‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 106 sur 175 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

Cette petite espèce de Pœcilie a été récemment rapportée de Rio Janeiro par M. Delalande : elle fait partie de la riche collection du Muséum d'histoire naturelle.

3. Porcirra socoTEnsis , corpore compresso , fascia longitudinali argentea. Differt a P. surinamensi et P. unimaculata, fascia laterali argentea, et cauda

bifida.

N'ayant pas eu occasion de voir aucun individu qui ressemblât exactement à la figure du P. vivipara donnée par Schneider dans son édition de Bloch, je me contenterai de l'indiquer ici comme une espèce douteuse. Peut-être des individus mieux conservés du Pœcilia surinamensis prouveront-ils son identité avec le P. vivipara. Celle-ci diffère des deux premières Pœcilies que j'ai décrites par la queue qui est fourchue et non arrondie. La couleur jaune et les bandes tranversales brunes la distingueront facilement de l'espèce décrite et figurée par M. de Humboldt. Je nommerai cette espèce Pæcilia Schneideri, parce que l’épithète de vivipara ne lui convient pas exclusivement, ainsi que je l'ai déjà fait observer.

G'RE LEBIAS.

Ce genre, que M. Cuvier a établi, avoisine, par ses rapports, les Pœcilies ; mais la forme des dents comprimées et tricuspidées à leur bord libre, distingue facilement les Lebias des Pœæcilies. Le nombre des rayons branchiostèges est le même dans les deux genres. Les Lebias ont la tête déprimée et couverte d’écailles. Leur museau est obtus; l'ouverture de la bouche est très-petite et fendue horizonalement. La mâchoire supérieure est un peu protractile. Les dents sont sur un seul rang. J'ignore de quel pays viennent ces petites espèces de poissons qui sont déposées dans la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Toutes les espèces rapportées à ce genre sont nouvelles. Le caractères générique des Lebias peut être exprimé ainsi :

Corpus cathetoplateum, squamis tectum; caput depressum, squamatum ; apertura oris minima; dentes in utroque labro compressi, tricuspidati ; membrana branchiostega radis quinque.

1. Lesras RHOmBOIDALIS, corpore latissimo , immaculato , cauda*fere bifurca.

PER Ge Sel 7.)

Corpus breve ( bipollicare), compressum fere, rhomboidale ; dorsum elevatum; caput plagioplateum; os parvum ; dentes majores in unica serie ordinati ; pinna dorsalis librans fusca; pinnæ pectorales rotundatæ; ventrales exiguæ. Pinna analis haud subdorsali posita, sed caudæ propinquior. Pinna caudalis sublunata.

>. Lepras FASCIATA corpore tereti, subcompresso, 10-12 fasciis albidis circumcincto, cauda rotundata. ( PI. zxr, fig. 4.)

Corpus teretiusculum, bipollicare ; caput depressum ; os parvum; dentes minores in unica serie ordinati; pinna dorsalis remota, anali subopposita. Pinnæ pectorales et ventrales exiguæ. Pinna caudalis rotundata.

D. 10. P. 6 V7 À 6 Cr a.

GE FUNDULE.

M. de Lacépède a établi le genre Fundule pour classer deux poissons que Gmelin (edit. xu Sys. nat.) avoit rangés parmi les Cobitis, quoiqu'ils n’en aient aucun des caractères. Depuis que ce grand zoologue a publié son Æüstoire naturelle des Poissons, la collection du Muséum compte trois fois plus d'espèces qu’elle n’en avoit à cette époque. C'est à l'activité de M. Cuvier et à l'intérêt que son ouvrage a inspiré pour cette branche de l’histoire naturelle, que le Museum doit ce rapide accroissement. Aucune des espèces que j'ai décrites précédemment et de celles qui le seront dans la suite de ce mémoire ne se trouvoit dans le Muséum, lorsque M. de Lacépède a publié ses travaux: il n'a donc pu les connoître que par les descriptions incomplètes et inexactes que “on en trouve dans les auteurs. C’est à cette cause qu'il faut attribuer l’inexactitude des caractères qui ont été donnés jusqu'ici à ces différens genres de poissons.

Le Cobitis hérétoclita n’existe que depuis peu de temps dans la collection du Muséum de Paris. M. Cuvier, en déterminant les espèces de cette collection, l'a confondu avec le Cyprinodon varié. C’est probablement la raison qui l'a porté à passer sous silence le genre Fundule de M. de Lacépède. Par cette méprise, l'auteur du Règne animal a donné précisément aux Cyprinodons le caractère

qui convient au genre Fundule, genre qui a quatre rayons aux branchies, et non cinq, comme l’a indiqué M. de Lacépède d’après les descriptions peu exactes que ce savant a employées. Le Cyprinodon varié Lac. que cite M. Cuvier (Tom. IT, p. 199, n° 3) n’a pas encore été vu dans aucune des collections de Paris. C’est une espèce si voisine de l’Esox ovinus du docteur Mitchill, que certainement ces deux espèces sont du même genre, si même elles ne sont pas identiques. Or, d’après M. Mitchill, l'Esox ovinus a six rayons aux branchies,. et je trouve le même nombre pour l'Esox flavulus Mitch., espèce qui a les plus grands rapports avec les deux précédentes. Il en résulte qu'il faut admettre six rayons à la membrane branchiostège des Cyprinodons, et quatre à celle des Fundules. C’est avec ce caractère que le genre Fundule doit de nouveau prendre sa place dans le système auprès des Pœcilies, des Lebias et des Cyprinodons, dont tontes les espèces ont entre elles des rapports naturels.

