CONSTANTINOPLE À PRIZREN
PAR
DOUBNITZA, RADOMIR, TRN, VRANJA, GUJLAN ET PRISCHTINA.
JVoqs avons déjà donné les détails sur œtte route jusqu'à Doubnitza dans notre Itinéraire N®. 1 et N^ 16.
La poste de Doubnitza est sur la rive septentrionale du Tzarina et offre une galerie et des chambres propres de voyageurs. Nous avions lintention d'aller à Yranja par Kostendil , mais on nous dit qu'il n y avait pas de route postale entre ces deux villes et qu'il faudrait gagner Vranja par Egri-Palanka et Stratzin ou même par Komanova. Aussi pour voir du nouveau nous préférâmes passer par Tm et Klisoura. La route postale de 7 h. depuis Doubnitza à Radomir remonte sur le côté oriental de la petite crête^ qui forme l'étranglement de la Tzarina à l'E. de cette ville. On y voyage dans un vallon, contenant des jardins potagers, un moulin et quelques maisons, qui portent le nom de Djakovo. Mais bientôt toute culture cesse et on arrive graduellement à un col ou plateau aride et déboisé, d'où on a une belle vue tant sur le Rhodope que sur le Vitosch. Les cimes grises et rocailleuses de ce dernier s'élèvent à plus de 2000 p. au-dessus du point où on est et qui est à 2410 p. de hauteur absolue.
Une petite gorge conduit par un chemin de voiture bien tracé à un Han isolé. On laisse à droite le village mahométan
d'Abek, dont on apperçoit la mosquée et on commence à traverser la plaine au S. de Radomir. A 1 I. du Han il faut passer à gué un petit marécage, et à %^/^ 1. on laisse à giuche le village bulgare de Rakovatz et Y^ 1. plus loin celui de Prêvalénitza. On tourne autour d'une petite butte, qui s'avance dans la plaine sous la forme d'un promontoire et on quitte cette dernière pour franchir une longue et basse plate-forme en partie cultivée, qui sépare ce lieu du petit cul de sac de Radomir.
A 1 1. de ce bourg (à 2073 p.) on passe le Strymon à gué avant Batanovtza. A ^/2 1. plus loin on tourne à l'E., ce que fait aussi le Strymon, et on passe un de ses affluons venant duN. O. A Yj h. de là est le village de Provanitza. A 2 '/a !• de Radomir on se trouve près d'un moulin et à 3 1. on laisse à droite un hameau et on quitte la route de Grlo, pour se diriger au N. E. sur Bresnik, dont on atteint bientôt le torrent. On arrive peu après l'avoir traversé aux granges ou Kotsehari de Bresnik, situées au pied d une éminence, dans laquelle les rochers pyroxéniques noirs, blancs et rouges^bruns, paraissent au jour dans un ravin. On met une dizaine de minutes pour monter de là à ce village bulgare , qui est à 1945 p. de h. abs. et à 3V2 h. de Radomir. On se détourne «ur Bresnik, parce que c'est le Heu de la poste. Nous y rencontrâmes cette fois à l'auberge un Turc, qui avait habité longtemps en Servie et qui parlait avec éloge du prince Milosch et de sa famille, ce qui ne paraissait guère plaire aux autres Musulmans.
Nous allâmes de Bresnik à Tm par la vallée du Schikernîtza ';, où le Tartare, revoyant le Fope indiscret, l'aborda en lui disant des injures, ce qui parut inconvenant aux Turcs présena à cette scène. (Voyez p. 86.) Depuis Trn, à 1542 p. d'élévation et à 4 h. de Bresnik, on remonte la vallée de Néboititza sur la rive septentrionale du torrent. Au N. il y a des montagnes de 500 à 2000 p. et au S. seulement des crêtes, dont les plus hautes ont 800 p. sur la vallée. A 1 1. de là on passe près du vil^ lage de Jovanovtzi et plus loin on voit de loin au N. Séléni<^ grad. A 2 1. de Tm la pente des montagnes schisteases an N cesse d*être abrupte, comme c'est le cas au-dessus de Sélénigmd et de Miloslavtzi. A M. plus loin est le village de E^liBovtAU
1) Le mot de Tm^ épine, est la racine des dënominaiionc slaves fréquentea de Trnnva et Tmovo.
MO
La vallée tourne du N. 2^ K. à S. 2*^. O. et court plus loin du N, O. au S. E. On est étonné d'y appercevoir des restes d'une ancienne chaussée pavée ainsi qu'un Tumulus, tandis qu'un autre est près de Sélénigrad.
On voyage au pied d'un contrefort méridional du Snegpol, les montagnes au S. sont boisées et ne paraissent avoir que 1500 p. au-de88U8 de la vallée. Dans deux points elle subit un étranglement. Elle se divise ensuite, le torrent principal remonte du N. au S. dans les montagnes au N. E. du Kourtbetska-Planina, il a au moins deux branches-mères, tandis que le torrent du Klisourska-Rieka coule de TO. à l'E. C'est ce dernier qu'on remonte par un de ces vallons, dont les prés et les bois rappellent l'Erzgebirge en Saxe. Les chênes y sont remplacés par les hêtres à Y^ I. avant Klisoura. Ce sillon ne court pas toujours de l'O. à l'E., mais il dévie aussi quelques inetans du S. au N. et du S. O. au N. E.
