DE MM. DE HUMBOLDT ET BONPLAND
ET DÉCRITES
par À. VALENCIENNES,
RPRARRRRRA RAR RSS
Jar fait connoître, dans le Mémoire précédent, les coquilles bivalves marines que MM. de Humboldt et Bonpland ont rapportées de leur voyage aux régions équinoxiales du Nouveau-Continent. Pour terminer la publication des nouvelles espèces de Conchyfères, dont ces voyageurs ont enrichi la Conchyologie, il me reste à décrire celles qui habitent les eaux douces et qui appartiennent à la famille des Nayades.
Le nombre des espèces que l’on rapporte à cette famille est trois fois plus nombreux que celui des autres Acéphales également fluviatiles qui composent la première division des Conques.
Ces deux familles comprennent peu de formes génériques : les Conques fluviatiles sont divisées en trois genres, les Cyclades, les Cyrènes et les Galathées , dans lesquels on réunit vingt-trois espèces.
Les Cyclades et les Cyrènes, à l'exception d’un petit nombre, se trouvent dans les contrées chaudes de l’ancien continent. Les fleuves de la Perse et les eaux douces des Moluques sont peuplés par ces conchyfères, dont la coquille, le plus souvent verdâtre , ne brille pas de couleurs très-vives. On ne connoiît encore qu'une seule Cyrène des eaux douces de l'Amérique septentrionale : elle a été trouvée par M. Bosc dans les rivières de la Caroline.
La famille des Nayades, beaucoup plus considérable que celle des Conques ,
Zoolocie , Tom. II. 29.
est presque toute américaine. On y compte jusqu'à présent trois fois plus d’espèces qu'en Europe, et ce nombre est double de celui des espèces connues qui vivent sous l'équateur.
M. de Lamarck divise cette famille en quatre genres : les deux espèces d’'Hyrie connues viennent de Ceylan, et donnent les perles qui brillent du plus bel orient. Le genre Iridine ne compte qu'une seule espèce, que M. Caillaud a trouvée dans le Nil, auprès du site de l’ancien Méroë, où cette coquille paroït abondante. Les espèces des genres Mulette (Unio) et Anodonte (Anodonta) sont beaucoup plus nombreuses, et c’est particulièrement en Amérique que vivent la plupart des Mulettes qu'on a jusqu’à présent décrites.
MM. de Humboldt et Bonpland ont découvert deux espèces nouvelles du genre Anodonte; ils ont rapporté, des États-Unis, une Mulette qui est dans la collection du Muséum, et que M. de Lamarck a nommée Unio ovalis. à
Nous en publions une belle figure, et une description plus détaillée que celle qui a été donnée par M. de Lamarck dans son Species. Nous offrirons aussi la figure de plusieurs espèces remarquables par leur forme, et qui n’ont pas encore été décrites. Nous profiterons de cette occasion pour distinguer d’une manière exacte les deux espèces de Mulettes que M. de Lamarck a confondues sous le nom d'Unio peruviana.
Ce travail ne paroîtra point déplacé ici , car les coquilles qui en font l’objet se trouvent dans les contrées parcourues par M. de Humboldt.
Commençons par décrire la Mulette rapportée des rives du Potomak , près de Washington, et que les conchyologistes nomment
MULETTE OVALE. PL 1, fig. 1, &, b, c.
Unio ovata, tesla inœquilatera, transversa, elliptica, subconvexa , ad latus anticum hiante, albo flavicante; striis transversis, obsolelis, Jissuris variis , interruplis , divaricatis.
Lam. Syst. anim. sans vert., Tom. VI LMDe ant n° 23.
Cette coquille est une des plus minces parmi celles de ce genre; elle est voisine de l'Unro cariosa ; Lam. Sa couleur extérieure est jaunâtre. Sa surface est assez lisse; car les seules stries transversales que l’on y découvre sont celles qui marquent les accroissemens successifs du test, et ces stries
sont peu sensibles. Sur le côté antérieur, il y a un assez grand nombre de fissures divergentes. Les crochets sont dépouillés, lisses et peu bombés. Le ligament est noir, épais et convexe.
Le bord antérieur s’avance un peu, et forme un angle obtus à l’extrémité du côté antérieur ; de ce côté, les deux bords ne se touchent pas, etla coquille est sensiblement bâllante. Le bord supérieur est légèrement sinueux; le postérieur est arrondi. À l’intérieur, cette coquille est blanche, à reflets irisés et nacrés. L’impression musculaire postérieure est très-forte.
