‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 127 sur 175 · AMPULLAIRE · texte numérisé non relu

AMPULLAIRE

Les espèces de ce genre sont pour la plupart des Coquilles fluviatiles. Bruguières cependant indiquoit comme marine lArnpullaria avellana. Pour détruire cette assertion, M. de Lamarck ne donne d’autre raison que la forme générique de cette espèce, et il dit qu’elle doit être fluviatile, parce que c’est une Ampullaire. Cette raison ne me paroït pas très-solide, et je ne vois pas pourquoi il n'existeroit pas d’Ampullaires marines, puisqu'on ne sauroit nier qu’autrefois il y avoit plusieurs espèces qui vivoient dans la mer; du moins on en trouve à Grignon un si grand nombre mélé avec cette innombrable quantité de coquilles marines qui rend cet endroit si remarquable, que l’on ne peut douter que ces Ampullaires fossiles n’aient vécu dans les mêmes circonstances physiques que les Cérites, les Cones et tous les autres coquillages auxquels ils sont associés. Quant aux espèces que MM. de Humboldit et Bonpland ont rapportées , elles sont des eaux douces ou des lieux ombragés et humides de la Nouvelle-

Espagne.

AMPULLAIRE IDOLE. PL rvur, fig. 2, a, b.

L'une d'elle est connue sous le nom de l’Zdole ou de Manitou par les Indiens Zoologie, Tom. II. 33

et les colons des bords du Mississipi. Il est curieux de retrouver sur Le haut plateau du Mexique cette coquille recherchée et rare dans les rivières qui sillonnent les “plaines de la Louisiane. - Je lui conserve le nom que lui a donné M. de Lamarck.

AMPULLARIA RUGOSA , esta ventricosa, slobosa , umbilicata, solida, subnigra aut castanea; plicis longitudinalibus, rugæformibus; anfractibus senis, ullimo maximo ; apertura lactea.

Nerita urceus, Muller. Verm. , p. 174, n° 360. Chemn. conch., tab. 128, fig. 1136.

Bulimus urceus , Brug.

Encycl., PL. 459, fig. 2.

Lam., an. sans vert., VI, p. 177, n° 2.

Cette belle coquille a six tours de spire; sa hauteur ne surpasse sa largeur que d’un dixième : le dernier tour est tellement ventru et tellement grand qu'il fait à lui seul presque tout le volume de la coquille. Sa hauteur est à peu près trois fois plus grande que celle des cinq autres tours mesurés ensemble, et sa largeur, à trois cinquièmes près, est triple de celle de l’avant-dernier tour lequel a lui-même une hauteur égale à celle des quatre autres qui décroissent entre eux d’une manière beaucoup moins sensible.

La surface de la coquille n’a pas de stries longitudinales; mais elle en a de verticales assez fortes , et outre celles-ci, des côtes obtuses arrondies, peu élevées, plus rapprochées et plus visibles autour de l’ombilic que sur le haut ou sur le bord, près de la lèvre. Trois de ces côtes sont plus saillantes et plus écartées l’une de l’autre sur le dernier tiers du plus grand tour.

L'ouverture est un ovale alongé, dont la hauteur a près du double de la largeur : le bord droit mince et tranchant, s’unit au ventre du dernier tour presque à angle droit; à la base il se réfléchit un peu en dehors, ce qui rend l'ouverture versante. Il monte ensuite verticalement dans le sens de la columelle, se réfléchit en dehors et recouvre en partie un ombilic qui n'est pas très-ouvert, eu égard au volume de la coquille, et si on le compare à celui des autres espèces.

La coquille paroït être blanche sans aucune tache; elle est recouverte d’un épiderme épais très-adhérent, d’un brun noirâtre très-foncé : la couleur de l'intérieur de la bouche est d’un blanc pur.

L'opercule est corné, dur, assez épais, fortement strié : ces stries sont concentriques et répondent à l'accroissement successif de l'animal : plusieurs sont plus fortes que les autres : la forme de cet opercule, moulée sur celle de l'ouverture de la coquille, est rétrécie supérieurement et terminée un peu en angle; son bord gauche suit une ligne d’abord concave, qui devient convexe vers le milieu de la longueur de l’opercule ; il est arrondi inférieurement , et son bord remonte en suivant une courbe régulière.

- La coquille que j'ai décrite a 4 pouces 6 lignes de haut et 4 pouces de large.

Cette Ampullaire est mal dessinée dans l'Encyclopédie, quoique d’une manière reconnoissable. Les plis sont trop marqués et trop réguliers sur la partie de la coquille qui est voisine du bord columellaire.

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