‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 120 sur 175 · CAT · texte numérisé non relu

CAT

Ex suivant la méthode établie par M. de Lamarck, dans son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres *, les espèces qui habitent les coquilles bivalves appartiennent à une classe particulière que ce savant a nommée Concluferes. M. Cuvier ? a également indiqué cette coupe, qui, dans son ouvrage, forme la quatrième classe des Mollusques, celle des Acéphales. Les Conchifères sont caractérisés et distingués des Mollusques de M. de Lamarck par l'absence de la tête et des yeux : ils ont une bouche nue, privée de parties dures et cachée entre les lames du manteau qui soutiennent les branchies. Ce manteau ample enveloppe le corps de ces animaux; leurs parties molles sont le plus généralement protégées et recouvertes par une coquille à deux valves, réunies entre elles par un ligament de matière cornée et élastique. Tous les Conchifères sont aquatiques. Aucun d'eux ne pourroit vivre habituellement dans l'air. Le plus grand nombre habite les eaux de la mer, un très-petit nombre se trouve dans les eaux douces #. Cette différence est même très-frappante ; car je ne connois aucun genre de l'ordre des Monomyaires dont toutes les espèces vivent dans les

1 Lam. Hist. nat. des an. sans vert., Vol. V. Les Conchifères sont divisés en deux ordres : les Dimyaires et les Monomyaires. Les familles naturelles du premier ordre sont : les Tubicolées, les Pholadaires , les Solenacées , les Myaires, les Mactracées , les Corbulées , les Lithophages, les Nymphacées, les Conques , les Cardiacées, les Areacées , les Trigonées , les Nayades, les Camacées ; celles du second ordre sont : les Benitiers, les Mytilacées, les Malléacées, les Pectinides, les Ostracées , les Rudistes, les Branchiopodes.

? Cuvier, Res. anim., Tow. IT.

3 Lam., Loc. cit.

Zoologie, Tom. II. 28

eaux douces :. Dans l’ordre des Dimyaires, trois genres de la famille des Conches comprennent des animaux fluviatiles; savoir : les Cyclades, les Cyrènes, les Galathées. Dans ce même ordre, la famille des Nayades habite les eaux douces : il en est peut-être de même de celle des T'rigonées, car je soupçonne que la Trigonie, portée de Timor par M. Péron , dans l’état frais, et déposée au Muséum d'histoire vaturelle de Paris, est une coquille fluviatile. En comptant numériquement les genres qui composent la classe des Conchifères , on trouve neuf formes génériques de coquilles fluviatiles, et trente-six formes de coquilles marines. Depuis plusieurs années, les grands lacs de l'Amérique septentrionale ont été examinés avec soin par des voyageurs habiles; le résultat de leurs recherches a fait connoître un assez grand nombre d’espèces nouvelles (Unio, Cyclas), mais on n'a trouvé aucune forme qui ait obligé les naturalistes à établir de nouveaux genres, On peut facilement faire cette comparaison, en examinant la belle collection de Coquilles de M. de Lamarck et celle de M. de Ferussac, qui publie sur les coquilles fluviatiles le plus grand ouvrage qu'on ait entrepris jusqu'ici.

Les coquilles si variées dans leurs formes, et parées le plus souvent des couleurs les plus vives, deviennent d’une haute importance pour l’étude du naturaliste, lorsqu'il sait appliquer à leur examen les méthodes qui sont suivies maintenant dans ce genre de recherches. En effet, chaque variation dans la forme générale de la coquille, dans les dents, dans le nombre des attaches musculaires et dans les impressions , soit du manteau , soit des tubes qui apportent l’eau et la nourriture, annonce un changement de formes analogues dans l'animal. Ces différentes formes sont indiquées pour ainsi dire dans leurs rapports les unes avec les autres, de sorte que ces restes calcaires et inanimés nous offrent l’idée exacte de l'animal qui les a habités. C’est ainsi que, dans l’étude des mammifères, un observateur habile devine, par l'examen des dents, à quel ordre, à quelle famille et à quel genre l'espèce fossile doit appartenir.

Les Conchifères que MM. de Humboldt et Bonpland ont rapportées du Nou-

1 Je dois à M. de Ferussac l’avantage de citer le premier un fait très-intéressant pour la géographie des animaux. Ce savant possède, dans sa belle et nombreuse collection, une espèce fluviatile du genre Moule (Mytilus, Lin.) qui se trouve dans le Danube, à Pest. Il croit aussi, d’après Schroœter, qu’une petite espèce du genre Corbule (Corbula, Lam.) vit dans les rivières de la Chine. D’après cette observation, les genres Mhytilus et Corbula offrent l'exemple rare et presque unique d’un Conchifère dont les espèces appartiennent à la fois à l'Océan et à la partie des fleuves qui est le plus éloignée de leur embouchure. Cette circonstance ajoute aux difficultés que trouvent quelquefois les géognostes de distinguer les formations purement marines

des formations d’eau douce.

veau-Continent et dont je vais donner la description dans ce mémoire, sont marines : trois d’entre elles sont nouvelles; et la quatrième, quoique déjà mentonnée par les auteurs, n’est encore qu'imparfaitement connue et mal figurée.

Page 1