Il y a deux dents cardinales sur la valve gauche. La postérieure est la plus grande et la plus rugueuse. Une seule dent cardinale existe sur la valve droite : elle est très-fortement dentelée. Il y a en outre une longue dent latérale qui est reçue dans une fossette correspondante de l’autre valve.
Les dimensions de cette Mulette sont, .en largeur, de 2 pouces 10 lignes ; en hauteur, de 1 pouce 9 lignes; et, en épaisseur, de r pouce 2 lignes.
Elle vit dans les eaux douces, près de Washington.
MULETTE DE DOMBEY. PL zu, fig. 1. a, b.
Dombey avoit rapporté du Pérou une grande et belle Mulette, dont une valve se trouve maintenant dans la collection du Muséum d'histoire naturelle.
Depuis on a trouvé dans les lacs de l'Amérique septentrionale une autre espèce très-voisine de la précédente, et qui, sans aucun doute, a été gravée dans l'Encyclopédie, PI. 248.
Cette Mulette de l'Amérique septentrionale est devenue, dans l’ouvrage de M. de Lamarck, Unio peruviana , et ce savant n’a pas fait mention de la coquille que Dombey nous a rapportée.
M. de Humboldt a cru devoir donner une figure de chacune de ces espèces de l'Amérique; et je pense que, pour éviter à l'avenir toute confusion , il faut effacer dans le Species le nom d'Uxio PERUvIANA ; car il n'a pas été appliqué à l'espèce qui vit dans les eaux de cette région du globe.
Je commencerai par décrire la Mulette que Dombey nous a fait connoître et que je nomme |
Uno nomseyanaA {esla transversa, perinæquilatera , crassa, latere postico brevissimo, antico lato, infra emarginato ; rugis raris obsolelis.
La forme de cette Mulette est ovale; sa hauteur est près des deux tiers de sa longueur ; son épaisseur a plus des deux tiers de la hauteur. La région la
plus bombée est celle du côté antérieur en avant des crochets. La pente vers le bord inférieur est très-inclinée et concave; elle est, au contraire, douce vers le bord supérieur. Les stries d’accroissement sont fortes, nombreuses, et serrées sous un épiderme assez épais. Le côté postérieur est lisse; l’antérieur porte quelques plis irréguliers et rares, dont les côtes sont mousses et arrondies. Le bord postérieur est arrondi, aïnsi que le bord supérieur qui offre un sinus assez profond vers son extrémité antérieure; le bord postérieur descend verticalement dans sa plus grande partie; inférieurement il se porte en arrière vers le crochet, où il est échancré en arc. Le bord inférieur est presque droit ; près de one du ligament, on voit une forte échancrure.
Les crochets sont très-profondément et très-largement écorchés. Le ligament est gros, épais, noir, et occupe presque toute la longueur du bord a Les dents cardinales sont grosses , obtuses et rugueuses ; les dents latérales sont assez élevées et striées finement et verticalement.
L'impression musculaire postérieure est grande, large, profonde, fortement rugueuse; elle doit donner attache à un muscle puissant ; au-devant d'elle est une petite impression musculaire qui reçoit un faisceau de fibres distinctes. L'impression antérieure est large , mais peu profonde.
L'intérieur de la coquille est hérissé de plusieurs tubercules inégalement disposés, et qui ressemblent un peu à des perles naissantes. Il y a en outre trois côtes peu élevées, larges et arrondies , dont la plus saillante monte obliquement de la dent cardinale vers le bord supérieur.
Le limbe de la coquille est large, lisse dans toute son étendue; il n’a qu'un sillon linéaire peu profond dirigé obliquement de l'angle antérieur de l’impression musculaire la plus marquée vers le côté antérieur de la coquille.
L’épiderme de cette Mulette est noirâtre avec des teintes grises jaunâtres vers le haut. Les crochets, dans leur partie écorchée, montre quelques reflets nacrés blancs, ou jaunes, à Éch bronzés.
En se la coquille est du plus beau pourpre bronzé à reflets verdàtres disposés dans le fond par grandes taches, et à reflets irisés vers la partie antérieure ; elle est à peu près de la même couleur que la Mulette pourprée. Le Mon est noir. Cette belle coquille a quatre pouces de large, et deux pouces neuf lignes de haut.
Voilà les caractères de l'espèce du Pérou bien établis; je vais maintenant faire connoître ceux de la Mulette des États-Unis dont le Muséum a reçu de beaux exemplaires par les soins de MM. Milbert, Lesueur et Rafinesque.