Le hameau de Klisoura est situé à 4 h. de Trn à un point, où le torrent eu reçoit un descendant directement du S. au N., ce dernier est formé dans sa partie supérieure par la réunion de trois petits cours d'eau coulant l'un du S. E., l'autre du S. O. et celui du milieu du S. au N. Le cours du Klisourska-Rieka continue à être O. et E. , mais il prend sa source dans la montagne au S. O.. et reçoit un torrent, qui vient de l'O.
Les 20 ou 30 maisons de Klisoura étaient couvertes en planches. Sur la galerie du premier étage d'un Karaoul étaient accroupis deux gendarmes albanais, dont l'un jouait de la mandoline. Les deux auberges étaient fermées, leurs propriétaires étant occupés à faire les foins dans la montagne. Le postillon mit les chevaux à l'écurie de l'aubergiste, avec lequel son maître avait un contrat pour leur stationnement, mais comme l'extérieur do Han ne paraissait guère promettre un gite agréable, nous nous plaçâmes dans l'autre auberge à deux cent pas de là. La mut approchant et désespérant de voir arriver les aubergistes, nous nous mîmes à escalader le premier étage de la bonne auberge, nous y montâmes nos malles avec des cordes et nous nous éta-* blîmes fort bien sur une galerie ouverte, où il y avait déjà un lit de foin. Dans l'intervalle arrivèrent deux Bulgares, qui apportaient du fromage à Taubergiste et prétendaient que quelqu'un devait venir, si le maître ne venait pas ; en effet à la nuit tombante un jeune homme arriva et ajouta ce qu'il pût à notre soupe de
poulet. Le portillon bulgare noue voulait faire croire que cet au* bergiste avait quelqu'argent et que, craignant pour cela les voleurs, il allait coucher dans la montagne. Je ne cite ceci que comme exemple des idées singulières en Turquie, qui paraissent basées sur ce qui se pratiquait jadis, lorsque la population était sous une véritable administration de voleurs. Du temps des Janissaires ou des brigands patentés les Bulgares cachés dans les montagnes ou au milieu des leurs étaient plus en sûreté qu'isolés dans un petit hameau à côté d*un poste turc.
A côté de Klisoura (défilé) est une fonderie de fer, qui parait occuper une dizaine de Bulgares. Le minerai est un sable de fer oxidulé très fin qu'on extrait dans un grand nombre de lieux des montagnes à l'O. de ce hameau.
Depuis Klisoura on remonte le torrent, quivientdel'O.etduS. pour gravir ensuite la pente rapide, qui borde ce vallon à l'O. An bout d'une heure on voyage sur une espèce de plateau de 2830 p. d'élévation, où il y a des pâturages et quelques bouquets de hêtres. Nous y rencontrâmes un homme jouant de la cornemuse. Un vallon étroit, où coule la partie tout-à-fait supérieure du Klisourska-Rieka, sépare cette plate-forme d'une autre encore plus étendue. On a une centaine de pieds à descendre et à remonter. Le plateau suivant (de 336S p. de h. abs.) o&ait quelques champs de seigle, d'avoine et d'orge établis sur un sol de talcschiste très décomposé et plein de particules de fer. Au N. il était dominé par des éminences de 6 à 700 p. et on appercevait dans cette direction les maisons et les granges de Lasina.
Pour atteindre le partage des eaux, qui coulent dans la Mo-* rava à l'O. et dans la Nischava à TE., il faut franchir deux petites crêtes, dont la première est précédée par un petit marécage. Depuis ce col de 3203 p. de h. la vue est bornée à l'O. par les montagnes assez pointues et peu élevées , qui se trouvent entre le vallon du Vrtska-Rieka et la Morava. Une descente assez ra* pide d'une demi-heure conduit dans un vallon fort étroit et b<Hsé| le torrent en coule du S. Ë. au N. O. et tombe dans celui du vallon du Vrtska-Rieka (rivière à contoumemens) , qui court du S. au N. pour tourner plus bas à l'O. et tomber dans la Morava. La route était embarrassée de charriots attelés de bœufs, qui conduisaient péniblement du minerai aux fonderies établies en deux points du Vrtska-Rieka. Au-dessous de oee usinea est une an-
berge bulgare, le Vrtska-Han, et quelque» oiaisonnettes. L'auberge consiste en une grande .écurie ayant comme ailleurs pour plafond le toit couvert en échandoles ou tuiles de bois ; à côté de l'entrée était une pièce pour la famille du propriétaire. Des haricots verts et des choux formaient les végétaux principaux du petit jardin potager adjacent.