Schœæpf ( Beschreibungen einiger Nord - Americanischen Fische dans les Schrift. N. Fr., Tom. VIIT, p. 171 et 172) avoit déjà indiqué ces petites espèces de poissons. Il les réunissoit toutes sous Cobitis heteroclita de Linnée, en distinguant quelques variétés par les noms anglois donnés par les pêcheurs. M. Schneider a placé le Cobilis heteroclita dans son genre Pœæcilie, sous le nom de Pœcilia cœnicola, et a distingué le Yellow-bellied Cobler des Américains sous . le nom de Pœcilia fasciata. Îl considère, à l'exemple de Schæpf, le Killfish comme une variété de cette espèce. M. de Lacépède passe sous silence le YeZ/ow-bellied Cobler et le Killfish; mais, d’après une note communiquée par M. Bosc, il établit un genre nouveau sous le nom d'Hydrargire. Cette Hydrargire Swampine est précisément le jeune âge du Pœcilia fasciata Schn. ou Killfish des Américains que le docteur Mitchill nomme Esox zonatus. Mais M. de Lacépède indique -cinq rayons aux branchies au lieu de quatre. M. Cuvier, dans son Réone animal (Tom. IT, p. 199 note (1), quoiqu'il n'ait pu examiner lui-même aucun de ces poissons, cite comme Pœcilies 1° Cobitis heteroclita Linn., ou Pœcilia cœnicola Schn.; 2.° Hydrargyra Swampina Lac. qu'il désigne, avec sa sagacité ordinaire, comme synonyme du Pœcilia fasciata Schn.; 3.° Cobitis mayalis Schn. Aucune de ces espèces ne sont des Pœæecilies ÿles deux premières appartiennent au genre Fundule dont je m'occupe maintenant, et la troisième est synonyme de l’Esox flavulus Mitch. que j'ai dit avoir six rayons aux ouïes, et qui dès-lors est un Cyprinodon.

Le docteur Mitchill range toutes ces petites espèces parmi les Ésox. J'ignore ce

Zoologie, Tom. II. 21

qui a pu le déterminer à cette classification ; car la forme de ces poissons rappelle bien plus celle des Cyprins que celle des brochets. Peut-être a-t-il eu égard seulement aux denis ? Sans discuter si ces espèces ont été décrites ou non, il distingue 1.0 le Yellow-bellied Killfish sous le nom d’Esox pisciculus, en lui donnant à tort cinq rayons aux branchies (c’est le Pœcilia fasciata de Schn. , ou le FeZlowbellied Cobler de Schæpf); 2° le Xzlfish, Esox zonatus, qui est, comme je l'ai dit plus haut, le jeune âge du Pœcilia fasciata ou l’Hydrargire Swampine Lac. pour la description, mais non pour la figure qui est mauvaise et à peine reconnoissable.

Ayant pu examiner moi-même un grand nombre de ces animaux, je ferai observer que, dans les petites espèces, les jeunes ont des bandes transversales sur le corps; que ces bandes s’effacent avec l’âge, en commençant par celles qui sont le plus près de la tête; aussi on en voit toujours quelques traces vers la queue. C'est faute d’avoir remarqué cette particularité que l’on a distingué difiérens âges d’une même espèce, comme étant des espèces différentes. Il résulte de ces recherches que les espèces du genre Fundulus dont je vais établir le caractere, en comprennent chacune plusieurs autres qui ont été vaguement distribuées jusqu'ici dans des genres différens.

FUNDULUS.

Corpus oblongum, teretiusculum ; squamis tectum. Caput squamatum , supra depressum, infra convexum. Dentes in utroque labro plurimi setacei, priores majores acuti; in pharynge conici, validiusculi. Membrana branchiostega radiis quatuor.

1. Funpuzus coenicoLus, corpore oblongo, pinna caudali rotundata , cinerascente, albo punctata.

Fundulus Mudfish. Lac. V. p. 58. ‘ Pœcilia cœnicola. Schn. Edit. de Bloch, p. 452.

Cobitis heteroclita Linn. Gmel.

Mudfish. Schæpf. in Schrif. V. Fr.T. VIIL. P- 171.

Habitat in rivulis et aquis salsis Americæ borealis, præsertim Carolinæ. Du UP. 013 V0 AO 00 So;

>. Funpuzus Fasciarus, corpore oblongo fusco, versus caudam fasciato; pinna caudali rotundata, concolore. (PI. zxur, f. 1. 4. 5.)