M. Rafinesque a fait un travail assez considérable sur les Unio de l'Amerique-Septentrionale ; il les a divisés en plusieurs genres ; ses caractères sont pris dans la forme de la coquille. Je pense que, dans la formation des genres, l'on doit suivre les préceptes que M. de Lamarck nous a tracés, et que les caractères génériques doivent être pris dans la charnière de la coquille bivalve, et non pas dans les formes variées dont la nature s’est plue à diversifier nos genres les plus naturels. Le genre Unio en estun exemple. Nombreux en espèces, il est bien caractérisé par le nombre et la position des dents cardinales et latérales; mais si l’on veut faire des coupes génériques en considérant en outre la forme générale de la coquille, ou même la forme particulière des dents de chaque espèce, je ne crois pas que l’on puisse jamais trouver des caractères suffisans et assez précis pour établir une méthode plus facile. M. Rafinesque faisoit de la coquille que je vais décrire son genre Proptera ; je la nommeraï
MULETTE ONDULEUSE. PL. uv, fig. 3. @, d.
Unio uNBULATA , {esta subrotunda , subcrassa , latere antico , recto, haud sinuato, extus rugis pluribus, magnis , undatis.
Encycl. PL. cexzvur, fig. 1.
Proptera undulosa , Rafinesque.
: Habitat in fluvio Ohio.
Cette coquille est très-facile à distinguer de la précédente par sa forme et par ses couleurs.
Elle est plus arrondie; sa hauteur fait les trois quarts de sa largeur; elle est aussi beaucoup plus mince; son épaisseur est le tiers de la hauteur.
Les stries d’accroissement de la surface externe sont grosses et très-nombreuses. Il n’y en a pas de longitudinales.
Sur le côté antérieur, on voit de nombreuses rides grosses et flexueuses : les inférieures sont plus courtes et plus petites que les supérieures. On n’en voit aucune sur l’autre côté. La coquille est peu bombée , et ses crochets sont trèspeu écorchés. Le bord supérieur, droit, mince et tranchant, s’unit au postérieur en suivant une ligne courbe. Le bord antérieur descend obliquement et en arrière sur l'inférieur.
Il est très-mince, et festonné par un grand nombre de plis qui correspondent aux rides nombreuses qui sillonnent la surface externe de la coquille.
ee
Il n’a pas d’ailleurs d’échancrures ; comme nous en avons remarqué sur la Mulette de Dombey.
Les dents cardinales de la valve gauche sont presque égales entre elles, et chacune est plus petite que l’une des dents de la Mulette du Pérou. La fossette qui les sépare est plus profonde et aussi fortement rugueuse. Les dents sont très-chargées de rugosités.
Des deux dents cardinales de la valve droite, l’antérieure seule est grosse et rugueuse ; elle est reçue dans la fossette qui sépare les deux dents cardinales de la valve gauche.
La dent latérale de la valve droite est mince et tranchante. Sa hauteur est plus grande et plus rugueuse que celle de la Mulette du Pérou. Sur la valve gauche, cette dent est reçue dans une fossette qui est creusée entre deux dents latérales parallèles, un peu moins hautes que la dent unique de la
valve droite.
Le ligament est fort, bombé. Il occupe toute la longueur du bord inférieur ;
sa couleur est noire.
L'impression musculaire postérieure est profondément marquée, et sa surface est aussi très-rugueuse. En avant de cette impression, on voit l’attache d’un faisceau de fibres musculaires séparés du muscle propre. Ce faisceau est plus gros dans cette espèce que dans celle que nous avons précédemment décrite. Le muscle adducteur antérieur est aussi beaucoup plus gros; car l’impression musculaire est plus grande , maïs elle est moins marquée.
L'intérieur de la coquille n’est pas très-creux ; la surface du côté antérieur est chargée de rides peu profondes qui correspondent à celles du côté externe, mais les traces sont en moindre nombre. La surface du côté postérieur est lisse.
Le limbe est large, lisse; le sillon, qui est sur le côté postérieur, est peu marqué.
Cette Mulette est verdâtre; en dehors, salie de gris; en dedans, elle est peu brillante; tout le fond est blanc, avec quelques reflets irisés sur le côté antérieur , principalement sur le limbe.
L'individu que je décris a trois pouces six lignes de largeur, deux pouces neuf lignes de hauteur, et seulement un pouce trois lignes d'épaisseur.
MULETTE VERRUQUEUSE.