La descente de ce vallon a lieu d'une manière agréable au milieu de bois de chênes, de frênes, de noisetiers (Coryltts Columa), de cornouillers, de poiriers sauvages et de saules. A 1 1. du Han le torrent bordé ça et là de rochers tourne au N.O. et ensuite à rO. et à ly^ 1. du Han on trouve près de son débouché dans la Morava le village de Sourdébitza» La vallée de la Morava, courant du S. O. au N. E., est fort large et a l'air d'un bassin fermé au N. , tant est étroite la gorge, qui conduit de Dolni-Mazouritza (Mazouritza inférieur) dans la plaine de Leskovatz ou sur la partie de la Morava, qui porte le sumoni de Bintscha* L'entrée de ce défilé est à environ 1 1. au N. N.O. du point de l'observateur. Pour joindre la grande route de voiture de Leskovatz àVranja, on passe un torrent, qui coule de l'E, à rO. dans la Morava et qui sort de montagnes boisées.
Le village de Gorni-Mazouritza (t. Jokariki - Mazouritza) (Haut Mazouritza) est à 6 1. de Vranja. Plus loin on arrive au village de Jéleschinitza ou Jéleschnitza, dont le torrent coule aussi de 1*E. à 10. Depuis ce point, où on n'est qu*à 50 p. au-dessus de la Morava, la route tourne à l'O. et la Morava coule du S. au N. Après des bocages de chênes on arrive à 20 minutes de Jéleschnitza sur la grande route de Vranja, qui est encore à plus de 4 I. de là. Les montagnes, qui bordent cette partie de la vallée, peuvent avoir de 500 à 2000 p. de h.
Le village et l'auberge de Verbovo est à 4 1. de Vranja, d'où la route se dirige de l'E. à l'O. A ly^ de 1. plus loin est le hameau de Kourdélitza sur le torrent de môme nom, qui vient du S. et du pied du sommet élevé du Kourbetska-Planina, la plus haute montagne de la Moesie supérieure. Pour visiter cette dernière, qui est k 2^/2 k 9 \. de Kourdélitza, on peut coucher à Verbovo ou bien à Banja-Han, qui est à Vj 1. à l'E. de Kourdélitza. On remonte le cours contourné du torrent de ce village, qui coule environ du S. au N. et enfin de TE. à l'O. La vallée et les pentes basses de la montagne sont boisées en chênes, au-
dessus vient la zone des hêtres et la cime est couverte de pâtui^S^s» qui s'étendent beaucoup moins bas sur son versant septentrional que sur son côté opposé. Des escarpemens de rochers existent au milieu de ces prés subalpins sur la pente méridionale, d'où on a la vue sur les montagnes au S. d'Egri-Palanka, tandis qu'au N. on voit surtout les montagnes de la vallée supérieure de la Morava et une partie de celles sur son cours en-deça de LeskovatZf ainsi que certaines arêtes élevées de la Servie méridionale, mais on ne peut plonger ni dans le bassin de Bistritza, ni dans ceux de Kostendil et de Radomir, parce qu'il y a encore d'assez hautes arêtes ou contreforts entre ces derniers et notre grande montagne ; néanmoins on en voit la place et leurs crêtes environnantes. Il y a là entre ces bassins, celui de la Morava, le village de Klisoura et le bourg d'Ëgri-Palanka, un grand espace triangulaire de montagnes presqu'inhabitées. La hauteur du Koorbetzka-Planina peut aller à environ 3700 p. sur la vallée supérieure de la Morava ou à 4700 ou 4900 p. de h. abs.
En deçà de Kourdélitza la vallée de la Morava est cultivée en maïs. Les hauteurs voisines au S. ne sont que des collines de 2 à 300 p., tandis qu'au N. elles ont de 300 à 1000 et 1500 p. Plusieurs torrens coulent dans la Morava et descendent des premières montagnes, qui ne sont que les derniers contreforts d'une assez longue pente d'arête, parce que la chaîne des montagnes ^entre la Morava et l'Egridéré a une pente très douce au N. et si roide au S. que ses plus hautes cimes sont presque immédiatement au-dessus de l'Egridéré.
Le Banja-Han, à 2 1. de Vranja, est sur la grande route à un quart de lieue du bain d'eau thermale hydrosulphureuse, qu'on apperçoit au S. La vallée de la Morava, remontant au S.O., continue à être fort large, mais près de Vranja elle s*évase encore davantage et à plus d une lieue en largeur. Du reste les montagnes y descendent toutes en pentes fort douces, de manière que cette partie de la vallée a l'aspect d'un véritable bassin de 2 à 31. de large sur 4 de long, tandis que les hauteurs environnantes n'ont que 2 à 400 p. de h. La haute Pyramide du Lioubéten y forme à rO. le seul objet visuel remarquable.
A 1 1. de Banja-Han est le village deToplatz placé près de petites éminences. Pour aller de là à Vranja (de Vrana^ corneille) il faut passer la Morava sur un pont de boia, avant lequel il y
a un Han. Vranja (s. Vivarina) à 16 b. deTrn et à plae de 900 p. le h. abs. est situé à V^ de h au N. de la Morava au pied de montagnes déboisées et à petits escarpemens de rochers; une petite gorge et le torrent de Vranjaen débouchent denjère la ville, tandis que sur ses côtés sont des vignobles. La ville a 6 ou 8 minarets et compte de 6 à 8000 âmes. C'est une population bulgare mélangée de Musulmans albanais.
