h, jusqu'à Florina, qui est à SVaL deMonastîr.
Florina ou Philourîna, à 1526 p. d* altitude absolue, est placée comme Menas tir dans une vallée et sur un torrent débouchant dans la plaine du Tscherna, C*est un gros bourg extrêmement long et étroit, parce qu^il est resserré entre la montagne et une colline couverte de tombeaux. D y a une rue de boutiques et la population peut dépasser quelques milles âmes. Mr* Pouqueville l'estimait à 700 familles. Ce sont en bonne partie des Bulgares chrétiens et des Musulmane.
Après ce lieu nous quillâmeg la plaine de Techerna, qui s'étend encore un peu au S. O* et y est arrosée par plusieurs affluens de cette rivière, entr'autres par le Makka-Rieka, le Prout (BruEo des cartes), le Kouechéra etc* Nous franchîmes une petite colline pour gagner à % b. de Florina la vallée cultivée du Makka-Bîeka, qui reçoit à 20 minutes de ce bourg le ruisseau de Kotori, Sur ce dernier eont Situés dans une gorge les deux hameaux de Kotori inférieur et eupérieur (K. Dolua et K. Gorna), tandis que dans la vallée du Malika-Rieka ou atteint à 1 h. de Florina au confluent de deux ruiaseaux le village de Mala ou Mahala (Machala des cartes)- Cette dénomination eet dérivée peut-être du mot albanais J/a/, montagne^ car depuis là on n'a plus qu'un quart d'heure pour arriver au pied du Florina ou Néretschka-Plauina*
L'ascension de cette montagne a lieu sur un contrefort dirigé de rO. à TE., dont la croupe conduit au col duNéretfichka et dont les ruisseaux des deux versants forment les parties principales des sources du Malska-Bieka (rivière de la montagne plutôt que petite rivière). La moutée a Heu à travers de petits bois et des pâturages et dure 2Vjh. Ces sentiers tournans ne sont practicables que pour des cavaliers et si on veut aller en voimre de Monastir à K&âtoria il faut passer parOchri, Aux deux tiers de la hauteur nous fûmes arrêtés par deux ou trots gendarmes turcs, . postés dans une cabane sur une pelouêe, qui dominait la route et o4 on ne pouvait éviter de passer. Ils firent lire notre firman par un Turc, qui était par hazard sur la route et im petit pourboire
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les contenta. Si notre Tartare avait su parler , cela n'aurait pas eu lieu.
Le col d'une altitude absolue de 4922 p. est précédé et occupé par une forêt de hêtres, au milieu de laquelle il était agréable de voyager à l'ombre. Au N. et S. deux cimes dépassaient la hauteur du col de 5 à 600 p. Depuis ce point élevé nous jouîmes d'une vue de montagnes très étendue. Au N. E. nous distinguions en apparence assez près de nous, plusieurs cimes bombées avec des plaques de neige en juillet, c'étaient le Soagora ou au moins ses dépendances. On me donna pour l'une le nom de Vitzi ou en albanais Bor ou neige. A l'O. S. O. et S. O. se montrait à nos yeux étonnés toute la chaîne du Grammes et du Pinde, tandis qu'au S. on voyait celle qui relie cette dernière à Metzovo avec l'Olympe de Thessalie, celui-ci restant au S. E. Un grand vuide couvert de vapeur indiquait la place du lac de Kastoria. En nous tournant à l'E. S. E. et E. nous n'avions au contraire devant nous que les montagnes comparativement basses entre Florina et le golfe de Salonique. Nous observâmes aussi que les cultures et même les vignobles montaient bien plus haut sur le versant S. O. du Néretschka-Planina que sur son côté N. E., car nous sortions à peine des forêts et avions à peu de hauteur sous nous au N. des vignes et des champs de maïs dans une position, où les montagnes au N. formaient pour ces cultures un véritable écran relativement aux courrans froids du septentrion et de la Eussie. La descente de ce col est fort courte et rapide. Elle prend plus d'une demi-heure et a lieu par des sentiers tournant dans un bois et au bas nous trouvâmes un petit vallon et un torrent descendant du N. E. au S. O. , qui nous amena à ^/2 h. de là à Babschiol (le Papso des cartes). Ce Han isolé du village de même nom et couvert en dalles de pierre est placé sur une pente assez inclinée à ^/2 h. du fond de la vallée, dont le torrent forme une des sources supérieures du Dévol.
