‹ Recueil d'itinʹeraires dans la Turquie d'EuropeChapitre 30 sur 46 · TRAVERSÉE DES MONTAGNES DE ROUDNIK · texte numérisé non relu

TRAVERSÉE DES MONTAGNES DE ROUDNIK

JNous fîmes en 1836 la course des montagneËi tle Roiidnîk avec Mr, EtieiaDe Eadifidiévitch , alora secréiaîre du conseil du prince Miloâch, Nous noua dirigeâmes de Kragoujëvatz au JN,0. par la plaine sur Divostin, lieu précède d'un grand bois de chênes, qu'on met près d'une heure à traverser. Derrière Divostin s'élèvent des petites cimes calcaires, ajaut de 5Q à 60 p. de hauteur, au S. desquelles passe la route, tandis qu*au S, de cette dernière est plus bas le petit vallun du couvent de Diatscha (épine) j où îl n'y a qu^un mojue. Le hameau voisin du même nom contient 49 m. et 3il h. On peut aussi se rendre aux montagnes de Koudnik sans passer par Divostin en suivant la vallée du Jédralitza^ qui reçoit l'eau du torrent de Dratscha^ Cette route va rejoindre Fautre dans les bois de chênes à environ une petite heure de Divoetîn,

En deçà de la petite hauteur de Divostin on voyage dans des boifl de chênes et on laisse à droite la route de Valiévo pour gagner une crête à l'E. du village de Ragojévatz. Au N* N, E. on voit les montagnes d'Estévitza et on distingue depuis Baré (46 m. et 285 k) au S*0. par-dessus d'autres montagnes des cimes appartenant aux monta Stolovi près de Karanovatz. On voyage pendant une heure sur des plate-formes inégales, stériles et non-boisées, qui forment Ift sommet des hauteurs entre le bassin du Grouja ou Grouscha au S. et du Jasénitza de Jabari au

N. Le pays devient enfin pins ouvert et on arrive dans le haut du large bassin du Grouja, où on voit de beaux pâturages et des villages.

L'entrée des montagnes de Roudnik est fermée par un petit défilé coupant le mont Vrbava et donnant issue aux eaux du Grouja. Sur le côté N. O. de cette véritable porte des montagnes se trouvent en-dehors les villages de Vrbava-Gornia (haut) (34 m. et 320 h.) et Dolnia (bas) (36 m. et 302 h.). Dans ces environs est aussi un lieu que Mr. Viquesnel nomme Krotschétznitza« Un vallon champêtre, occupé par des prairies, rt;monte à rO. et est entouré de montagnes verdoyantes et en pentes douces. Nous passâmes près des villages de Lîpovatz (38 m. et 222 h.) et de Tzemova, puis nous arrivâmes à y, 1. de Tentrée des montagnes à une petite auberge isolée appartenant au couvent de Vratchévschnitza, à i^/^ h. de Kragoujévatz. Notre dînée y avait été préparé par ordre du prince, et des moines nous y attendaient. Nous nous accroupîmes autour dune table basse à la turque, placée dans un verger sous un[bel arbre. Le couvent mentionné contenant 5 moines, n'est qu'à '/, h. de là dans un vallon étroit et boisé, qui court environ de TO. à l'E. et remonte sur les flancs orientaux des montagnes de Schtouratz.

Nous nous dirigeâmes au S. O. par un vallon, qui reçoit les eaux provenant des montagnes de Bélopolie, qui décrivent au S. à environ 1 1. de distance un arc de cercle de l'O. à TE. Presque toutes leurs pentes sont déboisées et couvertes de prairies et il n y a des bois que sur les cimes les plus élevées surtout au 8. O. Leur hauteur peut varier de 1800 à 2500 p. Au N. du Han les montagnes sont plus basses et aussi déboisées et n'ont que 1000 à 2000 pieds.

Nous quittâmes bientôt le vallon en question pour monter à rO. par une belle forêt de hêtres au hameau de Tzemoutja ou Tzernoutscha, appelé supérieur ou gornia (19 m. et 195 h.) pour le distinguer de l'inférieur ou dolniia (29 m. et 230 h.). Le prince Milosch y a encore le petit domaine de ses pères. Il y a ajouté quelques nouvelles acquisitions et il fait entretenir leurs modestes habitations de paysans entourées de quelques prairies. C'est là où il passa les années malheureuses de 1812 à 1815. En deçà de res maisons, en grande partie en bois et sur le bord d'un petit ruisseau, on monte à une pelouse située à l'entrée d'une grande

forêt, quî B'ëtetid jusqu'à Maîdan. C'est le lieu où les Serbes, re^ pousses par les Turcs arriTés à Roudnik, campèrent après la révolte de Milosch; leurs femmes et leurs enfans étaient caches dans la forêt et leur position paraissait désespérée , vu leur petit nombre, mais Farrivée de quelques renforts mit enfin fin à cette pénible situation et les Serbes purent reprendre ruiïeneive.

Noue continuâmes à monter par les bois entremêlés de petits pâturages jusqu*à un eol situé au moins à 2600 p* de h. A peine ce pas^sage franchi que nous descendîmes rapidement par dea mauvais sentiers à travers une forêt touffue de hêtres, où le eol était humide et où il avait de petits ruisseaux coulant à TO. Xoua marchions ou S.O, et débouchâmes enfin après % h, de descente sur le col bas du mont Prljiné , oii des filons grani foules sortant en relief sur le schiste, produisent l'effet d'anciens tombeaux.

Depuis ce point nous n'eûmes plus qu'une petite descente pour atteindre le torrent de Maidan ou du Deapotovitza , qui coule presque N.-S. et affiue dans le Mavtscba à 2 L au-dessous Brousnttza» On sonna la cloche de Téglise à noire arrivée au village de Maidan (87 m. et 615 h,), à 8 h, de Kragoujévatz j une trentaine de paysans nous y attendaient, le maire en tête. On noue y avait préparé trois cabanes pointues de feuillages et improvisé une table et des bancs pour notre repas, Le capitaine de Koudnik et du di^ttict ainsi que le Kmet firent les honneuri.

Malheureusement il plut toute la nuit, nous aurions bien TOulu remettre notre excursion à la cime du Schtouratz pour un autre jour; mais il n'avait pas moyen, nos courses ayant été fixées d'avance par le prince et less paysans se trouvant déjà sur la montagne, occupés à rôtir le mouton et les poulets pour notre dînée. Nous montâmes donc aux anciennes mines de Maidan sur les pentes S. O. du Schtouratz, malgré un brouillard épais et remarquâmes dans le vallon du Despoiovitza au-dessus du village des tas de scories provenant des usines érigées sous Tzerni- George. Après y avoir considéré les amas de rochers bizarrement découpés oii sont situés les exploitations et après avoir descendu dans un trou formé par un écroulement , nou^ dînâmes sous un roc dans une petite caverne.