Le Paschalik de Vranja est un des plus petits de la Turquici car il ne comprend que le bassin supérieur de la Morava environ jusqu'au défilé à trois lieues au S. de Leskovatz. Ses seuls Ayans sont ceux de Ghilan et de Novo-Brdo. U commande à une population bulgare, serbe et albanaise. Le nombre de cette der* nière ne doit guère arriver au chiffre de 1 8 à 20,000 âmes. Comme le Pa* schalik de Vranja est le plus petit de ceux de la Haute Moesie, l'observation n'est pas de trop que les Ottomans, sentant toute l'importance militaire de ce petit plateau central, l'ont divisé en cinq ou six Paschaliks, afin d'empêcher qu'il ne leur échappe, ce qui aurait pu arriver, si cela n'avait formé qu'un Paschalik et que les Serbes avaient pu en gagner le chef.
Depuis Vranja on peut pénétrer aisément en Macédoine par des gorges évasées et de petites montagnes, la descente étant toujours plus grande que la montée. D'abord une vallée, débouchant du S. E. et S. dans la Morava au-dessus du pont près de Vranja, conduit par Olaschina et Drista à la vallée du Tschinja ou aux montagnes au-dessus de Stratzin. Au S. O. de Tavisda la vallée assez large de la Moravitza (petite Morava) coulant du S. O. au N. E. permet de remonter par Bilatscha (t. Délibasch- Ko'O à un bas col d'environ 13 à 1400 p. de h. abs., d'où on arrive à la source du Golema-Rieka, coulant à Komanova. D'un autre part on peut se rendre à Katschanik par une autre vallée, nommée |Psinja, qui est dirigée environ de l'O. S.O. à l'E.N.E. et aboutit à un col un peu plus élevé du Mlad-Planina. MM. Viquesnel et Kiepert n*ont pas bien placé ce dernier sillon. Enfin le cours, tout-à-fait supérieur de la Morava, ouvre une voie assez facile pour pénétrer du S. E. au N. O. dans le bassin de Ghilan, qui n'est séparé de celui de Prischtina que par une arête très peu devée et même praticable pour les cbarriots. On voit donc que Vranja est un point d'autant plus important que, placé sur les raonUflrnes au N., on se trouve à la source des rivières principa-
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ïes de la partie occidentale de la Moesie supérienre. Sous ce mpport aussi remplacement élevé du château fort de No¥0*Brdo n'était pas mal choisi par les Serbes du mojen âge*
A Vs i. du pont sur la Morava près de Vranja est le village de Ribinitzé (de RU>a, poisson) et à % L plus loin est Na* radovschan, où il y a un petit torrent, qui vient du N. et coule dans la Morava. Après cela on quitte le bassin de Vranja et aprèa avoir franchi une éminencci qui y forme un éperon, on arrive dans le vallon de Katoun (en alb. chalet), où est situé le village bulgare du même nom. On y cultive surtout du maïs et du chanvre. A Vs 1- pluA loin est le village de Ratogosoh dans une partie de la valYée , qui court du N. E. au S. O. , qui est entourée de petites éminences de gneiss et de granité. On laisse «[isuite au S. à V2 I- àe la route un village et on arrive près de Japarnitza à 3 h. de Vranja et à 1144 p. de h. abs. La Morava sort près de là de gorges de montagnes, qui ont une direction du N. O. au S. E. Elle coule entre des hauteurs de 2 à 300 p. de h. et avant de s'enfoncer dans ces défilés on apperçoit bien auS.O. la grande écbancrure de montagnes, en deçà de laquelle paraissent les montagnes à l'O. d'Ouskoub.
A 3 y, 1. du pont de la Morava près de Vranja on passe au village bulgare de Temovtza, où il y a un torrent coulant du N. au S. et quelques vignes. A 1 1. plus loin au milieu des gorges parcourues par la Morava est le village amaoute de Loutschani (du mot albanais I^ontzSf boue ou de LouUeh^ en slave bois résineux). Des champs de ma», de blé, de chanvre et de tabac occupent les parties, où ces défilés laissent de la place pour la culture, tandis que les hauteurs sont couvertes de petits bois de chênes et ont 2 à 300 p. La Morava, coulant du N. au S., décrit un grand contour de PE. . à l'O. et puis en sens contraire entre ce village et celui de Kontschioul (Untschul des cartes). Ce dernier est aussi habité par des Arnaoutes, mais les restes d'un église serbe ancienne atteste qu'ils ont envahi un pays occupé jadis par des Slaves. Comme la Morava, dé* crivant un contour à TO. est encaissée plus loin entre desparoio de rochers , la route est obligée de franchir une crête étroite m haut de laquelle était perché un Albanais avec son fusil. D surveillait depuis là un troupeau de brebis, qui paisait dans le vallon sous la conduite d'un jeune pâtre.
A 2 I. av«nt Ropotov (Rapata des cartes) un torrent venant
de l'O. se jette dans la Morava et à 6'/, à 7 1. de Vranja on sort des gorges de montagnes, dans lesquelles la Morava décrit six contours. Dans ce point la vallée est large et n'est bordée au N. que par des éminences à pentes très douces, les hauteurs au S* ont au contraire une pente rapide. La Morava va prendre sa source encore assez loin de là idans le bassin de Ghilan, où elle ne pénètre qu'à travers d'autres petites montagnes, mais avant d'entrer dans les gorges, dont nous venons de parler, elle reçoit un cours d'eau, qui vient du N. E.