Depuis là on cotoye sur la gauche de ce cours d'eau de basses sommités, qui ne se relèvent que vers le mont Vitzi(?) auN.O. de Kastoria. Elles sont couvertes de petits bois de chênes et on en plonge au N. et N. O. dans plusieurs vallées boisées, qui appartiennent aussi au bassin supérieur et très montagneux du Dévol. Les autres limites de ce dernier sont les crêtes au N.E. de la partie tout-à-fait supérieure de la vallée de l'Indgé-Earasou, le
groupe du Soagora et larête bordant an S.E. le baaaîn de Monastin Quelques villages bulgares 7 sont c?Ach<?s, Nous continuâmes à descendre au S,0, en entrevoyant toujours plus ou moinô la place de TcntonTioir de Kastona. Nous débouchâmes enfin par un col bas et peu éch ancré dans la grande vallëe dëboi&ée et rocailleuse du Vlaka-Rieka courant du RE. au S.O. et tournant plus bas un peu plus au S, Ses eaux se rendent dans le lac de Kastona par un étroit déâlé derrière Vlako ou Leko (Longa et Lanka des cartes).
Au bas col cité noua remarquâmes plusieurs TÎllages dans la vallée du Vlaka-Rieka^ en particulier à nos pieds celui de Vijénë (Vizani des cartes). Nous traversâmes cette étroite vallée en biais et guéâmes son torrent presquÀ sec. Puis nous mon î âmes sur le côté opposé, parce que l'eau est bordé de précipices. On est à y^ h. environ de Vijéné et ce cbemin ancien établi en corniche au milieu des rochers permet de voir les grands éboulîs noires, qui forment le côté nord du défilé. Après un bon quart d* heure on redcôceud dans le torrent et on débouche dans le bassin de Kastorîa par le village de Vlako, On est alors descendu de plus de 3000 p, de hauteur» le niveau du lac étant environ à 1900 p* d'altitude absolue.
La vue de belles cultures» de villages et d*une ville au bord d'un lac surprend d*autanÉ plus qu'on sort d'un pays sauvage. La route, devenue carrossable, fait le tour du lac pour gagner à I Va b. de là Kastorîa, qui est à 7 V^ h. de Florina. Des arbrisseaux n'existant pas au N- du Néretschka-Planîna tels que le Colutm arborescens^ le CeJiù giUtjuastrumf tAcantkus spinomsimus QVïieni le bord du chemin et indiquent qu*on est entré dans une zone méridionale de la Turquie ou dans la Grèce* A l'approche de la ville des restes de pavés étroits, quelquefois les uns sur les autres ou couverts d'herbes et de broussailles d'Epine-Porte-Chapeau, montrent aussi qu'on est sur un sol grec ancien^ si déjà le déboisement des montagnes ne rindiquait pas suffîsaniment. A % de 1, de Vlako le village de Tivolischta reste à gauche* Plus loin quelques fermes sont isolées sur le bord du lac, auquel il ne manque qu'un peu plus de vie, pour en rendre l'aspect enchanteur. A % de 1. avant Kastorîa le
E*"""-*'""'- horizontal du lac cesse et la route a dû être établie sur des rochers des hauteurs^ qui s'avancent dans le lac. On
voyage donc sur une très ancienne chaussée, au bord de laquelle il 7 a quelques roseaux.
L'isthme de la presqu'île de Kastoria est occupé par une espèce de faubourg, où il y a une petite place au-devant de la ville et deux rues, l'une allant à Vlako et l'autre à Doupia. Cette dernière sert en partie en même temps de bazar. Kastoria, leKastron des Albanais, le Kestrjé des Turcs, parait offrir encore à son entrée des restes de l'ancien Celetrum. Us consistent en une muraille en pierre de taille avec une porte, une grosse tour car* rée à côté d'elle et les restes d'une autre tour sur le côté nord. U paraîtrait qu'il y avait autrefois trois tours, une de chaque côté de l'isthme et une au milieu. On monte à la porte par une petite rampe pavée. En deçà de cette enceinte traversant l'isthme 0 on se trouve vis-à-vis du Konak du Beg de cette ville. D a une triple entrée garnie chacune de deux colonnes et deux étages. Aucune cour ne précède cet édifice, qui n'est séparé de la grosse tour romaine que par la rue. Vis-à-vis se trouve un petit café avec un cep de vigne. C'est là que le Beg ne dédaigne pas de venir se reposer ou même de donner audience.
Une fois qu'on a dépassé le château, on longe le lac sur le côté septentrional et on arrive dans la ville. Comme la presqu'île de Kostel ne consiste qu*en une longue crête rocheuse, qui se termine par un mamelon calcaire plus large et plus haut, les habitations sont placées surtout entre le lac et la montagne sur les deux côtés de l'arête, sur laquelle était située l'ancienne ville grecque, tandis qu'à présent on n'y voit que quelques maisons éparses et l'église* Le quartier septentrional ne consiste qu'en une rue pavée avec de petits trottoirs ; il en part de petites ruelles , qui remontent sur la pente de la crête. Comme dans toutes les villes turques les ruines et les décombres n'y manquent pas, quoiqu'on ne puisse pas dire que la ville soit sale. Les mainons ont toutes une ou deux étages et sont bâties en pierre ; elles attestent par leur air de vétusté si ce n'est de l'aisance du moins que cette ville en a joui. L'intérieur de quelques-unes ont dans les salles de réception tout le luxe oriental; partout on y remarque de vastes vestibules ou galeries, l'endroit favori des indigènes de la Turquie.