Le brouillard s*étant dissipé j nous nous hâtâmes de gagner depuis là la double cime des Schtouratz. Xous passâmes devant

la bouche d'une ancienne galerie et toumâmes au pied N. O. de ces sommets autour d'un cul de sac en nous dirigeant à FO. et N.E. Puis nous montâmes directement au S. sur le petit Schtouratz, qui est une crête courant de TË. à O. et à demi boisé en hêtres. Nous eûmes de ce point, atteignant 3145 p,, une vue étendue à TO. et au N. O., quoique quelques traînées de vapeurs blanches nous masquassent encore quelques Talions. Les montagnes paraissent coupées de ce côté par de profonds sil* Ions courant du N. au S* Quand il fait clair, on voit la chaîne serbe le long de la Drina et même son extrémité septentrionale, le Tzer.

Au petit Schtouratz nous nous séparâmes du capitaine de Roudnik en nous embrassant à la serbe, et nous passâmes sur la pente occidentale très élevée du grand Schtouratz, qui est au S* du petit et court du N. au S. Ce sommet allongé est boisé en hêtres et atteint environ 3245 p* Depuis là on peut gagner la vallée de Vratschévschnitza en traversant un large et bas col boiMé en hêtres. Cette descente, d'environ à 2% h., a lieu continuellement dans des bois ou des pâturages ^).

Si on va en charrette de Kragoujévatz à Oujitzé, il faut se rendre par la vallée de Grouja à Tschatschak ou bien aller de Kragoujévatz à Schatornia et remonter le Jasénitza pour atteindre Boudnik presqu'au haut de la partie orientale de la vallée au N. du mont Schtouratz. Ce village a 50 maisons et 95 habitans ; non loin de là est perché sur la cime d'un mont la ruine de l'ancien château d'Ostrovitza. Les despotes Brankovitch y eurent une résidence* Roudnik figure au commencement de la révolte du prince Milosch, parce qu'un certain Musulman nommé Tokatlitsch y fut assiégé dans sa maison et tué par le Serbe Lomo, et plus tard les Turcs pénétrèrent de Belgrade à Roudnik. Dans les monts Roudnik eat la source de Dizdarévitza (de Dizdar^ portier).

') L'Igonmen dn convent de VratchéTschnitza nons reçat fort poliment. Cet éccléfliastiqtie avait va le inonde, il avait été en Russie, en Italie, en Angleterre et même il avait tonché à Marseille. Il nous logea dana un bâtiment particulier de deux étages, où il y avait outre de vastes galeries des chambres garnies assez élégamment h. la turque de tapis et de divans. Il nous servit de plus dans la galerie du couvent un pompeux souper tout-à-fait à Teuropéenne avec tables, cbai»es, nappes, assiettes, verres et services en argent. Le prince Milosch a fiait des donationa astez considérables à ce monastère.

Le cercle do Rfitidtiîk compremi les trnîf^ ilîstrictB de la Momvrtj du Tzriioûrora et du Kfttschen On y onmpte 47 commuiieei» 1 bourg, 113 villages, SOI 3 nmisoni ei 36,687 hahitana. Il y h trois écoles et la poste, La rëaîdence du commaadaiît et du tribunal sont à Braui^nitza. Le district de Ir Morava comprend ! bourg, 40 villo^t;e, 2&G4 maisons et Jd,72£) âmes. Le eonïinand»nt réside à Brdjaui. Celui de Tzrnogora ne compte que 38 vrllages avec 166T maîtons et 11,503 âmes* Le commandant est k Maidan* Enfin celui de Katscher contient Sa villages, 1382 maison s et 945*2 âmcâ Le commandant réside à Blasnava*

Depuis Koudnik on descend à Maidan dans la vallée du Det»potovît^a, f|ui coule presque du N. au S. et se réunit à la Dîtschina djjins la plaine de Sokolitcbî (32 m. et ISO h^) ^ tandiï^ que la Dîtschina descend du mont Soubor et des environs du vilbige de Polom (26 m. et 21Tb.), et joint le Tacbénsernitza dun^ la plaine Priiélina (86 m. et 458 h*). On va depuis là gagner au S.S.O, par la crête à l'O. le bourg de Brousnitza avec 63 mai^oï^â et 205 habitans* C'était la résidence du prince Jt^an , frère du prince Milosch, et le lieu de naissance de lu famille des Obrénovitch. Le prince Milosch y avait aussi un Konnk. tirouenit^a est Sûr le côté oriental de la vallée du Degputoviua, Il est trn* versé par un petit atfiuent de ce dernier, Nou loiu de là est le moot Kouda-Olavitza (petite tête de mines).

On descend la vallée du Mavtschaj dont les sources sont au N.N, O, dans le Souvobor- Haniua, qui les sépare de celles du Ljig, On passe une colline pour atteindre Takovo (49 m. et 33! b.>, où le prince Milosch posa les armes en 1813 et les reprit en 181 S. On gagne ensuite le torrent du Ditschina, qu'on descend, et on se dirige sur Berschitchi lS3 m, et 270 hj à 3 l de Brousnitza et 3 '/a K de Tschatschak. On traverse la petite crête du Kremen, puis le vallon boisé en chênes du Tschémernitza, qui, d après Gavrilovjrcb, prendrait sa source dans le petit Maliéna prèt^ du village de Ivoschoutitch et irait à travers le cercle de Roudnik joindre la Morava dans le Koniévintsrhko-Polje. En laissant à gauche Praniani (172 m. et M02 b,}^ ou débouche par le village de Droujétitcbi (79 m. et 598 h,) sur le grand torrent de Karaénitza (pierreux). (3n fait ensuite le tour de la monragne de Gouia, qui est le prolongement septentrional du Kablar, on va gagner Otal (30 m. et 218 hj dans la vallée fertile de Skrabesch, qui est uu

silloD latéral de celui qur* parcourt le Kaménitza. On traverse par des bois de chênes la crête, qui sépare ce vallon de la vallée du Pojëga. Depuis ces hauteurs on apperçoit la belle vallée de Dobriniia avec les trois villages de ce nom avec l'épithète de Gorniia ou supérieur (62 m. et 402 h.), de Dolniia ou inférieur (43 m. et 299 h.) et de Sredna ou du milieu (48 m. et 401 h.). Cette localité est célèbre pour ses bonnes eaux. L'un de ces villages est le lieu de naissance du prince Milosch. Ce dernier y a bâti une église en l'honneur de son père. Au N. O. de Dobrinia est le mont Soubiel et au N. E. le Povlen.

