AVANT- PROPOS
Lorsqu'eu 1840 je publiai à Paris ma Turquie d'Europe (en 4 vol. in-S^), je laissai en manHpcrit le détail de mes Itinéraires, parce que je voulais donner à mon compagnon de voyage, Mr. Viquesnel, le temps de publier ses Itinéraires pour voir si mon manuscrit ne deviendrait pas inutila Malheureusement mon ami ne s'est guère occupé que de topographie et spécialement de géologie, en négligeant la géographie physique, l'ethnographie et la statistique. (Voyez Mém. de la Soc géoL de France, 1842. Vol. 5 et 1846 N.S. VoLI, avec 2 cartes.) Ainsi mes Itinéraires ont conservé une certaine nouveauté, mais ce qui rend leur publication vraiment nécessaire, c'est que depuis mes voyages aucun ouvrage semblable n'a remplacé le mien. ^) D'ailleurs Mr.
') Parmi les voyages paras depaîs 1841 les plus intéressans sont le voyage en Ronnielie par A. Oriesbach (Reise im Jahre 1839. GK^ttingue, 1841, 2yoL 8*.), la brochure et la carte de TAlbanie septentrionale dn Dr. Jos. Mûller (Albanien, Rnmelien, etc. Prague, 1844 in 8^) ; le voyage en Bosnie du botaniste Dr. 0. Sendtner (Ansland, 1848 et 49); celai de Mr. Oardner Wilkinson dans le Monténégro et en Herzégovine (Londres, 1848) et celai de Mr. Edmond Spencer (Travela in Earopean Tnrkey in 1850. Londres, 1851, 2 vol. in 8^); enfin les étndes sur l'Albanie (AIbane«ische Studien) de Mr. de Hahn. Gratz, 1854 in 8^
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Viquesnel n'a pas fait même avec moi la moitié des routes que j'ai parcourues quoiqu'il en ait suivies d'autres, qui me sont restées inconnues.
Une autre raison, qui m'a surtout excité à livrer au public toutes mes observations de détail, c'est que grâce à la toute nouvelle carte de la Turquie d'Europe (en 4 f.) de Mr. Kiepert, le lecteur pourra enfin me suivre. Je dois mille remerclmens à ce cartographe distingué pour ce beau et pénible travail, qui fait appercevoir d'un coup d'oeil les vuides à remplir dans la géographie de la Turquie, n a utilisé toutes les nouvelles observations et même en partie le canevas de la carte toute nouvelle du Rhojiope et de la Thrace que Mr. Viquesnel va bientôt faire paraître. 11 a de plus livré des cartes de détail pour la Servie, la Bosnie et l'Albanie en employant la carte de la Servie de Bougarski (Belgrade 1846) ainsi que celles du Dr. MûUer et de Mr. de Hahn pour la Haute Albanie. Il est fâcheux que Bougarski n'ait pas mis plus de soin au tracé de la montagne, car on n'y distingue pas assez les basses montagnes d'avec les chaînes élevées et les collines. Quant à la carte du Monténégro du colonel Karaczay, la partie albanaise contient des fautes géographiques, parce que l'auteur n'a pas été dans ce pays, quoiqu'il ait pu recueillir des renseignemens précieux sur l'existence véritable de bon nombre de hameaux avec leurs dénominations albanaises.
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Pour les détails sur la population, nous avons cru utile d'ajouter en abrégé quelques-uns de ceux fournis sur TAlbanie par le Dr. MttUer et Mr. de Hahn , puis surtout les rapports officiels sur la Servie par Mr. Jean Gavrilovitch dans son dictionnaire géographique et statistique de ce pays. (Rietschnik ffeographiisko-statistitschnii Srbie. Belgrad 1846. 16o,) Malheureusement la liste des hameaux est incomplette et la position géographique précise des villages est omise, ce qui n'est pas remplacé par les détails administratifs.
Quant à la Turquie proprement dite, nous ne nous sommes pas occupés de ses divisions gouvernementales. Les limites de ces dernières n'étant pas stabiles, comme en Europe et en Servie (voyez ma Turquie, vol. 3, p. 184). Celui qui voudrait les connaître, trouve dans la carte de Kiepert l'état actuel des choses. La porte ottomane, ne sachant que très .approximativement le nombre de ses sujets, la plupart de nos assertions numériques sur la population des Paschaliks ne doivent être prises que pour ce qu'elles valent. (Voyez ma Turquie, vol. 2, pag. 1— 32.) Il y a en Turquie trop de causes, qui empêchent un relevé exact de la population.
Nous rappelons au lecteur qu'il est d'usage en Orient comme dans les pays slaves de donner divers noms à différentes parties d'un même cours d'eau, de manière que parmi les noms des sources d'une grande rivière, souvent on ne retrouve pas celui de cette dernière. Ensuite les Itinéraires