') D'aprëf ces détails on ne comprend pas comment Mr. Poaqaevi)le n'a pn donner qne 8 toises an col de la presqu'île. (Voyez son voyage: Vol. 3, page 7.)
Lea habîtans (le Kastona, au nombre tla 6 à 8000 âmes, sont la plupart Grecs, maîa il y a auaei des Vala^ïoeg-Zinzarea, quelques TurcB, des Juîfë, des Albanais et des Bulgaree. Cette ville et les environs du lac sont gouvernéB parChaim-Begj qui en est le Seigneur héréditaire et est le fils de Mehmed-Beg, un dee plus riches et dee plus puiasans Seigneurs de lancienne cour d'Ali- Paschà, La Porte a réduit raurorité héréditaire de cette famille à ce petit fief et au lieu des centaines de pages tout couverts d'or, que possédait son père, Chaîm-Beg n'en compte plus que quelques-uns» dont lea kabillemens chargée de broderies d'or aéraient vraiment dignes du cortège d'un haut potentat. D paraissait un homme au-dessus de la classe ordinaire des employés musulmans* Il avait pour médecin les Docteurs Karabin père et fils, qui avaient étudié à Vienne et dont le fils javait résidé aussi en Servie près du prince Milosch.
Le climat de Kaetoria est sain , à l'exception des étés très chauds^ où Teau du lac se couvre près de la ville et surtout sur le côté septentrional d'une écume verdâtre, lorsqu'il n'y a pas de vent fort pendant plusieurs joars. L'eau du lac est celle dont on se sert ordinairement^ quoiqu'on pourrait conduire à Kastoria de l'eau de source de la montagne à K>. Avant d'employer l'eau du lac on la laisse reposer et rafraîchir dans des pots de terre ; elle est fraîche alors, mais toujours insipide. Le plus grand inconvénient est que les égouts vont déboucher dans le lac, de manière qu'au lieu de puiser l'eau sur ses bords on devrait au moins aller plus loin.
Le iac, qui est presque rond, a 2 Va 1. de longueur sur deux de largeur. Comme il reçoit incessamment des alluvionsj il ne paraît profond qu'au milieu et près des rochers bordant le bout de la presqu'île, qui s'avance de TO* dans son milieu et qui porte Kastoria. Mr. Ponqneville lui donne sept brasses, nous soupçonnons que les plus grandes profondeurs sont plus considérables, les bateliers du pays nous ont parlé de 50 p>, mais personne n*a pu noua dire que ces données reposassent sur des mesures positives. Les bords n'oflrent cependant des roseaux que ça et là en petite quantité. Partout leau est claire et nullement tourbeuse. Si ce lac n'était pas encaissé , le vent y jouerait davantage et contribuerait à entretenir par le mouvement k fraîcheur de ses eaux. Il y a beaucoup de poissons^ mais pendant les chaleurs
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on dit qu'ils produisent des diarrhées et leur goût marécageux est désagréable, surtout avec la manière peu convenable de les assaissonner. Il faudrait conserver ces poissons quelque temps dans de Teau de source.
Le grand mamelon rocailleux à l'extrémité de la péninsule est un amas de rochers calcaires stériles, qui s'élèvent à environ cent pieds sur la partie supérieure de Kastoria. On y remarque les restes d'une petite chapelle, d'où on a une vue étendue à l'O. et au S. Tout le Grammousti ou Grammes ainsi que l'Olympe bordent l'horizon. Les pointes à petits pla lues de neige, même en été, du Smolika, du Vasilitza, du Spiléon (du mot albanais Schpilé^ caverne) et du Périster se détachent très bien sur cette longue suite de sommets ondulés et souvent rabattus. Le nœud de montagnes à Metzovo est bien indiqué par une accumulation de crêtes enchevêtrées, mais l'Olympe reste dans l'éloignement et les vapeurs.