On passe à Dobrodol ou Dobrodo (bonne vallée) (27 m. et 173 h.), où les montagnes deviennent plus hautes. Puis en deçà du Pojéga on gagne à IV2 1. de là Oujitzé en traversant à 1 1. avant cette ville à Ponikovitza ^36 m. et 214 h.) la Louschnitza (Cendrillon), torrent, qui se réunit au Pojéga et va tomber avec ce dernier dans la Morava à quelque distance au-dessous de Pojéga »).

') La dernière partie de cet Itinéraire est extraite dn voyage en Servie de Mr. Plrch.

ÎXXIT.

KliAGOUJÉVATZ À NOVTPAZAR EN BOSNIE

PAB

KARANOVATZ et STO0DÉNITZA.

(Distancé de £S '/^ dliearet.)

On sort de Kragoujévat^ par la grande rue, qui part du

Konak du prince ci on se tient sur la pente orientale, qui borde la vallée rtstite du Lèpénïtza. On se dirige à TO, 15''S, vers lee sources de ee cours d'eau, pour passer à une basse partie les niontagnet» qui séparent le ba^rsin de Kragoujévatz des afâuenade la Morava supérieure ou des eaux du Grouja, Après y^ h» ou rencontre deux villages, à ! h, celui de Koritchani (12 m, et S4 h.) et ploa loin vers la montagne celui de Dragobratjé ou DrRgobratcha (43 m. et 237 h,)» On monte par une forêt de chênes au col du mont Grasnitza, qui est près du village de uiême nom et eitué àgaucluî de la route. Ou est alors à 1160 p* d'élévation et en descendant on distingue à TO. une cime, qui est probablement le mont Kablar (le tonnelier) sur la Morava, tandis qu*i;n peu plus loin on yoit au 8,S. E. des montagnes élevées et à sommets un peu en pain de sucre, savoir les monte Stolovî (de Stol^ cbdse) au S. de Karanovatz,

La vallée champêtre de Lipnitza (Lippîeza des cartes) à 3 K de Kragoujévatz est au pied des montagnes et occupée surtout par des prairies. Cette eau coule d'abord du S*0. au N. E.» puia du N,0. au S.E,, pour aller joindre le Grouja (rpyœa). Dans une partie très évasée de cette vallée e«t un Han isolé, leMeetin

ou Schestin>Han, qui est à 544 p. sous le col du Grasnitza et est environ à moitié chemin entre Kragoujévatz et Karanovatz* Un potier en était l'aubergiste et n'avait guère à nous ofi&ir que de l'eau de vie, mais nous avions apporté avec nous notre dîner. Au S. et à rO. la vallée est bordée par la chaîne du Kotlénik^ qui court du S. au N. avec une légère dé\âation à TO, et dont les crêtes ont des contours fort doux. Ce sont des hauteurs de 4 à SOO p. sur la vallée, qui se lient aux monts de Roudnik et de Schtouratz par le Tzrnâgora, mais à l'E. les montagnes de Gléditch ou du Gléditschka-PIanina sont un peu plus élevées et boisées en chênes. Ces demièree séparent les sources du Lévatnchka et du Kamenska-Rieka d'avec le bassin du Grouja-Rieka (ICirucha des cartes), qui coule surtout du N. O. au S.E. et a ses sources au village de Vrbavé (Y. Gornii 34 m. et 230 h. et Dolni 36 ra. et 302 h.), tandis que les deux autres cours d'eau vont du S.O.-N.E., contraste, qui indique bien deux systèmes de montagnes. On passe le Grouja-Rieka sur un petit pont en bois et on traverse à iy2 !• de Schestin-Han un ruisseau, qui vient du S. O. et va joindre le Potoschena- Voda, pour se rendre ensemble à TE. dans le Grouja- Rieka» On voyage toujours dans une vallée enclavée à TE. par des montagnes boisées de 8 à 900 p. et à l'O. par d'autres de 2 à 300 p. Quelques champs de maïs y indiquent le voisinage d'un village. Ainsi après avoir passé quelques éminences basses, on laisse à droite les villages de Vitkovatz (62 m. et 408 h.) et de Milakovatz (39 m. et 258 h.), dont le dernier est déjà à 2 1. de l'auberge de Schestin. Depuis ce point on apperçoit au S. plusieurs sommités élevées en deçà de laMorava; on estalorsàSl. de Earanovatz.

A y^ h. plus loin on passe sur un pont un petit cours d'eau et on va gagner de là le village de Vitanovatz (147 m. et 814 h.). Jusques là on n'était pas sorti du bassin du Lipnitza et du Grouja, dont les eaux réunies coulent au S. £. dans la Morava, nous avions côcoyé leur côté occidental. Depuis ce pont nous montâmes à l'O. en deçà du village de Vitanovatz et prenant une direction S. O. nous franchîmes Téminence couverte de bocages, qui sépare ce village de la vallée de la Morava. Nous nous tînmes dans le milieu des falaises, qui bordent cette rivière jusqu'à la descente sur Podvitanovatz (Vitanovatz inférieur), (le Schovaritza de Mr. Viqueanel) à 1 1. de Karanovatz.

La vallëe de la Morava forme dans ces lieux un bassin d'une douzaine de lieues de longueur sur 1 ou ly^ 1. de largeur. Karanovatz est au milieu. Cette plaine est traversée par Tlbar, qui ne sort qu'à 1 1. au S. de cette ville des profonds défilés, c^ans lesquelles il se jette à Mitrovîtza ou à l'extrémité septentrionale de la plaine de Kosovo. La vallée de la Morava avec ses belles prairies, ses cultures, ses villages et ses grandes rivières forme un coup d*œil d*autant plus imposant que ce diamant de la couronne serbe est enchâssé dans un amphithéâtre magnifique de montagnes» Au S. s'élèvent un grand nombre de hautes sommités, parmi lesquelles les monts Stolovi sont les cimes élevées les plus proches. Elles ont plus de 3000 p. A l'O. de ce groupe on apperçoit les gras pâturages du Tschéraére-Planina, où les marchands de bestiaux engraissent leurs animaux. Au loin à l'E. on entrevoit une extrémité du mont Jastrebatz (l'épervier), à l'O. les monts Ovtschar et Kablar bordent la Morava sous la forme de buttes arrondies et une lisière de plus basses hauteurs boisées règne le long de la rive septentrionale de la même rivière. On comprend très bien que Karanovatz, placé au milieu de ce superbe cirque sur la berge élevée de l'Ibar, ait paru à quelques Serbes digne d'être le siège du gouvernement central, mais tant que la Servie n'aura pas dépassé ses limites actuelles. Kragoujévatz sera toujours préférable à cause de sa place au centre du pays, mais si les vedettes serbes reculent une fois jusques vers la Macédoine et l'Albanie, alors on pourra penser à porter le siège des affaires à Karanovatz ou à Krouschevatz.

