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LE MATACAYMAN DU RIO GRANDE DE LA MAGDALENA

Doras Croconirr, corpore superne .olivaceo, inferne albo-flavescente ; pinna pectorali uniradiata.

Le Matacayman du Rio Magdalena. PI. xzvur, f. 2 (à peu près 2 de la

grandeur naturelle) :

« Matacayman (ex ordine Abdominalium Lin.) corpore elongato, compresso, nudo, mucoso, superne olivaceo, inferne albo-flavescent. Linea lateralis tecta squamis aculeatis, serie simplici dispositis. Caput magnum subobtusum, clypeatum, operculo osseo. Cirri sex : {4 in maxilla inferiore, quorum interiores duplo longiores; 2 longissimi pone rictum maxillæ superioris. Pinnæ dorsales duæ; anterior fere occipitalis, declinata, quinque radiata, radio primo osseo, pungente, externe serrato ; postica adiposa, minima. Pinnæ pectorales uniradiatæ, radio valido, utrinque denticulato. Pinnæ ventrales minimæ, radiis septem. Pinna analis subovata, ventrali major, radis novem. Pinna caudalis subbifida vel potius integra, rotundata et 8 radiata, subtus apendiculata lobo minimo 4-radiato, subpungenti. »

Un Silure cuirassé, que j'ai pris, en le dessinant, pour un poisson voisin du Silurus costatus. Il à 9 ou 10 pouces de long,et sa ligne latérale est marquée par une rangée de pièces osseuses, relevées chacune d'une carène saillante. Le casque de la tête s'étend jusqu'à la prennière dorsale. M. de Lacépède à distingué parmi les Silures cuirassés les Doras et les Cataphractes. Dans les premiers, il n'y a qu'une seule rangée de pièces osseuses et une seconde nageoire dorsale toute adipeuse; dans les seconds, les pièces écailleuses sont rangées sur quatre séries, et la seconde nageoire dorsale offre un rayon à son bord antérieur ', Le

£ Cuvier, Règne animal. Tom. Il, p. 205-207.

Matacayman est donc, à n’en pas douter, une nouvelle espèce de Doras et qui est d'autant plus remarquable que les nageoires pectorales (de 26 lignes de long) sont réduites à un seul rayon osseux, denticulé des deux côtés. Dans les Blennies (Centronotus, Schneid.) c'est la ventrale qui est quelquefois réduite à un seul rayon. La queue du Matacayman n’est, à proprement parler, pas fourchue, mais appendiculée ou augmentée d’un petit lobe à quatre rayons.

Ce poisson se trouve fréquemment dans les parties chaudes de la Nouvelle- Grenade, traversée par la Grande Rivière de la Madeleine. Nous l'avons pêché entre Pinto et Mompox, par les 9° et 9°: de latitude. Les indigènes assurent qu'il est l'ennemi naturel des Crocodiles, qu’il entre tout exprès dans leur gueule, et quil les blesse dangereusement en écartant les nageoires pectorales qui sont plus tranchantes que les meilleurs instrumens de chirurgie. Cette circonstance a fait donner à ce poisson le nom bizarre de Mata- Cayman, c'est-à-dire pexe que mata el Cayman (qui tue le Crocodile). S'il est vrai que l’on rencontre des Crocodiles expirans dont l’œsophage est déchiré, il faut supposer que les Matacaymans, qui nagent par bandes, ont enfoncé leurs rayons dentelés dans les membranes de l’œsophage du Crocodile, moins pour se défendre, que parce qu'ils ont été agités par la peur, au moment où le Saurien les a avalés.

Le Doras du Magdalena a une force musculaire extraordinaire. L’individu que j'ai dessiné me blessa douloureusement, et je l'ai vu s'avancer par sauts sur une plage aride, à plus de 200 pieds de distance, en s'appuyant sur les rayons osseux de ses nageoires pectorales. Un autre individu, que les Indiens péchèrent à la ligne près du confluent du Rio Cauca, grimpa sur un monticule de sable de 20 pieds de haut. Ces faits, que j'ai observés moi-même, rappellent le Tamaota du Brésil (Cataphractus callichthys, Bloch, Tom. VI, p. 70) qui, selon Marcgrav , se traîne par terre d’une rivière à une autre. C'est à tort que plusieurs naturalistes ont traité cette assertion comme très-hasardée.