Le bassin cratériforme de Eastoria à 1900 p. d'altid. abs. offrirait une vue agréable si les bois n'avaient pas disparu des montagnes. Les sommités environnantes ne manqueraient même pas d'élégance, car les gros mamelons de protogine au N. E. contrastent bien avec le mont pointu calcaire de Vitzi (?) de près de 3000 p. et au N. O. de Eastoria, mais par suite de l'incurie humaine toutes les pentes des montagnes sont nues, celles au N. 8ont ça et là déchirées et à éboulis , et celles à l'O. rocaiUeuses et pelées. A l'ouverture méridionale du bassin entre Doupia et Grébéna (Erépéni) régnent des prairies en partie marécageuses, et bordées de collines de 60 à 80 p. d'élévation, sans qu'il se présente de hautes montagnes à l'horizon. Le pourtour du lac est seul vert et varie de V4 à % 1« d'étendue, excepté sur son côté S. O., où les bords fort en pente n'ont permis que l'établissement de vignobles sous les rochers. Le fond cultivé de la grande vallée de Partzélista à l'E. du lac est trop éloigné pour ajouter à leffet de la vue depuis la butte de Eastoria.
Pour nous rendre de Eastoria à Eailari , une distance de 5 y^ d'h., nous fîmes un détour pour visiter le petit monastère de la Mère de Dieu (en si. Bogoroditza et en grec Agia Maria ou Arghiri, Sainte d'argent). Il est situé à l'E. du lac de Eastoria dans le haut de la vallée du Partzélista. Nous avions voulu traverser le lac en bateau, mais il s'éleva du vent, qui ren-
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dit ce projet împractieable à eau fie dea mauvaises embarcations. Nous fûmes donc obligea de refaire le tour du lue jus^qu^à Vlako et de gagner députa là par la grande ferme de Loiidrop (Klandoropina des cartes) la y allée de Partzëlista, qui, dirigée de TE* N, E. à rO, S,Om offre à son entrée le village de Vodéuitza (assez aqueuse). Sur le bord du lac ou voit h y^ L à droite celui de Lepacïiita (Listîtza des cartes). A % d'h, plus loin on laisse à droite au pied de la montagne Gornitza (Gornitzî des cartes) et Komanîtch (Komanitzovo des cartes)* A V4 ^'^* ^^ 1^ ^^^ Derbend ou Dernien à droite et à V^ d*h^ plus loin à gauche Bombolie. Entre ces deux villages la vallée tourne plus au N, et à % d*L de là on la remonte depuis le hameau trOlischta en 40 minutes et on atteint le couvent, qui est au moins à 4 L de Ka- Btoria. C*eet en même temps un refuge pour les gens âgés et dégoûtés du monde, qui peuvent même y vivre momentanément avec leura femmes.
Depuis le couvent noue redescendîmes dans la vallée et au lieu de prendre au hameau d'Olist hta la route de Kastoria nous entmmee dans celle au S., rjui nous conduisit obliquement à travers la vallée à rO. S. O. Le hxinieau de Zagoritsch ou Zagoritza reste à gauche. Nous y tournâmes à TE, et S. E» pour remonter un petit vallon aussi cultivé et depuis une ferme, nous montâmes pendant une heure par des chemins tournana une montagne dénuée de bois. Après % h* Bobousch (Bobista des cartes) reste à gauche. Des mendians Zinzares nous j rencontrèrent et nous indiquèrent l'approche d'une colonie ancienne de ValaqucB-dassa- [ rets* Le col est étroit et aussi déboij4é. Il atteint 3309 p. de h, abs. ou lë60 p. sur le bassin de Kastoria.
A jieu de distance (5 minutet*J au S* E» du col an lame de couteau, est le gros bourg de Vlacho-Kli8oura(le défilé des Valaques) qui a une population de 2 à 2S00 habitans et est peut-être à la place de quelque ancien poste romain, car il ferme la route et sa position élevée est si particulière, qu'on a peine à croire que les Valaques Faient choisi* Toutes les rues de ce bourg sont en pentes et pavées et rappellent celles de certains endroits de TAuvergue; les maisons y sont aussi en pierres et au-dessous delà ville on apperçoit des traces d'anciens pavés étroits, qui semblent les restes d'un chemin tournant conduisant à une ville probablement anciennement forfifiée et aijsétr à défendre avant Tinvcntion det^ canons*
Aujourd'hui on descend de cette ville pendant % d*h. par des chemins toumans et profondément creusés dans un sol terreux, grisâtre et totalement dénudé. Ce sont des schistes anciens décomposés. Un petit torrent, sec en été, descend de la montagne, qui forme une crête très peu élevée au-dessus du col et s'abaisse à l'entour de la vallée de Bistritza conduisant de Klisoura à Kailari.
