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de diô'éreus voyageurs en Orient peuvent varier considérablement, non pas seulement à cause des nombreuses synonymies dans la nomenclature géographique, mais encore pour l'indication des distances et par la non-conformité des descriptions locales, parce qu'il n'y a pas partout des grandes routes comme en Europe et que chaque sentier presque peut servir de chemin au cavalier. D'ailleurs on n'y cherche pas toujours la plus courte voie pour aller d'un lieu à un autre; mille motifs divers et le plus souvent inconnus aux voyageurs peuvent les en faire dévier.
Pour ne pas nous répéter, nous renvoyons toujours à notre grand ouvrage de 1840 pour des détails déjà donnés sur des forteresses, des châteaux, des couvens ou des monumens, ainsi que sur la distance de chaque hameau à un autre. Nous aurions souvent désiré d'examiner les villes plus en détail, mais du moins lors de nos voyages, cela n'était pas encore possible comme aujourd'hui, parce que le voyageur seul ou même avec un Eavas s'exposait à des ennuis par des visites répétées, par le stationnement et les demandes de curiosité dans les quartiers surtout mahométans. Nous avons donné un soin particulier à l'orthographe véritable des noms slaves, dont une foule se retrouvent dans tous les pays habités par cette race, ce qui permet de rectifier des erreurs de géographes et d'historiens. Néanmoins il reste l'écueil de la prononciation bulgare et des fautes grammaticales du langage vulgaire de ce peuple ainsi que les changemens apportés par le
temps dans certaines dénominations par les Turcs et sur* tout par les Albanais. Ainsi par exemple si les Serbes n'ont guère de mots à doubles consonnes, on serait tenté cependant y d'après le parler des habitans, d'en employer ça et là quelquefois. (Voyez ma Turquie d'Europe, voL 4, pag. 470.)
Enfin le lecteur ne doit jamais oublier que nous avons représenté la Turquie comme eUe était, il y 14 ans, à l'heure qu'il est bien des choses peuvent s'y présenter tout autrement Dans ce tableau d'un état assez voisin de celui du moyen âge chez nous, aujourd'hui, comme en 1840, nous n'avons rien caché ni fardé, parce que la vérité peut seule être utile. Néanmoins n'oublions jamais qu'en grande partie le fanatisme et la cruauté des Turcs ne sont plus que des chevaux de bataille et que les Grecs surtout ont la même peine à mettre un frein à leurs haines. Rappelonsnous toujours les horreurs passagères de toutes les guerres, celles en particulier que les sectes chrétiennes se sont permises l'une contre l'autre et le fanatisme mijtuel, qui les anime encore aujourd'hui. D'un autre part souvenons-nous de tout ce qui se passe, hors des usages humains du reste de l'Europe, chez ceux, qui s'intitulent, par pure politique d'envahissement, les élus du Très -Haut pour l'extermination des Musulmans et le bonheur du genre humain. Que le gouvernement turc s'européanise et leurs habitans seront bientôt heureux, sans avoir eu besoin de ces astucieux croisés. Que des chemins de fer coupent ces pays, que
leurs richesses territoriales soient toutes utilisées, que l'Europe ne se laisse arrêter par aucune nouvelle duperie dans sa tâche divine de reculer les bornes de la civilisation. Que rOrient ne fasse plus qu'un avec TOccident, ce paradis terrestre prendra bientôt un rang élevé parmi les empires et nos descendans profiteront immanquablement de nos nobles eflforts comme de nos soufirances actuelles.