Nous dépassâmes le confluent de l'Ibar dans la Morava, or comme il avait plu dans les montagnes à l'O., cette dernière rou* lait des eaux jaunâtres à côté des belles eaux claires de l'IbaiB» Le bac, qui sert à passer la Morava, était en si mauvais état ^ si plein d'eau que nous préférâmes passer la rivière à gué, ce qui n'est facile que par des temps de Bécheresse. Ne connaissant pas le gué, nous priâmes les bateliers de nous guider, mais malgré nos offres d'argent ils le refusèrent, ayant déjà guéé Teau inutilement pour nous. Nous fûmes étonnes de trouver en Servie un service de cette importance si mal fait. <*i>

Karanovatz (du mot turc JK'ara^ noir, et Aot^a*^, tnonnak) est à 9 h. de Kragoujévatz. Le ]»lan de ëe» nien parait avoii été fait dans l'espoir d'y voir un jour une gmndc ville, trois ou quatre

rues ridiculement larges pour un si petit endroit et de si basses maisons aboutissent à une grande place ronde, dont le milieu est un cirque gravelé. Une ou deux rues sont garnies de pavés trop bombés et bordées de profonds ruisseaux* Autour de la place et diins la rue, qui va à Kragoujévatz, sont surtout dispersées quelques habitations d'un étage. L'auberge avec une grande galerie ouverte au premier est aussi sur la place circulaire. Cette ville comptait en 1846 303 maisons avec 1125 habitans, dont 260 payaient en 1838 la Porésa ou l'impôt. H y a une église et une école. C'est la résidence d'un archiprêtre, qui a sous lui S églises et 10 paroisses. Le district de Karanovatz comprend 1 bourg» 18 villages et 20 hameaux ou 2742 maisons avec 14,122 âmes. Le commandant réside à Karanovatz.

A une grande lieue au S. de Karanovatz près du village de Besbogo est l'ancien couvent de Jitscha (.n a), où sept rois serbes ont été couronnés. Pour atteindre cette ruine située en deçà d'un torrent de ce nom, se rendant du S. E. dans l'Ibar, il faut passer cette dernière rivière à gué et traverser un grand nombre de champs de maïs et de prés, au milieu desquels on remarque aussi quelques marécages à eau vive et à sangsues. (Voyez la description de Jitscha dans ma Turquie. Vol. 2, pag. 381.) Depuis Karanovatz on prend une bonne idée des gros mamelons du mont Ovtschar (berger) au S. de la Morava et du mont Kablar (tonnelier) au N. de cette rivière et on voit aussi la longue crête de l'Ostrovatska-Planina au N. de Tschatschak.

A ^2 b. de Karanovatz on traverse le hameau de Tschiboukovatz et à 1 h. Konarevo (ensemble 174 m. et 947 h.), dont le Han isolé (Konarevo-Han) ne se trouve qu'à V^ d'h. plus loin. On est alors tout-à-fait au pied des montagnes et on observe au bas des monts Stolovi un grand nombre de petites éminences bombées de serpentine. La vallée de l'Ibar parcourt encore ici un joli bassin orné de champs de maïs avec des vignobles sur ses bords. Cette rivière coulant dans la plaine de Karanovatz au N. E., a ici un cours S.-N., après avoir décrit à l'E* un coude très fort et bordé de précipices. Pour éviter ces derniers, il faut traverser cette es» pèce de promontoire à une assez grande hauteur, d'où on apper- <;oit le village de Ribnitza (107 m. et 497 h.) dans les montagnes sur la rive orientale de l'Ibar. On comprend que ce point peut de-.

venir railîtnîremetit de quelr^ueimporrance au cas qu'un ennemi aok parvenu à pënëtrer jusquee là depuis la Bosnie.

Le Lopatniska^Rieka ai' rose un vallon étroit , qui court du N. O, au S. E. et tombe dans l'Ibar, Sur ses bords ent un petit mauvaîtï Han couvert en planches avec une petite écurie en osier, dont le toit laissait pénétrer la pluie. Il paraîtrait qu*îl 7 a encore quelques maisons cachées dans les montagnes. Ce hameau de Lo» patnîtza et celui de Maglitch (brouiJlard} font partie du village de Bogosavafz (144 m, et 909 h*), qui est sur la montagne auN*0< On remonte de là à utie certaine hauteur dans les pentes boisées le long de llbar, qui coule du S, 38 ^O. auKSS'^E. Une descente assez rapide à 7a I* du Han de Lopatnitza conduit à cette dernière et la route n'est dIus qu'une étroite corniche au bord de Teau. Un reste d'anciens murs épais y indique encore qu'un fort fermait une fois ce passage important^ qui est suivi d'une grande montée d'une demi -heure de durée. Arrivé sur la hauteur, la route est encore dominée par des cimes boisées de 7 à 800 p. et ne se rapproche plus de longtemps de Tlbar.

A y^ d*h. de ce col on passe dans des prairies et quelques champs ainsi que près du petit hameau de Krschlisché, qui reste à droite sur la pente des montagnes et on observe sur une butre de la rive orientale de Tlbar les belles ruines du château serbe de Maglitflch (de Magla^ brouillard). On comprend qu'avec le mode de faire la guerre dans le moyen âge et avant la découverte des canon Sf on trouvait important d'isoler ainsi sur une espèce d'isthme Tin fort, d où on pouvait aisément fermer le passage des défilés le long de Tlbar; maïs il est dominé de toutes parts.

Après avoir ainsi voyagé une heure sur des pentes assez hautes et déboisées, on descend un peu, pour remonter de plus bel dans des montagnes plus élevées que celles qu'on a traversées et couvertes à leurs cimes par des pins. Ces hauteurs portent le nom de Déméronia. Vis-à-vîs à TE. se trouve au pied du Jélîn (Jfie^BH) et du Plotsch le district et la vallée de Joscbanitza avec sou cheflieu de Bauîa (49 m. et 444 h.)» où il y a des eaus thermales. D'après Mn Vouk Stephanovitch, qui a fait cette route, les contreforts de ces montagnes forment vers la partie inférieure de cette vallée le mont Jadovnik et le gros mont de Koukavitxa (de Kouku, uu crochet). Sur le côté méridional de cette vallée Mr. Bou-

sao

garski place une montagne du nom de Stara-Planîna (vieille nsoiitagne).