Nous avons reçu au cabinet du Roi une autre Mulette remarquable par sa forme arrondie, et par les nombreux tubercules dont sa surface est couverte. M. Rafinesque l’a envoyée comme le type d’un nouveau genre qu'il nomme Rotundaria. Les dents de la charnière sont disposées exactement comme celles des Muleites. Ainsi nous croyons devoir laisser cette coquille dans le genre Unio; et, en donnant la description et la figure de cette espèce remarquable, nous aurons encore occasion d'en séparer deux qui ont été confondues en une seule : elles viennent de l'Ohio. Je laisserai à l’une d'elles le nom sous lequel M. Rafinesque nous a envoyé les deux espèces, et je la caractériserai par la diagnose suivante.
Unio verRucosa , lesla subæquilatera, rotundala , postice crassa , extus ex flavo viridescente , intus alba; verrucis crebris, magnis, subrolundis, elevatis.
Prune.
Le test de cette Mulette peu bombée n’est épais qu’au côté postérieur ; l’antérieur est mince. La coquille est arrondie, de sorte que la hauteur égale la largeur; son épaisseur est les deux tiers de la hauteur.
Sur la surface externe , il n’y a pas de stries longitudinales ; les transversales sont formées par les accroïssemens du test. La partie supérieure du milieu de la coquille et tout le côté antérieur sont couverts de grosses verrues irréoulièrement arrondies; on en remarque trois ou quatre qui sont alongées transversalement. Les tubercules du côté antérieur sont plus petits et moins nombreux que ceux qui sont sur le milieu de la valve. Le côté postérieur et la région des crochets sont lisses. Les crochets sont écorchés.
Le bord supérieur et le bord postérieur sont arrondis. L’antérieur est droit: et, vers Le bas sous la dent latérale, il y a une forte échancrure.
La dent cardinale de la valve droite est grosse, obtuse, peu élevée, et il y a de chaque côté de la base deux petites fossettes pour recevoir les dents de l’autre valve. Les fossettes et les dents ne sont pas rugueuses. La dent cardinale est courte, épaisse et finement grenue.
L’impression musculaire antérieure est profonde et presque entièrement lisse ;
au-devant d'elle, il y en a une autre petite, lisse et très-profonde. L'impression musculaire antérieure est moins marquée; sa figure est la moitié d’un ovale. Le ligament n’est pas très-fort. |
La surface interne de la coquille est tout-à-fait lisse et polie.
La couleur du dehors est d’un vert jaunâtre uni ,'et n’offre aucune trace de rayons. Le dedans de la coquille est d’un beau blanc’ nacré à reflets irisés.
L'individu qui a servi à faire cette description a un pouce neuf lignes de hauteur et de largeur, et un pouce deux lignes d'épaisseur.
Passons maintenant à la description de la seconde espèce que je nomme
MULETTE TUBERCULEUSE.
Üxio rugercurosa, esta subæquilatera, rotundata, postice subcrassa, exlus fusco-viridescente , postice subradiaa, intus puruteer ; tuberculis TATiS y PATVIS ; SPATSIS.
Cette coquille diffère de la prete par les formes, et surtout par ses couleurs.
Bien quelle soit arrondie, le diamètre transversal est un peu plus grand que le vertical ; l'épaisseur de la coquille ne diffère pas de celle de l'Unio verrucosa. Les côtés antérieurs et postérieurs sont lisses et unis. Il n’y a plus que quelques tubercules très-peuits sur le haut de la région moyenne de la coquille.
Le bord supérieur et le bord postérieur sont D arrondis ; l'antérieur est lésèrement concave.
La dent cardinale de la valve droite est plus petite et plus pointue.
La surface de l’attache musculaire est plus rugueuse.
À l'extérieur, la couleur est verte assez foncée, et on voit sur le côté posiérieur les traces de plusieurs rayons 1h AO a et jaunâtres.
En dedans, cette coquille est pourpre à reflets un peu bronzés; le bord supérieur est blanchâtre.
Les individus que j'ai vus sont petits ; la hauteur de l’un d’eux est de onze lignes ; sa largeur est de treize, et son épaisseur est de sept.
Nous possédons une espèce qui n’a pas encore été décrite, et que nous devons à M. Lesueur, l’ami et le compagnon de Péron. Elle vit aux environs de Philadelphie, et elle ressemble à notre Mulette de la Seine (Unio pictorum, Lam.); maïs l'angle antérieur de la nouvelle espèce est plus alongé,
ce qui la fait aisément distinguer. À cause de cette forme alongée, je propose de la nommer
MULETTE À BEC. PL zur, fig. 3.