Au S. de la Morava est situé le village de Smorik et en rem<mtant obliquement au N. O. sur les éminences au N. on arrive au hameau serbe et albiyiiais de Bopotov. Dans cet endroit les Serbes portent déjà la jupe albanaise comme dans toute l'ancienne Batzie. Un berceau de feuillages secs nous servit de chambre à coucher devant une petite auberge, oh il ne nous manqua rien des comforts de la Turquie. La route de Ghilan monte tout de suite à côté d'une ancienne église serbe en ruines et après une petite heure de marche on est au haut d*un plateau de 1799 p. d'élévation absolue, d'où on a la vue complette du bassin oval de Ghilan, qui est à 350 p. plus bas et peut avoir une lieue de long sur y2 I. de large. Il est bien cultivé surtout en maïs par une population serbe et albanaise et présente dans son extrémité S. E. une ferme entourée de beaux vergers et de jardins potagers. On n'a presque pas besoin de dire que c'est une propriété de l'Ayan de Ghilan, les Rayas n'osant pas avoir des possessions offrant, d'après les idées turques, tant de luxe.
La route de voiture passe par Ghilan ou Ghilani, qui est une bourgade d'environ 1500 à 2000 habitans en bonne partie amaoutes. Leur désobéissance aux ordres du Sultan Mahmoud a été punie par l'exil temporaire de beaucoup d'entr'eux en Thrace et en Asie. Depuis là le chemin va gagner à travers une crête basse et boisée le bassin de Prischtina, où on voyage en plaine. Nous choisîmes une voie plus courte, mais qui n'est practicable que pour des cavaliers; cela me paraît celle qu'on a voulu indiquer sur les cartes.
On quitte la plaine de Ghilan et on se porte vers les hauteurs à l'E. et vers Pousti (désert), qui est à ^/2 1. de Ghilan et à 25 p. environ au-dessus du fond du bassin. De là on remonte un torrent, qui vient du N. E. et coule dans la Morava, puis on
traverse au N. de ce cours d'eau la pente orientale assez élevée de montagnes inhabitées. Au plus haut point on est- à 2S48 p. d'élévation. Nous y rencontrâmes im charriot serbe, qui conduisait un mort à sa dernière demeure, probablement à quelque cimetière éloigné.
La route va au N. O. ou au N., petit à petit les éminences cessent et on arrive dans une vallée élevée, où il y a quelques habitations et des bergers albanais. Au N.N.E. il 7 a des cimes de 500 p. Ce serait le Vaschounja de Mr. Kiepert. On échange bientôt les pâturages de cette vallée déboisée pour un paysmontueux et graveleux, qui est tout couvert de petits bois de chênes. Au milieu de cette solitude la rencontre de trois Albanais donna quelques momens d'inquiétude à notre Tartare. C'est depuis ces éminences qu'on apperçoit environ à 3 1. de Ghilan et à 2 1. au N.E. de la route la petite ville amaoute de Novo-Brdo (Novo- Berda, le nouveau mont). Elle est perchée dans une petite échancrure au haut d'une crête, qui peut avoir 500 p. sur le pont d'observation ou au moins mille pieds sur la plaine de Prischtina. H j a une centaine de maisons, 3 ou 4 mosquées et un château fort, datant du temps des Serbes, auxquels se sont substitués les Al* banais. Sous le manoir il 7 a un escarpement de rochers du côté de rO. Un A7an gouverne cet endroit peu visité et entouré de montagnes sauvages contenant très peu de villages et couvertes de pâturages ou de petits bois de chênes. Entre Novo-Brdo et la route de Prischtina il 7 a une assez profonde vallée courant du N. O. au S. E., de manière qu'on compte plus de 3 heures pour 7 aller. Nous n'7 avons pas rencontré le village de Labjan que Mr. Kiepert indique au S. de Novo-Brdo. S'il avait raison, il 7 aurait deux Labjan, bien voisin l'un de l'autre, le second étant dans le bassin de la Sitnitza entre Lapousélo et Babosch. Cela ne veut pas pourtant dire qu'il ait tort, ce seraient probablement des villages fondés pai des personnes a7ant demeuré sur le Lab ') , rivière au Nord de Prischtina.
Vo7ageant toujours sur un sol ondulé, on traverse une vallée courant du N. au S., puis une autre courant de l'E. à l'O. Enfin
') Ce mot de Lab, n'ayant pas de racine slave, rappelle singiiHèreinêiit celai de Liapj qui est le nom de la tribu albanaise des monte Acrocénumieiie , tandU qu'une branche de ces derniers, les Liap-Ghoulap , vivent encore utonr dn ImnIb de Sitnitza.
on descend dans une plus grande vallée, qui s'étend au N. et N, O.» puis à rO« C'est celle qui porte le nom de Graschanitza dans la oarte de Vienne. Des scories de fonderies y indiquent le voisinage de minerais de fer et d'anciennes usines abandonnées. Dans son prolongement occidental cette vallée inhabitée se rétrécit en une gorge boisée, d'où on débouche enfin sur un endroit, où il 7 a un cimetière chrétien et quelques maisonnettes de paysans. C'est le village de Janjevo, endroit probablement une fois plus considérable et nommé ainsi de Janj^ peuplier >). Dans ce lien, à 2 1. de Prischtina, on abandonne la vallée, dont l'eau continue à l'O., pour atteindre le bassin de Prischtina.