Quoique la route avait été faite en 183^9 elle était déjà mauvaise et les chevaux de bât avaient surtout de la peine à se tirer de la boue argileuse protluite par la pluie. Nous rencontrâmes là des paysans avec des chevaux chargés de blocs de bois de .pin, pour allumer le feu et en faire des flambeaux. En s'éloignant toujours plus de ribar au S. O., on descend rapidement pendant une demi-heure depuis ceâ hauteurs dans la vallée profonde de Douboschitza (profonde), qui court de TO. 8 ^ N. à TE. 5 ^ S. et débouche dans ribar.

Entre ce point et la vallée de Stoudénitza est le massif élevé du mont Djakova ou par abréviation Djako, appelé ainsi du nom d'un fameux brigand. On le franchit à 3477 p. de h. abs., après avoir dépassé plusieurs mamelons subordonnés. Malgré les descentes réitérées depuis Karanovatz nous nous étions élevés graduellement à un niveau bien supérieur à celui de la vallée de la Morava, de manière qu'en montant depuis Douboschitza, on atteint bientôt la limite inférieure de la région des pins à 1591 p. de h. On continue à monter encore un peu, pour descendre de là à Brznik (lieu de bouleau), hameau situé sur la pente des montagnes à 4 I. de Lopatnitza. Le Kmet du lieu fut requis par le capitaine, qui nous accompagnait de la part du prince Milosch, de nous servir une collation composée de lait et de fromage blanô. En un instant nous étions servi et il reçut par contre de nous la Tschoutra ou gourde de bois contenant du Kaki ou de l'eau de vie. Après en avoir bu, il e'informa du prince et du colonel de Krouschevatz, sous les ordres duquel ce capitaine* du Jélin se trouvait. Il chargea ce dernier, de faire bien ses complimens (Posdrav mlogo) au colottiel, ce qui caractérise bien l'espèce de gouvernement patriarchal de ia Servie, où le moindre homme n'a pas lair de sentir la distance qu'il y a entre lui et les premiers dignitaires de l'érat.

On se dirige depuis là de nouveau au S. O. par-dessus deux montagnes toutes boisées en hêtres de haute taille et mêlés de peupliers. La montée surtout dans la dernière partie est très rapide, parce que souvent la route ne décrit pas de contours et s'élève tout droit. Il nous fallut 1 y, h., pour arriver enfin au col du mont Djako, qui est dominé par des cimes de 60 à 100p. plus hautes. De ce point on descend assez graduellement par des bois de pins clair-

prnu^F! Qi en fmPjiTit plusieurF caiitoura od débouche enfin, aprè§ une bonne heure, dans la profonde vallée de Stoudéuîtza, où on revoit des cultures de maïs et des noyt;rs. C'eet dane cette descente qu'on commence à bien voir bu S. S. E. les cimes alIoDgées du mont Kapaonik, tandis que ju^ques là on n'a guère en vue à FE, que les doubles sommités pointues du Jclin et d autres montagnes coniques enïre ce massif et celui des Stolovi. En général les montagnes sur cette partie de Tlbar sont bien plus hautes sur le côté oriental que eur le bord opposé, de manière que ce n'est que depuis cea dernières qu'on peut appercevoir une partie des chaîne» de la Btisnie méridionale. Nous avons déjà dît que depuis le Kopaonik on voyait même par-dessus celles-ci le Dorniitor ^)*

Le vallon de la Stoudénitza (froide) court du N, â'/^^'O. au S. âVj^E. et reçoit les eaux du Schivitza, petit ruisf*eau descendant à l'E, de la montagne de Djako. Les sources principales de la Stoudénitza sont à TO. dans les montagnes de Brousnik et au S. dans les crêtes adjacentes du Tolitz et du Javor» qui séparent le bassin de Stoudcnitza de trois affluents de la Morava serbe, savoir le torrent de Eop:atsclia (92 m* et 722 h.), prenant ses sources dans le Jélit^a et débouchant dans la Morava près de Markovatzj le Gorouschitza et la Moravitza descendant du Javor et coulant au pied du Branianska-Planina. Cette dernière reçoit deux principaux affluons du N. Ë. ou du TolitZi ils sont séparés par Je mont Tschémerno (amer) et atteignent la Moravitza, rnnàKantza et Tautre à Bédtna,

On a encore un bon bout de chemin à faire sur la rive occidentale de la Stoudénitza, avant d*apperrevoir la coupole de !*«> glise et atteindre le couvent à 9 '/a b. de Karanovatz^ La nécessité de faire tourner la route autour de plusieurs proéminences Talion ge beaucoup. On rencontre le villaffe de Djakovo au pied du mont Djako et plus loin celui de Brézova (de bouleau), U compte 127

*) L^étymologie du mat de Dormi cor on Donrmitor pour une dei crêtes lei plus reiD&rqiiabL0f de la Turquie me paraît sq trouver daui Jei deux mots alb^ uaîâ I/oré ou JJùuré^ la maîtir ^^ Tourré^ un ama» de pierres. Eu effet ou ue peut mieux earâctérjft^r la eiérie de pks dolomi tiques de ces iDoutagoes, De même i>u^ pourrait demaodi^ri »t Pirlitor ne Tiendrait pas da Plrroua, fourchette, et Tourrft »mafl de pierrca, à cause de la forme du défilé^ oîi est ce château. Quant au noui des monta Viiiior, il dériTerait de Fi/f, sJllou, ou de Vis^ fiommet, et de Tùttrr^ il cause rîe leurs nomhreofies çîmes coiiiqueiÉ

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maisons et 1003 habitans, parce ()ue 10 hameaux en dëpendent. En avant du couvent, des moines dirigeaient des travaux champêtres ou se promenaient. Une petite porte dans le mur d'enceinte ne put pas admettre les chevaux de bât , de manière que nous fîmes le tour du monastère, pour gagner l'entrée principale sur le côté méridional. Le couvent est près du cours d'un torrent sur le pied du Radotschélo. Comme ce couvent a servi plusieurs fois de poste militaire et a été pris neuf fois de force, les anciens édifices ont été détruits et brûlés, la belle église a même souffert considérablement des coups de fusils et de canons. Actuellement on trouve dans cette enceinte de murailles deux églises, une très petite et une grande, (voyez leur description dans ma Turquie. VpL 3, pag. 465), plusieurs bâtiment brûlés, dont ii ne reste que les murs, deux petites dépendances et le couvent nouveau ou réparé. Ce dernier, adossé contre la muraille extérieure du côté du N., contient d'un côté les chambres de 6 à 7 moines et de l'autre dea locaux pour les étrangers et les malades, car ce couvent est toujours en grande réputation à cause des guérisons, qui s'y sont opérées.