Uxio rostrara {esta perinæquilatera, transversa; lalere antico in rostrum producto, postico brevi rolundato; ex corneo fusca, antice radiis viridibus obsoleus. Nob.
Habitat in aquis dulcibus Philadelphiæ vicinis.
Cette Mulette est trés-alongée ; sa hauteur est contenue deux fois et demie dans la largeur. Elle est comprimée, car son épaisseur ne fait que la moitié de la hauteur. Outre les stries d’accroissement, il y en a quelques-unes transversales, très-fines, qui forment une suite de petits chevrons interrompus sur le bord supérieur de chaque valve. Le côté antérieur est très-alongé ; l'angle de l'extrémité est tronqué; mais si les deux côtés étoient prolongés, cet angle seroit très-aigu. La coquille est relevée depuis les crochets jusqu’à l'angle antérieur par une arête mousse; elle s’amincit rapidement vers le bord qui donne attache au ligament, et elle bäille à l'extrémité.
Le bord supérieur est lésèrement convexe dans sa partie moyenne ; il s’abaisse subitement avant d’atteindre l’angle de la coquille. Le bord antérieur est trèsoblique et droit. Le postérieur est arrondi.
Les dents cardinales sont minces et comprimées comme toutes celles des Mulettes très-alongées.
La couleur est brune, cornée , offrant quelques zones jaunes plus foncées les unes que les autres. Sur l’arête du côté antérieur , il y a six à sept lignes lonsitudinales et obliques d’un vert rembruni.
En dedans, la coquille est blanche, à reflets jaunes et irisés.
La hauteur est d’un peu plus de treize lignes; la largeur est de deux pouces huit lignes, et l'épaisseur est de six lignes.
MULETTE NAVIFORME. PL Lun, fig. 4.
Une belle espèce d'Unio, dont onn'a pas encore donné de figures en Europe, ést celle qui va faire le sujet de cet article. M. Michaud, si connu par son Traité sur les arbres des forêts de l'Amérique septentrionale, a donné au Muséum d'histoire naturelle cette coquille, que l'on prendroit au premier
Zoologie, Tom. Il. 30
aspect pour une Arche, tant elle en a la forme. M. Delamarck lui a donné l'épithète de zaviforme , et l’a caractérisée ainsi : I )
Ünio NAviFORMIS, {esta transversim oblonga, recta; anterius angulata, compressa, Subemarsinala sulcis transversis latis, lateris antici undulatis.
Lam. An. Sans. Vert, Tom. VI, p. 75, n° 00.
An Unio cylindricus? Encyl. am. Conch. PI. 1v, fig. 3.
Habitat in fluvio Ohio.
Je n'aurai que peu de choses à dire de cette coquille, si bien caractérisée par le savant qui l’a fait connoitre.
Elle est très-renflée ; son épaisseur diffère d’un cinquième de sa hauteur, qui n'est pas tout-à-fait la moitié de la largeur.
Sur un fond d’un roux-brun très-vif, on voit un grand nombre de taches triangulaires noires qui deviennent des lignes étroites et parallèles près du bord supérieur.
À l'intérieur, cette coquille est blanche; elle a près de trois pouces de largeur. MULETTE DROITE, PL rv, fig. 1.
Une belle Mulette, qui nous vient du Lac Erié et des chutes de l'Ohio, est celle que M. de Lamarck a nommée
Uxio recrA {esta inæquilatera, transversim elongata angusta, convexa, anlerius subangulata latere antico striis longitudinalibus obliquis obsoletis.
Lam. An. Sans. Vert, Tom., VI, p. 74, n° 19.
Habitat in Americæ Septentrionalis lacubus.
La Mulette droite est alongée et remarquable par l'épaisseur du test du côté postérieur.
Son épaisseur fait les: deux tiers de la hauteur, qui est contenue près de trois fois dans la largeur. Les stries longitudinales et obliques du côté antérieur sont très-peu marquées , on ne les voit que sous certains reflets de lumière.
Le muscle adducteur postérieur est divisé en quatre faisceaux, dont un très-gros a laissé une impression lisse et profonde; deux autres impressions petites sont sous la dent cardinale, et une quatrième, plus séparée des trois autres, est placée obliquement et en avant de la plus grande.
Les crochets sont écorchés et blancs. Le reste de la coquille est en-dessus d’un vert brunâtre assez foncé, traversé par plusieurs zones brunes presque noires.