On pourrait aussi aller à Prischtina par là, mais on abrège en montant obliquement au N. O. sur une crête couverte de bocages de chênes, qui serait peut-être la Janjina-Planina des chansons serbes. On en redescend dans un autre vallon débouchant aussi sur la plaine de Kosovo et offrant une fontaine. Depuis là on continue à marcher dans la même direction et on coupe encore plusieurs éminences s'étendant aussi de l'E. à TO. et couvertes de bois de chênes, dont la plus haute a 1500 p. sur la plaine, enfin on arrive à la cime de la pente, au pied de laquelle est bâti Prischtina.
Depuis ces hauteurs la vue est rendue fort belle par l'opposition de Tarête élevée du Schar et de son pic oriental, le Ljoubéten avec le massif et haut Kopaonik en Servie. Devant les montagnes de ce dernier paysdisparaissent presque les hauteurs de cette partie de la Moesie supérieure et celles, qui séparent les bassins de Prischtina et d'Ipek. Ce n'est que dans la direction de cette dernière ville et de Novibazar que l'horizon est bordé de sommités, qui paraissent à l*œil aussi élevées que le Kopaonik.
A 1 1. au S. O. de Prischtina est une ferme et plus loin est la petite rivière de Graschanitza, qui coule lentement au milieu d'un sol noir, dépôt de l'ancien lac, qui a occupé une fois cette cavité. On passe plus loin à gué la Sitnitza ou Schitnitza, qui n'est qu'un cours d'eau coulant aussi assez tranquillement. On ne comprend guère à sa vue, comment le Sultan Amurath a pu mettre avant la
') Cet arbre, indiquant nn endroit nn peu humide, a donné asses souvent son nom à des lieux habités par des Slaves , comme le prouvent le bourg de Jania en Bosnie, les villages de Janitia, de Janova près Doubnitsa et de Janiari en Epire et même peut-être Janina, oh il 7 a aussi des peupliers.
bataille de Koaovo toute une journée, pour franchir une A petite masse d'eau. Il faut supposer que la Sitnitza était très enflée fm que les historiens ont confondu avec cette rivière les marécages de Sazlia plus au S.
A 2 L de Prischtina est le village bulgare de Skoula ou Skoulan \ Nous y logeâmes chez une brave famille, qui possédait dans un enclos 6 à 7 maisonnettes» 7 compris les granges. Ces maisons étaient en bois ou branches d'arbres tressées et 12 personnes 7 habitaient. Depuis Skoulan on a encore une bonne demi-lieue jusqu'au village amaoute et mahométan deRibar au pied des montagnes boisées, dont on laisse la plus haute, le Groliesch, auN.O. On traverse ces crèten de 2219 p. de l'O. à l'E. par une route étroite et graveleuse au milieu d'un bois de chênes très touffu et favorablement disposé pour des brigands. Au milieu de la forêt nous rencontrâmes quelques bûcherons. Nous descendîmes enfin au S. O. par un mauvais sentier tournant sur le bord d'un petit ravin dans une vallée assez ouverte, où il 7 a (à 1725 p. de h. abs.) un moulin et quelques maisons. Nous allions même nous disposer à 7 dîner, quand arrivèrent plusieurs Kiradgis^ qui firent peur à notre Tartare.
Cette vallée du Tzemolieva^Bieka (par erreur Tséroléra de Mr. de Hahn) court du N. O. au S. E. et aussi ça et là du N, au S. Ses eaux se rendent donc dans leLèpénatz et non dans la SInitza en tournant tout-à-fait au S.E. Au moulin elle est dominée auS« par un escarpement et en la remontant un peu au N. O., elle renferme le hameau albanais de Kirmaleva ou Tzemolieva avec quelques champs de maïs. Le reste de sa partie supérieure remontant à PO. est étroit, tout-à-fait sauvage et entouré de bois de chênes. Malgré cela des Kiradgis passaient de temps à autre indiquant que cette route était fréquentée.
On continue à monter très insensiblement jusqu'au ool de 2408p.dehauteur, oùleTzemolieva-Rieka prend sa source et DÙ est le partage de ses eaux et de celles du Soua-Rieka (ou pron. Soha- Bieka, rivière sèche). Le Tzemolieva-Rieka reçoit à 2 L avrat, 00 col un affluent venant du S. et à 1 1. du col un autre ooon d*«|H| coulant du N. Un peu au S. du col est le hameaa aaniaioiile ûé
') Ce nom de Skoulan rapproché de celui de Skoolsiii, Iwsisw alHtOili da Mokra-Planma an N. E. de Playa et du Skonléni rar 1« Fkeat (lfQliafii)i tmpfék le Terbe albanaîi de Schkoulj, j'arrache.
