‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 112 sur 175 · PRRR RS PR BR RD · texte numérisé non relu

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LE GUAVINA DU LAC DE TACARIGUA.

ERyTHRINUS Guavina, ex argenteo flavescens, pinnis viridibus, dentibus 8 in utraque maxilla, inæqualibus ; duobus minoribus denti majori approximatis; membrana gulari dependente,

Le Guavina du lac de Valencia ou Tacarigua. PI. xLvur, fig. 2 (à peu près : de la grandeur naturelle).

« Guavina (ex ord. Abdominalium, Lin.) corpore ovato-lanceolato, compresso, capite (: corporis) magno, plagioplateo, antice truncato, nudo, operculis olivaceis, radiatim striatis. Rictus amplus, labio inferiore longiore. Dentes 8 acutissimi, inæquales, in utraque maxilla simplici serie dispositi, duobus minoribus denti cuique majori approximatis. Oculi magni haud prominuli. Membrana laxa , subcarnosa, pone guttur dependens. Squamæ magnæ, rotundatæ, laxe imbricatæ, ex argenteo-flavescentes, centro et margine olivaceis. Pinnæ omnes

à] 150 SUR LES POISSONS FLUVIATILES

virides, zonis transversis obscurioribus notatæ. Pinna dorsalis ventralibus et anali opposita, 12 radiata, radis validiusculis. Pinna pectoralis 12-15 radiata. Pinna analis ovata, ventralibus major. Pinna caudalis integra , rad. 17.»

Ce poisson, qui a 20 pouces de long sur 3: pouces de large, a la chair trèsmolle; il est extrêmement vorace, et parvient peu à peu à détruire toutes les espèces de poissons qui habitent les mêmes lieux. Le Guavina, que j'ai dessiné, avoit été pris dans le lac de Tacarigua, dont le fond est un terrain granitique, et qui est situé à 220 toises de hauteur au-dessus du niveau de la mer, dans les vallées fertiles d'Aragua *. La température de l’eau est de 230,5 cent. Ce poisson devient souvent la proie d’un grand Saurien, que les indigènes appellent Bäva et que je soupçonne être une Dragonne.

[Le Guayina, par ses rapports naturels, avoisine les espèces du genre Erythrinus de Gronovius ?. Cette analogie avoit déjà été reconnue par M. de Lacépède, lorsque, en 1804, à la prière de M. de Humboldt, il examina les dessins ichthyologiques rapportés par ce voyageur. Le genre Erythrinus, que les naturalistes modernes ont négligé, a été placé par M. Cuvier ? près du genre Amia dont il ne diffère que par le nombre des rayons branchiostèges. Les espèces connues de ces deux genres ont la tête nue et osseuse; les écailles qui protègentle corps sont grandes et fortes ; la ligne latérale est droite et parcourt le milieu du corps. Une seule dorsale petite est située entre les ventrales et l’anale; la nageoire de la queue est arrondie. Ces caractères généraux des Erythrins conviennent au Guayina. Mais les dents offrent des différences remarquables. Celles des Erythryns et des Amia sont nombreuses, petites, et disposées sur un seul rang l’une auprès de l’autre, en suivant le bord de chaque mâchoire. Quatre ou six dents sur le devant sont plus grandes que les autres. Les dents du Guayina, au contraire, sont en nombre beaucoup plus petit, laissant entre elles des espaces vides assez grands; elles offrent de plus cette particularité très-remarquable que chaque grande dent en a deux petites à sa base. Ces trois dents n’en font-elles qu’une seule dont les deux petites seroient portées sur le talon de la plus grande? Cette dernière disposition se rencontre assez fréquemment dans les poissons de la zone torride.

! Province de Venezuela. Voyez ma Relat. hist. , Tom. Il, p. 65-82. ? Gronov. Mus. sect. II, n.° 6.

Cuy. Reg. anim., Tom. IL, p. 179.

Il faut regretter que le nombre des rayons branchiostèges ne soit pas connu. Si ce nombre eût été indiqué dans la description faite sur l'animal vivant, il ne resteroit aucun doute sur les caractères génériques de cette nouvelle espèce de poisson. La membrane si grande, qui pend sous la gorge, me fait présumer une disposition différente de celle que nous voyons dans l'appareil osseux de l'os hyoïde des Erythrins et des Amias. Si le nombre des rayons branchiostèges du Guavina diffère de celui des Erythrins auxquels nous le rapportons provisoirement, ce poisson sera le type d’un nouveau genre que la disposition singulière des dents rendra facile à reconnoître.— Yalenciennes.]

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