Cette vallée se rétrécit deux fois et la route se tient tantôt sur une rive du torrent, tantôt sur l'autre. On y passe près da village de Mokrina (Mocreni des cartes). A 1 y, 1. avant Kailari le chemin devient propre aux voitures, on entre dans la vallée de Konouié et on apperçoit Dzébré à 1 h. de distance à droite. Plus tard on traverse une colline de sable et de cailloux, qui peut avoir 150 p. d'élévation. On en descend immédiatement sur Konouié et dans la grande plaine, au milieu de laquelle est placé Kailari. Ses abords sont occupés par des pâturages desséchés en été et traversés de ruisseaux en hiver ou dans les temps de pluie. Kailari (t. Sarigoel) à 1576 p. d'élévation absolue est composé de deux grands villages, l'un bulgare et l'autre turc, avec une mosquée et le Konak de TAyan. Les rues y sont très spacieuses et non pavées, les maisons espacées ne sont que des rez-de-chaussée placés dans des enclos. H n'y a que très peu d'arbres et le sol est couvert de poussière en été, de manière qu'au gros de la chaleur et avec un peu de vent on ne sait où se mettre à l'abri du soleil et de la poussière.
La plaine de Kailari s'étend sur 3 1. en largeur du S. au N. et a 1 Va à 2 1. de longueur du S. O. au N. E. Sur le côté S. E. règne une assez haute chaîne boisée, Mr. Viquesnel donne le nom de Platsch à un de ces sommets, tandis que sur le côté N. O. il n*y a que des montagnes calcaires pelées, uniformément à sommets rabattus et s'élevant à environ 2376 p. Le col conduisant par le Kirli-Derbend et Banja à Florina, n'a que tout au plus 2076 p. et forme une vaste échancrure entre ces montagnes de calcaire secondaire et celles de schistes au N. de Klisoura, de manière que, vu la hauteur des bassins de Monastir et de Kailari, l'un à 1574 et l*autre à 1576 p., ces deux cavités ne sont séparées que par une paroi très peu élevée et franchissable par des pentes peu fortes. D*après Pouqueville ^) on passe entre Alban-
') Voyez son voyage: Vol. 3, page 185.
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Keoi et Tflcherdgîler et à plus de 2 h. (?) de Kailitri on entre dans le« gorge» de montagnes du Bogasi, Cette traversée ne prendrait Buivant lui que 27a h. et en de^^à se trouve Batija, village bulgare de 120 familles* Depuis là à Florina d y a encore iî h. On y passe le Prout, dont des affluena remontent au S< et S. Et de Banja. D'un autre part Mr. Kiepert donne beaucoup plus de largeur au sommet de cette arête calcaire et y figure même un petit lac sans écoulement visible. D'après lui on pourrait la traverser au S* entre Goritschka et Bania ou plus au N. parMramori Udhisear et Kîrli-Derbend.
En descendant la vallée de Kailari, nous atteignîmes à 1 h, de là le ruisseau et village d*Alban-Keuî et laissâmes à droite celui de Kutsehuk - Keui, Ce petit torrent re<;,^oit les eaux de la plaine de Konouié et va gagner, en décrivant une courbe, le lac d*Ostrovo au pied des montagnes au N< E, A 1*/^ L de là nous vîmes de loin à % I. à gauche le bourg de Tscberdgiler (]e Kalguilar des cartes) « mais à 2 L noug abandonnâmes la plaine ou plutôt la vallée près deKoesélé. Elle est bordée au S. par de petites plate-formes fort basses, entre lesquelles nous passâmes près d une habitation ou d'un Ilan îsolét
Au hameau de Koeaélé nous avions devant nous des crêtes arides de calcaire secondaire, qui paraissent barrer la vallée du K, au S- et forcer le torrent du Potava de se rejeter dans des gorges pour atteindre le lac d'Ostrovo* Une partie de ces crêtea bordent le lac auS,0., tandis que ses rives sont en bonne partie au S, E. et N* O. des rochers escarpés calcaires. Nous franchîmes un très bas col ou de petites inégalités de terrain. Dans la traveriée de ce désert nous ne vîmes que quelques bergers et noue rentrâmes après % heure dans le vallon de Kotschena à champs cultivés. De superbes platanes d'Orient y ombragent deux puits et invitent le voyageur à se reposer un moment d'auiant plu« que la route est jusque là totalement dénuée d*ombrage. Au S*E. les montagnes de Tourla, au-dessus de Niaouata et des sommités calcaires, avaient Tair d*aToir environ 3000 p. , mais celles au N, sont encore plus élevées et doivent dépasser 4000 et mtme 5000 p.> puisqu'on y appercevait encore en juillet de« points de neige j quoique leur versant méridional et boisé fut seul visible. Elles se lient avec le mont Tékés au S. de Kavadarui comme avec le Nidgé au N» O, du lac d^Osirovo, Noue débouehâmea enfin
à 4y4 1. de Kailari «ur le petit lac de ce nom et y revînmes avec plaisir de la verdure et de beaux vignobles» car la campagne jus* ques là brûlée par le soleil et les champs en partie moissonnés avaient présenté une teinte jaune très fatiguante à la vue. Nous traversâmes le hameau mahométan de M ourolar situé sur le bord méridional du lac, dont la rive opposée est formée par des montagnes calcaires grises et totalement nues. Derrière le village il y a de très petites éminences rocheuses. Ostrovo reste au N. E. sur le bord du lac, qui est à 1245 p. de h. abs. On peut aller depuislà à Bitoglia par le mont Nidgé, le vallon de Koutschéra et la plaine. Cette traversée de 15 h. a été exécutée par Mr. Griesbach. (Voyez Eeise nach Eumelien im J. 1839, Goettingue 1841.)