SUR LES COQUILLES FLUVIATILES BIVALVES. 239 En dedans, le fond est bronzé brillant, à reflets pourprés; le bord est blanc, nacré , à reflets irisés.
‘ La longueur de l'individu que j'ai décrit est de quatre pouces six lignes, et sa hauteur est d’un pouce sept lignes.
MULETTE BAILLANTE, PL uv, fig. 2, &, 4.
Enfin, je termine par faire connoïître une Mulette qui vit dans les eaux douces des environs de Philadelphie, et qui est plus bäillante aux deux
extrémités que toutes ses congénères. Nous devons ceite belle espèce au zèle de M. Lesueur; je la nomme
Uxio urans, tesa pibba, ovata, sublevis, nigra lateribus hiantibus.
La hauteur de cet Unio est contenue une fois et demie dans la largeur ; son épaisseur est les trois quarts de la hauteur. 3
La surface externe est traversée par des rides parallèles nombreuses à arêtes mousses ; on ne voit aucunes stries longitudinales.
Les crochets sont très-peu écorchés.
La dent cardinale est haute et dentelée en dedans; sous cette dent, le test est très-épais ; il devient ensuite très-mince.
Le fond de la coquille est lisse, ainsi que le limbe, qui est large.
La couleur est noire en dessus ; en dedans elle est blanche sur toute la partie postérieure. Le côté antérieur est bleuâtre, à reflets irisés très-brillans.
Cette Mulette a deux pouces quatre lignes de large, et un pouce six lignes de haut.
ANODONTES.
On ne connoît qu'un petit nombre d’Anodontes. Ces coquilles habitent dans les mêmes lieux que les Unio, et elles sont distribuées sur le globe à peu près dans les mêmes rapports. Très-peu d'espèces vivent entre les tropiques, les autres sous des zones tempérées.
MM. de Humboldt et Boupland en ont découvert deux que les naturalistes ne connoissent pas encore. 2
La première que je ferai connoître vient des eaux douces des environs d’Acapulco, sur les côtes occidentales du Mexique; c’est une grande et belle coquille que je nomme
ANODONTE GLAUQUE. PI. 1, fig. 2.
ANODONTA GLauca (esta, oblongo-elliptica, fragilissima, alba, epidermide tenui, glauco, radialo striis transversis, ad lalus anticum eminentioribus , longitudinalibus exilissimis natibus maculatis.
Habitat in America calidiori, ad portum Acapulco Mexicanorum.
Cette coquille, dont le test est mince et transparent, est ovale. Sa hauteur est contenue une fois et trois quarts dans la largeur. Son épaisseur est une fois et trois quarts dans la hauteur. Les stries d’accroissement ne sont un peu marquées que sur le côté antérieur. Le bord supérieur est arrondi, et il se réunit au bord inférieur en faisant un angle peu ouvert avec le bord inférieur, qui porte une échancrure très-profonde vers son extrémité antérieure; le ligament est mince et court.
Les crochets sont bombés et saïllans; le limbe est large, et son bord est flexueux.
La couleur de l’épiderme est d’un vert glauque avec quelques rayons verts plus foncés. En dedans elle est blanche, nacrée et irisée. Sous les crochets, il y a une tache pourprée dont on voit la trace au-dehors.
Cette coquille a trois pouces neuf lignes de large et deux pouces quatre lignes de haut.
Je nomme la seconde
ANODONTE POURPRE. PI. xzvun bis, fig. 3, a, b.
ANODONTA PURPUREA, esta transversa, elliplica, transversim striata extus fusca, intus purpurea latere antico compresso truncalo, natibus decorticalis purpurescentibus. ;
Habitat in insulis Philippinarum.
Cette espèce, qui a été communiquée à M. de Humboldt par M, de Caravajal *, ancien membre de la Real Audiencia de Manille, est très-remarquable
par lépaississement du bord inférieur sous les crochets. Ce bord, un peu
1 Essai pol. sur la Nouv. Esp., Tom. I, p. 182.
relevé, semble montrer un commencement de dents, et conduire ainsi vers la charnière des Mulettes.
La coquille est elliptique et arrondie aux deux extrémités; elle est fortement striée en dessus par les restes des accroissemens. Il n’y-a pas de stries longitudinales.
Vers le milieu du bord supérieur il y a un sinus peu profond ; en dedans, le test est lisse. ° A l'extérieur, la couleur est brune, cornée; à l’intérieur, elle est pourpre.
La largeur est de deux pouces deux lignes, et la hauteur est d’un pouce trois lignes,
COQUILLES UNIVALVES