Avant l'établissement de» quarantaines serbes, les Chrétiens s'y rendaient par dévotion à certainea époques de l'année depuis la Haute Moesie, l'Albanie supérieure, la Bosnie et même depuis l'Herzégovine. D'autres y venaient, pour se faire guérir et même des Bosniaques musulmans ne dédaignaient pas d'y paraître pour le même motif, mais à présent ces voyages sont tellement entravés que les moines se plaignent de n'avoir plus cette source de bénéfices. Du reste la règle de ces moines n'est pas sévère, car nous fûmes fort surpris de voir à la brune des femmes se faufiler dans les cellules des bons pères, pour se confesser, tandis que deux d'entr*eux se condfuisirent avec nos domestiques d'une manière toutà-fait contre les règles de la morale. Malgré Tabsence de Vlgowrnen ou prieur, nous y fûmes fort bien traités et on nous donna même des provisions de vin et d'eau de vie pour notre route, sur laquelle nous allions en manquer. Les poissons de laStoudénitza surtout les truites, les perches et les brochets, ont de la réputation.

Depuis Stoudénitza il y a deux routes, pour aller à Novipazar, celle des charrettes, la plus ordinaire, va gagner l'Ibar et remonte la Raschka, tandis que Tautre plus directe franchit la montagne entre le Javor (Acer plaUmoides) et le Tschémerno (amer) et descend sur Novipazar par le côté occidental de la vallée de la

ans

T)éjë^^ (Cernes ), Sur k niontagnê eet le village de Sovïk e( beaucoup de hameaux existent dans là vallée de 1a Dtjéva. Le 8^ul village de lîHîodo (vallée de la bouche) comprend les lâliameaux eutv&n«, savoir: Biniîchi^ Louka, Gradovik^ Kjnoia (PwaHJa) Jahlanovitclii, Kotraja (KoTpamOi Maléechevo, Gradatz, Zarëvo, Ticht^âchlîan, Besvori, Sremtsciië, Portari, Krouachévitza et Pamétina* lU contiennent ensemble 80 mabons et 625 habitans ; Tégllae est à Rilindo.

En descendant la vallée de la Stoudënitza, noua remarqn&mes à gauche des carrièree de marbre et bientôt nou§ travereàmee un bois de pins, dont la plupart des arbres étaient coupés et renversés, pour lee brûler et en rassembler la poix. Nous arrivâmes à Borovtzi à Ya h, du couvent, ensuite & Ousié ou Ouschié, village à y^ Lde libar et passant la Stoudénitza sur un pont nous nnâmes remonter au S. un de ses affluens, le Radouscha-Vodai f|ui plushîiut coule du S. O.-N.E, De nouveau depuis ces collines nous eûmes la vue dea tnonts Jélin et Htolovi au N. E. ainsi que celle du Kopaonik au S. £., tandis qu'entre nous et ce dernier était le mont Stoudëiia, Au pied occidental du Jclin se voyait la vallée du Joschanitza. En longeant la montagne^ nous montâmes k un col boisé en cbénea, d'où nous redescendîmes au 8. par une pente assez longue et faiblement garnie d*arbres jusqu'à une jolie pelouse entremêlée de champs. C'est là que sont situées non loin de Tlbar les maisons dî^^persées de Baîiévatz (le Pëlanevntz de la carte)* Nous nous dirigeâmes vers la demeure d'un paysan -aubergiste, mais à peine y étions-nous arrivés que le capitaine du lieu et son secrétaire vinrent nous demander nos passeports. Notre guide, le capitaiue du district deJélin, nous avait abun donné, de manière que nous n'avions qu'un paysan, pour certifier que nous avions la permission du prince» de sortir de Servie par la frontière de Novipazar, Sans cela le capitaine nous aurait forcé de rétrograder, Tordre précis et absurde était alors qu on ne devait sortir que par les quatre lieux des lazarets I

Les hauteurs à quelque distance à FO. de Flbar paraissent B*appeler Tsehémerno-Planina. A '/^ h. S. de Baliëvatz nous arri* vàmes sur Tlbar au torrent et village de Brvénî ou Brvnitza. Ce hameau avec quatre autres fait partie du village de Biotzi , qui compte 79 maisons et 5M habitans. Au pied d'une butte derrière les maisons nous remarquâmes une église ruinée. A une demi-heure plus loin eat une mine semblable sur le bord opposé de l'Ibar et à t ùté

une non elle et belle église blanohe avec un clocher à la hongroise. Elle fait partie du village de Pavlitza (17 m. et 72 h.)- A % h. plus loin est Blasovo. Il est tout naturel que cette route le long de l'Ibar porte des traces de déyastations, puisqu'elle a été si souvent le théâtre d'invasions meurtrières.

Après avoir traversé des pays si boisés, il est curieux de se trouver tout-à-coup dans une contrée dépourvue d'arbres ou simplement garnie de petits broussailles. C'est surtout le cas pour lu rive orientale de l'Ihar, toutes les pentes des montagnes y sont pelées, sur le côté opposé on rencontre encore quelques restes de forêts de pins, mais plus loin la route est resserrée entre la rivière et des rochers escarpés noirâtres ou rougeâtres. C'est avant ce défilé que l'Ibar décrit un grand coude à l'K, pour reprendre ensuite sa direction du S. au N.

On passe près du confluent de la Raschka et de l'Ibar et on remonte le long de la première rivière, qui forme ici la limite serbe et bosniaque. Tous ses bords étaient garnis soigneusement d'une haie artificielle, mais cela n'empêchait pas qu'on ne fraudât la quarantaine et que des Serbes ne continuassent leur trafic avec les Bosniaques. Une outre de poix restée sur la route et percée attestait au moins qu'un jour auparavant un Serbe avait été pris par le gendarme de ronde en flagrante contravention et s'était enfui de l'autre côté du ruisseau, pour éviter la punition et malgré une blessure de sabre. Son charriot avait été confisqué.