[ Le genre Doras, établi par M. de Lacépède, a pour caractère essentiel une rangée longitudinale d’écussons osseux et armé d’une forte épine dirigée vers la queue. Tous les poissons de ce genre ont, comme dans l’ordre entier auquel il appartient, une nageoire pectorale accompagnant le rayon épineux et dentelé qui s'articule sur l'os en ceinture. Dans le Watacayman que décrit M. de Humboldt, les autres rayons de la nageoïire manquent tout-à-fait; mais cette anomalie, quelque

extraordinaire qu'elle paroisse, n’est pas le seul caractère qui distingue cette nouvelle espèce de celles que l'on connoît déjà dans le même genre. M. de Lacépède avoit décrit deux Doras, placés par Linné dans le genre Silure (Silurus costatus et S. carinatus). Depuis, trois autres. espèces nouvelles ont été déposées dans la ” collection du Muséum d'histoire naturelle. Deux d’entre elles sont très-remarquables, parce que leur bouche semble privée de dents. La troisième espèce est voisine du Doras carinatus, mais elle en diffère par le nombre d’écussons aiguillonnés qui protègent les côtés. C’est près de ces deux espèces que l'on doit placer provisoirement le Matacayman. L'observation faite sur des individus vivans, par un voyageur qui a marqué constamment, dans son journal, le nombre des rayons épineux et non épineux, ne paroïît devoir laisser peu de doute sur l'absence de la nageoire pectorale'. Ce fait étant vérifié, il me paroit probable que cette anomalie entraînera d’autres changemens dans les caractères génériques de ce poisson, et que les ichthyologues, assez heureux pour l'observer, en feront le type d’un genre nouveau, voisin des Doras. La monographie du genre Doras renferme déjà cinq espèces, probablement toutes originaires d'Amérique. Je dis probablement, car je ne trouve aucune indication certaine dans la collection du Muséum, sur la patrie de chacune de ces espèces.

À. ore dentato.

1. Doras costatus, corpore cataphracto, scutellis transverse latissimis, longitudinaliter angustis, in utroque latere 34.

Doras costatus, Lac.

Silurus costatus, Gmel. (Bloch, tab. 376.)

Caput depressum, clypeatum, subtruncatum; cirri duo longissimi in maxilla supériore ad rictum; quatuor in maxilla inferiore, quorum interiores duplo breviores. Dentes plurimi setacei in utroque labro. Scutella 34, latus tegentia, granuloso-rugosa , imbricata, aculeata ; aculeis dimidiantibus. Venter cute vestitus. Pinna adiposa porrecta, crassa, haud elevata. Pone illam et pone pinnam analem in dorso et abdomine scutella imbricata, inermia, Pinnæ ventrales rotun-

datæ. Cauda bifida.

DA ESTONIA A ot Cine

? M. Geoffroy de Saint-Hilaire regarde le premier rayon épineux comme analogue à l’apophyse coracoïde.

Dans la description des espèces , je le compte parmi les rayons de la nageoire pectorale, selon Pancienne méthode de Linné.

2. Doras carinatus, corpore nudo, scutellis subrotundatis in utroque latere 17.

Doras carinatus, Lac.

Silurus carimatus , Gmel. (Marcg., pag. 174.)

Caput magnum, clypeatum, subcarinatum, antice subtruncatum. Cirri et dentes ut in Dorade costato. Scutella subrotundata, aculeata , haud imbricata, in utroque latere, dimidiantia. Pinna adiposa parvula : pone illam, caudam versus, superne scutella 2 inermia; inferne pone pinnam analem tubercula ossea sex. Cauda bifida.

3. Doras granulosus, corpore nudo granuloso, scutellis subquadratis in utroque latere 24. :

Caput antice depressum , subtruncatum, pone basin pinnæ dorsalis convexum subcarinatum : cirri dentesque ut in specie præcedenti. Scutella longe aculeata , fere quadrata, subimbricata. Pinna adiposa crassiuscula, subporrecta. Pone caudam, supra vel infra, scutella nulla.

DEP 0ù V7. Arr. NC:23;:

4. Doras Crocodili, corpore nudo, scutellis triangulari-cordatis, cauda

inferne appendiculata , pinna pectorali uniradiata. Differt, 1° pinna pectorali uniradiata; 2° cauda inferne appendiculata ;

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