Nous entrâmes depuis là par une courte gaîne dans des petits bois et ensuite dans une forêt composée surtout de chênes verts» de comouilliers» d'arbres de Judée, de Colutea arborescens et de frênes. Ce bois, entremêlé de prairies, avait Tair d'un jardin anglais, il occupe une vallée , qui se rétrécit à TE. de telle manière qu'il se forme une espèce de porte ou défilé, sur le côté septentrional duquel se trouvent des escarpemens de rochers blanchâtres. Sur ces derniers était établi dans une cabane un poste de gendarmes albanais, qui formait vraiment, joint au pittoresque du défilé, un sujet digne d'un tableau. On aurait dit un de ces nids de brigands dans les gorges des Abruzzes, car cette localité, nommé Karakaja, est disposée admirablement pour détrousser les voyageurs ; la hauteur dominant le bois, Téloignement de toute habitation, tout est favorable à cette sorte d'honnêtes gens. Un petit torrent doit couler en hiver et dans les temps de pluie au fond du défilé de Vladova, mais en été le lit en est à sec et sert en partie de route.
De ces épais ombrages on arrive au lac marécageux et rond de Télovo. Il ressemble à un cratère, qui se serait comblé petit à petit, tant les montagnes calcaires de Karadjova au N. sont escarpées et nues autour de la plus grande partie de son pourtour circulaire et occupé par des roseaux. Ce lac ne reçoit pas les eaux de celui d'Ostrovo, car ils sont séparés par une proéminence calcaire et ce dernier n'a pas d'écoulement visible. Ces deux lacs sont évidemment des dolines ou entonnoirs d'écroulement comme ceux de la Carniole. Un misérable Han isolé se trouve sur le bord
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S. E, du lac et la route conduit de là au village de Vabm ou de Télovo. Des nojera auperbee 8*y marient avec Marbre de Jutk^e nfnâS qu'avec le Colutea arborescens et procurent au voyageur écbaufte en été un ombrage eeulement trop frais. Au N* de Vabro le torrent de Kortschîovo, sortant d*uu défilé N»-S», »e réunit aux eaux de Tëlovo* Sous le village de Vabro Teau du lac de Tëlovo ee précipite en trois caicadea de dessus des rochers de travertin» tandis que le chemin creux et étroit serpente à PE. au milieu de ces roches grises blanchâtres. La cascade la plus élevée atteint au moins 40 p. de h. Nous j rencontrâmes une troupe de cavaliers turcs armés, qui ne nous considèrent pae tous d'un œil bienveillant et avaient Tair de brigands,
La route carrospable de Vabro à Vodéna tourne au S. et S* E, et parcourt pendant une lieue une vallée couverte d une végétation luxurieuse à cause de rîrrigatîon produite par le torrent divisé en plusieurs branches et contenant une énorme f (nanti té d'écrevisses. De magnifiques figuiers y font comprendre la description qu'en font certains auteurs grecs. La vue des montagnes du Karadjova au K* et N. O, est aussi fort belle, tandis qu'au S, est le Kara-Dagh, un contrefort du Tourla» A l'entrée de Vodéna un lieu de repos et de promenade est formé par une douzaine d^énormes et antiques platanes d*Orient autour d*un bras du torrent, A notre passage on était occupé à commettre le Téritftble sacrilège de couper nno partie d'un des plus beaux de ces arbres. S'ils avaient eu le don de la parole que de choses ils auraient pu nous raconter des temps bien anciens. Un grand nombre de soldats turcs obstruaient Tentrée de la ville, probablement le bois do platane était pour eux*
Vodéna (raqueuse) appelée aussi Mogléna, de Magla^ brouillard, est une ville fort ancienne de 7 à 800U âmes en grande partie Bulgares, Grecs ou Zinzares, C'est la résidence d'un évêque grec et les anciens rois de Macédoine y ont été enterrés. Nous n'avons pas pu apprendre si on y trouvait encore des traces de leurs tombeaux. Cette ville, maintenant toute ouverte, a été probablement fortifiée et devait être difficile à prendre, étant défendue par la nature, du moins au S, et à l'O*
A 3 h- d'Ostrovo et 14 h. de Salonique elle est placée à 681 p. de h. abs* sur le bord d'une plate-farme de travertin, qui s'élève en muraille à pic à plus de 80 p. au-dessus de la vallée