Le long de la Raschka se présente d'abord un pays dénudé de bocages et un sol pierreux, il est traversé par un petit cours d'eau venant du N.E., recevant ses eaux du Tschémerno et se jetant dans la Raschka. Plus loin des champs de maïs et d'autres céréales, ainsi que des prés encadrent fort bien cette rivière et contrastent avec les hauteurs pelées des bords de la vallée. Nous couchâmes au Han isolé de Milatkovitsch, dont le toit était plein de trous et où il n*y avait point d'écurie. Nous eûmes aussi bien de la peine à y trouver quelque aliment, il fallut envoyer à distance et encore n'apporta-t-on que du lait.

En continuant à longer de loin la Raschka dans les hauteurs, nous arrivâmes à y, 1. de là au poste de Raschka situé vis-à-vie du confluent du Doukimpotok (torrent venant du S. E.) avec l'Ibar. Nous étions sur la limite du Paschalik de Novipazar et trouvâmes dans une maisonnette de bois un Boloubaschi avec cinq hommes

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artiiéa de piitolets et de carabines, qtiî étaient chargés de la garde de 2 !• de frontière. Ils nous avouèrent que leur BerTÎce était difficile à bien faire et ils nous montrèrent les haies qu'on avait construites, même à travers les montagnes sur la frontière. Cela rappelait en petit la grande muTfiille en Chine. Dans le conimeneement de l'établissement des quarantaines en Servie, ce poste avait aussi un lazaret, qui n'est plus aujourd'hui qu'un parloir ou Sastanak, On y voyait encore sept huttes, une cour et le parloir (parlatorîunj), le tout en osier ou branches d*arbrea tressées^ de manière qu'on ne comprenait pas, comment on pouvait empêcher les prisonniers de ne pas communiquer lee uns avec les autres-

Après avoir envoyé notre Tartfire chercher des chevaux de poste à Novipazar (à 9 h. de Stoudénitza)^ nous renvoyâmes notre postillon serbe et noue nous campâmes sous des pins en dehors de la porte d'osier du territoire serbe. Tout ce paya est sauvage et inculte comme une bonne partie des hauteurs à TE. et au S. E. en deçà de la Kaschka* Le côté serbe est presque dans le même état de nature à Texception des borda de la rivière. Le poste est isolé au milieu de bois de pîns et il est à 2 1, de celui de Bélopolie {plaine blanche), qui est au N, O.

La vallée de la Raschka court avant le poste de l'0.5<'N, à PE-S « S,, mais en deçà sa direction est du S, 3** O, auX. 3^E. On !a remonte jusqu'à Novipazar. (Voyez ritinératre, N"^, 12.) Notre Tartare nous avait déjà annoncé^ de manière que nous trouvâmes notre logement tout prêt chez un notable chrétien et un pope était chargé de pourvoir à notre nourriture, c'est-à-dire d*al 1er commander notre dîner par forme de réquisition chez quelques-uns de seâ paroissiens, afin qu*une seule famille n'eût pas cette corvée. Un nouveau Pascha, créature de Veghihî-Paaeha, résidait depuis peu de temps à Novipazar. Il nous parut plus convenable que le défuHt,

DE

POJAREVATZ À OUJITZÉ

PAR

JAGODINA ET KROUSCHÉVATZ,

Une plaine, couyerte de pâturages et de bestiaux, s'étend au S. de Pojaréyatz* A 1 h» de ce bourg on laisse à droite de la route le village de Pragova, qui est sur la rive orientale d'un cours d'eau, qu'on côtoyé pendant quelques instances, et pour lequel on m'a donné le nom probablement fautif de Résava. Cette eau à deux affluents est indiquée aussi bien dans la carte de Vienne que dans celle de Bougarski et est bien différente de celle qui, ayant un plus long cours, coule plus au S. et porte le nom de Révatschina dans les cartes. Cette dernière vient de Porodin et se dirigeant du S. Ë. au N. O. , tombe dans la Morava audessus de Loutschitza (161 m. et 962 h.)*

On parcourt ensuite une forêt de chênes,^ qui couvre le pied occidental de petites collines aussi boisées et s'élevant à 300 p. C'est dans cette forêt que se trouve le village de Mali-Popovatz, à V2 1- plus loin est celui de Poliana (134 m. et 78S h.) et à 1 h. de là celui de Vlaschki-Dol (la vallée valaque) (153 m. et 828 h.). Dans ce lieu des prairies interrompent l'uniformité de la forêt et un cours d'eau , appartenant à la dite Resava ? coule à ^/^ h. à droite de la route.

Le grand village de Provo (194 m. et 1132 h.), à 4 h. de Pojarévatz, est encore au milieu des chênes. A 1 '/^ h. plus loin est le village semblable de Rakinatz (172 m» et 1060 h.) et peu après vient Oréovatz, et à 2 Va h. celui de Jabaré (96 m. et 895 h.)

qtiî est entouré de pruniers et de prés, Lîvadît2;â(129m et 773 h*) est BÎfyée à 7 h. de Pqjarévatz dans une autre oaeîs de verdure au milieu d*uiie forêt de chênes, et à Va li. plus loin on remarque sur la coUîne à gauche le village de Porodin (275 m, et iS98h,). A Va h. de là le grand village de Koschouliévo est encore toî aiment caché au milieu d'un bois de petits chênes^ Le bourg Svi* lanîtza eet entouré de plantations de pmnîerflj les rues j sont tirées au cordeau et larges. On y compÉe plus de 479 maisons et 2odZ h. Il y a une église et une auberge. Ce bourg devrait son nom à réducation dee vers à soiej qui y a pu exister, car Svila BÎgnifie soie en al ave,

A peu de distance au S, de Svilanitza on passe la Eé- Bava sur un petit pont et on s'approche des hauteurs, qui e'a-^ van cent dims la vallée de la Morava et j forment un étranglement entre Glogovatz et Kibaré, A 2 1, de Svilanitza on atteint Glogovatz (90 m, et SSO h.) et on franchit de petites éminences^ pour arriver aux villages de Medvédja (84 m, et S2S h.) et de Popovîtch, si mes le premier à 3 h. et le second à 4 h. de Svilanitza. On monte ensuite sur le mont Lipar, qui est une plateforme boisée en chênes, d'où on a une vue à TE. sur les mon* tagnes calcaires et escarpées de Gornîak. Le plateau est incliné faihlement du S, au N. et atteint 700 p. de h, abs. Depuis son extrémité méridionale on domine la plaine de Jagodin et de Tchouprîa,