Doulié compopé d'une vingtaine de maisons éparses, couvertes de planches et sans cheminées. ^)
Depuis ce col on a encore 1 V2 h. de descente jusqu'à la pe* tite plaine de Soua-Rieka, ce qui a lieu sur le sol graveleux et la longue pente de coteaux boisés en petits chênes, parmi lesquels le Quercus Cerris forme ça et là de plus grands arbres que le chêne commun (Q. Robur), C'est un chemin de voiture» On met encore ^2 h. à parcourir la plaine avant le village. Le torrent de Soua- Rieka traverse à 1100 p. de h. abs. le village de même nom et tourne au S. E., pour aller prendre sa source vers le pied ou les contreforts du Lioubéten, qui se relient avec les hauteurs du col de Doulié. Cet endroit n'est presque habité que par des Amaoutes, dont les maisons sont surtout sur le bord septentrional du torrent. A quelque distance de là étaient stationnés plusieurs charriots couverts et habités par desZingares, leurs buffles paisaient àl'entour et leurs chiens n'attendaient que le passage de quelqu'un pour sortir de leur repos.
L'auberge de Soua-Rieka est fort misérable. Ce n'est au fond qu'une vaste grange, dont la plus grande partie était occupée par
') Arrivé dans ces lieux , je fus tellement tourmenté par un acc^s de fièvre que je ne pus continuer et m^étendis dans ma couverture sous un arbre malgré le mauvais temps. Nous avions déjà passé ainsi plus d'une heure et avions fait du café quand s'approchèrent de nous un Albanais et son fils. Nous liâmes conversation, nous leur donnâmes du café et prévoyant ne pouvoir atteindre ce jour-là Prizren, nous leur demandâmes sMls voulaient nous recevoir chez eux. Ils ne firent gu^re de façons et nous conduisirent à leur cabane non loin de là. Le Tartare leur ayant voulu laisser le temps d'éloigner leurs femmes et leurs filles, le p^re s'écria qu'ils n'étaient pas turcs et que, quoique musulmans, ils ne croyaient pas devoir cacher les femmes. Nous fûmes donc installés dans une cabane de chaume, où nons trouvâmes sans voile la femme et les filles de notre hôte, nommé Haser de la tribu d'Elschan. Fendant les deux jours que nous passâmes chez ces braves gens, nous n'eûmes qu'à nous en louer, ce qui n'empêchait pns notre guide turc de tenir quelquefois aux femmes des propos inconvenans , mais celles-ci savaient y répondre par des signes du plus profond mépris. Le paysan Haser appartenait au village de Doulié. Il était père de dix enfants et vivait d'un petit bien qu'il avait acheté pour 400 piastres (100 francs). Il y cultivait du maïs, des haricots et des choux et il en retirait 1500 oches de blé de Turquie, de manière que pour subvenir aux besoins de sa famille , il était obligé d'en acheter encore 500 oches. Il payait ces derniers par le surplus de ses autres récoltes et le travail manuel de ses enfans. Quand il voulait avoir de la viande, il vendait du maïs. Il nous dit qu'il ne payait alors aucun impôt, parce que le Fascha avait adopté le système de ne rançonner que les riches, pour soulager les pauvres ; aussi ce même Fascha du Nisam n'était-il guère en bonne odeur à Frizren , et il en fut rappelé quelques jours après notrtpaitage, en laissant 500 bourses de dettes contractées sur le fond municipal
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d'ënormea cuves, pour faire le vin. Ces ustensiles appartiennent à la commune et restent déposés chez l'aubergiste, où on fait la vendange en commun, pour s'en partager ensuite le produit suivant la grandeur des vignes ou la quantité des baquets de raisins apportés par chaque habitant. Le rest e de ce local n'offrait guère que laplace pour un foyer et pour celle de quelques personnes couchées. En outre il n'y avait pas d*éourie, de manière que les chevaux restèrent dans la cour sous un hangar ').