au S. Le torrent, divisé en plusieurs branches d'eau très claire, traverse la ville et forme au-dessous d'elle quatre grandes cascades et trois plus petites, parmi lesquelles les premières ont de 70 à 80 p. d*élévation. Rien de plus beau que de considérer depuis le bas ces nappes d'eau tombant de murailles verticales dans un immense verger, où se trouvent réunis aux grenadiers portant des fruits et aux superbes figuiers, des pêchiers, des amandiers» des noyers et d'autres arbres fruitiers. Le dessin que Mr« Cousinery en a fait graver dans son intéressant ouvrage sur les environs de Salonique ne peut donner qu'une bien faible idée de la ri-» chesse de ce tableau, qui figurera probablement un jour à côté des cascades du Giesbach et de la chute du Rhin ')• L'évêque de Vodéna a dans son jardin un Eiosk placé sur le bord du précipice de manière qu'on puisse voir les cascades et jouir en même temps de la vue - de ce paradis terrestre. C'est une espèce de serre-chaude totalement à l'abri du N. et en deçà de laquelle s'étend la plaine de la Bistritza, l'Olympe et le golfe de Salonique. Cette vue attire teUement de voyageurs que l'évoque se plaint des logemens» dont il est sans cesse accablé pour les Turcs de passage dans cet endroit.
Les vergers toujours frais au-dessous de Vodéna s'atteignent au moyen d'une ancienne route creusée dans le travertin et décrivant deux toumans. En deçà de ces ombrages touffus on voyage entre de petites collines. A y^ h. on laisse à droite Schatlek et la plaine ne commence qu'à 1 y^ h. environ de la ville. L'on y passe son torrent, le Vodéna, sur un pont de bois et on apperçoît à une certaine distance à droite la petite ville d'Aoustos (t. Niaghousta) au piedduEara-Dagh, montagne renommée par ses eaux. On voyage alors sur un sol plat, noirâtre, marécageux et salin, qui a dû être couvert fort anciennement de marais ou a été même le fond d'une baie ou d'une lagune triangulaire de plus de 8 1. de long. Le lac du marais de Jenidgé en occupe la partie la plus basse et reçoit outre la Bistritza d'autres cours d'eau. Le surplus de ses eaux s'écoule dans la mer sous le nom grec de Mavronéri ou Kara- Asmak. Dans cette triste plaine on détourne involontairement la tête pour jouir encore quelques instans de la vue de Vodéna et de ses montagnes. On voit ce bijou de la nature encadré entre le demi-
') Voyez son Yo/age en Macédoine. 1831.
cercle de collines bordant la pkme et un autre plue grand cercle de montagnes boîsées de plus de 2500 à 3000 p. de hauteur. Au S.O.on apperçoit à rextrcinité de la plaine la ville d'AouBtos et ver» TEp et le bout méridional de la crête à TE. de Vodéna la sortie de la vallée du Karadscba-Ova et non paa Mogléna, qui est le nom elave du diètrict de Vodéna» Probablement mieux informé* Mr. Kiepert donne le nom turc au district et appelle la rivière en î^lave Biëtritza ou en grec Mogiénitiko, Dans cette vallée est situé Képinîa et en de là dea montagnes à TE. est Janitza« Tout eet frais dans ce tableau surchargé de verdure, tandis qu* au tour de soi et devant soi on n'apperçoit que la stérilité et le dénuement d'arbres. Après avoir fait deux lieues dans la plaine, notre Tartare hâta le pas pour aller boire à un puits sous un superbe platane. Le puisard était un sac en cuir avec plusieurs trous^ mais à peine avait-il i Uvalé cette eau nitreuse qu*îl en éprouva de violens vomiseemens. ■ Nous passâmes près de là à gué la Bisrritzai dans laquelle
MfHue le torrent de Vodéna. Elle coule lentement au milieu d'un terrain noirâtre- Turk-Keui reste sur la rive droite et Kouloudé sur le côté opposé. A % d'h, de là est Dort-Jarmoui (4 pom^ mes) et à 1 % d'h. plus loin Baladjé ou Jéui-Keui (nouveau village)* Nous n'avions plus qu*une lieue jusqu'à Janit^a, en turc Jénidgé ou Jénidsché-Vardar, petite ville avec plusieurs mosquées placée sur une hauteur à gauche de la route et entourée de jardins potagers et de champs, La peste y était et des gardes empêchaient dy entrer. La poste avait été établi à % h. de la ville dans une ferme» et des habitans de Jénidgé- Vardar, arrivés après la formation du cordon, campaient tristement près de là depuis 3 mois. Entre la poste et la ville le vent soufflant de TE. nous amena une odeur cadavéreuse, que nous avons depuis lors retrouvé dans toutes les villes, où régnait la peste à notre passage» Elle ne parait provenir que des sépultures trop peu profondes, quoif|ue nous layons retrouvée à Djuumaa au ceuEi-e de la ville fort loio des cimetières.