Pœcilia fasciata, Schn. loc, cit. p. 453.

Yellow-bellied Cobler, Schæpf. loc. cit. p. 172. (Cibitis macrolepidota, Art.)

Esox pisciculus, Mitchill. Trans. phil. of lite. and scienc. Soc. of New-Yorck, Tom. I, p. 44o.

Hydrargyra fasciata, Lesueur. Journ. Philad,

Küllfish Schæpf. loc. cit.

Esox zonatus. Mit. loc. cit. p. 443.

Hydrargire Swampine. Lac. "F. V. p. 379.

Habitat in aquis dulcibus Americæ borealis, prope New-Yorck.

Les quatre premiers synonymes appartiennent au poisson adulte; les trois derniers au jeune âge de la même espèce.

3. Fuxourus Brasictensis, corpore oblongo, ex nigrescente fusco, pinna caudali lanceolata, concolore. (PI. zxrr, f. 2.)

Habitat in aquis dulcibus Brasiliæ; corpus teretiusculum , oblongum; dorsum depressum ante pinnam pectoralem, post illam compressum; præoperculum squamatum, poris marginatum; pinna dorsalis remota, anali opposita, nigra. Pinna analis magna, nigrescens. Pinna caudalis fusca lanceolata.

DSP Ve TA aa or

GRE CYPRINODON.

Ce genre a été établi par M. de Lacépède, d’après une note que lui avoit communiquée M. Bosc. L'espèce qui a servi de type, ainsi que je l'ai dit plus haut, n’est encore dans aucune de nos collections. C’est donc par la comparaison de la figure donnée par M. de Lacépède et de celle du docteur Mitchill que je me crois fondé à réunir dans un même genre ces deux espèces très-voisines.

Caractérisés par les six rayons de la membrane branchiostège, les Cyprinodons se distingueront facilement des Fundulus auprès desquelles ils sont naturellement placés , par la forme générale de leur corps et par leurs habitudes. Ce sont de petits poissons qui vivent enfoncés dans la vase des eaux douces ou saumâtres de l'Amérique. On en fait au printemps une pêche assez abondante pour en amorcer les hameçons.

Outre la différence dans le nombre des rayons branchiostèges, les Cyprinodons se distinguent encore des Fundules par la forme des dents : elles sont

égales entre elles, très-petites, disposées sur plusieurs rangs, et en velours. La bouche est petite, fendue horizontalement; la mâchoire supérieure est protractile; l'inférieure plus avancée. La tête et le corps sont couverts entièrement d’écailles semblables. La ligne latérale, située sur le milieu du corps, est

très-peu sensible.

CYPRINODON.

Corpus oblongum, supra depressum, squamatum.

Dentes in utroque labro, plurimi, minimi.

Membrana branchiostega radis sex.

CxPriNoDON FLAvuLUS, corpore oblongo, viridi-flavescente ; lineis nigris, longitudinalibus in corpore , transversis pone caudam , ornato. (PI. rxnr, R60-ç.)

Esox flavulus, Mit. loc. cit. p. 439, PL. 1v, fig. 8.

Cobitis majalis, Schn. p. 453. ,

Cobitis majalis Artedi (Schæpf. in Naturf. Fr., Tom. VIIE, p. 193.)

Habitat in aquis dulcibus Americæ borealis, prope New-Yorck.

Caput supra depressum, squamatum ; dorsum ex viridescente flavescens, ante pinnam dorsalem depressum, pone illam compressum. Squamæ magnæ striis concentricis exaratæ. Venter flavulus. In utroque latere fascia unica longitudinalis, corpus dimidians , nigra; abdomen versus fasciæ duæ aut tres longitudinales, interruptæ; pone caudam duæ lineæ transversæ, nigræ. Pinnæ pectorales albidæ, rotundatæ; pinnæ ventrales minores, concolores. Pinna dorsalis cinerea , remota, anali opposita. Pinna caudalis integra. Longitudo totius corporis 6 pollic.

J’ ajouterai encore ici la diagnose de deux espèces; l’une d'après la description du docteur Mitchill, l'autre d’après M. de Lacépède.

2. CxPRINODON ovinus, corpore abbreviato, truncato; ex viridescente cano, lineolis vel punctis ornato.

Esox ovinus, Mit. loc. cit. fig. 7.

Habitat in aquis tam dulcibus quam salsis Americæ borealis, bipollicaris.

BrUG Va be AA MANDAnT NA 91 C Hu 7:

3. CyPRINODON VARIEGATUS, corpore subovato, maculis fascisque fuscis variegato. Cyprinodon variegatus. Lac. V, p. 487, PI. xv, fig. x. * Habitat in rivulis Carolinæ.

PBrta De PV 0. A TG 20;

Ce sont, dans l’état actuel de nos connoiïssances, les véritables caractères qui distinguent les quatre genres Pœæcilia, Lebias, Fundulus et Cyprinodon. Je les ai établis d’après un examen soigné des objets conservés au Muséum d'histoire naturelle, — Falenciennes.]|

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