LE POISSON MOXARA D'ACAPULCO
SMARIS LINEATUS, @lbus, dorso virescente, zonis 3-0 longitudinalibus pictus.
Le Moxara d’ Acapulco. PI. xivr, f. 2 (à peu près = de la grandeur naturelle.)
« Moxara, corpore compresso, latissimo, albo, zonis 8-9 olivaceis picto, dorso virescente , abdomine argenteo. Linea lateralis curva, viridis. Caput parvum , subtruncatum, labiis retractilibus. Os parvum. Dentes setacei, minutissimi, vix conspicui. Opercula triangularia squamis magnis, laxis tecta, Oculi maximi, iridibus flavis. Membrana branchiostega radiis 5. Pinna dorsalis 19-radiata, à medio dorso ad caudam usque protensa, radiis primis 9 aculeatis. Pinnæ pectorales ventralibus majores, oblongæ, radiis 16. Pinnæ ventrales minutæ, radis 6, radio primo valido pungenti. Pinna analis ab ano ad caudam excurrens, 12 radiata , radis 3 aculeatis (primo minuto , secundo pollicari, validissimo , falcato). Cauda bifurca radiis 26. Pinna analis ab ano sat remota. »
« Les nageoires ventrales un peu en arrière des pectorales. Longueur, 9 pouces 3 lignes; largeur, 4 pouces. Les nageoires dorsales et anales sortent comme d’une fente formée par de grandes écailles. La base des rayons est cachée dans cette fente, Narines doubles, très-rapprochées. Le Moxara que j'ai dessiné à Acapulco, lors de mon retour du Pérou, a un goût excellent; il est extrêmement recherché. On le pêche dans la Laguna de Colluco, que l’on m'a assuré être d’eau douce, Peu éloigné des côtes, ce lac a peut-être des eaux un peu saumätres.
Zoologie. Tom. IL.
Le]
[ En consultant les manuscrits et les dessins de Commerson , M. de Lacépède a trouvé parmi les matériaux de ce célèbre voyageur la figure d'une espèce d’Acanthopterygien dont la dorsale s'étend sur toute la longueur du corps, et dont la bouche est remarquable par l'alongement qu'elle peut prendre à cause de l'extrême longueur des pédicules des intermaxillaires. Cette espèce a été décrite sous le nom de Labre long-museau. Dans les manuscrits de Commerson, elle est désignée « comme un Spare, appelé Breton par les créoles de l'Ile-de-France. » M. de Lacépède a publié la description trèsexacte du voyageur françois dans sa monographie des Spares, et a nommé l'espèce nouvelle Spare Breton. Il est donc évident que le Labre long-
museau et le Spare Breton ne sont qu'une même espèce. M. Cuvier a reconnu |
et indiqué cette identité dans son ouvrage :. Commerson, qui avoit d'abord vu ce poisson à l'Ile-de-France, le retrouva dans les mers de l'Inde, entre les Moluques et la Nouvelle-Guinée. Nous en possédons dans le Muséum d'hisioire naturelle des individus rapportés du Brésil par M. Delalande. Il paroït que la même espèce de poisson voyageur se pêche près des côtes de la mer du Sud (dans des mares d’eau saumâtre?}, où M. de Humboldt l'a observé à Acapulco. IL est impossible de n'être pas frappé de la concordance qui existe entre la description du Breton, faite par Commerson, et celle du Moxara, tracée par M. de Humboldt. Même forme générale de corps, même nombre de rayons à chaque nageoïire, même disposition dans la grandeur et la grosseur de chacun d'eux, même couleur argentée, même nombre de lignes olivätres sur les côtés. Après de tels rapports , quels doutes pourroit-on élever sur l'identité du Labre long-museau, du Spare Breton et du Moxara?. Ge poisson, que M. Cuvier place dans son genre Smaris, a, comme toutes les espèces de ce genre, une bouche très-protractile. Ses dents en velours sont disposées de la même manière; mais la forme plus haute du corps’et la position un peu différente des nageoires ventrales lui donnent un habitus assez distinct. On en conserve plusieurs variétés dans le cabinet du Muséum d'histoire naturelle. On pourra peut-être un jour considérer ces variétés comme des espèces distinctes, lorsqu'on aura eu occasion d'examiner un grand nombre d'individus. Elles formeront, avec le Smaris rayé, un nouveau groupe parmi les Picarels. Comme le Smaris, dont je viens de rectifier la synonymie, se trouve répandu sur les points Les plus éloignés du globe, je pense qu'il seroit convenable de ne
! Règne animal, Tom. IT, p. 270, note.
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pas lui laisser un nom spécifique qui indique une localité particulière, Le nom de long-museau ne doit pas non plus lui être donné, puisque cette épithète convient à toutes Les espèces du même genre. Je propose de le caractériser comme il suit :
Smaris lineatus, corpore latissimo, ex viridi argenteo, lineis 9-12 fuscoolivaceis longitudinaliter ornato.
Labre long-museau. Lac. Tom. IT, PI x1x, fig. 1. Spare Breton. Lac., Tom. IV, p. 134.
M. de Humboldt, en décrivant ce poisson, n'a pas reconnu le genre auquel il appartient : mais la grande conformité des caractères qu'il indique avec ceux que présentent les individus que nous conservons dans le cabinet, prouve que le journal zoologique dont nous publions des fragmens a été rédigé avec beaucoup de soin. Il sera important de vérifier si la Laguna de Colluce ne communique pas avec la mer.— J’alenciennes.]