Tous ces environs sont déboisés comme la plaine, les arbres, qui y sont encore, se voient de loin et servent au voyageur d*abri momentané contre le soleil. A 1 h, de Jénidsché nous étions sur le pied méridional d*éminences à pentes très douces et sous le village d'Allah-Kîlissta, sann avoirapperçu Alatschaoukk et Jénîkoï, entre lesquels Mr» Kiepert fait passer la route. Allah-Kilis-
sia (sL Palatitza) est à la place de Pella, la résidence du roi Philippe de Macédoine. On comprend qu'entouré de murs et de tours ce lieu ait pu oSrir une ville bien fortifiée pour les Grecs d'alors, mais à la vue du pays sans arbres et des marécages voisins, on a peine à s'imaginer les raispns, qui ont fait établir une résidence royale dans ces lieux et loin de la mer. Probablement des bois et de bien plus grands marais couvraient alors la plaine du lac de Jénidsché et les montagnes étaient aussi boisées. Pella avait, pour ainsi dire, pour fossés le Vardar et le lac de Jénidgé. Maintenant des champs de blé, de coton et de tabac couvrent une partie de la plaine et le bas des hauteurs, tandis que le reste est occupé par des terrains vagues ou marécageux. Sous Pella sont encore les restes d'un petit temple employé maintenant comme réservoir pour une fontaine d*eau excellente, près de laquelle il y a 6 à 7 platanes d'Orient servant souvent de bivouac aux voyageurs.
Depuis ce lieu au Han isolé de Sariléa («Sortît, jaunâtre), le village restant à gauche, il y a encore plus d'une demi-lieue de chemin passant sur de très basses ondulations de terrain. L'auberge nous présenta pour notre lit aucune meilleure place que les gerbes de blé entassées dans une vaste cour, dont nous eûmes soin de chasser d'abord les oies et les chiens. Un comptoir avec un toit avancé, une chambre-cuisine et l'écurie formaient toute cette hôtellerie bulgare.
Depuis Pella jusques vers le Vardar une série de grands Tumulus au N. de la route sont les seuls objets, qui puissent occuper le voyageur dans un pays si plat, s'il n'avait pas devant lui le château blanchâtre deSalonique. Il est appliqué contre les montagnes de la Chalcide et domine la ville placée en amphithéâtre entre le castel et la mer. Une autre objet, qui fait oublier aussi la monotonie du pays qu'on parcourt, est l'Olympe, qui, vu en raccourci depuis ces bas fonds, prend l'aspect d'une masse carrée, allongée de TE. à l'O., très escarpée et avec des plaques de neige même en été sur son sommet déchiqueté. Les contreforts septentrionaux de la montagne disparaissent presqu'entièrement et la montagne d'au moins 6000 p. a l'air d'une muraille grise au-dessus de la plaine maritime et des collines tertiaires.
On compte 4 1. du Han à Salonique et IV2 ^ 1% de 1. jusqu'au Vardar, où il y a un très long pont en bois, aux extrémités duquel sont de grands paviUons couverts et ayant sur les côtés
des treillages en bois avec un puits dans leur milieu. Comme on ëtiût occupé à réparer le pont, le Kiosk était rempli de voyageurs attendant qu'on pût passer. Parmi ces derniers il y avait deux dames turques venues en une voiture à 4 roues et à fenêtres à vitres, qui ne ressemblait pas mal à une cage d'oiseaux. N'ayant sous leur vaste Feredge presque rien que leur chemise, si elles ne découvraient guère leurs figures, elles étaient peu soigneuses à cacher leurs jambes toutes nues en enjambant les bancs du Kiosk.
Depuis ce pont la route parcourt un terrain sablonneux et un délaissé de la mer,, couvert de Tamarùc, de Salicornes et d'^« triplex. A 2y^ de 1. on passe à Tékéli et à 2 h. plus loin on atteint Salonique. A y^ d'Ii. avant cette ville la voie devient très large et il y a des bouts de pavés dans le milieu. Des jardins et des fermes bordent la route en ayant pour palissades des plantations de grands roseaux. Des arbres fruitiers et des vignes occupent la majeure partie de ces endroits cultivés.
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