') Le pourtour du foyer de cette auberge était occapë par nn tas d'Amaoutes masulmans , qui s'embarrassaient fort peu des rojageiirs, on s'ils le faisaient, c'était pour nous toiser d'an air de mépris. Notre Tartate n'était guère a son aise et tâchait de conserver son autorité en liant eonyertation avec un Al« banais, qui était une espèce de petit receveur en tournée. Pendant ce temps, nos effets nichés entre les cuves et étendus sur la terre , nous pensions k nouer conoaissance avec nos paysans albanais et nous allions offrir dn café an moins avX plus âgés, quand le Tartare nous taxa sans détour de fou, de vonloir traitei* ainsi de telle canaille. Un pareil compliment, probablement compris par les Amaoutes, mit fin k tonte conversation entr'eux et nous. Ceci peut servir d'exemple combien en Albanie la présence d'un Turc peut gêner l'Enropéen, car, peut-être, sans lui nous aurions fort bien apprivoisé ces rustres, mais nous ne le pouvions pas sans avoir l'assentiment de notre Tnrc , et si nons Tap. vions fait contre son gp-é, nons nous serions rabaissé à ses yeux, son respect ponr nous aurait diminué en proportion de notre familiarité avec les Albanais. Bientôt l'aubergiste bulgare s'en fht chez lui, parce qu'il avait la fièvre et ne nous laissa que son domestique, qui fit de son mieux ponr nons fournir au moins la poule an pot. lA''Ak8chcan arrivé , nous f&mes enfin délivrés de nos sournois Albanais, mais nous restâmes en tête-k-tête avec notre receveur. Nous avions d^ soup^, quand cet homme reçut de la commune un dtner complet, dont il fit part fort obligamment à nos gens. H invita le Tartare k le partager et se mit ensitite. & le griser complettement avec de l'eau-de-vie. Cela fiût, il se mit k le tirer par la moustache, k lui dire les inji^res les plus grossières, k se moqner de lui, de ^tm firman et de son Sultan. „Si j'aime boire beaucoup, nons disait-il en dansant, c'est que je sais ce que je fais et ce que je peux supporter, mais ce misérable n'est qn'nne véritable brute.*' Puis se tournant vers le Tartare : „Tu me paries de tes montres, ponr lesquelles tu demandes asses d'argent, il ne tiendrait qn'k moi. de les avoir, je n'aurais qu'k sortir et appeler trois ou quatre Albanais , et c'est toi qui sérail obligé de me payer ponr que je les acceptasse. Pesevenh , ton firman n'est qn'im chiffon de papier et ton Sultan n'est qu'un misérable Ghjaour/^ Henreaeaiial Tivresse du Tartare le rendait tont-k-fait incapable de juger ce qa^mi *diiith^ car sans cela, n'eût-il été qn'k moitié ivre, il y aurait en dn sang vsné; Oéllè comédie, toute curieuse qu'elle était, finissait par nous ennuyer d'Miinil phM^.'qoe le garçon d'auberge nous soufflait k l'oreille qu'il ne fallait pM trop , |Mfler avoe , cet homme, qui était capable de tout. Néanmoins nons posTou dire iieoBrlioà^ nenr qu'il ne nous dit rien de désobligeant. Sortant de la grange, pov eon^lMr «o dehors, il se contenta seulement de spécifier k hante vdx^ la difféiénëé dnîliir^^ occupait avec le nôtre. Aussitôt qu'il fut sorti, le gàryto iM^H^lÊ^ÉlàWfèm avec la barre de bois, comme c'est d'usage, et le lette de la B«lt fcl|
La route de Soua-Rieka à Prizren forme une distance de 8 Va h. II faut d'abord franchir un petit plateau très bas, où se trouvent quelques bocages. Puis on passe un cours d'eau coulant du S. E. au N. O. et se rendant dans le Soua-Rieka. On remonte toute de suite sur un plateau un peu plus haut et plus large, mais du même genre. Depuis cette lande élevée on observe à près de 8 h* de Prizren à droite un village albanais avec quelques champs de maïs. Ces lieux forment un bon observatoire, pour bien comprendre la structure du bassin de Prizren au pied N. O. du Schar. Le Drim 7 pénètre au S. de Djakova à travers une ouverture assez large entre des collines de 6 à 800 p. d'élévation sur la vallée. Ayant reçu le Soua-Rieka et la Maritza de Prizren , il se jette dans une vallée ou gorge placée entre les montagnes au S. de Djakova et la montagne élevée de Hass ou Schalé-Schoss, qui est coupée plus àrO. par une énorme fente courant N.E.-S.O. C'est cette crevasse, qui permet au Drim blanc d'aller joindre le Drim noir.
A 1 1. de Prizren on apperçoit au pied escarpé du Schar et à y^ I. de la route de voiture le village albanais d'Oritsché, où il y a un petit torrent venant du S.et allant affluer dans le Soua-Sieka. H est possible que ce soit le Srebnîtza (de SrebrOf argent) de Mr. le Dr. Mûller, qui cite dans cette plaine (auN. E. de Prizren d'après lui) plusieurs villages serbes. On voyage alors en rase campagne et à Y, h. plus loin on lusse à droite le village de Gloubitza ou Loubitza et le torrent du même nom, qui après avoir coulé du S. au N. se déverse dans le Drim. Enfin une plaine en partie cultivée amène le voyageur à Prizren.
En comparant notre itinéraire de la route de Prischtina k Prizren avec celui donné par le Dr. Mûller, on voit évidenunent qu'il y a une autre route plus auN. par Stoudénatz (deStoudéni^ froid) (iOO h. slaves), Vrestovo sur leVélika-Rieka (170fa.), Oravatz (58 m. et 310 h. avec une chapelle grecque), Mirousch, Préjévo sur le penchant de collines, à la sortie desquelles est Podgradiska (Gradiska inférieur) avec 8 gendarmes albanais, Kopilika (en albanais Valet) et Joschavitza restent à gauche de la route, puis vient le Han Zdrélo séparé par un torr^t du village albanais musulman de Krajmirové déjà dans le Paschalik de Prischtina. (Voyez pag. 84.) Quant à l'indication des villages de Zoits, de Mahmouscha, de Srbitza, de Mrtvitza et d'Optorousch, ils doivent être sur le côté méridional de la route de Prizren à Soua-Rieka ou même en partie dans la montagne sur celle de Prizren à Katschanik.
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