La route descend en ligne directe sur ce bourg, tandis que celle de Jngodina va à droite au S. O, passer par Drajimirovatz (24 m. et Î54 h.) à Glogovatz, où il y a un bac pour traverser la Mo ra va. Sur la rive opposée est le village de Ribaré (145 m. et 882 h,), qui est entouré de pruniers comme les autres hameauKv On longe la Morava et va gagner la plaine verdoyante de Jagodina, en avant de laquelle se remarque encore une petite mosquée. Depuis Jagodina on va gi»gner le pont de Tchoupria. (Voyez ritinérsire Nr, 2,j On continue à longer les montagnes du Gior et à V* h, du partage des routes allant à Tchoupria et àJagodina, on passe au village de Majour (93 m, et 497 h*), qui est suivi par celui d'Ostrikovatz (31 m. et 158 h*}, et à V2 h. plus loin par Gorniaou Mali-Jovatz (,]cvatz des carfee) (34 m, et 19(5 h.) et Dolnî- ou Vélîki-Jovatz (117 m* et 594 h,). Ces deux vilbgea sont séparés par le torrent du Vranjevafz, sur lequel il y a plufl au S* uu

village de ce nom. A V^ 1. du Dolni-Jovatz est le village de Dvoritza (de la cour) (24 m. et 122 h«), à V, 1. plus au S. celui de Baschëvitza et à V^ h. de là celui de Potoschatz, tous trois situés nu pied du mont Vëtërina. Près de Raschëvitza la route passe très près de la Morava, qui coule de là au N. O. vers Tchoupria.

A y4 h. de Potoschatz on passe le chemin, qui conduit au village de Svoïnovo à % h. de la Morava, et continuant à longer dans des pâturages le bord escarpé de la Morava» on rencontre à % h. au S. E. du dernier village celui d'Obrej (06pe k, pron. Obrége) à Yj h, de la Morava, à Vi h. au S. O. celui de Kntoun et à V2 h. plus loin au S. S. E. le grand village de Varvarin. La route passe à V2 h. à TO. d'Obrége et traverse directement la plaine de Varvarin. Celle-ci n 2 h. de largeur et est coupée par un vallon, qui dans le village a 80 à 100 p. de largeur et est bordé d'escarpemens argileux de 30 p. d'élévation. C'est dans ces lieux que les Serbes sous Tzcmi-George réunit à 3000 Russes sous le commandement du comte Ourourk, battirent les Turcs en 1810. Dix niille hommes en repoussèrent 30,000, qui avaient pénétré en Servie depuis Krouschévatz et avaient passé la Morava à Jasika. Ils étaient commandés par Churschid-Pascha,

Depuis Varvarin à Jasika la route reste sur la rive gauche de la Morava. A % h. S. de Varvarin on trouve le village de Maskaré (64 m. et 366 h.) et à 1 V, b. celui de Boschniané (101 m. et 571 h.) sur le ruisseau de même nom et à 1 h. plus loin le village de Schanatz (S7 m. et 390 h.).

De Jasika à Trsténik on laisse à 1 h. à droite le village de Kouklin (143 m. et 799 m.), qui a une demi-lieue de longueur et est placé au pied du mont Bnsar (?) sur le torrent du même nom. Puis viennent les villages de Bélavoda (eau blanche) (110 m et 652 h.) et d<^ Koujousi (101 m. et 586 h.); le dernier est un peu à droite de la route, qui est carrossable. A 1 Vj h. à 1*0. de Drenova est le village de Tzrnischava. Un peu plus à TO. on traverse la Morava et on passe par Potschëkovina (67 m. et 377 h.) et à Ya h. est à gauche le bourg de Trsténîk (188 m. et 889 h.). Pendant cette route on voit au S. le Jastrébatz et à Drénova, à 3 h. de Jasika, on distingue déjà la cime du Kopaonik, et on voyage sur les pentes des petites hauteurs bordant la Morava,

On peut aussi passer la Morava à Stalatch ou Jasika et se rendre à Krouschévatz, d'où on gagne par la plaine Bibnik, vil-

lage appartenant au prince et entouré d'un demi-cercle de vignuhî'^B et avec une nouvelle égliee, La Morava s y trouve dans un î^illon assez ëtroit, maîe à 1 y^ h. plus loin la vallée s^élargit de nouveau et a quelquefois 2 K de large. Son !ond eat cultivé et lee pentes dee montages sont couvertes de vignobles. Treténik est dans une position fort champêtre. Au K de ce bourg eat eitué en deçà de la Momva dans une gorge le vieux cloître de Ljoubostin et à 3 h. au N. dans la vallée de Kamenska le beau monastère de Kalénîtuh avec un village de 30 maisons et 29G liabîtans. Entre Krousehévatz et KaranoViit2 Mr. Vouk Stephanovîtch cite la ruine de Jérénin-Grrad sur la rive gauche de la Morava,

Depuis là jusqu'au défilé entre le Kablar au N. etTOvtschar au S,, la vallée de la Morava est assez large et une des pins belles de la Servie, les teintes fontiées des forêts, principalement de chênes, contrastent avec la fraîche verdure de ces fonds* Entre Trbténik et Karanovatz la vallée acquiert une largeur de 2à3h Les principaux villages sur cette route aont Novoséto, Glavnitzé (25 m. et 172 h.), Kourilovo (ISl m. et 790 h.) et iUtina (97 m. et 4G6 h.)*

On passe Tlbar à gué, pour atteindre K-iranovatz, qui est à Vj 1, de la Morava et est placé sur les bords assez élevés de J'Ibar, En 181S il fallut en chasaer les Turcs, quoique tout le reste du pnys fût délivré de ces derniers, ils purent gagner Novîpazar. De Karanovatz à ïsch^iischak on n'a qu'une vaste plaiiie à traverser, où le chemin passe par une forêt de chênes, qui ne cesse qu'à l y^ d'h. avant cette dernière ville, La vue des deux pyramides du Kahlar et de rOvtschar est ce qui frappe le plus le voyageur, l'un a au moins 1900 p. et Tautre environ t500p.de h. Sur leurs pieds sont des vignobles. Cette route de 6 h, touche les villages suivants, savoir: Makova-Rieka, Samaili (167 m, et 1007 h.>, Mrsuhîntzi avec le Han de Slatina à 3 h. de Karanovatz, Jéschévitza, Vilouseha et Drvari. Entre Markova-Ricka et yamaiii le village d'Adrani (141 m. et 7âl h,) reste à droite de la route et vîs-à-vis de Vilouscha sur la rive gauche est le hameau de Kunîévîtch. Avant Tschatschak on passe un torrent qui descend du S* du montJélitza. En deçà de la Morava règne une plaine cultivée produite probablement par les alluvions des trois grands cours d'eau du Mavtscha, iu Ditschina et duKaménîtza* Ce bourg, situé au pied înëridional du mont I^oubitzat contient 3Û5 niuisons et 948 habitaiks.

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